Tibial antérieur
Chez Cavia cobaya (1) ce muscle prend insertion sur le bord externe de la tubérosité antérieure du tibia et sur la partie supérieure de la face externe de l'os. Il reçoit vers le milieu de la jambe un gros faisceau charnu qui se détache de l’extenseur commun. Ce faisceau anastomotique (/ig. XCIX, 4) provient du tendon fémoral de ce dernier muscle auquel il reste généralement fusionné jusqu'au tiers supérieur de la jambe. On peut cependant prévoir sur certains sujets une séparation plus hâtive et le tibial antérieur comme l’extenseur des orteils aura son origine sur le férnur. Cette remarque explique la divergence des auteurs sur ce point d'anatomie. Mivart et Murrie décrivent une insertion fémorale au tibial antérieur chez le Cochon d'Inde comme chez Dasyprocta. Beddart l'a trouvée chez un autre Caviidé, Dolichotis patagonica. D'autre part, Parsons ne l’a pas trouvée sur trois Cobayes, ni sur un spécimen de Ceredon rupestris, et de Dolichotis patagonica. Je ne l'ai pas constatée non plus dans mes dissections de Cobayes. J'ai toujours vu le faisceau anastomotique rester fusionné avec l'extenseur des orteils jusqu’à la partie supérieure de la jambe. Mais comme il ne s’agit que de la séparation plus ou moins hâlive de deux faisceaux musculaires, séparation qui peut se produire sous des influences bien accessoires, il faut
(1) Iasertion sup. : LXVII, A, 10, p. 208.
conclure avec Parsons (1) que de nouvelles observations sont nécessaires pour établir à quel point cette origine est propre aux Caviidés.
Fig. XCIX.— Région antérieure de la jambe droite du Cobaye. 1. Condyle externe du fémur ; 2, 3, Extenseur commun des orteils ; 4, Faisceau anastomotique donné par l'extenseur commun au tibial antérieur, 5 ; 6, Ligament rotulien.
Le tendon terminal, devenu libre au quart inférieur de la jambe, glisse sur le bord interne du cou-de-pied dans une gaine fibreuse. Il est obliquement croisé par le tendon de l’exlenseur propre qui se place à son côté interne, puis il s'insère comme chez les autres Caviidés, sur le premier cunéiforme et le premier métatarsien rudimentaire, qui est sous la base du second.
Mus decumanus (2). — Le tibial antérieur est un gros muscle qui naît : du tiers supérieur de la face externe du tibia qui est largement déprimée et surmontée par la saillie du plateau externe de l'os ; de la tête du péroné; entre le plateau tibial et la tête du péroné, d’une arcade fibreuse sous laquelle passe le tendon de l’extenseur. Le corps charnu glisse sur la face externe du tibia, accolé en dehors à l’extenseur des orteils. Son tendon terminal, qui est assez large,
(1) « Further observations 1s needed to show hoc far femoral origin of this muscle is characteristic of the Caviidæ.» Parsons, loc. cit., 1894, p.288. (2) Insertion sup. : LXVIII, 52, p. 209.
suit le milieu du cou-de-pied et se porte obliquement en dedans sous le ligament annulaire. Il se fixe tout entier, comme chez Gerbillus, Mus rattus, Mus barbarus, Myodes, au cunéiforme interne. Généralement, chez les Myomorphes, ce tendon se divise légèrement et se fixe au cunéiforme interne et par un plus petit faisceau à la base du premier métatarsien. Chez Microtus, les deux parts sont égales ; chez Heteromys, les deux divisions vont au cunéiforme (Parsons).
Sciurus vulgaris (1). — Le {ibial antérieur est remarquable par son volume. Ses fibres s’implantent seulement sur la face externe de la créte antérieure du tibia et sur la tète du péroné : même arcade fibreuse au-dessus de la gouttière péronéo-tibiale dans laquelle glisse le tendon de l’extenseur commun.
Le corps charnu fait sur le devant de la jambe une saillie très accusée et couvre tous les muscles de la région. Son tendon, qui ne se dégage qu'au niveau du cou-de-pied, se porte obliquement en bas et en dedans et se fixe au bord interne du premier cunéiforme.
Le développement du tibial antérieur chez l'Ecureuil est en rapport avec la rotation en dedans de la plante du pied, qui esl très étendue chez cet animal. Elle est due à la laxité des articulations du tarse et mesure environ 45. La plante du pied, d’inférieure peut devenir interne sous l’action de ce muscle. «
Dipus ægyptius (2). — Corps charnu fusiforme et volumineux, ayant une insertion proximale encore plus réduite que chez Sciurus. Elle occupe la partie supérieure de la crête du tibia, la portion la plus élevée de la face externe de l'os, qui est fortement déprimée, et la tête du péroné ; elle ferme la gouttière de l’extenseur commun. Le long tendon qui naît à mi-hauteur du tibia, passe sous le ligament annulaire antérieur qui s'étend obliquement du bord antérieur du
(1) Insertion sup. : LXIX, A, 3, p. 209.
