‹ Contribution à l’étude de la tuberculose dans ses relations avec la grossesse et les suites de couchesChapitre 18 sur 21 · SABRE · texte numérisé non relu

SABRE

Les villosités. offrent une grande résistance à Te péné- 5 tration des bacilles, mais elles finissent cependant par perdre leur revêtement épithélial ; elles sont alors enva- F hies par les bacilles et par un tissu de granulations sem blable à celui des espaces intervilleux. À e

Dans la seconde forme qui est primitive mais rare, De

mental des villosités. C’est par le courant sanguin que les bacilles sont apportés.

3° Avec le sang de la veine ombilicale: Dans cinq cas, Bar et Rénon ont recueilli au moment de la naissance $

centaire de la veine ombilicale, etils V ‘ont injecté sous la RES peau de l’abdomen à des cobayes. Dans trois cas, des. $ cobayes ne sont pas devenus tuberculeux, dans deux TA autres cas les résultats ont été positifs. Or, dans ces deux cas, les mères étant mortes peu après l’accouchement,

positifs de l'inoculation au cobaye, a ste un certain es rapport. |

4 Avec le liquide amniotique : Alphonse Herrgott, NS (tuberculose. des gestations, Annales de g gynécoloyie AE juillet et août 1891), a recherché, dans un cas, si le liquide Re | amniotique retiré de l’utérus d’une femme atteinte de ST granulie aiguë était susceptible de reproduire la tuber- À culose ; le cobaye inoculé dans le péritoine fut sacrifié + au bout de soixante-quatorze jours: à l’autopsie on trouva une tuberculose ganglionnaire des ganglions

aiguë récente du poumon. Il y avait de nombreux bacil=

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les. Quelques expérimentateurs, Leyden en particulier, n'ont obtenu que des résultats négatifs.

Expériences Jaites sur des femelles d'animaux auæquelles on inocula la tuberculose. Ces expériences sont presque toutes négatives et la plupart des expérimentateurs n’ont pas réussi à transmettre la tuberculose de la mère au fœtus (Grancher, Straus, Nocard,

Leyden). Les expériences de Sanchez-Toledo faites avec

de la tuberculose aviaire inoculée par voies intra veineuse, sous cutanée, intra-pleurale, à trente-cinq femelles de Cobayes pleines, ont été également négatives; aucun des soixante-cinq fœtus, nés de ces femelles, ne présenta de tuberculose. Les recherches de Vignal et de Hutinel ont abouti au même résultat.

D'après Nocard, les recherches faites sur les jeunes bovidés permettent de rejeter d’une façon presque certaine l'hérédité de la tuberculose dans cette race. |

Les statistiques faites dans les abattoirs montrent, en effet, que le nombre des veaux tuberculeux est infime et que les quelques cas rencontrés peuvent être dus à la généralisation de la tuberculose chez une vache pleine. En ce cas, l’utérus gravide, le placenta, et consécutivement le fœtus peuvent être envahis au même titre que tous les tissus de la mère ; l'avortement, d’ailleurs, en est la conséquence habituelle ; mais, dans le cas contraire, on s'expliquera facilement, que le veau naïsse tuberculeux. | Gærtner (Ueber die Erblichkest der tuberculose.

(Zeitsch. F. Hyg. u. infections. Krankh. 1893), Bd. 13, 5R

Zee

p. 101,250) a obtenu cependant iolques résultats

positifs par des inoculations de tuberculose faites à des

souris blanches. Il inocula, dans le péritoine, plusieurs

souris qui donnèrent deux ou trois portées successives, alors qu’eiles étaient depuis un certain temps soumises à l'infection tuberculeuse ; 116 fœtus après avoir été pilés dans un mortier, furent inoculés à 36 cobayes. Deux cobayes seulement moururent de tuberculose, à point de départ péritonéal. +:

Dans une autre série d'expériences, Gærtner inocula

la tuberculose aux souris par la voie trachéale, sur neuf femelles, sept donnèrent naissances à de petits tuberculeux. Enfin, le même observateur inocula à dix lapines, dans la veine de l'oreille, une culture de tuberculose; sur cinquante et un fœtus résultant des portées, et qui furent inoculés à des cobayes, cinq de ces derniers eurent la tuberculose. |

On peut conclure de toutes ces expériences et des

observations cliniques que dans la grande majorité des

cas la transmission du bacille n’a pas lieu, le fœtus nait indemne; quelquefois cependant il présente à la naissance de l'infection tuberculeuse. : Se

Ces conclusions sont confirmées par la thèse de Küss

(Paris 1898). Cet auteur, après avoir- successivement passé en revue l'étude de l'infection conceptionnelle, de l’hérédo contagion, de la tuberculose congénitale et de

la latence du germe, conclut que «l'immense majorité des tuberculoses infantiles sont des tuberculoses

acquises, que la contagion joue le rôle essentiel dans la propagation de la maladie dans le jeune âge. L'influence

Le OR =

directe de l'hérédité étant secondaire on ne peut __ espérer que l'apport bacillaire ne survienne pas dans la suite, mais, à partir d’un certain. âge, la contagion n’a A plus la même gravité, d’abord parce que l'influence d’une hygiène bien comprise aura pu triompher des conditions de moindre résistance que le rejeton des phtisiques apporte en venant au monde, ensuite, et S } surtout, parce que la contagion tardive peut se borner à créer une tuberculose latente peu redoutable, tandis que

formation d’une tuberculose larvée, Bros dans le Et sent, redoutable pour l'avenir ».

