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HISTORIQUE

Avant le xviii® siècle la neurasthénie était confondueavec toutes les névroses : l'hystérie, la chorée, l'épilepsie etc.. Galien dans son livre « De locis affectis » décrit assez exactement l'état mélancolique associé aux désordres dyspeptiques.

Lang'ins (1658), parle d'une variété d'hypocondrie se rapprochant beaucoup de la cérébrasthénie et il enfaitune maladie spéciale aux gens de lettres.

Sydenham (1682), donne la description d'une variété d'hystérie avec abattement et désespoir, épuisement des forces, douleurs du dos, rots aigres ou nidoreux, rêves pénibles, etc., en un mot le grand clinicien anglais donne pour ainsi dire dans son ouvrage « Dissertation sur V affection hystérique » le tableau clinique presque complet de la maladie de Beard.

Hoffmann (1708), sépare l'hystérie du mal hypocondriaque, il fait de ce dernier « une maladie invétérée se produisant lentement et nécessitant un long et ennuyeux traitement ». Précurseur de certaine théorie moderne, il localise l'origine du mal dans « un conduit nerveux et membraneux qui sert à la digestion ».

Blackmore (1725), paraît défendre la théorie nerveuse en disant que (d'hypocondrie ou vapeurs, maladie nerveuse, n'a pas son siège principal dans l'estomac, ni la rate, ni aucune autre partie du corps; mais paraît consister essentiellement en une disposition morbifique des esprits nerveux, dont le désordre et la précipitation changent l'ordre de toutes les parties du corps. »

Viridol(1726), parle du rôle théorique des esprits animaux dans laproduelion des désordres nerveux. Il insiste le premier .st«r la cause morale de Vépuisement nerveux : « Les déplaisirs violents etréitérés i\\x\,faisans bouillonner le sang, volatilisent les acides et les font entrer dans les nerfs, occasionnent de grands épuisements qui obligent les malades à rester dans l'inaction et les assujettissent aux vapeurs ».

Whytt (1765), dans son « Traité des maladies nerveuses, hypocondriaques et hystériques » décrit en dehors de l'hystérie et de l'hypocondrie une maladie particulière se caractérisant par des douleurs incommodes dans le dos et entre les deux épaules, des crampes, des tressaillements subits dans les bras et les jambes, des palpitations du cœur, un pouls très changeant, plus souvent petit que plein, des bouffées de chaleur, des vertiges et des bourdonnements d'oreille, des douleurs de tête revenant quelquefois périodiquement, des insomnies opiniâtres ou un sommeil troublé et inquiet, des rêves effrayants, de la diminution de la vue, de lapeur, de latristesse, l'impossibilité de fixer l'esprit sur aucun objet, de la diminution de la mémoire, des vents dans l'estomac et les intestins, des aigreurs, du manque d'appétit, de la faiblesse et de la langueur, malaises divers et incommodes survenant le plus souvent après de longs chagrins

Eulenburg(1866), décrit les troubles vaso-moteurs de la neurasthénie et l'interprétation patliogénique des phénomènes nervosiques parles troubles de la vaso-motion, il donne pour ainsi dire une véritable théorie patliogénique de l'influence des émotions sur le physique et de leur retentissement sur la circulation.

Hammond (1874) (Traité des maladies nerveuses), décrit la neurasthénie au chapitre anémie cérébro-spinale considérant cet état pathologique comme lié à cette anémie.

Ces deux derniers auteurs, en taisant jouer aux vaisseaux un rôle important dans la patliogénie de la neurasthénie rentrent dans les idées d'une théorie plus moderne, sur laquelle nous allons revenir en recherchant par , quel processus pathologique, prend naissance la maladie de Beard.

Ce dernier en 1868, dans sa description classique de la maladie qui porte son nom lait table rase des conceptions de ses devanciers et, en établissant d'une façon presque définitive lasymptomatologie de la névrose américaine, il en fait une entité morbide parfaitement définie, ayant ses stigmates caractéristiques, comme l'enseigne le professeur Charcotdans ses Leçons du mardi, et dont la cause essentielle réside dans l'épuisement nerveux primitif (Nervous exhaustion). Cet épuisement nerveux amène à sa suite par son retentissement sur tous les autres organes l'ensemble des troubles organiques qui servent à justifier, jusqu'à un certain point, les diverses formes cliniques d'une entité morbide unique qu'on appelle Neurasthénie.

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