‹ Contribution à l’étude des névrites peripheriques infectieuses aiguësChapitre 1 sur 9 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Durant le semestre d'hiver 1891-1892, que nous avons eu l'honneur de passer dans le service de M. le Docteur Bouveret, médecin de l'Hôtel-Dieu de Lyon, nous avons pu observer, pendant sa période de réparation, une malade d'un très haut intérêt, présentant une paralysie des quatre membres avec troubles sensitifs et trophiques très marqués et, en plus, des troubles psychiques ; c'est du reste le cas publié dans la Province médicale^ n°' 9 et 10, de 1892, sous le titre de : « Un cas de psychose polynévritique, » par M. le Docteur Devic, agrégé.

Depuis, nous avons pu voir dans d'autres services de l'ïIôtel-Dieu cinq malades atteints de polynévrite et les chefs des services dans lesquels ils se trouvaient ont eu l'extrême bienveillance , lorsque nous leur avons témoigné notre désir, de mettre à notre disposition les observations recueillies par nos collègues de l'Internat.

A M. le Professeur Lépine nous devons deux observations dont une avec nécropsie. Nous ne saurions trop le remercier, soit des faits qu'il nous a communiqués, soit de nous avoir permis de recueillir un certain nombre depièces pathologiques, soit enfin d'avoir bien voulu nous montrer toute une série de préparations faites par son préparateur, M. le Docteur Mollard, notre collègue et ami, et d'avoir bien voulu nous éclairer de ses avis sur rexaméh de ces pièces.

M. le Professeur Bondet a mis obligeamment à notre disposition l'observation d'un malade que nous avons pu examiner dans son service.

De même, M. le Docteur Clément, médecin des Hôpitaux, nous a permis de profiter d'un cas qui se présentait dans son service de l'Hôtel-Dieu.

Chez M. le Docteur Bouveret, nous avons observé deux cas, l'un pendant que nous étions interne du service et un autre depuis notre départ. Mais en outre notre maître a bien voulu distraire de sa riche collection de faits les observations de quatre autres ïnalades qu'il avait vus antérieurement dans son service à l'Hôpital ou dans sa pratique civile; nous ne pouvons trop le remercier.

M. le Docteur Devic nous a autorisé à;profiter de.

l'observation qu'il a publiée, en y ajoutant les phénomènes survenus chez la malade depuis sa communication.

M. le Docteur Audry, médecin des Hôpitaux, a bien voulu nous confier trois observations recueillies dans son service à THopilal de la Croix-Rousse.

Enfin, notre collègue et excellent ami, M. Tournier, nous a remis l'observation prise par lui, pendant qu'il était interne de M. le Docteur H. Mollière, d'un malade également atteint de polynévrite.

Nous trouvant ainsi en présence de quatorze obser-^ valions de polynévrite, il nous a paru intéressant^ d'analyser ces cas, puis de les comparer les uns aux autres, de voir leurs points communs et leurs points^ de dissemblance espérant ainsi pouvoir peut-être tirerquelques conclusions, toutes relatives du reste, étant donné le nombre limité de nos observations.

D'autre part, en même temps que nous réunissionsces différents cas, nous nous livrions à quelques re-cherches bibliographiques.

La thèse de M™« Dejerine-Klumpke servait naturel-' lemenl de point de départ à nos recherches, nous donnant l'état de la question en 1889 et le résumé de tousles travaux antérieurs ; mais de même que le travail; de Duménil (de Rouen) fut le point de départ de publications nombreuses sur les altérations des nerfs, de même la thèse de M™« Dejerine-Klumpke attira de nouveau l'attention sur les polynévrites et il nous a semblé à première vue, qu'à partir de 1889, les recherches des cliniciens, des anatomo-pathologistes et des expérimentateurs étaient tellement nombreuses qu'il

nous serait difficile d'en faii*e une analyse rapide'et coniplète.

De l'examen de nos quatorze observations, il nous semblait que sinon dans tous, au moins dans la majorité des cas, les phénomènes sensitivo-moteurs qu'avaient présentés les malades, avaient des rapports de cause à effet ou tout au moins de coïncidence, de concomitance remarquable avec des phénomènes infectieux antérieurs ou actuels. Il nous était donc permis de croire que nous étions en présence de névrites infectieuses et, partant de ce point, nous avons dès lors borné nos investigations à la recherche des observations de ce genre et aux conséquences qu'en déduisaient les auteurs, trouvant dans ce champ ainsi rétréci, suffisamment à glaner.

Existe-t-il un type de maladie caractérisé au point de vue clinique par des phénomènes moteurs et sensitifs constants, auxquels répondent au point de vue anatomo-pathologique des phénomènes de dégénérescence des nerfs périphériques en l'absence de toute lésion de la moelle, et qui, au point de vue pathogénique relèvent d'une affection infectieuse antérieure ou actuelle. Telle était la question que se posait dorénavant à nous et c'est dans ce sens, et uniquement dans ce sens qu'ont porté nos recherches.

Notre travail comprend cinq chapitres ainsi répartis:

Chapitre I, comprenant après quelques considérations générales sur la classification des névrites périphériques, et de la limitation de notre sujet, les névrites infectieuses aiguës, le résultat de nos recher-

ches bibliographiques au point de vue de l'étiologie de ces névrites et l'examen à ce même point de vue de nos observations.

Chapitre II, dans lequel nous avons essayé de donner un tableau symptomatique des polynévrites d'après les auteurs, suivi de l'examen de nos cas, au point de vue des symptômes de la marche, de la durée et de la terminaison de cette affection.

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