‹ Contribution à l’étude des troubles de la circulation veineuse chez l’enfant, et en particulier chez le nouveau-néChapitre 14 sur 14 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I.

Variole guérie. Cachexie, œdèmes, diarrhée. Hémiplégie, convulsions. Thrombose des sinus et des veines cérébrales. Thromboses rénales avec abcès. '

Bureau (Emilie), âgée de 7 ans et demi, avait été soignée du 17 septembre 1875 au 25 novembre, dans le service de M. Parrot, pour une variole dont elle avait guéri. Le 4 décembre, elle rentre à l'infirmerie.

Elle a été prise d'une diarrhée abondante ; les lèvres sont violettes, la langue est sèche, rôtie, le ventre est souple. La faiblesse est extrême, la fièvre est vive, pas de râles dans les poumons.

7 décembre. La langue est moins sèche, la diarrhée est moins abondante et moins claire, le ventre est mou, dépressible, la fièvre toujours forte.

Le 9. La face est rouge, la langue sèche, le ventre un peu météorisé, il y a quelques râles dans la poitrine, la température est très-élevée, la faiblesse augmentejusqu'au 23 décembre, il y a des alternatives de hausse et de baisse dans la température, l'état général restant assez mauvais.

Le 23. Œdème de la face, trois ou quatre ecchymoses bleuâtres sur les mem bres inférieurs. Râles muqueux dans le poumon droit.

25. Diarrhée, incontinence de l'urine et des matièrès fécales, nausées : les taches ecchymotiques s'élargissent.

Le 29. Œdème cachectique des membres. ,

Le 30. L'enfant est prise, le matin vers six heures, d'hémiplégie du côté droit, et pendant deux heures elle a des convulsions cloniques avec prédominance des mouvements à droite. Au moment de la visite, elle est dans le coma les globes oculaires sont portés à droite et en haut: la sensibilité paraît conservée, bien qu'un peu obtuse ; quand on pique la peau avec une aiguille on provoque dans les membres du côté gauche des mouvements convulsifs : les membres du côté droit restent immobiles. De temps en temps on remarque des mouvements de flexion des doigts de la main droite. L'œdème a fait des progrès.

Le 31. L'urine louchit légèrement par la chaleur. Il n'y a pas eu de garderobes dans la journée du 30, l'état général n'a pas changé depuis la veille. L'hémiplégie avec mouvements oscillatoires de la main sur le poignet persiste du côté droit. On compte 184 de ces mouvements, qui sont très-réguliers :

Le pouls présente à peu près le même nombre de pulsations. La tête est tournée à gaucho.

Par intervalles, les oscillations du poignet sont interrompues par des paroxysmes convulsifs : elles sont alors moins fréquentes, mais plus accentuées, sans toutefois que le membre exécute des mouvements d'ensemble. Les yeux sont déviés en haut et à gauche. L'œdème est plus marqué sur la main droite que sur la gauche.

La mort survient le 31 décembre à une heure du soir.

Autopsie faite le 2 janvier à 10 heures du matin.

Cavité thoracique. Œdème congestif à la base du poumon gauche. Le poumon ne s'insuffle pas complètement; avant l'insufflation, les points malades étaient indurés, ils conservent même après une certaine dureté et une teinte rosée. Les fragments surnagent tous.

A la base droite, pleurésie très-marquée : noyaux assez nombreux de pneumonie ; les parties malades, d'un gris légèrement violacé, vont au fond de l'eau. Petit point, crétacé dans le tissu pulmonaire ; point crétacé semblable dans un ganglion bronchique. Hydropéricarde, petits caillots fibrillaires dans les cavités cardiaques. Altération du muscle, dont les fibres sont stéatosées dans toute l'épaisseur des ventricules, aussi bien à la surface que dans la profondeur. Sur un grand nombre de fibres, la striation transversale a disparu.

Cavité abdominale. Le foie, couleur jaune cuir, est manifestement gras: la graisse occupe la périphérie des lobules, et la coloration rouge centrale de ces lobules est due à une injection passive.

L'estomac et l'intestin ne présentent aucune altération visible à l'œil nu.

La rate est fiasque, assez dure à déchirer, et colorée en marron clair.

Le rein gauche est plus volumineux que le droit : on distingue sous la capsule fibreuse, et surtout après l'avoir enlevée, un certain nombre de points malades, au niveau desquels le parenchyme fait une légère saillie. Ces foyers, dont plusieurs sont assez larges (23 mm. de long sur 13 mm. de large) ont un contour assez irrégulier, dessiné par une ligne rouge ou violacée plus ou moins foncée; leur centre est jaune, ou gris avec des marbrures. Les par ties jaunes ont en quelques points la couleur du pus: quand on les incise on voit qu'elles contiennent en effet un amas de matière purulente. En certains points la lésion est assez avancée pour qu'en détachant la capsule fibreuse, on pénètre dans ces foyers. Dans d'autres parties, les points malades sont arrondis, isolés ou groupés.

Sur des coupes, on voit la lésion pénétrer dans le rein à des profondeurs qui varient de 3 ou 4 mm. jusqu'à 18 ou 20 mm. Il s'agit en certains endroits de collections d'un liquide jaunâtre, puriforme, et dans d'autres points de foyers grisâtres ou violacés. La teinte violacée domine dans les pyramides. Dans l'intervalle de celles-ci on trouve dans les veines qui se réunissent plus loin pour former le tronc de la veine émulgente des coagulations grises, friables, oblitérantes, qui sont manifestement très-anciennes;

Le rein droit est malade comme le gauche, mais les altérations y sont

moins accentuées. On y trouve, comme à gauche, des caillots anciens dans les veines.

L'examen microscopique fait découvrir une altération colloïde de l'épithélium des tubes contournés ; il y a une dégénérescence graisseuse assez avancée clans les tubes de la substance médullaire. La matière puriforme est formée par des leucocytes altérés, granulo-graisseux, qui remplissent à eux seuls tout le champ de la préparation. A la périphérie des foyers de suppuration on distingue entre les leucocytes les éléments du rein, tubes et glomérules. La bordure rouge que Ton voit à l'œil nu est formée par une congestion vasculaire très-nette, et dans certains points de la substance médullaire par de petites extravasations sanguines. Au niveau des points malades, les veinules placées entre la substance corticale et la substance médullaire du rein sont obstruées par des caillots fibrino-leucocytiques dont les éléments ont subi une d égénérescence granulo- graisseuse.

Centres nerveux. "Le sinus longitudinal supérieur est rempli par un caillot, noirâtre à ses deux extrémités, jaune et même ramolli au centre, où il est converti en matière puriforme. Le pressoir d'Hérophile est également occupé par un caillot blanc.

Dans le sinus latéral droit on trouve une concrétion tubuliforme, évidée à ' son centre. Les grosses veines de la convexité de l'encéphale sont oblitérées par des coagulations noires et résistantes, tachetées de blanc dans quelques points. Les veines ainsi lésées sont beaucoup plus nombreuses à gauche qu'à droite.

L'encéphale, dans son ensemble, a une consistance remarquablement ferme et ne s'aplatit pas sur la table d'autopsie. Au niveau des veines oblitérées, les circonvoutions ont une coloration anormale. Un pointillé rouge vif marque le degré le plus faible de la lésion ; une teinte violet foncé uniforme sur laquelle se détache la couleur opaline de l'arachnoïde caractérise les parties les plus malades. Entre ces deux degrés extrêmes on trouve tous les intermédiaires.

Une coupe pratiquée d'avant en arrière jusqu'au ventricule montre dans l'épaisseur de la substance nerveuse des altérations qui rappellent celles de la périphérie. La lésion dépasse peu la substance grise, et n'envahit la substance blanche que sur quelques points. Elle consiste en petites taches rouges ou violacées, arrondies, ou en plaques dues à la réunion de peti'ts points qui donnent à la substance nerveuse une coloration noirâtre. Sur les surfaces de section, on voit saillir ces petits points qui ne sont autre chose que des veinules remplies de caillots cruoriques.

