Muscies péroniers
Les muscles péroniers proprement dits sont au nombre de deux, le long et le court. On décrit à côté d'eux, sous le nom de péroniers du quatrième et du cinquième doigts, un ou quelquefois deux muscles qui sont des portions du court extenseur des orteils.
ÆRuge (3), dans une étude approfondie des différents ordres des Mammifères, a démontré que plusieurs corps charnus du court extenseur des orteils, qui chez les Monotrèmes occupent tous la jambe, émigraient dans les autres familles sur le dos du pied pour former le pédieux. Seul le faisceau destiné au cinquième doigt garde sa situation primitive,
(1) Insertion sup.: LXIX, A. 5, p. 209. (2) Insertion sup.: LXXIII, 7, p. 213.
(3) Cité par LECHE. BRONN’S Klassen, etc., lie 2-43-44, p. 888, 1895.
mais il peut fournir chez certains sujets, en se subdivisant, le péronier du quatrième doigt. Les Porcs-Epics sont les seuls Rongeurs qui n’ont pas le péronier du quatrième doigt (Parsons). Gelui du cinquième doigt suit le sort de l’orteil auquel il est destiné. Cependant sa disparition peut précéder celle de ce doigt : ainsi Chinchilla a un cinquième doigt sans son péronier (Parsons).
Cavia cobaya. — Le long péronier (1), qui est le moins variable des muscles de ce groupe, nait de la tête du péroné, au-dessous de linsertion du biceps, et de la partie supérieure de l’os, accolé à la face postérieure des deux extenseurs. Il est croisé perpendiculairement par le sciatique poplité externe. Devenu tendineux au quart inférieur de la jambe, il passe dans la gouttière verticale qui est creusée sur le bord externe de la malléole péronière (/g. XC V, 16, p.323). IL se porte en avant et en bas jusqu’au cuboïde dans une profonde gouttière de la face externe du calcanéum, puis, après avoir contourné le cuboïde, traverse obliquement en avant et en dedans la plante du pied pour s’insérer à la base du deuxième métatarsien.
Le court péronier, placé en dedans du précédent, se fixe au tiers moyen du péroné et sur une cloison fibreuse qui le sépare de l’extenseur propre. Son tendon se réfléchit derrière la malléole péronière et suit le bord externe du tarse pour s'attacher à la base du quatrième métatarsien, à un nodule osseux qui est peut-être le rudiment du cinquième doigt (Par-sons). Même disposition chez Ceredon rupestris.
Parsons a vu le tendon du court péronier se diviser en deux portions : l’antérieure s’insérait comme à l’ordinaire, la postérieure se fixait à la partie antéro-supérieure de la face externe du calcanéum.
Le péronier du quatrième doigt ou péronier postérieur existe seul : celui du cinquième doigt manque comme cet orteil.
Il s’insère sur la tête du péroné, derrière le long péronier,
(1) Insertion sup.: LXVII, 8, p. 208.
sur la moitié supérieure du bord externe de l'os et sur une cloison qui le sépare du fléchisseur péronier. Son tendon se réfléchit comme celui du court péronier, derrière la malléole,
Après avoir croisé les tendons des deux autres péroniers, il suit jusqu'au quatrième doigt le bord externe du pied comme l’extenseur propre du pouce suit son bord interne (Ra XCQV, 17,p. 323).
Mus decumanus. — Quatre péroniers (1) (fig. XCIT, 28, p. 310). Le long, qui est le plus volumineux, vient de la tête du péroné et se fixe à la base du premier métatarsien. Le court, placé en dehors, naît dutiers moyen du bord externe de l’os et se termine sur la base du cinquième métatarsien. Derrière eux sont les péroniers du quatrième et du cinquième doigts qui sont grêles et s’accolent au fléchisseur péronier.
Sciurus vulgaris. — Quatre péronters, naissant tous du péroné et de la cloison fibreuse qui les sépare de l’extenseur propre du pouce.
