‹ Contribution à la Production d'un Lait Pur et SainChapitre 9 sur 28 · ANNE · texte numérisé non relu

ANNE

29 Drèches de distillerie. — Pour la première fois, en août 1882, Girard, directeur du Laboratoire Municipal attira l'attention sur la nocivité du lait provenant de vaches nourries de drèches (Girard, Com. à la Sté de Médecine publique et d'hygiène professionnelle). Il prétendait même que ces vaches devenaient ellesmêmes rapidement phtisiques.

Denimes (Berliner Klinische Woch, 1882), Toussaint (Sté de Méd. publ., 8 octobre 1885), Roskam (Annales de la Slé Médico-Chirurgicale de Liège, avril, 1895), Marian (Tratié de l’ Allaitement), Charroppin (La question du lait, Paris, 1909), Variot, Daremberg, tant sur le terrain expérimental que sur celui de la clinique font les mêmes constatations et concluent que les vaches nourries de drèches de distillerie présentent rapidement des troubles de stomatite et de gastroentérite très accusés, et, même en l'absence de ces troubles, donnent un lait engendrant, chez l'enfant qui en fait usage, des troubles digestifs, nutritifs et généraux extrêmement graves.

Le Pr Porcher ainsi que le Dr Roskam (de Liège) constatent d’ailleurs que ce lait « paraît beau, mais qu’il a un goût fade, une odeur désagréable et que, après cuisson, il devient jaunâtre, tout en donnant un dépôt grumeleux » (G. Gendens. Rap. à la Féd. de Méd. Vét. de Belgique, 14 août 1910). Rien d’étonnant que ce lait anormal soit nocif. :

LPO ee

39 Dreches de brasserie. —— En 1893, Rouvier dans “son livre sur le lait, puis Marfan et Moreau, enfin Variot (Société de pédiatrie, 1908) rapportent un certain nombre d'observations personnelles très démonstra- Lives de gastro-entérites convulsives foudroyantes causées chez les nourrissons par l'usage de lait produit par des vaches alimentées avec des drèches de brasserie . &« À Ingolstadt, le pays du monde où l’on boit le plus de bière, la mortalité des enfants au-dessous d’un an dépasse 54 % et la statistique montre que la plupart de ces victimes succombaient à des maladies d'intestin » (Rouvier, Livre sur le Lait. 1893).

4? Tourteaux. — (Certains tourteaux sont vraiment toxiques {croton, ricin, malfouraine, farines), d’autres sont suspects ([moutardes, tourteau de Bengoli); certains sont falsifiés par addition de sulfate de baryte ou de chaux. Les meilleurs en apparence peuvent être dangereux par le sulfure de carbone qu'ils contiennent, sulfure dont on se sert pour l'extraction de l'huile ou par les parasites qu'ils renferment (acurus penicillum glancum) ou enfin par le rancissément qui s'opère en eux, ou encore par le mélange de graines adventices toxiques (nielle des champs, ivraie, linicole, moutarde). Et parmi ceux qui ne sont pas dangereux, il en est (coprah) qui donnent au lait un goût désagréable. ou une crème difficile à baratter. De plus, l'huile que renferment lestourteaux rend le lait gras et indigesle (Dufiloth, Revue de puéricullure, janvier 1905).

Repose

Marfan el Martel ont constaté chez des enfants et ‘même chez des adultes des troubles digestifs et toxiques zraves dus indubitablement au lait fourni par des vaches recevant des tourteaux dans leur ration.

0° Feuilles de betteraves. — Bouchet (Le lait, son hygiène, 1914) constate que les feuilles de betteraves, lorsqu'elles constituent à elles seules la presque totalité de la ration et à cause des sels de potasse qu’elles renferment, entraînaient chez les animaux une diarrhée perpétuelle qui diminue la quantité de lait sécrété. I] n’est pas impossible qu’à la faveur de ces troubles intestinaux un certain nombre de micro-organismes de

l'intestin passent dans le lait et le rendent nocif.

69 Eaux de boisson. — Le D' Uzer (Rapport de la diarrhée infanhile dans l'allaitement arlijiciel avec le mode d'alimentaïion des vaches, Paris, 1907) rappelle les constatations déjà faites par le Dr Dequidt, à savoir que dans le département du Nord, l’arrondissement de Cassel connaît très peu de diarrhée infantile, or les vaches y sont abreuvées d’eau de source, tandis que dans les arrondissements de Lille et d’Armentières où les vaches boivent l’eau stagnante, la diarrhée infantile est très commune et très grave.

- En résumé, il faut rejeter de l’alimentation des laitières toutes les substances susceptibles d’altérer leur santé ou de provoquer des troubles chez les êtres qui consomment leur lait. « De quelles précautions n’entoure-t-on pas l’alimentation, le régime des jeunes mères,

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