Les centres hémisphériques proprement dits ne sont pas atteints. Bien que la substance cérébrale soit plus molle au niveau des points les plus malades, il n'y a pas de foyers de ramollissement.

Si l'on cherche à délimiter les lésions, sur la convexité de l'encéphale, on trouve que les circonvolutions de la base du cerveau, du cervelet et des lobes occipitaux sont saines des deux côtés. Le lobe sphènoïdal est congestionné à

gauche. Les l«r, 2°, 3° circonvolutions frontales gauches sont ecchymosées, a 4° circonvolution frontale est fortement lésée.

La congestion et le pointillé noirâtre se continuent sur la circonvolution pariétale ascendante, le pli pariétal, et la partie supérieure du pli courbe. En somme, vaste altération dont le centre est traversé par le sillon de Rolande

A droite, point ecchymotique au niveau de la 3e circonvolution frontale. Un peu de pointillé à la partie supérieure de la 4°, près du sillon de Rolando, et au niveau du pli pariétal. L'altération, qui a une étendue de 8 centim. carrés est beaucoup moins nette et beaucoup moins profonde que du côté opposé.

Observation II.

Athrepsie. Thromboses veineuses. Ramollissement du cerveau. Foyers d'apoplexie pulmonaire (inédite).

Feruch (Eugène), né le 9 mai 1873, est apporté à l'infirmerie des Enfants- Assistés le 1er juin 1873.

Il pousse des cris de détresse, la langue est couverte de muguet, il y a sur les malléoles et sur les talons des eschares commençantes. Diarrhée jaune. , T. R. 36,9.

Le 2. La bouche est sèche, T. R. 37,8.

Le 3. L'enfant prend assez bien le biberon, T. R. 37,8 (Il fautremarquer qu'il est couché sur une boule d'eau chaude).

Le 4. Les yeux sont excavés, il y a du purpura aux membres inférieurs, la respiration est profonde et l'air semble pénétrer largement dans les poumons, 54 inspirations par minutes. L'enfant n'a rien pris depuis la veille. T. R. 37,8.

Le 5. Diarrhée. Strabisme divergent, 44 respirations par minute. Battements du cœur, 92, T. R. 33,5. Sensation ligneuse du tégument.

L'enfant, qui n'avait rien pris depuis deux jours, meurt le 5 juin à 4 h. du soir.

Autopsie faite le 6 juin à 10 h. du matin. Poids du cadavre, 2 kilog. 36 Congestion très-forte des méninges. On trouve quelques particules blanchâtres dans le ventricule de la cloison. Les plexus choroïdes sont notablement hyperémiés. L'un d'eux est tapissé sur sa face supérieure par un exsudât membraniforme blanchâtre. La lésion est moins marquée sur les plexus du ventricule gauche. A la partie postérieure de ce ventricule, l'épendyme est érodé sur une étendue égale à celle d'une pièce de 50 centimes. La substance cérébrale a une couleur violacée à ce niveau, elle est ramollie sans être réduite en bouillie, présente quelques particules graisseuses, et un pointillé noirâtre' dû à l'existence de vaisseaux au sein du foyer de ramollissement.

Au voisinage de la grande scissure de Sylvius, dans un point où les vaisseaux contiennent du sang coagulé, se trouve une suffusion sanguine sous-

méningée qui occupe la partie supérieure et postérieure de l'hémisphère gauche.

Le sinus longitudinal supérieur et les sinus latéraux contiennent des caillots en partie blanchâtres, en partie cruoriques, évidemment anciens. Le cerveau pèse 470 gr.

Cavité abdominale. — Le foie, couleur marron, contient une grande quantité de sang poisseux. Poids, 205 gr.

La muqueuse de l'estomac a uue coloration grisâtre et n'est pas ramollie ; elle est recouverte par une épaisse couche de mucus, et par des plaques ou des stries noirâtres qui correspondent à des ulcérations. Ces ulcérations occupent surtout la région antérieure et la partie droite du viscère.

La rate pèse 7 gr. Le thymus pèse 0 gr. 90.

Cavité thoracique. — Le cœur pèse 15 gr. Quelques petits hématomes en partie décolorés sur la face auriculaire de la mitrale. Lésions semblables sur la tricuspide, mais moins accentuées.

L'artère pulmonaire du côté gauche contient un caillot volumineux, semblable par sa coloration à la partie décolorée des coagulations des sinus. Ce caillot n'adhère pas intimement au pourtour du vaisseau dont on peut le décoller, et laisse libre le rameau qui se rend au lobe supérieur. Il a environ 1 centimètre de long et se termine du côté de l'aorte pulmonaire dans laquelle il pénètre par une extrémité arrondie, tronquée et couverte d'une couche cruorique. Du côté de la périphérie, il envoie des ramifications plus ou moins décolorées dans la région inféro-externe du lobe inférieur du poumon. Dans cette région de l'organe, on voit à la périphérie quelques taches noirâtres. Une incision pratiquée sur ces taches montre qu'elles ont un volume' égal à celui d'une noisette, mais qu'elles sont disséminées. Les plus volumineuses sont en bas. Le parenchyme y est noir, violacé, a perdu dans quelques points sa consistance, et paraît très-humide. Ces.parties ont une odeur légèrement gangréneuse.

Il y a 5 ou 6 mm. de graisse sous le tégument.

Observation III.

Convulsions. Hépatisationdes poumons. Ramollissement ethémorrhagie

de l'encéphale (inédite).

Chapeaux (Fernande), née le 10 octobre 1870, est apportée à l'infirmerie le 25 décembre 1870.

Cette petite fille a été prise de convulsions très-caractérisées qui ont duré un quart-d'heure, et qui ont précédé la mort de quelques heures.

Autopsie faite le 26 décembre, à 3 h. Poids du cadavre, 1,977 gr.

Le poumon droit présente dans la plus grande ('tendue de sa région déclive une hépatisation de couleur légèrement grisâtre. Le poumon gauche est également atteint dans tout son lobe inférieur, mais dans les régions indurées on

trouve un mélange de masses violacées, grises et noirâtres, comme ecchymotiques.

Pleurésie dans toute l'étendue correspondante de ce lobe. Encéphale. — Nombreuses taches de stéatose araclmo'ùlienne. Dans le ventricule latéral droit, sur le point de la bandelette cornée vers lequel les veines pénètrent sous l'épendyme, on trouve une tumeur sanguine, tendue, grosse comme une petite noisette, dont la forme rappelle celle du corps strié, placé au-dessous et en dehors. La grosse extrémité de cette tumeur sanguine est dirigée en avant, un caillot cruorique homogène remplit le foyer hémorrhagique qui repose sur une base rouge et un peu ramollie. Le corps strié à ce niveau est altéré sur une étendue de 5 ou 6 mm. ; on y trouve des taches de stéatose opaque, et un certain degré de ramollissement. Les vaisseaux veineux qui traversent cette région sont oblitérés par des thrombus ; autour d'eux, la substance cérébrale est rouge et a perdu de sa consistance. Dans une grande étendue de la région périventriculaire, surtout au niveau de la corne occipitale, il existe des foyers de stéatose. Le centre dos foyers les plus larges et légèrement ramolli. L'hémisphère gauche présente les mêmes altérations de stéatose que le droit, mais à un degré plus avancé; ces lésions se rencontrent dans toute la substance blanche. La tumeur sanguine signalée dans l'autre ventricule n'existe pas, mais on voit au même niveau une teinte noirâtre du tissu placé sous l'épendyme. Des coupes pratiquées sur ce point font voir qu'il existe là des lésions semblables à celles qui ont été signalées dans le corps strié droit, mais plus avancées. On trouve là un foyer de ramollissement rouge qui a environ \ centimètre et demi d'avant en arrière, et autant de haut eu bas, traversé par la lame blanche que le pédoncule envoie, en dehors de la couche optique et du noyau caudé, s'épanouir dans l'hémisphère, où elle perd sa coloration et sa consistance.

