‹ Contribution a letude des Kystes du VaginChapitre 17 sur 26 · HD PES · texte numérisé non relu

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voir un médecin pour lui demander conseil. L'examen de celui-ci fut un peu superficiel, un peu rapide et le conduisit à porter un diagnostic erroné, ainsi que la suite de l'observation le démontre, car il crut voir là une cystocèle. Ce diagnostic lui semblait d'autant plus probable que la malade était accouchée deux mois auparavant et que le périnée était resté un peu effrondé. Cet accouchement qui avait succédé à une grossesse. tout à fait normale, s’était lui-même fait dans des conditions régulières et la sage-femme qui y avait présidé n'avait constaté rien qui méritât d’être signalé.

Sur le conseil de son médecin, la malade porta un pessaire de Gariel pendant un certain temps. Mais, voyant que la miction était gênée contrairement à ce qu’elle en attendait, qu’elle était même rendue plus difficile qu'avant son introduc-

tion, elle n’avait pas tardé à en cesser complètement l'emploi. Et les choses en étaient restées là pendant six à sept mois.

Sur ces entrefaites, elle devint de nouveau enceinte; de plus, ia tumeur restant constamment en dehors, déterminait pendant la marche des frottements avec les parties circonvoisines, d'où une irritation et une gêne très pénibles. Ce que voyant, la malade se décida à suivre le conseil qui lui avait été donné et à s'adresser à la chirurgie. Elle était alors dans le sixième mois de sa grossesse. M. Potherat l'ayant examinée porta de suite le diagnostic de kyste du vagin et la détermina à entrer dans son service à l’hôpital de Bon-Secours où nous

Pexaminâmes.

A l'entrée, nous pûmes constater le volume du ventre et des seins, la pigmentation de ces derniers, la présence des tubercules de Montgommery, tous les indices d’une grossesse, Les mouvements du fœtus, les bruits fœtaux perçus confirmèrent

SFragie

une grossesse de cinq mois et plus, cinq mois et demi d’après le calcul que nous pûmes faire.

La femme conservant la position obstétricale que nous lui avions fait prendre, l’examen se porta dès lors vers les organes génitaux externes et nous vimes un peu de pigmentation des grandes lèvres et un léger écoulement.

Les grandes et les petites lèvres furent écartées et on vit apparaitre tout de suite une tumeur semblant remplie de liquide, une poche que les doigts purent déprimer en voulant juger de sa consistance.

Le doigt introduit dans le vagin refoulait bien une tumeur liquide contenue dans une enveloppe assez mince. La couleur : et la consistance éloignaient donc toute idée de fibrôme, fibromyôme, néoplasme malin, de tumeur solide en un mot. |

Il fallait, malgré l’âge de la malade et malgré l’unique accouchement, s'assurer de la cystocèle puisqu'il en avait été parlé.

La cystocèle n'existait pas, la paroi supérieure du vagin était intacte. Alors le rectum pouvait être en cause et il importait de pratiquer le toucher rectal qui, disons-le dès maintenant ne révéla pas de rectocèle, mais fit découvrir un. épaississement de la cloison recto-vaginale situé assez haut.

Qu'était-ce donc? Le doigt vaginal avait refoulé une tumeur fluctuante, assez volumineuse et avait pu en faire la délimitation. Il en faisait le tour, la trouvait indépendante de la région vésicale, de la région cervicale de l’utérus, sauf un peu en arrière en un endroit que nous désigrerons soigneusement plus tard.

Il avait donc trouvé libres les culs-de-sac antéfieur et latéraux et s'était trouvé empêché d'explorer le cul-de-sac posté-

rieur rempli par le pédicule de cette masse fluctuante dont l'implantation se déterminait ainsi peu à peu.

Il était donc facile, à ce moment, au doigt rectal d’aller à la rencontre, du doigt vaginal arrivé à cette étape. Ceux-ci se rencontraient à la hauteur des deux tiers inférieurs du vagin à droite et à gauche de la ligne médiane dans le tiers supérieur, mais à une certaine distance de cette ligne, Au contraire, sur le milieu de la cloison recto-vaginale dans la partie supérieure, il y avait un obstacle à la rencontre des deux doigts séparés par un matelas liquide non réductible. Il fallait, à ce moment, écarter l'idée de communication avec une grande cavité telle que la cavité péritonéale. Le doigt vaginal s'était assuré depuis longtemps à l’orifice du col de l'absence d'un produit de conception. \

Sans aller plus loin, il était naturel de songer à une production kystique, car le vagin, nous le savions, en est un siège fréquent. Il était, en effet, impossible de songer à une entérocèle ou à une collection du cul-de-sac de Douglas qui n'auraient révélé leur présence par aucun symptôme pendant une période assez longue, c’est-à-dire, depuis l'apparition d'une affection suivie par la malade, avec assez d'attention pour que l'interrogatoire donne de valables renseignements.

On demande justement à la malade si la tumeur avait été le siège de douleurs appréciables. Elle répète encore qu’elle était beaucoup plus un sujet de gène et que la dernière marche qu'elle avait faite l'avait déterminée à demander une intervention.

Pour se rendre compte exactement de la longueur de cette tumeur et de la gène apportée, nous demandâmes à la malade de se lever. Tout de suite, nous vimes que cette production

kystique, grâce à son développement, à sa forme pédiculée sortait par la vulve et que le pessaire avait dù avoir peu d’efficacité pour son maintien dans la cavité vaginale.

Il y avait donc lieu d’intervenir mais il fallait auparavant discuter le traitement chez une femme qui ne l’oublions pas était enceinte de cinq mois et demi.

L’ablation de cette tumeur pouvait-elle avoir une influence fâcheuse à cette époque de la grossesse? Non, car nombre d'interventions plus importantes ont été pratiquées sans danger dans de telles circonstances.

Bien plus, nous trouvions avantageux de supprimér un corps étranger volumineux qui, paraît-il, n'a pas été jusqu'alors une grande gène pour l’accouchèment, mais qui pourrait le devenir dans des cas particuliers. Son ouverture spontanée ou sa ponction n’ont-elles pas provoqué par exemple, une transformation purulente ?

Il se posait une autre question, le mode d’anesthésie. Le chloroforme étant à proscrire chez cette femme à cause de sa grossesse, il était très possible, à cause du peu de durée de l’opération, d'employer la cocaïne en badigeonnages et en injections, sous-muqueuses.

L'opération eut lieu le 10 juin 1890. Elle fut absolument identique à celle dont nous faisons le récit dans l’observation précédente et malgré quelques mouvements et quelques plaintes de la malade, les choses se passèrent assez simplement.

Les suites furent elles-mêmes très simples. Localement, Île pansement fut renouvelé toutes les quaränte-huit heures, la réunion fut parfaite au bout de huit jours. Dans son état gé-

néral, la malade ne vit rien survenir : aucun malaise, aucune élévation de température

Parfaitement guérie, cette femme est revenue nous voir et nous dire qn’elle était accouchée heureusement d’un garçon, trois mois après son départ de l'hôpital. |

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