(2) Insertion sup.: LXX, À, 3,p 210
tibia à la malléole péronière. Il se fixe au bord interne de la base du métatarsien unique que l’on peut considérer comme l’analogue du canon des solipèdes, résultant de la fusion de trois métatarsiens.
Lepus cuniculus (1). Lepus timidus (2).— Même réduction de l'insertion proximale, même indépendance de la diaphyse tibiale que chez Dipus. L'insertion occupe : le bord externe de la crête et de la tubérosité antérieure du tibia; le condyle externe du tibia, qui est séparé de la tubérosité antérieure par une gouttière verticale destinée à l’extenseur commun ; une arcade fibreuse fermant cette gouttière.
L'insertion mesure moins du cinquième de la longueur de l'os chez le Lapin, le sixième chez le Lièvre.
Le corps charnu se moule sur la convexité de l’extenseur commun. Le tendon terminal, devenu libre au quart infé— rieur de la jambe s’engage sous le ligament annulaire antérieur du tarse. Chez le Lièvre, ce ligament est précédé d’un petit crochet qui s'élève sur le bord antérieur de l'os (fig. LXVI, 4, p. 203). Le tendon croise ensuite obliquement la partie antéro-interne du tarse et s'insère au côté interne de la base du 2° métatarsien.
Arctomys marmotta (3). — Muscle volumineux s’insérant au quart supérieur de la face externe du tibia, qui est déprimée. Une petite expansion s'étend à la tête du péroné et ferme la gouttière de l’extenseur commun. Le tendon terminal, gros et plat, libre seulement au-dessus du tarse dont il croise obliquement la partie antéro-interne, va s’insérer à la face inféro-interne du 1°" cunéiforme et à la base du 1°" métatarsien.
2. — Extenseur commun des Orteils Chez tous les Rongeurs, ce muscie naît par un tendon sur la face superficielle du condyle externe du fémur, près de la (1) Insertion sup.: LXXI, A, 5, p. 211.
(2)Mnsertion sup. : LXXIL, A,7, 5. p. 2 (3) Insertion sup : LXXIII, À, 3, 5,p.
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surface articulaire, au-devant du tendon du poplité, audessous et au-devant du ligament latéral externe.
On a vu chez Cavia cobaya (1) les rapports de ce tendon avec l'insertion du biceps fémoral qu'il divise en deux parties. Il descend (#g. XCIX, 2, p. 347) au-devant du genou dans une gouttière qui est formée par la tête du péroné et la tubérosité antérieure du tibia. Les fibres charnues apparaissent au niveau du plateau tibial sur sa face postérieure, tandis que le tendon se prolonge sur le bord interne du muscle pour fournir au tibial antérieur son faisceau anastomotique.
Le tendon terminal, libre au quart inférieur de la jambe, passe sur le milieu du cou-de-pied dans un canal qui est formé par leligament annulaire antérieur. L'insertion externe de ce ligament contient un petit sésamoïde.
Sur le dos du pied, le tendon se divise en trois portions et l’externe se subdivise en deux. Comme chez Lagostomus, qui n’a aussi que trois doigts, les deux tendons médians vont à l’orteil moyen et les tendons extrêmes à leur doigt respectif. Ils sont unis entre eux au niveau du métatarse par des expansions fibreuses ou vircula. Leur insertion sera décrite avec celle des autres extenseurs (v. Pied).
Mus decumanus. — L'extenseur commun est peu développé. Son tendon d’origine, petit et plat, suit la gouttière que forment la tête du péronéet le tibia. Le corps charnu, assez grêle et fusiforme, est indépendant du squelette de la jambe, tandis que chez Mus barbarus, il reçoit quelques fibres de la tubérosité antérieure dn tibia (Parsons). Après réflexion sous le ligament annulaire antérieur qui siège sous le cou-de-pied, puis sous la boucle calcanéenne, le tendon donne quatre divisions plates, unies par des vincula peu marqués. Chez Mus rattus le tendon du cinquième doigt manque (Parsons).
(1) Insertion sup.; LX, B, 28, p. 198.
Sciurus vulgaris (l1).— Æxtenseur commun assez grêle. Ne donne que quatre tendons pour les quatre derniers doigts.