A la périphérie du foyer, outre les taches de stéatose, on remarque une hyperémie intense.

Les veines sont remplies par des coagulations noirâtres, qui ont pris une consistance assez ferme pour qu'on puisse les extraire sans difficulté de la substance cérébrale. Ces rameaux se rendent an tronc veineux qui émerge sous la lame cornée. Au centre du foyer, on trouve un caillot cruorique de la grosseur d'un pois, avec quelques reflets grisâtres, entouré d'une pulpe rouge, ramollie, tomenteuse, traversée par des veinules remplies de caillots. Cette concrétion est située au-dessous et en dehors de la bandelette blanche que nous avons citée plus haut. On constate dans la bouillie rouge du foyer, et dans la pulpe nerveuse qui lui sert de parois, des corps granuleux et de nombreux cristaux d'hématoïdine.

Reins. — Rien d'anormal à noter dans les tubes de la substance corticale du rein. Dans une des pyramides, on voit une certaine quantité de fines granulations graisseuses.

Le foie, de couleur rouge marron, couvert de marbrures, est un peu gras

Les groupes de cellules graisseuses sont distribués assez irrégulièrement dans les lobules ; cependant elles paraissent se grouper surtout autour des troncs vasculaires.

Il existe un hématome sur la valvule mitrale, et quelques indurations sur la tricuspide.

Observation IV (empruntée au mémoire de M. Parrot sur l'hémorhagie encéphalique chez le nouveau-né. In Arch. de tocologie, mars 1875, p. 141).

Diarrhée. Muguet. Thrombose des veines et des sinus intra crâniens. Hémorrhagie sous-arachnoïdieone et ventriculaire.

Cécile L..., âgée de 8 jours, est admise à l'infirmerie, le 2 août 1873. elle a du muguet et deux ulcérations symétriques à la partie postérieure de la voûte palatine. Elle refuse le sein et salit fréquemment ses couches avec une matière jaune et très-aqueuse. T. R. 37,1.

Les jours suivants, la quantité de lait prise par l'enfant se réduit à quelques cuillerées.

Elle succombe le 8 à 1 heure du matin.

L'autopsie est faite le même jour à 11 heures. La graisse sous-cutanée est encore assez abondante. A la base de l'encéphale, à droite, on voit sous l'arachnoïde un épanchement sanguin, limité en arrière par la protubérance et le cervelet. Après avoir détaché ce dernier, on voit un gros caillot qui entoure complètement le pédoncule cérébral droit, et pénètre dans le ventricule latéral dont il occupe les régions postérieure et réfléchie. En avant, il s'arrête au point d'émergence de la veine du corps strié ; il est d'un noir foncé, très-ferme. En arrière de la couche optique, où il emprisonne le plexus choroïde gorgé de sang, il a 2 centimètres d'épaisseur. La paroi ventriculaire est ramollie au niveau de la cavité ancyroïde. La veine de Galien et celle du corps strié sont remplies par des caillots durs et grisâtres, manifestement anciens. Autour de ce dernier vaisseau, sous l'épendyme, existe un épanchement sanguin.

Dans le ventricule latéral gauche, le plexus choroïde est entouré par une coagulation volumineuse. Le pressoir d'Hérophile est obstrué par un gros thrombus, en partie décoloré, qui envoie des ramifications dans les sinus du voisinage.

Les poumons et le cœur paraissent sains. Le canal artériel est assez largement ouvert. Le thymus est volumineux. Au-dessus du cardia, la muqueuse de l'œsophage présente une érosion superficielle.

Hutinel.

Observation V (empruntée au mémoire de M. Parrot sur le ramollissement cérébral chez le nouveau-né. In Archives de physiologie, mars 1873, p. 176).

Muguet, convulsions céphaliques. Thrombose des canaux veineux de l'encéphale et des veines encéphaliques, ramollissement cérébral.

Henri M..., âgé de 20 jours, est admis dans la salle le 22 octobre 1870. Ses mains et ses pieds ont une coloration violette très-prononcée. On voit sur la face, le cou, les membres thoraciques et la partie supérieure du tronc, de petites taches violettes qui ne s'effacent pas sous la pression du doigt.

La muqueuse buccale est couverte d'une couche épaisse de muguet. Les yeux sont secs, les pupilles contractées. Parfois les globes oculaires sont agités de mouvements très-rapides, et la tête portée violemment à droite. Les membres pelviens sont dans un état habituel de raideur. 120 puis. La température rectale est de 40°. Le sang qui s'échappe d'une piqûre faite à la face palmaire d'un des doigts est épais, les hématies y sont violacées, et très-abondantes relativement à la partie liquide. La mort a lieu le 23.

L'autopsie est faite le lendemain. Poids 2,780 grammes. Une couche de tissu adipeux d'un demi-centimètre au moins double le tégument externe.

Des différents sinus qui aboutissent au pressoir d'Hérophile, le longitudinal supérieur est le seul où l'on trouve du sang à l'état fluide. Les autres sont remplis par des coagulations brunes ou grisâtres, en général friables. Dans le quatrième ventricule se trouve un petit caillot. Les plexus choroïdes sont très-injectés, d'une couleur foncée, et leurs veines principales sont remplies par des thrombus. Dans les veines de Galien, le sang n'est qu'à moitié coagulé.

A gauche, l'hémisphère est congestionné à sa périphérie, mais on n'y constate aucune modification. Le corps strié, dont la veine est remplie par un coagulum en partie gris, en partie noirâtre, est ramolli, avec de petites taches noires au niveau de sa tête.

La paroi ventriculaire, dans la plus grande partie de son étendue, et le centre hémisphérique, sont convertis en une pulpe violacée, où l'on voit une infinité de points noirs, qui sont dus à des coagulations veineuses. La couche optique et les circonvolutions sont saines.

A droite, la lésion est la même, mais elle est plus étendue. C'est ainsi que le corps strié et la couche optique sont complètement ramollis.

De toutes les parties de l'encéphale, le corps calleux est celle où la stéatose interstitielle est le plus marquée, elle y est de moyenne intensité. Indépendamment des granulations graisseuses, groupées ou disséminées, on trouve un grand nombre d'hématies dans le tissu ramolli.

Le muscle cardiaque est stéatoséà un léger degré. Le canal artériel, dont les deux orifices, et notamment le supérieur sont élargis, est obstrué dans sa

région moyenne par un caillot noir au centre, décoloré et effilé à ses extrémités, adhèrent à la paroi vasculaire et résistant.

Le foie a une teinte marron clair, son tissu est lisse et luisant sur les coupes; ses cellules necontieunent qu'une très-petite quantité de graisse.

La veine rénale droite est remplie par un thrombus, qui suivant le point que l'on examine est noir, brun ou grisâtre, et d'une friabilité assez marquée. Il se prolonge dans les ramifications de troisième ordre, mais ne les dépasse pas. Les portions périphériques du caillot, plus noires et plus consistantes que la masse principale, semblent être de formation plus récente. Dans les points grisâtres et friables, il est constitué d'une manière à peu près exclusive par des leucocytes, dont quelques-uns sont stéatosés. Dans son ensemble, le tissu du rein a une teinte feuille-morte. Les pyramides sont violacées, et même lie de vin foncé, dans la zone qui les sépare de la substance corticale. Les papilles sont colorées en jaune, par la présence d'une certaine quantité de poussière ura tique dans leurs tubes.

