A NOS MAITRES
Quelques jours avant la date où nous primes notre première inscription de Médecine, nous avions le plaisir — car c’en était véritablement un — de passer quelques heures en compagnie d’un vieux médecin du Mans, homme d'intelligence et de culture supérieures, passionné . pour son art. Et comme nous lui faisions l’aveu de la crainte — c'était presque de la répugnance — avec laquelle nous envisagions notre premier contact avec le malade, il nous dit : « Tu verras, mon petit, que l'air d’une salle d'hôpital est une atmosphère de délices. » Malgré que, grâce à Pasteur, Lucas-Championnière et autres, l'atmosphère en fût certainement plus pure qu’à l'époque — 1866 ou 1868 — où notre vieil ami soutint sa thèse, il faut avouer que nous ne partagions guère son opinionen pénétrant pour la première fois dans une salle de pansement.
Aujourd’hui, il n’en est pas de mème : si les années passées dans les hôpitaux nous ont heureusement aguerri etle nez et le cœur, elles nous ont encore dévoilé le véritable sens de ce que nous n’avions, tout d’abord, pris pour une simple boutade.
A l'heure actuelle, où des soucis nouveaux et des obli-
gations nouvelles nous en tiendront probablement éloigné, nous nous prenons également à regretter l’hôpital car nous ÿ avons, nous aussi, goûté et apprécié cette « atmosphère de délices » captivante et féconde qui étreint et remplit l’esprit de l’élève au cours d’une visite faite sous la direction d’un maitre plein de science, de cordialité et de bonté.
A tous les maîtres, auprès desquels nous avons vécu ces heures agréables, nous adressons ici l’expression de notre gratitude et de notre dévouement. Ce sont eux qui, par leurs conseils et leurs exemples,ont non seulement fait notre instruction, mais aussi largement conitribué à notre éducation médicale, en plaçant ehaque our sous nos yeux les plus nobles qualités du cœur et de l’esprit.
La page de notre thèse où brillentleurs noms sera pour nous plus qu’un simple souvenir de nos années d'étude, elle sera,dans l’avenir, notre guide,car elle est un symbole de science et d’honneur professionnel.
Nous ne voudrions pas terminer sans adresser un témoignagne de reconnaissance et d'affection à MM. les D® Picqué et Baudet, chirurgiens des hôpitaux. Nous avons passé près d'eux une année d’externat quifut pour nous doublement pleine de profit, puisque nous y recueillimes les conseils de deux maîtres dont le souvenir reste aussi vivant à notre esprit que cher à notre cœur.
Nous ne saurions également remercier trop vivement M. le D' Huguier, chirurgien de l'hôpital Saint-Joseph, de nous avoir reçu dans son service. Au cours de cette année d’internat passée dans un service extrêmement
A0 actif, auprès d’un maître à la critique sûre, sévère parfois, mais toujours juste et empreinte d’un grand esprit de bienveillance, nous avons recueilli, en même temps que de précieuses leçons,les preuves d’un intérêt auquel nous avons été particulièrement sensible.
Nous adressons enfin au D' Rigollot-Simonnot, le témoignage de notre reconnaissance ; grâce à son affabilité, à son inaltérable patienceet à son inlassable complaisance, il nous a grandement facilité l'exercice de notre fonction d’interne, en même temps que ses conseils ont été et seront pour nous des guides précieux au cours de notre carrière, |