Dipus ægyptius (2). — Parsons dit que le tendon fé-moral de l’extenseur commun reçoit chez Dipus, comme chez Sphingurus, Mus barbarus,quelques fibres accessoires de la tubérosité externe du tibia. Je ne les ai pas constatées sur trois spécimens que J'ai disséqués. Le corps charnu, assez gros, se divise en deux couches : la couche principale donne cinq tendons, la couche superficielle ou accessoire n'en donne qu'un qui s'unit au long tendon du doigt médian. Leur description, qui est assez complexe, sera donnée plus loin.
Lepus cuniculus (3). Lepus timidus (4). — Long et fort tendon fémoral descendant dans la gouttière qui est creusée entre la tubérosité antérieure et le condyle externe du tibia. Le corps charnu, fusiforme, descend jusqu’au voisinage du ligament annulaire, sous lequel s'engage le tendon terminal après avoir été croisé par le tibial antérieur qui se place en dedans de lui. Chez le Lièvre,le corps charnu se dédouble : la couche superficielle fournit dès le milieu de la jambe un petit tendon destiné au cinquième doigt et qui sur le dos du tarse donne une expansion au tendon du quatrième. La couche profonde reste charnue jusqu’au voisinage du tarse et donne trois tendons.
Tous ces tendons, au sortir du ligament annulaire antétérieur, traversent la boucle calcanéenne. Celle-ci est un cordonnet fibreux qui naît du sommet de la grande apophyse du calcanéum, se porte en dedans et un peu en arrière pour s'unir à un faisceau plus petit qui vient du séaphoïde. Les deux ligaments s’insèrent en arrière à la partie externe de la tête de l’astragale. Sur le dos du tarse, les quatre tendons sont unis par des vincula.
(1) Insertion sup. : LXII, B, 24, p. 199.
(2) Insertion sup. ; LXIII, B, 25, p. 200.
(3) Insertion sup. : LXIV, A, 11, p. 201.
(4) Insertion sup. : LXV, A, 8, -p. 202,
Arctomys marmotta (1). — Le corps charnu, recouvert par le tibial antérieur et moins gros que lui, donne des tendons aux quatre derniers doigts : vincula résistants.
3° Extenseur propre du gros orteil
L’extenseur propre du gros orteil est généralement atrophié et présente d’assez grandes variations en rapport avec celles du premier orteil. Elles sont cependant moins étendues que ces dernières, car, suivant la remarque de Parsons, il n'y a peut-être pas de muscle qui soit aussi persistant en l'absence de l'organe auquel il est destiné. La tendance à la disparition crée des types bâtards qu'il est parfois difficile d'interpréter. Il est absent chez Dipus œgyptius, Lepus cuniculus et Lepus timidus comme chez les Chinchillidés (Chinchilla, Lagostomus).
Cavia cobaya (2). — Semi-penniforme, assez grêle, provenant de toute la longueur du péroné et du ligament interosseux. Il est accolé au court péronier latéral. Son tendon terminal apparaît au bas de la jambe entre l’extenseur commun et le tibial antérieur. Après avoir croisé ce dernier, il vient sur le bord interne du pied se réfléchir à angle droit sous la saillie du scaphoïde. Devenu antéropostérieur, il croise une seconde fois le tendon du tibial antérieur au niveau de son insertion et se termine sur le deuxième doigt en rejoignant le tendon de l’extenseur commun. Ilest uni au côté interne de la base du métatarsien interne par un court tendon, comme chez Ceredon rupestris et Dolichotis patagonica.
Mus decumanus (3). Grêle, né des deux tiers moyens du péroné, qui est à ce niveau en partie soudé au tibia, et de l'aponévrose antérieure des muscles péroniers. Son tendon
(1) Insertion sup. : LXVI, A, 8, p. 203.
(2) Insertion sup.: LXVII, À, 9, p. ?08. (3) Insertion sup.; LXVIII, A, 55, p. 209,
passe au niveau du cou-de-pied, sous celui du tibial antérieur, et se fixe à la base de la phalange rudimentaire du premier orteil.
Sciurus vulgaris (1). — Corps charnu, plat, mince semi-penniforme, se fixant au tiers moyen du bord antérieur du péroné. Son petit tendon passe, au cou-de-pied, sous celui du tibial antérieur et se porte obliquement en avant et en dedans sur le dos du premier orteil. Il envoie une bride fibreuse au tendon extenseur du quatrième orteil et se fixe à la partie interne de la base de la dernière phalange.
Arctomys marmotta (2).— Petit, recouvert par l’extenseur commun. Il s’insère sur la partie moyenne du bord antérieur du péroné, en dedans des muscles péroniers. Très oblique en bas et en dedans, il croise le bord antérieur du tibia et se place sur le dos du premier métatarsien. Il s’insère à la base de la dernière phalange après avoir envoyé sur le dos du deuxième métatarsien une expansion fibreuse qui s’unit au tendon de l’extenseur commun.