Dans le rein gauche, deux ou trois veines d'un petit calibre, sont obstruées par du sang coagulé. La stéatose de l'épithélium des tubules est à l'état rudimentaire.

Observation VI.

Athrepsie suivie de guérison. Rechute. Thromboses anciennes dans l'artère pulmonaire et dans les veines encéphaliques (inédite).

Roinet Auguste, né le 18 septembre 1870, était entré une première fois à l'infirmerie des Enfants- Assistés, avec de la diarrhée et du muguet ; il en était sorti à peu près guéri, il avait engraissé et pris une certaine fraîcheur.

Le 10 novembre, on constata chez lui l'existence d'un abcès à la fesse, puis il fut pris d'ophthalmie, pâlit et perdit complètement l'appétit. La diarrhée reparut, et l'amaigrissement fit de rapides progrès.

Il mourut le 25 novembre à 4 heures du soir.

L'autopsie fut faite le 26 novembre.

Maigreur excessive. Poids 1727 grammes. Pas de lésions stomacales.

On trouve dans les tubules dos reins quelques cristaux uratiques, dans le bassinet et les calices quelques concrétions assez volumineuses.

Les cellules du foie sont pour la plupart dépourvues de graisse, ou trèslégèrement stéatosées.

Le poumon gauche est sain.

Hépatkation du sommet droit en arrière, et de quelques lobules du lobe inférieur. A l'origine de l'artère pulmonaire de ce côté existe une coagulation sanguine qui n'a contracté aucune adhérence intime avec les parois vasculaires. Elle a 15 millimètres de long et 3 millimètres environ de diamètre. Sa forme irrégulièrement cylindrique rappelle celle d'une branche noueuse. Du côté du cœur, elle se termine par une extrémité arrondie, une sorte de moignon, aussi volumineux que le reste du cylindre. Du côté du poumon, elle

donne naissance à deux prolongements filiformes, qui naissent assez brusquement sur un moignon semblable au précédent.

La masse de ce coagulum est constituée par une substance qui présente une coloration analogue à de la chair musculaire, et qui dans les deux tiers de sa périphérie est recouverte d'une sorte de croûte, d'un gris légèrement jaunâtre, opaque et même grenue. Sur quelques points, et notamment à l'extrémité périphérique, on peut constater une incrustation de cette couche enveloppante par des particules dures, qui résistent au scalpel comme le feraient des sels calcaires. Ces parties sont constituées par des lamelles réfringentes, sans contours nets, auxquelles sont mêlées des masses amorphes plus opaques.

Sous l'action de l'acide chlorhydrique. on voit se dégager de nombreuses bulles de gaz, et aussitôt il se forme une belle cristallisation rayonnée, composée d'aiguilles dont quelques-unes sont plus larges à leurs extrémités qu'à leur centre. Les lamelles qui sont devenues très-transparentes, sont couvertes de cristaux. La substance rouge centrale est très-résistante, elle a une texture fibroïde, et l'on y découvre au microscope des noyaux arrondis et un peu allongés.

Dans les sinus de la dure-mère, il n'y a rien à noter. Près de la grande scissure des hémisphères, à droite et à gauche, on rencontre une grosse veine qui sur une longueur de 2 ou 3 centimètres contient une matière jaune d'ocre, visible à distance. Cette matière, fibroïde et résistante, adhère à la paroi du vaisseau sans obturer complètement sa lumière. La même altération existe dans les veines qui contournent les pédoncules cérébraux, près de la grande fente cérébrale de Bichat. D'ailleurs les méninges sont peu injectées, et n'ont pas changé d'aspect autour de ces vaisseaux.

Le microscope fait voir dans la matière jaune qui remplit les veines une quantité considérable de beaux cristaux rhomboédriques d'hématoïdine, et par places de fines granulations graisseuses. Celles-ci semblent former des corps granuleux, au centre desquels on trouve un, deux ou trois noyaux qui ressemblent à ceux des leucocytes. 11 y a en outre un certain nombre de granulations protéiques, que dissout l'acide acétique.

Dans le corps calleux, stéatose interstitielle diffuse très-prononcée.

Dans la portion la plus antérieure du lobe frontal de l'hémisphère droit, au centre du noyau blanc, en dehors de la pointe du ventricule, on constate une induration dont la partie centrale, de la grosseur d'un grain de chènevis est jaune, friable, et contient sur certains points de la matière calcaire. La substance blanche périphérique est plus dure que dans les autres régions de l'encéphale. Ce nodule jaunâtre envoie un prolongement vers les circonvolutions. Il est constitué par le groupement d'un nombre considérable de corps granuleux d'égal volume.

Observation VII.

Rougeole, gangrène de la vulve. Thromboses des veines méningées. Apoplexie capillaire. Stéatose viscérale (inédite).

Gressier Césarine, née le 11 septembre 1865, entre à l'infirmerie le 15 mai 1868. Elle tousse, les yeux sont larmoyants, la langue blanche. 144 pulsations. Quelques râles sibilants et muqueux dans les poumons ; on entend pendant les fortes inspirations des bouffées de râles crépitants. Sur le périnée, on trouve une ulcération profonde qui a détruit toute l'épaisseur de la peau, et présente une surface tomenteuse, inégale, recouverte d'une matière gris jaunâtre. Il existe sur la vulve, et notamment à la face interne des grandes lèvres, des érosions superficielles. (Lotions et pansement à l'acide phénique.)

T. Axillaire, 40, 6. T. R. 41.

16 mai. 144 pulsations.

Le 17. Râles sibilants et sous-crépitants dans les deux poumons, râles crépitants dans les fortes inspirations, toux fréquente, éruption rubéolique sur la face.

Le 18. P, 156. R. 76. T. A. 40,3. T. R. 41. Des ulcérations commencent à se former sur les petites lèvres. Quelques râles ronflants s'entendent aux deux temps de la respiration. Le ventre, très-ballonné, paraît être une cause de dyspnée. L'éruption rubéolique est très-marquée.

Le 19. Les ulcérations augmentent.

Le 20. P. 140. R. 68. Râles muqueux dans les deux poumons, surtout aux deux bases. En arrière, à la partie moyenne, dans une étendue assez circonscrite, on perçoit un souffle, et autour de ce souffle des râles crépitants trèsnets dans les grandes inspirations.

Le 21. P. 135. Diarrhée (sous-nitrate de bismuth).

Le 22. La diarrhée continue. L'ulcération a fait de grands progrès; tout le périnée est gangrené, on voit les fibres musculaires à nu. Râles muqueux fins dans la région des omoplates. Inappétence.

Le 23. P. 112. L'eschare est complètement tombée.

Le 25. La plaie a un bon aspect.

Le 27. La plaie, complètement détergée, occupe la partie interne des fesses, depuis l'anus jusqu'au tiers de la vulve. La fourchette paraît la séparer de la région antérieure. La perte de substance a 5 ou 6 centimètres de longueur sur 3 ou 4 millimètres de profondeur. Les poumons semblent dégagés, quelques râles muqueux persistent seuls.

Le 20. Bulles de pemphigus sur le cou et le front, érythème de la poitrine.

3 juin. Il se forme de nouvelles bulles pemphigoïdes. Diarrhée abondante soif vive, 104 pulsations. Pouls très-petit.

L'enfant meurt le 6 juin à 11 heures et demie du matin.

L'autopsie est faite le 7 juin à 10 heures et demie du matin.

Le poumon droit est gris et aéré, la partie supérieure et postérieure du lobe inférieur est seule congestionnée. On y trouve des traces de pleurésie aucienne. Dans les points hyperémiés, le tissu semble sain : il s'échappe par les coupes de la sérosité sanguinolente mélangée de bulles d'air.

