OBSERVATION IV
Gros kyste sous-muqueux du cul-de-sac latéral gauche du vagin. — Ablation par M. Richelot. à l'hôpital Tenon. (Union Médicale 1888)
Jeanne C..., 36 ans, opérée le o mars 1888.
Examen histologique par M. Buscarlet, interne du service, permet de constater que la paroi du kyste présente deux couches :
1° La plus considérable, externe, est constituée par des faisceaux de tissu conjonctif fibreux, par des fibres élastiques et par quélques fibres musculaires lisses ;
2° La couche interne est formée par un épithélium cylindiique, à cellules allongées, étroites, présentant un noyau à leur base, sans plateau à leur extrémité libre. Quelques cellules de remplacement se rencontrent dans cette couche qui présente de distance en distance des dépressions anfractueuses. M. Buscarlet ajoute les réflecxions suivantes à propos dé cette observation.
La nature de ces épithéliums permet-elle de donner l'explication suffisante de la nature ‘et du développement du kyste, sujet sur lequel les auteurs ont émis des opinions bien diffé. rentes. M. Verneuil admet que les kystes profonds du vagin ont une formation analogue à celle des bourses séreuses accidentelles. Mais s'il en était ainsi, ne trouverait-on pas tou- | jours l’épithélium pavimenteux sur la paroi du kyste ?
Pour d’autres auteurs, et Virchow est de ceux-là, ces
kystes auraient une origine glandulaire, opinion inadmissible,
, puisque la muqueuse vaginale ne’présente point de glandes dans sa structure.
Winckel rapporte leur origine à des collections sanguines, à des hématomes développés dans la paroi vaginale et devenus kystiques. Ni le contenu ni la structure de la paroi des kystes du vagin ne donnént raison à cette théorie.
Nous trouvons enfin uné opinion, la plus vraisemblable, qui admet que les kystes profonds du vagin se développent aux dépens des canaux de Gaertner, réstes du canal de Wolf, qui peuvent, dans quelques circonstances, persister jusqu’à l'âge adulte de la femme. L'extérieur de cet épithélium cylindrique donne uhe grande valeur à cette opinion. On pourrait encore admettre que ces kystes ont un développement analogue à celui des kystes de l'ovaire, c’est-à-dire qu'ils se produisent par invagination de quelques cellules épithéliales dans les parois mêmes des tubes de Gaëertner, De là, dans certains cas, une tendance à la multilocularité que nous avons signalée et qui sé trouve très nettement rapportée dans l'observation de Kaltenbach.