OBSERVATION XXXI
Pneumothorax interlobaire.
(Sabourin, Archives générales de médecine, 1906.)
Femme de vingt-cinq ans, tuberculeuse méconnue depuis longtemps, très énergique et travaillant comme en pleine santé. À son arrivée au sanatorium on constate : au sommet droit, infiltration assez dense, respiration soufflante en arrière.
A gauche, grosse caverne du lobe supérieur, amphorique en avant, depuis la clavicule jusqu’à la cinquième côte ; bruit de N pot fèlé, très net, gargouillement, bronchophonie. État général pitoyable, inappétence complète ; expectoration énorme.
Après une semaine de cure d’air et de repos, l'appétit se relève, l’expectoration se réduit aux crachats caverneux purs et en somme l’auscultation peut se caractériser ainsi : caverne tuberculeuse profonde, logée dans le lobe supérieur, au contact de l’espace interlobaire.
La pleurite sèche interlobaire n’a pas envahi toute la plèvre scissurale, mais elle s’est prolongée vers la marge scis-
surale du côté de la ligne axillaire.
Les bruits caverneux se propagent jusque sous la clavicule, gràce à la condensation et à l'infiltration du lobe supérieur.
Enfin pleurésie membraneuse périphérique enveloppant presque tout le poumon, et faisant probablement adhérer les marges scissurales.
Un matin, point de côté violent dans la ligne axillaire gauche, vers la sixième côte et le sixième espace. Dyspnée plus forte. À l’auscultation, outre les signes habituels on note du souffle amphorique dans la moitié inférieure du poumon gauche avec maximum d'intensité vers l'angle de l'omoplate et s'étendant surtout en avant vers la ligne axillaire et la région sous-mammaire ; timbre de souffle différant de l’amphoro-métallisme que donne la caverne antérieure.
Les vibrations thoraciques existent partout. On diagnostique un pneumothorax interlobaire : probablement partiel, occupant le segment inférieur de l'espace scissural.
La malade s’accoutume peu à peu à ce nouvel état; l’appétit qui avait disparu pendant cette crise revient peu à peu : cela dure jusqu’au vingt-et-unième jour dans la soirée duquel, sans signe appréciable, le thermomètre monte à 39°4. Le lendemain matin, vomique, quatre erachoirs sont remplis. Cette vomique mousseuse ne cesse que le vingt-cinquième jour.
Deux signes stéthoscopiques prédominent: 4° la diminution considérable du souffle amphorique dans le foyer apparent du pneumothorax ; 2° l'apparition d’un sifflement intense, à timbre amphorique, entendu à distance.
Peu à peu, disparition de l’amphorisme du pneumothorax. Bientôt accentuation de la dyspnée, de la cyanose. La mort
arrive huit jours plus tard.
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