Le poumon gauche est plus congestionné, plus condensé ; il y a du pus dans quelques infundibula qui forment sous la plèvre de petites taches jaunâtres. Dans sa partie inférieure, le parenchyme est friable et va au fond de l'eau. On n'y découvre aucune granulation. Quelques ganglions bronchiques et trachéaux sont tuméfiés.

Dans les parties non congestionnées ou emphysémateuses, les alvéoles dilatés sont vides, ou contiennent des cellules infiltrées de graisse, des globules huileux, et de véritables corps granuleux. Dans le liquide de la préparation on voit nager au milieu de cellules graisseuses des éléments intacts, dont le noyau est parfaitement visible : La stéatose est encore plus marquée dans les parties déclives du poumon. On trouve des noyaux libres au millieu des cellules graisseuses. 11 n'existe pas de travail de prolifération dans les parois des alvéoles.

Le foie, notablement gras est déjà putréfié. Les cellules hépatiques sont remplies de gouttes huileuses. Les tubules du rein ont une teinte jaunâtre, ils sont gorgés de granulations graisseuses. Les tubes les plus petits et les glomérules semblent à peu près intacts.

Encéphale. Les méninges sont congestionnées sur une assez large surface. Une des grosses vemes qui se rendent au sinus longitudinal supérieur est remplie par un caillot grisâtre, dur, formé de fibrine granuleuse, non encore ramollie. Ce caillot se prolonge jusque dans les divisions de troisième ordre du vaisseau. Les branches plus fines sont elles-mêmes oblitérées par places. Une autre veine qui rampe sur le paroi interne des hémisphères, présente la même altération. Sur le trajet des branches vasculaires obstruées on trouve à la surface des circonvolutions légèrement ramollies, une suffusion sanguine très-nelte,

Les veines de Galien et les grosses branches qui s'y rendent (veines du corps strié, veines de l'ergot de Morand, veines des plexus choroïdes) sont transformées en cylindres noirs et résistants. 11 semble qu'elles aient été injectées par du -suif coloré en noir. Elles sont obstruées par des caillots en partie fibrineux, en partie cruoriques, qui ne sont ramollis en aucun point.

Sous i'épendyme du 4e ventricule, et dans la commissure grise, on trouve de nombreuses petites taches arrondies, ecchynotiques . Rien à noter dans la substance nerveuse du bulbe et du cervelet. Les substances grise et blanche sont fermes et résistantes. Sur des coupes de la couche optique et du corps strié droits, on voit, en dehors et en bas des masses ganglionnaires, des taches noirâtres nettement circonscrites. On peut extraire de ces points des caillots qui sortent de vaisseaux veineux gorgés de sang coagulé. La pulpe nerveuse étant dense et résistante, il ne s'est pas formé d'hémorrbagie.

Rien de particulier dans le ventricule latéral gauche. Près des angles supérieur et inférieur de ce ventricule, on trouve presque immédiatement sous l'épeadyme, des taches noires, bien circonscrites. Ces taches sont confluentes et forment un noyau assez volumineux près de l'extrémité postérieure, à la partie supérieure du ventricule ; il semble qu'en ce point la substance blanche ait perdu de sa consistance. Sur des coupes, on trouve de semblables foyers dans la substance blanche; il n'en existe pas dans la substance grise. Le centre de ces foyers est légèrement ramolli: on y voit de nombreuses hématies, des masses de corps granuleux, de fines granulations, et des débris de tubes nerveux. L'addition d'acide acétique, en faisant disparaître les granulations fibrineuses, met en relief les corps granuleux et les filaments qui représentent'les tubes nerveux. Dans plusieurs noyaux d'apoplexie capillaire, on trouve des éléments de la névroglie larges, arrondis, contenant un noyau jaunâtre et des globules graisseux en nombre variable.

Le ventricule latéral droit ne présente rien de notable, non plus que la substance des circonvolutions de cet hémisphère. Mais, dans presque toute l'étendue des parties blanches, en avant et en arrière, notamment dans la corne frontale, on voit sur des coupes de nombreuses taches rouges disséminées ou réunies en plaques, et ressemblant à de petites grappes. On voit nettement dans les foyers même les plus noirs, une réunion de points noirs, confluents au centre, et entourés d'une pulpe nerveuse ramollie. La coloration est un peu jaunâtre à la périphérie, mais dans une petite étendue. Au bout de quelques minutes, un peu de sang s'épanche autour des plaques noires qu'il élargit.

Ici, comme dans l'autre hémisphère, on trouve des débris de tubes nerveux, des globules de myéline, des corps granuleux, et des éléments de la névroglie en voie de transformation graisseuse. Par places il y a des agglomérations d'hématies.

Sur un grand nombre de préparations, on ne rencontre pas en dehors des parties ramollies ou noirâtres de particules graisseuses dans les éléments de la névroglie, qui sont toujours pâles et peu granuleux, Dans la substance grise, au contraire, on trouve toujours des ébauches de corps granuleux, surtout dans les points où l'on a noté une suffusion sanguine avec ramollissement superficiel.

Observation VIII.

Athrepsie. Stéatose et thrombose rénale. Gastrite ulcéreuse (inédite:).

Vicard Louis, âgée de 12 jours, est apporté à l'infirmerie des Enfants- Assistés le 27 mai 1876.

Le cri est éteint, le tégument est cyanosé, la face a une teinte livide, les les yeux et la bouche sont entourés des cercles bleuâtres, il reste encore un certain degré d'embonpoint, les fesses et les cuisses sont couvertes d'une éruption érythémateuse avec érosions superficielles en quelques points. Il existe

sur les talons des ulcérations superficielles. Dyspnée, 52 respirations par minute.

Diarrhée jaune très-aqueuse avec gaz abondants: La fontanelle est trèspeu déprimée, les os du crâne ne chevauchent pas encore les uns sur les autres. La bauche est remplie de muguet ; il existe une ulcération au début, à la partie postérieure de la voûte palatine (plaque ptérygoïdienne) . On ne trouve ni râles ni souffles dans la poitrine.

Agitation extrême.

Température rectale 38. poids 3 k. 020 grammes, id. axillaire 37, 9.

id. inguinale 37, 2.

28 mai. Strabisme divergent, pupilles moyennement dilatées ; la fontanelle est plus déprimée que la veille, les os du crâne chevauchent, la teinte cyanotique est très-accusée, la pupille droite semble plus dilatée que la gauche, état comateux, sensibilité très-obtuse.

Température rectale 36, 8 poids 2 k. 995 grammes, id. axillaire 36.

id. inguinale 35, 7 l'enfant meurt le même jour à 11 heures et demie du matin.

L'autopsie est faite le 30 mai à 10 heures; poids 2 k. 970.

Encéphale. Les vaisseaux veineux qui rampent sur les circonvolutions ou sortent des ventricules sont remplis outre mesure de sang noir et poisseux. Les sinus sont gorgés de ce sang, mais ne contiennent pas de coagulations.

'omrtc Sur la face antérieure de la muqueuse gastrique, on trouve une érosion en cupule sans changement de coloration en ce point. Rien au cœur si ce n'est un léger degré de stéatose.

Poumons. Pneumonie du lobe inférieur droit. 11 existe dans ce lobe une ou deux petites collections puriformes.

Reins. Le rein gauche très-volumineux, distendu, d'un rouge violacé à la périphérie pèse 18 grammes. Sur la coupe on trouve une thrombose de la veine rénale, le vaisseau est rempli par un caillot grisâtre, mou, qui se prolonge dans les ramifications de second et de troisième ordre, tantôt sous forme de coagulation cruorique tantôt sous forme de caillot gris.

