Fléchisseur péronier et fléchisseur tibial
Chez l'homme comme chez les animaux, le fléchisseur péronier ou fléchisseur propre du gros orteil concourt à la flexion d’un certain nombre d’orteils. Turner (5) et Schultze (6) ont étudié chez l’homme les variétés du faisceau anastomotique plantaire qui unit les deux fléchisseurs. Le deuxième et le troisième orteils sont généralement, grâce à lui, placés sous la dépendance du fléchisseur péronier.
Chez les Rongeurs, dont le pouce a perdu toute importance, le fléchisseur péronier conserve son action sur les orteils ; il devient même leur véritable fléchisseur auquel peut s’unir ou non, réduit à un rôle accessoire, le fléchisseur tibial, dit chez l’homme fléchisseur des orteils.
(1) Insertion sup. : LXIII, 23, p. 200 ; inf. : LXX, 10, p. 210.
(2) Insertion sup. : LXIV, 21, p. 201 ; inf. : LXXI, 13, p. 211.
(3) Insertion sup. : LXV, 7, p. 202; Le MEXXIT LE p.212
(4) Insertion sup. : LXVI, 7. p2203: XXI 12; p.213:
(5> TURNER. On variability in AUS pairs cm with illustrations from the flexor muscles of the fingers and toes. Trans. of the royal Soc. of Edimburgh, XXIV, 1865.
(6) T.-S. SCHULTZE, Siebold und Kélliker’ s Zeitschrift [. Wiss. Zool., OU MEMIE
Ces variétés de conformation relèvent surtout des influences génériques; on les retrouve, à quelques exceptions près, avec les mêmes caractères dans les espèces semblables quel que soit le genre de vie des animaux. C’est ainsi que d’après Dobson (1), l'union plantaire des fléchisseurs a lieu chez les Hystricomorphes et manque chez les Sciuromorphes et les Myomorphes. Une seule exception est signalée chez les Sciuromorphes, le Pteromys oral, chez lequel une partie seulement du fléchisseur tibial s’unit au fléchisseur péronier, l’autre s’insérant au cunéiforme. Deux exceptions ont été décrites par Parsons (2) chez les Myomorphes, Rhizomys et Heteromys, qui présentent l’union des Hystricomorphes.
Cavia cobaya (3). — Le fléchisseur péronier prend naissance sur la tête du péroné, en dehors du soléaire et sur la face postérieure de l'os. Il descend derrière les muscles péroniers. Presque dès son origine, sa face libre est tapissée par une lamelle aponévrotique qui se condense en un gros tendon que les fibres charnues accompagnent jusqu’au cinquième inférieur de la jambe. Ce tendon, qui occupe le milieu du membre, s'engage dans la goutlière presque verticale du tibia, croise l'articulation tibio-tarsienne et se réfléchit sous la petite apophyse du calcanéum. Grâce à la profonde excavation de la face interne de cet os, le fléchisseur péronier est situé au-devant du triceps sural et aborde la face plantaire par le milieu du talon. L'extension du pied, qu'elle soit due à ce muscle ou au plantaire grêle, est ainsi directe sans mélange d’adduction ou de renversement (4).
Vers l'extrémité postérieure des métatarsiens, le tendon du fléchisseur péronier se divise en {rois tendons digitaux. Le fléchisseur tibial s’unit à l’interne (#q. XC VIT, 4). Après avoir traversé les languettes tendineuses de l’aponévrose
(1) La description des fléchisseurs des orteils chez les Rongeurs a été faite avec soin par DoBsox (Long flexors of Rodents, Journ. anat., XVIT, p. 159) et complétée par PARSONS.
(2) PARSONS, loc. cit, 1896, p. 182.
(3) Insertion sup.: LXVII, B, 16, p.
(4) ALEZAIS. Étude anatomique du Cobavye. Journal de l'Anatomie, 1899, DANSTA
plantaire qui appartient, comme on la vu, au plantaire grêle, ces tendons s'engagent au-dessous des doigts correspondants dans une gaine ostéo-fibreuse solide et se fixent à la base des dernières phalanges. Deux lombricaux (3, 3) leur sont annexés et s’insèrent à la partie interne (par rapport à l’axe de la main) des premières phalanges des doigts extrêmes.
Fig. XCVII.— Face plantaire de la patte postérieure gauche du Cobaye : couche profonde. 1, Tendon du fléchisseur péronier; ?, Accessoire rudimentaire du fléchisseur des orteils ; 3,3, Lombricaux ; 4, Tendon du fléchisseur tibial ; 5, Gouttière calcanéenne dans laquelle glisse le tendon
du fléchisseur péronier. j
D'après Parsons (1), l'accessoire du fléchisseur commun manque chez les Caviidés et les Dipodidés, tandis qu’il est présent chez tous les autres types qu'il a étudiés, quoique mal développé chez les Myomorphes, sauf Bathyergus. Cavia cobaya fait exception à cette règle. Quoique assez pâle et réduit à une couche mince de fibres charnues, l’accessoire (fig. XC VIT, 2) existe, comme ilest facile de s’en rendre comple en soulevant de sa gouttière le tendon (/ig. XC VIL, 1) du fléchisseur péronier. Il s’insère sur la partie antérieure du calcanéum qui forme la lèvre interne de cette gouttière et se porte directement en avant, dans la direction du tendon fléchisseur sur le dos duquel il s’insère avant sa bifurcation. Dans d’autres espèces il fait avec lui
U)NEoC Met. 892 p.203.
un angle à sinus postérieur de 45°, même de 70° à 80° (Hystrix).
Fig. XCVIII. — Face postérieure de la jambe droite du Rat. Deux fois grandeur naturelle. 9, Jumeaux ; 10, Ischio-condylien ; 19, Grand adducteur, portion inférieure ; 20, Plantaire grêle ; 21, Poplité ; 22, Fléchisseur tibial ; 23, Fléchisseur péronier; 24, Tendon du tibial postérieur ; 25, Tendon du fléchisseur tibial ; 26, Tendon du plantaire grêle ; 27, Tendon d'Achille ; 28, Péroniers ; 29, Soléaire.
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