Le long (2) naît de la tête et dela partie supérieure de l'os : il se fixe à la base du premier métatarsien. Le court (3), qui est le plus gros, naît du tiers moyen de Ia face externe de loset s'insère par un fort tendon à la base du cinquième métatarsien.
Le péronier du cinquième doigt (4) nait de la partie antérieure de l’os, au-dessous du long, entre le court et l’extenseur du gros orteil. Il descend au-devant du court et se termine sur la troisième phalange du cinquième orteil.
Le péronier du quatrième doigt (5) naît de la moitié inférieure de la face postérieure de l’os : il descend derrière le court et se termine sur la base de la troisième phalange du quatrième doigt.
(1) Insertion sup. : LXVIII, 28, p. 209.
(2) Insertion sup, : LXIX, 7, p. 209.
(3) Insertion sup. : LXIX, 11.
(4) Insertion sup. : LXIX, 12.
(5) Insertion sup. : LXIX, 6.
Dipus ægyptius. — Deux péroniers seulement, le long et le péronier du quatrième doigt, qui sont très grêles, presque cachés par le groupe des fléchisseurs et celui des extenseurs entre lesquels ils se trouvent. Le court péronier manque comme chez Dasyprocta, Dolichotis (Parsons).
Le long péronier (1) nait de la partie externe et postérieure de la tête du péroné. Son tendon passe dans la gouttière péronéo-tibiale et se fixe à la base du métatarsien après avoir croisé le tendon du péronier du quatrième doigt audessous duquel il passe (fig. LXXXIX, 23, 26, p. 292).
Le péronier du quatrième doigt (2) nait de la partie externe, puis antérieure du péroné, au-dessous du précédent. Il descend au-devant et en dedans de lui et son tendon après réflexion sous la gouttière péronéo-tibiale, suit le bord externe du pied pour se fixer (fig. C, 3, p. 361), sur le dos du quatrième doigt à la base de la deuxième phalange. I] envoie une expansion (fig. C,7) au tendon de l’extenseur commun destiné à ce doigt et contracte des adhérences fibreuses avec la base de la première phalange.
Lepus cuniculus. Lepus timidus. — Quatre péronrers. Le long péronier (3) naît de la tête du péroné à son union avec le condyle externe du tibia. Le corps charnu, situé sous le tibial antérieur, donne au tiers inférieur (Lapin),moyen(Lièvre), de la jambe un long tendon grèle qui se réfléchit derrière le tubercule péronier. Après avoir suivi le bord externe du pied jusqu’au cuboïde, il se réfléchit à angle droit ({g. CI, p. 367) et s'engage dans un canal formé par le cuboïde en arrière, la base du cinquième métatarsien en avant, l'articulation de ces deux os en haut, en bas par une expansion du ligament calcanéo-cuboïdien qui va se fixer au tubercule inférieur de la base du cinquième métatarsien. Après un court trajet transversal, parallèle au fort ligament qui unit entre eux le deuxième et le cinquième métatarsiens, le tendon du long péronier s'’insère à la base du deuxième métatarsien.
(1) Insertion sup. : LXX, 5, p. 210.
(2) Insertion sup. : LXX, 6.
(3) Insertion sup. : pour. {e Lapin, LXXI, 6, p. 211; pour le Liévre, RIT Gp ir
Eh
Il est à noter que dans son trajet le long du bord externe du pied, ce tendon, étant plutôt dorsal que plantaire, produit la flexion du pied sur la jambe en même temps que son abduction.
Le court péronier (1) vient de la partie supérieure du bord interne du péroné et de la face externe du tibia. C’est le plus gros des muscles de la région. Son tendon, plus fort que le précédent, se réfléchit derrière la malléole, entre le péronier du quatrième doigt en dedans, celui du cinquième et le long en dehors. Son tendon, après avoir suivi le bord externe du pied, se fixe à une apophyse saillante de la base du cinquième métatarsien.