Le parenchyme est très-congestionné surtout dans les 2[3 inférieurs, les pyramides ont pris une teinte violacée ; la substance corticale est grisâtre. Le rein droit, beaucoup plus petit, pèse 12 grammes. On ne trouve pas de caillots dans ses veines éfférentes. La substance corticale a une teinte ardoisée. La substance médullaire est rouge, mais cette coloration n'approche pas de la teinte violette de l'autre rein.

Après avoir fait durcir des morceaux des deux reins, on en fait des coupes minces, parallèles à, la direction des tubes des pyramides. Sur ces coupes qu'intéressent toute l'épaissseur du parenchyme rénal, on trouve vers le sommet des pyramides, dans le rein gauche, une dilatation considérable des vaisseaux qui se dessinent entre les tubes urinifères aplatis, sous forme de bou-

dins remplis de globules rouges. Les éléments épithéliaux des tubes rénaux, sont transformés en gouttes huileuses. Même à l'état frais, il était impossible de distinguer les noyaux de ces éléments. Vers le centre des pyramides, on retrouve à peu près le même aspect. L'élément vasculaire domine sur l'élément tubuleux, mais on ne trouve pas d'extravasations sanguines. En se rapprochant de la substance corticale, au niveau du point où les vaisseaux du rein se ramifient entre les deux substances, on voit les artères parfaitement vides, et les veines remplies de caillots fibrino-leucocy tiques anciens et granuleux. Au pourtour de ces vaisseaux, il existe dans la substance médullaire des foyers assez larges dans lesquels les globules rouges empilés et déformés, remplissent tout le champ de la préparation. On trouve de distance en distance, des tractus colorés en rouge par le picro-carminate d'ammoniaque, et contenant des débris épithéliaux, les foyers hémorrhagiques occupent un espace qui, à l'œil nu, présente 5 millimètres de largeur, et qui forme la base des pyramides de Malpighi. L'infiltration sanguine se continue dans les pyramides de Ferrein. Les tubes de la substance corticale sont jaunâtres, mal colorés, ils contiennent des cellules volumineuses, infiltrées de graisse dont on distingue encore les noyaux. Les vaisseaux sont très-rares dans l'intervalle de ces tubes. Les glomérules de Malpighi renferment des traînées de globules rouges qui dessinent le trajet de quelques capillaires. En somme, très-peu de congestion dans la substance corticale. Sous la capsule fibreuse du rein, on trouve quelques troncs veineux remplis de globules rouges. Dans plusieurs points, la matière colorante s'est diffusée et a donné aux éléments une teinte jaunâtre.

Sur des coupes du rein droit, on trouve une stéatose très-avancée des éléments épithéliaux de la substance médullaire et de la substance corticale. Dans les pyramides, on voit des vaisseaux cylindriques remplis de globules se dessiner entre les tubes ; mais l'élément vasculaire est bien loin d'occuper la place qu'il tient dans l'autre rein. Nulle part, on ne voit d'extravasations sanguines .

Observation IX.

Athrepsie. Thrombose des veines rénales. Thrombose de l'artère pulmonaire (inédite).

Broton (Amélie), née le 29 octobre 1870, meurt athrepsiée, à l'infirmerie des Enfants-Assistés, le 11 novembre 1878, avant qu'on ait pu l'examiner.

L'autopsie est faite le 12 novembre, poids, 2 kilog. "264.

Encéphale. — Dans les sinus crâniens et dans les gros vaisseaux qui s'y rendent, on trouve des caillots cruoriques, noirs, cylindriques, assez mous. Les méninges sont excessivement congestionnées et d'une couleur lie de vin foncée. Elles se détachent aisément des circonvolutions. Tous les vaisseaux de la masse encéphalique, sont gorgés de sang. Pas de ramollissement cérébral. On constate une stéatose interstitielle de moyenne intensité.

Quelques taches de stoatose occupent les méninges.

Cœur. — Les cavités du cœur sont remplies par des caillots mous, luisants, friables, excessivement foncés qui ont pénétré dans toutes les anfractuosités!

Poumons. — Dans une des branches de l'artère pulmonaire, à une certaine distance de sa bifurcation, on trouve un caillot cylindrique grisâtre avec des marbrures violacées; il a 3 centimètres de longueur, et se termine en cône vers la périphérie. Les poumons roses et aérés semblent peu congestionnés.

Les cellules du foie semblent complètement dépourvues de graisse.

Reins. — Dans la veine cave, au niveau de l'embouchure des veines rénales, on trouve un thrombus non complètement oblitérant, grisâtre, marbré de taches violettes. Ce caillot très-friable et même ramolli sur quelques points, se termine en bas par une extrémité conique, effdée, longue d'un centimètre environ. Dans chaque veine rénale, existe un prolongement de ce caillot, qu1 obture à peu près complètement le vaisseau sans adhérer à ses parois.

Sur une coupe du rein gauche, toutes les branches veineuses paraissent obstruées par des caillots de même aspect qui les oblitèrent complètement. Ils sont gris rosés ou noirâtres. L'organe est ferme, résistant, il présente des marbrures d'un rose foncé, plus nettes à la partie inférieure, mais pas d'ecchymoses proprement dites. La substance corticale est d'un gris jaunâtre, légèrement violacé, surtout à la partie inférieure. Cette coloration tranche nettement sur la teinte violette que présentent les pyramides, surtout à leur base ; on trouve au centre de ces pyramides, des espaces rosés, striés de noir qui ne sont guère plus foncés que la substance corticale. Les éléments épithéliaux sont moyennement stéatosés dans les deux substances, mais plus altérés dans la substance médullaire. Le rein droit pèse 16 gr., le rein gauche 1 6 gr. 50.

Les même3 altérations se retrouvent dans le rein droit. Les caillots des veines rénales et de l'artère pulmonaire, contiennent, dans leur partie grise et molle, un certain nombre de leucocytes peu altérés et des granulations que dissout l'acide acétique. Le nombre des leucocytes est très-variable ; en certains points, ils ne sont pas très-abondants : dans d'autres points, au contraire, ils forment des amas considérables.

Sur des coupes minces qui permettent d'étudier avec soin les deux reins, on ne constate qu'une congestion très-notable des vaisseaux de la substance médullaire sans extravasation sanguine.

Sur une coupe transversale du sommet d'une pyramide, on voit autour des tubes de Rellini, des vaisseaux sanguins entremêlés de tubes de Henle, régulièrement disposés. Le diamètre des vaisseaux sanguins est plus large que celui des tubes urinifères qui sont aplatis, les tubes de Bellini restant seuls entrouverts. Vers le centre des pyramides, les tubes remplis d'éléments plus ou moins altérés, tiennent plus de place que les vaisseaux sanguins. Au contraire, vers la substance corticale, au niveau des ramifications vasculaires qui séparent les deux substances, l'élément vasculaire l'emporte. Les veines sont

remplies par des caillots cruoriques, striés concentriquement par des bandes fibriuo-leucocytiques. La substance corticale présente peu de vaisseaux. Il n'y a rien à y signaler en dehors de la stéatose modérée des cellules épithéliales.

Observation X.

Athrepsie. Trombose rénale avec infarctus purulent (inédite).

Strcecker (Èdouard), âgé de 12 jours, est admis le 27 juin 1876, à l'inlirmerie des Enfants- Assistés.

Le 28. Le tégument a pris une teinte livide, le crâne est déformé, la fontanelle déprimée, la bouche est sèche. L'enfant pousse des cris de détresse. Diarrhée jaune verdàtre, abondante. Sur le côté gauche du thorax, on voit la trace d'une ventouse sèche; à droite, on a posé une ventouse scarifiée. L'auscultation du poumon ne fait percevoir aucun bruit morbide. T. A. 37,1, R. 37,6. P. 2 kilog. 395.

Mort le 29 juin, à 5 heures du matin.

L'autopsie est faite le lor juillet, à 10 heures.