Nous venons de voir l'extrême rareté de la tuberculose congénitale, cependant puisqu'il en existe des exemples qui paraissent indiscutables, nous devons nous demander comment on Heat, dans ces cas, expliquer l'infection ? 2 |

Il faut distinguer les cas de transmission suivant que la tuberculose vient de la mère ou du père.

Infection par la mère: Klle pourrait se produire de deux manières, soit dès le début du développement de

er

fœtale.

1° Infection dès le début du développement de l'œuf, à 7. période ovulaire: C’est, dit Straus, une hypothèse bien difficile à prouver et même à accepter mais qu'on ne peut cependant pas écarter d'une façon absolue. : Pour qu’elle soit vraie, il faudrait admettre que la pré- __ sence du bacille de la tuberculose ou de ses toxines à + : l'intérieur de l’ovule n’empêcherait ni la fécondation ni

la contagion précoce détermine presque toujours la

À l'œuf, à la période ovulaire, soit pendant la période

la migration de cet ovule pendant toute la durée de la

vie embryonnaire ».

R° Infection pendant la période fœtale: La contamination du fœtus par la mère se fait habituellement par le placenta et par conséquent par la voie sanguine ; Elle n’est donc guère possible qu’autant que le sang maternel contient le bacille de la tuberculose, c’est-à-dire dans la granulie ou au moment d’une poussée aigue de la tuberculose chronique ; il est de plus nécessaire que les villo-

sités placentaires soient altérées aussi. C’est avec raison que dans leurs thèses inaugurales Aviragnet d’abord, Küss

ensuite, ont insisté sur la rareté de la tuberculose congénitale. | |

Infection par le père, — Dans l’hérédité directe de la tuberculose quelle est l'influence du père? Elle paraît démontrée par les observations cliniques (Landouzy, Lefour, etc.). :« Il n’est pas rare de voir des femmes jeunes qui, fécondées par un mari tuberculeux, accouchent

d'enfants morts ou qui meurent peu de temps après la

naissance, très probablement par la tuberculose ; ces mêmes femmes ont ensuite, d’un second mari bien por-

tant, des enfants vivants et qui se développent régulière-

ment (Ribemont-Dessaignes et Lepage).

Lefour a rapporté en 1896 à la Société obstétricale de Bordeaux deux observations démonstratives à cei égard.

Dans le premier cas une femme, mariée à un tubereuleux, fait successivement huit fausses couches. Veuve, elle épouse un homme sain et met au monde un enfant vivant et bien portant. Dans le second cas une femme, mariée à un tuberculeux, fait successivement quatre faus-

ses couches, l’état du mari s'améliore, la femme mène une grossesse à bien. La tuberculose s'aggrave à nouveau, la femme a deux grossesses qui se terminent par deux fausses couches. |

Dans ces cas comment se produit l'infection ? par le sperme qui, contenant des bacilles, peut en fécondant l’ovule l’infecter et rendre tuberculeux le produit de la conception, mais le fait n’est pas démontré. Dans le sperme des phtisiques ayant des lésions des organes génitaux on a trouvé des bacilles un certain nombre de fois, Inais, d’après Jahny, ce n’estque très rarementqu'on a pu faire cette constatation dans le sperme des phtisiques ayant des organes génitaux sains.

Au point de vue expérimental Landouzy et Martin ont inoculé du sperme de phtisique à des cobayes et les ont ainsi rendus tuberculeux. En procédant de la même manière, Rolofï n’a obtenu que des résultats négatifs. De

même Gærtner, qui a répété avec succès les expériences

de Landouzy et de Martin, n’a pu obtenir de petits tuberculeux en faisant féconder des femelles saines par des mâles inoculés de tuberculose dans le testicule.

De plus le nombre des bacilles dans le sperme est très faible ; d’après Gærtner chaque éjaculation contenant en moyenne 226.000,000 de spermatozoïdes, chez un tuberculeux, les bacilles se trouvent au nombre d’une dizaine, c’est-à-dire dans la proportion de 1 pour 22-000,000.

Ainsi les chances de contamination de l’ovule par le’

sperme sont tres minimes.

Aussi certains auteurs, Firket par exemple, (Aevue de Médecine, janvier 1887), n’admettent guère qu'un ovule

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