Le péronier du cinquième doigt (2) naît de la partie supérieure du péroné, derrière le court péronier. Il descend en dedans de lui et après réflexion derrière la malléole, longe le bord externe du pied, passe sous l'apophyse du cinquième métatarsien (fig. CI, 9, p. 367) et se fixe à la base de la première phalange du cinquième doigt.
Le péronier du quatrième doigt (3) naît sur le bord externe du péroné, devant le fléchisseur péronier (Lapin) ; l'insertion s'étend chez le Lièvre jusqu’au tiers inférieur du tibia. Le corps charnu descend derrière le péronier du cinquième doigt, puis derrière le court péronier latéral en dedans duquel passe son tendon. Il se réfléchit sous la partie la plus profonde du tubercule péronier, suit la partie externe du dos du pied, passe sous le tendon de l’extenseur commun et se fixe en partie à la base de la première phalange du quatrième doigt. L'autre partie du tendon s'unit au tendon de l’extenseur commun destiné à ce doigt.
Arctomys marmotta. — Le long péronier (4) qui est le plus superficiel, s’insère à la partie supérieure de la tête du péroné, en dehors du soléaire, au-dessous du ligament latéral externe et du tibial antérieur. Il se réfléchit derrière a
(1) Insertion : Lapin, LXXI, 8, p. 211; Lièvre, LXXII, 8, p. 212. (2) Insertion : Lapin, LXXI,7 ; Lièvre, LXXII, 9.
(3) Insertion : Lapin, LXXI, 9; Lièvre, LXXII, 10.
(4) Insertion sup.: LXXIII, 4, p. 213.
malléole péronière, et après son trajet ordinaire sous la plante du pied, s’insère à la base du deuxième métatarsien.
Le court péronier (1) est le plus gros. Né du bord externe du péroné, sur les deux tiers moyens de sa longueur, il donne un fort tendon qui se réfléchit derrière la malléole externe. Il est croisé par le tendon du péronier du cinquième orteil, qui se place en dehors de lui. Il s’insère à la base du cinquième métatarsien et renverse le pied en dehors.
Le péronier du cinquième doigt (2) prend naissance sur la moitié supérieure du bord postérieur du péroné. Il est grêle: son tendon croise le court péronier et lui devient externe derrière la malléole. Après sa réflexion, il suit le bord du cinquième orteil et se termine sur sa dernière phalange.
Le péronier du quatrième doigt (3), de même volume que le précédent, au-dessous duquel il prend naissance, sur la moitié inférieure du bord postérieur du péroné, est le plus interne des muscles péroniers, au moment de leur réflexion rétro-malléolaire. Il suit la face externe du quatrième orteil et se termine sur sa dernière phalange.
Résumé. — 1° Comme particularités anatomiques à relever dans les muscles de la région antéro-externe de la jambe, il faut citer : le faisceau anastomotique, que l'extenseur commun donne au tibial antérieur chez Cavia cobaya ; Vabsence de l'extenseur propre du premier orteil chez Dipus ægyptius, Lepus cuniculus, et Lepus timidus.
2% Au point de vue fonctionnel, on constate le développement du tibial antérieur, chez le Fouisseur et le Grimpeur. Chez $Sciurus, il est l'agent de la rotation du pied, qui atteint 45°.
I! faut signaler chez le Sauteur la réduction de l’insertion tibiale de ce muscle qui, au lieu de s'étendre, comme
(1) Insertion sup.: LXXITIT, 6, p. 213.
(2) Insertion sup. : LXXIII, 14.
(3) Insertion sup. : LXXIIT, 17.
chez Cavia, Mus, Arcitomys, sur le quart ou le tiers supérieur de la diaphyse tibiale, reste limitée à la crête antérieure de l’os et n’occupe que la portion proximale de la face externe du tibia. Chez le Lapin, cette insertion occupe moins du cinquième de la longueur de los, chez le Lièvre, le sixième.