Les os du crâne chevauchent fortement les uns sur les autres, il existe une propulsion antéro-latérale droite de la calotte crânienne. Le cerveau est déjà altéré et exhale une odeur d'acide sulfhydrique.

Les poumons sont à peu près sains.

Rien dans l'estomac.

Thrombose des veines rénales dans la moitié supérieure du rein gauche. Infarctus urique au sommet des pyramides. Un gros thrombus remplit toute la veine émulgente du côté droit. Ce caillot est en partie cruorique, en partie grisâtre. C'est surtout dans les veines de troisième ordre que l'on trouve les portions cruoriques. Le rein augmenté de volume, est marbré de taches violacées. Les pyramides ont pris une teinte noire, surtout à la partie supérieure du rein. Les plus élevées semblent ramollies. On trouve sur une coupe, dans la portion la plus élevée de la substance corticale, un noyau blanc grisâtre, arrondi, de 3 mm. de diamètre, entouré d'une zone rouge, sans qu'il existe à son niveau de ramollissement bien marqué.

L'examen histologique montre une infiltration hémorrhagique considérable des pyramides; on ne distingue plus au milieu des globules rouges extravasés, que des débris de la substance rénale. Le point jaunâtre signalé plus haut, est constitué de la façon suivante. La bordure rouge est formée par une congestion énorme des vaisseaux qui semblent étouffer en ce point les éléments du parenchyme. En dedans, on observe une zone remplie de leucocytes infiltrés entre des tubes déformés remplis d'éléments jaunâtres, sans noyaux visibles, d'apparence huileuse. Au centre, on ne trouve qu'un magma où semble dominer la graisse. Tout près de ce foyer, on voit des vaisseaux oblitérés par des caillots cruoriques avec stries fibrineuses

Les tubes de la substance corticale, renferment des cellules remplies de

gouttelettes graisseuses ; on distingue cependant les noyaux dans le plus grand nombre des éléments.

La structure histologique du foyer arrondi situé dans la substance corticale rappelle donc singulièrement la structure d'un infarctus. Les artères étaient partout vides et revenues sur elles-mêmes.

Observation XI.

Rougeole. Pleuro-pneumonie. Thrombose de l'artère pulmonaire. Laryngite ulcéreuse (inédite).

Belin (Jeanne), née le 27 décembre 1875, entre à l'infirmerie des Enfants- Assistés, le 31 mars 1875.

Elle porte une éruption rubéolique des mieux caractérisées.

1=>- avril. P. 136. T. R. 38,6.

Le 2. P. 120. T. R. 40,2, très-large bulle de pemphigus sur le cou à droite.

Le 3. P. 136. T. R. 40,2, le pemphygus a envahi une surface de 1 centimètre carré environ.

Le 5. P. 140. T. R. 38,4.

Le 6. P. 152. T. R. 39,8.

Le 7. P. 148. T. R. 40,6.

Le 8. P. 128. T. R. 40,2.

Le 9. P. 132. T. R. 39,6. Ulcération à la pointe de la langue. Diarrhée. L'enfant tousse un peu, quelques râles à droite. Le 10. P. 128. T. R. 38,8. Diarrhée verte. Le 11. P. 136. T. R. 40.

Le 12. P. 124. T. R. 39,4.

Le 13. P. très -petit. T. R. 40,6.

Le 14. P. 172. T. R. 40,2.

Le 15. P. 200. T. R. 41. La dyspnée est extrême, il y a 80 respirations par minute et l'on entend du souffle à la partie inférieure du poumon gauche. Le 16. P. 208. T. R. 41. Respiration 96. L'enfant meurt le 16, à 3 heures du soir. L'autopsie est faite le 17, à 11 heures.

Le poumon gauche dans presque toute son étendue, est recouvert par un exsudât pleurétique, beaucoup plus épais à la base qu'au sommet de l'organe Le parenchyme présente un aspect marbré, il y a des lobules parfaitement sains en apparence au milieu de lobules solidifiés, violets, en nombre à peu près égal aux précédents, dans le lobe inférieur. A la partie inférieure et interne de ce lobe, un noyau du volume d'une noisette, est complètement rempli de matière puriforme. Dans le voisinage, on trouve d'autres foyers

cil-conscrits, jaunes, non encore liquifiés, d'où l'on fait sourdre beaucoup de gouttelettes de pus. Les branches de l'artère pulmonaire, qui se rendent aux portions suppurées de l'organe, sont obstruées par des coagulations anciennes.

L'artère pulmonaire à son origine, est absolument perméable, mais à peine s'est-elle bifurquée au-dessous de la crosse de l'aorte, qu'on voit, à 1 centimètre à peine de la cicatrice encore très-visible du canal artériel, la branche droite de cette artère complètement obstruée par un caillot grisâtre ancien, qui se prolonge fort loin dans les différentes branches et ramifications de l'artère pulmonaire droite.

A ce niveau, cette artère pulmonaire droite se divise en deux branches de premier ordre. La branche supérieure, qui se rend au lobe correspondant du poumon, se subdivise en quatre branches, dont les trois sujjérieures sont vides, tandis que l'inférieure, destinée à la partie la plus déclive du lobe supérieur, est obstruée par un caillot qui s'arrête au niveau de son origine.

La branche inférieure de la pulmonaire droite est complètement remplie par le caillot que nous avons trouvé dans le tronc principal. Tous les rameaux auxquels elle donne naissance, et qui sont au nombre de six, sont exactement remplis sur une grande étendue de leur parcours, par des coagulations grisâtres et ramifiées.

Le premier de ces rameaux, destiné à la partie inférieure et postérieure du lobe supérieur, est rempli par le caillot, qui s'arrête au niveau des ramifications de deuxième et de troisième ordre.

Des cinq autres branches, trois, destinées au lobe moyen, sont remplies jusqu'à une certaine distance par les ramifications du caillot qui se divise comme elles et se rapproche avec elles de la périphérie du poumon. A une certaine distance de la périphérie, le thrombus se termine par un petit caillot noirâtre, récent, filiforme, et dans aucun point le parenchyme pulmonaire ne semble induré et ne présente de traces d'hépatisation ou de gangrène.

Les deux autres rameaux les plus inférieurs sont destinés au lobe inférieur du poumon droit. Dans ces vaisseaux, le caillot grisâtre se termine bientôt, assez loin des différentes ramifications, où on peut le suivre, sous forme d'un caillot brunâtre, moins consistant, et de date récente.

En somme, le thrombus partait de la bifurcation de l'artère pulmonaire, et s'arrêtait avant de pénétrer dans les petites ramifications de quatrième ordre nées de la branche droite.

Les cavités du cœur sont remplies par des caillots cruoriquos et fibrineux récents.

Peu de bile dans la vésicule du fiel. Le foie est notablement gras. La graisse occupe le centre et la périphérie des lobules Les capsules surrénales sont blanches.

Le rein parait anémique ; dans les pyramides, les tubes de Bellini présentent des éléments épithéliaux dégénérés. Rien à noter dans la rate, rien dans les intestins, rien dans l'estomac.

On trouve sur le larynx une ulcération aryténoïdienne profonde, trèsaccusée à droite, rien à gauche.

L'encéphale parfaitement aain, a déterminé sur la calotte en arrière la formation d'empreintes profondes.

Observation XII.

Syphilis. Athrepsie. Vaccine. Thromboses veineuses. Lésions pulmonaires et rénales (inédite).

