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Le moment est arrivé de rendre compte d’une expérience supplémentaire que nous avons entreprise avec le sol nu.
Deux pots, du même modèle que ceux de la serre, ont été remplis avec 4 1/, kilogrammes de ‘sable et placés à côté des cultures d'orge et de haricot. Afin de les mettre dans les mêmes conditions que dans les autres expériences, le sable a été maintenu faiblement humide, en ayant soin de donner l’eau d'arrosage en quantité inférieure à celle qui correspond à la saturation du sol. L’inoculation avec des microbes du sol a été effectuée comme pour les autres pots de la serre. L’expérience a duré cent trois Jours ; en voici le résultat :
Pot n° x. : Pot n° 2.
; gr. gr.
Richesse primitive en azote, le 3 mai. . . . . 0.0285 0.0285 Azote contenu dans l'eau d'arrosage . . . . . 0.0048 0 0045 TorTaL de l'azote fourni. . . 0.0333 0.0353 Azoterretrouvé le 4#apût … + TO en mou 0 0283 A'ADIPMPERAU ES 20 AU le ID 00050
Cette perte ne prouve pas nécessairement qu'aucune absorption de l’azote atmosphérique n’a eu lieu par le sol nu dans le cours de l’expérience.
En effet, que nous nous trouvions en présence d’une fixation de l’ammoniaque par le sol ou d'une absorption de l'azote libre par les microbes du sol, l'azote gagné doit être rapidement assimilé par la plante et transformé en substance organique, sinon les phénomènes de réduction dont le sol est quelquefois le siège peuvent masquer le gain. Cependant, comme notre milieu de culture était convenablement aéré, on peut difficilement admettre des réactions de dénitrification. [I y à plutôt lieu de conclure à l'absence, dans ces essais, de toute intervention de l’azote atmosphérique et à l’attribution de la perte constatée à un dégagement de l’azote dans la nitrification de la matière organique du sol.
Le tableau de la page 15 constitue une confirmation pleine et entière des conclusions auxquelles nous étions arrivé par nos expériences de 1889, savoir : intervention manifeste de l'azote atmosphérique dans la nutrition du lupin. La balance des apports et des pertes en azote se solde, en etfet, sans exception, dans nos huit essais, comprenant chacun quatre pots, par un gain sensible. Ce gain augmente, comme nous lavions également constaté, lorsqu'on rend possible une plus forte production de substance organique en pourvoyant le milieu de culture d’une copieuse fumure en éléments minéraux assimilables. \ |
Tout en produisant dans ce cas (voyez tableau, p. 14) des plantes d’un titre centésimal inférieur en azote, le poids de la masse végétale monte dans une si forte proportion que le poids de l'azote y contenu est supérieur à celui que l’on retrouve dans la récolte produite dans un milieu de culture pauvre, non additionné d'engrais minéraux. | — Mais le résultat le plus important acquis par cette nouvelle étude est la démonstration de l'intervention «le l’azote atmosphérique non seulement dans la végétation du lupin et du haricot, mais aussi dans celle de l'orge. Ces plantes appartenant respectivement aux papilionacées et aux graminées, familles botaniques occupant une place si distincte dans l'échelle végétale, nos conclusions peuvent être considérablement élargies et généralisées. De plus, ce qui est capital, les graminées étant des végétaux dont le système radiculaire est exempt de nodosités — organes spéciaux, dans lesquels tous les auteurs ayant contribué dans les dernières années à la solution de la question voient le siège de l’absorption de l’azote atmosphérique, — ces nodosités ne peuvent constituer la cause générale du phénomène, mais seulement une cause spéciale, où il se manifeste avec une intensité particulière. C’est ce que M. Franck avait déjà supposé; c’est ce que nous aussi avons fait entrevoir dans notre premier mémoire !.
He Cil., p: 21:
On doit convenir que la démonstration de l'intervention de l'azote atmosphérique dans la végétation d’une graminée (plante + sol) oblige à envisager autrement que par le passé la question qui fait l’objet de cette étude.
Mais avant de pousser plus loin les conséquences qui découlent de cette démonstration, examinons si les essais dans les cases de végétation nous amènent aux mêmes conclusions, et abordons le second problème que nous nous sommes posé : Le gain en azote constaté dans nos recherches est-il dû à la
présence d'azote combiné et diffusé dans l'atmosphère ou doit-il
être attribué à l’azote élémentaire ?
C’est ce que nous allons faire dans le chapitre suivant.