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prématurées qui ont été faites dans cette voie sont de nature à rendre circonspect. La recherche des affinités est du reste un des problèmes les plus délicats et les plus complexes de la Biologie, pour lequel il n'est pas superflu de faire appel non seulement aux données embryologiques, comme l'ont montré Baer, Darwin, Balfour, mais encore à l'étude de toutes les causes qui peuvent intervenir dans le développement des êtres. « Le critérium de la morphologie, dit encore Remy Saint- Loup (1), est sans valeur pour l’éclaircissement des affinités philogénétiques; pour tirer un enseignement de la morphologie, il faut connaître les relations qui existent entre les causes chimiques, les causes mécaniques et la forme des êtres. C'est une science à faire. »
Tout en restant dans le domaine descriptif, en dehors des problèmes de la phylogénèse, la myologie ainsi comprise et rapprochant les fonctions diverses qui sont demandées aux mêmes groupes anatomiques, n’est pas sans intérêt, J'ajouterais volontiers sans portée philosophique. Ce rapprochement meten lumière la richesse des adaptations fonctionnelles, le nombre et la variété des effets obtenus par les modifications très simples apportées à un même appareil organique et cette étude est jusqu'ici très peu avancée.
Il m'a paru nécessaire, mieux vaudrait dire anatomique, de faire précéder l'étude des muscles de celle des os. Car s'il est vrai de dire avec Gratiolet et Alix (2) que « la myologie est le complément nécessaire de l'étude du squelette », la proposition inverse ne saurait être moins vraie et ces auteurs ajoutent avec raison que les muscles et les os sont harmonieusement associés dans un même système.
Le muscle, qui est la partie active de l'appareil loco-
(1) REMY SainT-Lovwp, loc. cit., p.371.
(2) GRATIOLET ET ALIX, loc. cit. p. 118.
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moteur, enest sans contredit la partie essentielle. « Il faut considérer, dit Sabatier (1), que les os sont faits pour les muscles, plus encore que les muscles pour les os. » Ontologiquement et phylogéniquement le muscle est le premier en date : il précède l'os dans la série comme chez l'individu. La cellule neuro-musculaire apparaît dans la série animale avant la cellule osseuse et la cellule myogène précède chez l'embryon l'ostéoblaste. L’os n’en est pas moins intimement lié au muscle par une étroite dépendance fonctionnelle et par la subordination réciproque de leur morphologie. Les dimensions, la résistance, la conformation du squelette, la saillie, le nombre, le siège des apophyses, la profondeur des cavités se modifient suivant les exigences d'une fonction qui demande un élément contractile plus massif, plus puissant ou au contraire plus délicat et plus divisé. L'os est du reste la partie témoin de l'appareil locomoteur et par ses indications posthumes il peut renseigner jusqu’à un certain degré sur les mœurs et les aptitudes fonctionnelles, soit que l’on considère l'animal qui vient d’être disséqué, soit qu’on s'adresse aux restes fossiles. A tous ces titres l'étude des os s'impose avant celle des muscles, et je ferai précéder la description des différents groupes charnus de celle des pièces du squelette qui leur fournissent plus spécialement des surfaces d'insertion : omoplate, humérus, radius et cubitus pour le membre thoracique ; os iliaque, fémur, tibia et péroné pour le membre pelvien.
J'ai cru devoir décrire avant les muscles des membres les muscles peauciers du tronc. Ces muscles ont un intérêt tout spécial en anatomie comparée par la variété de leur morphologie (2). Ils comptent parmi ceux qui se (1) SABATIER. Comparaison des ceintures des membres antérieurs et
postérieurs dans la série des Vertébrés, Paris, 1880. (2) TEsTuT. Les anomalies musculaires chez l'homme, 1884, p. 126.
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modifient le plus suivant les espèces, considération qui n'eût pas suffi à légitimer leur place dans mon étude. Mais ils prennent sur le squelette ou les parties molles des membres des Insertions presque constantes, quoique plus ou moins étendues, et c’est en raison de ces relations que je les décris avant les muscles qui composent à proprement parler la masse des membres. Ges derniers, quoique formant l’objet principal de mon étude, sont loin cependant de prendre seuls part à la dynamique des membres. Ils constituent les membres au point de vue anatomique, mais au point de vue fonctionnel, et la fonction est le but de mes recherches, il en est un grand nombre d’autres appartenant parleur topographie à des régions variées du corps, le cou, le tronc, qui actionnent les ceintures scapulaire et pelvienne. Ces muscles appartiennent fonctionnellement aux membres. Les limites de ce travail seraient cependant démesurément étendues si l'on voulait y faire entrer tous les muscles qui, à un degré quelconque, peuvent intervenir dans le jeu de l'épaule ou du bassin.
J'ai dû borner mon étude pour le membre antérieur : à quelques muscles du tronc, trapèze, rhomboïde, orand dorsal, omo-transversaire, angulaire et grand dentelé, pectoral et faisceaux claviculaires qui s’y rattachent, aux muscles de l'épaule, du bras, de l’avantbras et de la main; pour le membre postérieur, aux muscles des régions fessière et pelvi-trochantérienne, au psoas-iliaque, qui est le fléchisseur de la cuisse, aux muscles de la cuisse, de la jambe et du pied.
A propos de chaque muscle, j'indiquerai dans un renvoi au bas de la page les figures d'ostéologie qui reproduisent schématiquement ses insertions et je ne laisserai dans le texte que les indications concernant les dessins descriptifs.
Gratiolet et Alix (1) dans leur étude sur Troglodytes
(1) GRATIOLET et ALIx, loc. cit., p. 118.
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Aubryi ont cru devoir rompre avec les traditions et adopter pour la description des muscles un plan plus scientifique qui consiste à considérer d’abord les parties qui sont dans l’axe de l’animal et à décrire en second lieu les parties mobiles qui sont surajoutées à l'axe. « Nous ne prétendons pas, disent-ils, blâmer les anciens anatomistes d'avoir toujours commencé leurs descriptions par l’étude des parties superficielles. L'administration anatomique de leur temps consistait essentiellement dans l’art d'économiser le cadavre, celle de nos jours doit avoir pour but de rendre de plus en plus intelligible le plan général de l’organisation animale ».
Ils étudient d’abord les muscles profonds qui sont courts, puis les muscles superficiels qui sont plus longs. Les muscles qui s’attachent à la base des membres ou qui se développent dans leur longueur appartiennent au plan moyen de la couche circulaire du corps (1). Leur description commence par les muscles courts ou profonds de l'épaule : rhomboïde, angulaire, grand dentelé ; puis viennent le sous-clavier et le petit pectoral, le vaste externe et le vaste interne, et après eux les muscles longs comprenant le trapèze, le grand pectoral et le grand dorsal.
La méthode de Gratiolet a eu peu d'imitateurs : car elle sacrifie les usages adoptés pour répondre à un point de vue bien hypothétique. Envisageant surtout l'action des muscles, j'ai tout avantage à conserver leur groupement par régions et je suivrai dans chaque groupe, comme la plupart des auteurs, l’ordre topographique qui va de la superficie vers la profondeur.
(1) GRATIOLET et AL1x, loc. cit., p. 136.
CONTRIBUTION À LA MYOLOUIE DEN ROMGEURN
par H. ALEZAIS
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