Delprat (Joséphine) , née le 15 avril 1875, admise dans le service de M. Parrot, le 23 avril, porte sur chaque bras trois croûtes vaccinales de bon aspect, entourées d'une tuméfaction qui a pris une teinte jaune violacée ; il existe du coryza. Sur les membres supérieurs et la peau de la nuque, on constate quelques taches rouges sans caractère bien accusé. Sur la partie antéro-interne des jambes, on trouve un grand nombre de larges taches arrondies et saillantes d'une coloration rose vineux disparaissant sous la pression du doigt, isolées ou groupées. Cette éruption existe aussi sur les pieds, et notamment à la planf^ où les macules sont plus petites et se confondent avec la teinte cyanotique du tégument. Les taches sont plus .rouges à leur périphérie qu'au centre, où elles ont une teinte grisâtre.

L'enfant semble fortement déprimée. 11 existe une cyanose assez accusée qui est augmentée par les cris, la fontanelle est un peu enfoncée et les os du crâne commencent à chevaucher. T. R. 36,4. Poids, 3kil. 399.

25 avril. Diarrhée très-jaune. L'enfant prend à peine quelques cuillerées de lait. T. R. 37,6. Poids, 3 kil. 230.

Le 26. Diarrhée jaune très-aqueuse. Fontanelle déprimée, voix éteinte. L'éruption est moins nette et les macules- moins saillantes. T. R. 37,6. Poids 3 kil. 090.

Le 27. Les yeux s'excavent, la face se tire et s'amaigrit. T. R. 37. Poids, 3 kil. 022.

Le 28. T. R. 36,6. Poids, 3 kil. 058.

Lo 29. Ecoulement vulvaire. Muguet très-abondant. T. R. 36,4. Poids, 3 kil. 063.

L'enfant, avant de mourir, le 30 avril, perd par le nez une assez grande quantité de sang.

L' autopsie est faite le 1er mai à 11 heures. Poids, 2 kil. 980.

L'estomac contient une grande quautité de sang : on y trouve en outre au milieu d'un magna sanguin peu altéré un morceau de peau d'orange. La muqueuse gastrique ne semble pas altérée.

Le larynx et la trachée sont pleins de sang.

Dans le sommet du poumon droit, on trouve quelques lobules solidifiés, qui ont pris une teinte violet foncé.

Tout le (lobe inférieur du poumon gauche est malade, excepté dans sa région antérieure. Ce lobe, recouvert d'un exsudât pleurétique peu épais, a pris une teinte lie de vin foncé presque noire eu certains points. Vers la partie moyenne de son bord inférieur, on voit une sorte de boursouflure, teinte en jaune d'ocre, pouvant renfermer un noyau de cerise, et formée par une cavité remplie d'un liquide puriforme et sanieux. Toute cette partie du poumon gauche est infiltrée de liquide, sang ou sérosité sanguinolente. Les deux tiers inférieurs du lobe malade sont solidifiés, et ont une teinte brunâtre.

A l'origine du tronc de l'artère pulmonaire, on trouve de ce côté une thrombose ancienne. La coupe du thrombus est très-lisse.

Dans les cavités cardiaques on rencontre des caillots cruoriques.

La veine rénale gauche est occupée par un thrombus grisâtre, ancien par places, noir sur d'autres points, ramifié dans le parenchyme. Les pyramides sont fortement congestionnées : infarctus urique à leur sommet. Stéatose de la substance corticale. Bile verte dans la vésicule; foie marron, luisant sur une coupe ; quelques cellules sont infiltrées de graisse.

Les os longs sont malades à la périphérie de la diaphyse. Les os du crâne et les côtes sont également altérés.

Observation XIII.

Pneumonie. Intermittences du pouls. Thrombose de l'artère pulmonaire. Lésions du poumon. Malformation cardiaque (inédite).

Bourdet (Augustine), née le 11 février 1874, entre dans le service de M. Parrot, le 28 janvier 1875.

L'enfant est très-grasse, la face est violacée.

Il y a de la dyspnée et une fièvre intense, de l'agitation : on constate un souffle à la partie moyenne du poumon gauche en arrière. (Vomitif.)

28 janvier. Le vomitif a produit son effet. Souffle à la région moyenne du côté gauche et à la base du poumon droit.

Le 30. Râles crépitants abondants dans les deux poumons en arrière. La fièvre persiste.

1er février. Souffle intense dans toute la hauteur du poumon gauche. Quelques râles à droite.

Le 4. Le souffle persiste à gauche, les amygdales sont rouges. (Vomitif.)

Le 5. Intermittences assez fréquentes du pouls. Les chairs deviennent flasques et la peau molle.

Le 6. L'enfant boit très-peu; diarrhée verte. »

Le 9. La diarrhée continue. Le pouls est irrégulier, avec intermittences. Le 11. Pouls très-irrégulier, intermittent, bruit de souffle assez intense au premier temps du cœur, à la base, surtout à droite.

Le 18. Desquamation épidermique sur tout le corps, plus marquée aux membres inférieurs, l'enfant prend très-peu d'aliments. Le 20. Pouls très-irrégulier.

Le 22. Fièvre très-forte; souffle expiratoire dans presque toute la hauteur du poumon gauche en arrière. Le souffle existe aussi à droite, mais dans une moins grande étendue.

L'enfant meurt le 24 février 1875 à une heure du matin.

Autopsie faite le 25 février à 11 heures.

Dans le lobe inférieur du poumon gauche, on voit une grande quantité de pus dans les bronches dilatées. Certains lobules assez souples résistent à l'insufflation, parce que leurs canaux bronchiques sont obstrués, et conservent une teinte violette.

Le lobe inférieur du poumon droit est enveloppé par un exsudât pleurétique mince et récent. Une certaine portion du tissu de ce lobe, de forme conique, à base périphérique, a subi une induration notable. Le parenchyme présente en ce point une coloration grisâtre, marbrée de rouge ou de violet. L'artère pulmonaire qui correspond à ce département de l'organe est remplie par un caillot ancien et grisâtre.

Sur le bord postérieur du même lobe, la même lésion se présente sous une forme plus disséminée. Les portions les plus malades sont grisâtres, ou jaunes et ramollies, elles sont bordées à leur périphérie par une zone violacée d'aspect congestif.

Il existe des coagulations noirâtres dans les artères qui aboutissent à ces lésions. En remontant jusqu'à la racine des bronches, on suit les caillots, d'abord noirs dans une étendue de 2, 3 ou 4 centimètres, puis grisâtres et jaunes. En ce point, le caillot est unique; il a un diamètre de 4 ou 5 millimètres, et présente à son centre une matière granuleuse, puriforme. C'est ce thrombus qui a poussé des branches dans les ramifications de l'artère pulmonaire, branches sur lesquelles on peut suivre une dégradation de teintes du jaune au gris, du gris au violet et au noir foncé.

Le poumon présente dans les parties qui correspondent à ces caillots, outre les lésions que nous venons d'indiquer, uue sorte d'œdème aqueux trèsprononcé. Le thrombus décoloré qui occupe le hile du poumon semble être le point de départ des lésions.

Dans le lobe supérieur, on trouve quelques noyaux d'induration pulmonaire, de couleur saumon, disséminés au milieu d'un parenchyme sain, paraissant indépendants de troubles vasculaires.

Le cœur a une forme aplatie : la pointe est remplacée par une courbe qui dessine un segment de cercle. La valvule mitrale présente de nombreuses nodosités lisses et quelques opacités.

Le trou de Botal, largement ouvert à sa partie postéro-inférieure, a une forme ovalaire. Une valvule falciforme, dont le bord libre concave regarde en bas, et dont les extrémités s'insèrent à la paroi de l'oreillette par une série de piliers rayonnants, limite en haut cet orifice.

Le foie est extrêmement gras, cependant la vésicule est remplie de bile jaune. Poids, 276 grammes.

Les capsules surrénales, blanches, très- grasses, sont presque réduites à leur portion corticale.

Pas de stéatose rénale.

Rien dans l'estomac

Il existe de 12 à 15 millimètres de graisse sur le«cuisse3.

Hutinel,

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