AIRES
de toux et expectorer aussitôt. La percussion, la toux et l'expulsion des crachats sont l’œuvre de quelques secondes et l'on doit ajouter que ce signe ne se constate pas dans tous les cas, mais seulement si la caverne est superficielle.
Mozce (d'Oran) rappelle que Gutmann avait depuis longtemps fait remarquer que la percussion au niveau des cavernes pulmonaires peut parfois provoquer des quintes de toux fort pénibles; de plus, Molle a trouvé /e signe du tapotage chez des sujets porteurs de lésions tuberculeuses minimes et c’est à tort qu'Erni en fait un signe pathognomonique des cavernes. D'ailleurs, d’après Molle, le signe du tapotage se superposerait au syndrome de Weill caractérisé, comme on le sait, par une hyperesthésie cutanée profonde et viscérale.
AUSCULTATION. — Il existe à l’auscultation un souffle auquel se surajoutent des réles; l’auscultation de la voix donne, de plus, d’utiles renseignements.
Le souffle caverneux inspiratoire et expiratoire est analogue à celui qu'on produit en soufflant dans les deux mains réunies en cavité. Lorsque la caverne est plus volumineuse on peut avoir un souffle amphorique, plus intense et à timbre métallique.
Les râles sont de divers ordres. Les râles caverneux sont humides, très gros, inégaux, rares, plus accentués lorsque le malade respire fortement ou lorsqu'il tousse.
Le gargouillement est constitué par des râles très
gros et très nombreux qui forment un bruit de va-et-
vient entendu à l'inspiration et à l'expiration. Les räles post-expiraloires de Baas forment une courte série de râles succédant aux gros râles du premier temps de
l'expiration et séparés de ceux-ci par un bref silence.
Parfois enfin, on percevra du fintement métallique ana-
logue à celui du pneumothorax et coexistant avec le
souffle amphorique. L'auscultation de la voie haute décèle la pectoriloquie : l'oreille qui ausculte entend la voix très distinctement, comme si elle sortait de la poitrine, extraordinairement résonnante, « faisant mal à l'oreille ». Co signe d’après Laënnec serait pathognomonique des cavernes pulmonaires. L'auscultation de la voix chuchotée décèle la pectoriloquie aphone. Ce signe, décrit par Bacelli dans la pleurésie, n’est pas, comme le croyait d’abord l’éminent professeur du Policlinico de Rome, pathognomonique d’un épanchement pleural. On le rencontre en effet au cours de divers états de condensation pulmonaire, au cours de la -spléno-pneumonie par exemple et il n’est pas sans intérêt de remarquer, que longtemps auparavant, la- pectoriloquie aphone avait été notée à l’auscultation des tuberculeux dont la voix était éteinte par suite de lésions laryngées.
Ce symptôme a été décrit successivement sous les noms de pec{oriloquie avec aphonie (Laënnec),voix basse mystérieuse (Fournet), voix caverneuse éleinte (Barth et Roger), chuchotement (Skoda), voix souffléc (Woillez). Enfin dans les cavernes très volumineuses on obtient souvent /e bruit d'airain de Trousseau.
Rapioscopie. — L'ensemble du poumon est opaque
soit régulièrement, soit en mouchetures. La caverne