‹ Contribution à la Sémiologie et au Diagnostic Différentiel des Cavernes Pulmonaires TuberculeusesChapitre 3 sur 40 · SYMPTOMES DES CAVERNES PULMONAIRES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DES CAVERNES PULMONAIRES

Introduction. — Signes physiques des cavernes pulmonaires : Înspection, Palpation, Percussion, Auscultation, Radioscopie. — La pectoriloquie.

Au moins en ce qui concerne la tuberculose, on peut admettre que les cavernes pulmonaires comportent un trépied symptomatique bien établi :

1° Un symptôme fonctionnel : lexpectoration nummulaire ; ‘

20 Un symptôme général: la fièvre hectique ;

3° Un ensemble de signes physiques dont la combinaison et la valeur sont variables.

L’expectoration nummulaire n’est pas absolument constante ; elle peut manquer et être remplacée par une expectoration puriforme, verdâtre presque homogène si la désintégration pariétale est rapide, ou bien

les crachats d’origine cavitaire peuvent être dissociés

au milieu d’un flux bronchorréique plus ou moins abondant.

La fièvre hectique est due à la suppuration secondaire greffée sur « l'ulcération » pulmonaire, autant qu'au processus tuberculeux lui-même. La fièvre sera continue, sans rémissions en cas d'exacerbation tuberculeuse véritable ; elle pourra manquer ou être très atténuée chez les sujets dont l'état général est assez bien conservé parce quela tuberculose très destructive en un point, reste malgré tout relativement limitée.

Les signes physiques sont, de beaucoup les plus importants : ils fixent le diagnostic d’une façon définitive ; ils permettent d'apprécier le siège, l'étendue, les caractères particuliers de la caverne. Nous voudrions dire le grand intérêt que nous avons trouvé à examiner en détail le thorax des phlisiques avancés. Ces malheureux sujets; souvent ün peu délaissés à cause de l'impuissance de la thérapeutique, sont malgré tout de précieuses sources d'enseignement à cause de la complexité des signes physiques qu'ils offrent à l’auscultation.

Un‘ examen très précis comparé aux résultats nécropsiques permet d'apprécier et d'interpréter bien des détails et cette méthode pour avoir été inaugurée, il y'a si longtemps par Laënnec n’a rien perdu de son actualité.

Après une brève revue de ces signes physiques, nous insisterons sur ceux qui ont spécialement attiré notre

attention. =

Si nous prenons comme type une caverne du volume d’une orange, siégeant au sommet du poumon et dont les signes/prédominent en avant, la symplomatologie

classique se trouvera réalisée de la façon suivanie.

INSPECTION. — Au milieu de l’amaigrissement généralisé on remarquera /a dépression de l'espace sous-claviculaire et l’immobilité resmratotre que causent les adhérences pleurales plus ou moins épaisses. Au début, les espaces intercostaux sont simplement enfoncés ; plus tard, la courbure costale est redressée et toute la région s’aplatit. Ces symptômes peuvent être également marqués au niveau de l’espace sus-claviculaire et l'on sait que les adhérences du dôme pleural sont parfois la source de névralgies rebelles, d'une névralgie phrénique par exemple ou de troubles sympathiques.

PaLPpaTION. — Elle est douloureuse quand les nerfs intercostaux sont englobés par la péripleurite. Elle met en évidence l’augmentation des vibrations vocales qui traduit la condensation du parenchyme pulmonaire

entourant la caverne.

Percussion. — Les résultats de la percussion ont donné lieu à de nombreux travaux et à des discussions que l’on peut résumer rapidement. :

Un premier fait est évident : la région est mate quand la caverne est pleine, elle peut être sonore quand la caverne est vide ; d’où la possibilité de variations d’un moment à l’autre de la journée. WiNTRicH insiste sur ce fait que la sonorité est plus marquée quand la

bouche est fermée et dans l'expiration, moins mar-

ÉNO

quée dans les conditions inverses. Ces variations dis-

paraissent quand on fait asseoir le malade.

GErHarpT note que le son est plus grave dans la position assise que dans la position couchée.

Lorsqu'on à affaire à une caverne suffisamment volumineuse, du- volume d’une orange par exemple, que “cette caverne est à peu près sèche et que l'orifice bronchique est plutôt étroit, on peut percevoir, suivant les cas : le son amphorique, bruit à résonnance métallique, analogue à celui qu’on produit en choquant une cruche vide, ou le bruit de pot félé de Laënnec, que l’on peut obtenir par une percussion unique brusque, le thorax étant en expiration, et la bouche ouverte. Le bruit que l'on perçoit est un bruit mat et

bref analogue à celui que le doigt produit lorsqu'il per -

cute un vase fêlé. A notre avis la recherche de ces diffé-

rents signes est souvent inutile ; elle est pénible, douloureuse pour le malade et peut provoquer chez lui des quintes de toux très violentes.

Mentionnons en passant le myœædème, souvent produit par la percussion légère, superficielle et localisée au grand pectoral,

Récemment H. Erni (de Gersan) a décrit dans les cavernes le signe du tapotage. On l'obtient exclusivement au sommet du poumon. Si, tenant par l'extrémité pointue un couteau à lame flexible ou un coupe-papier en métal assez lourd mais souple, on laisse tomber le manche sur la paroi thoracique qui le fait rebondir, à

chaque coup on peut voir le malade pris d’une quinte

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