CONCLUSIONS
Dans la pathologie du premier âge, le système veineux a le pas sur le système artériel, non parce que ses canaux sont malades, mais parce qu'il peut contenir un sang altéré. Quand on trouve dansun organe des lésions qui paraissent dues à un trouble circulatoire, c'est surtout dans les veines qu'il faut en chercher la cause.
Les congestions passives, fréquentes dans les premières semaines de la vie peuvent s'accompagner d'hémorrhagies. On les observe à la suite des accouchements longs et difficiles ; dans l'athrepsie aiguë elles sont habituelles et semblent liées surtout à la concentration du sang. Plus tard elles ont moins d'importance.
Dès que le sang altéré stagne dans ses canaux, il peut s'y coaguler ; aussi les thromboses sont-elles fréquentes dans l'enfance. On les rencontre chez les nouveau-nés emportés par l'athrepsie, chez les enfants épuisés par une maladie générale, par une affection chronique, ou par une misère prolongée : elles siègent alors dans les veines du rein et de l'encéphale, ou dans l'artère pulmonaire.
Les viscères dont les veines sont ainsi obstruées par des caillots peuvent subir des altérations importantes.
Lorsqu'il existe une thrombose des sinus ou des veines encéphaliques on observe des congestions intenses, des apoplexies capillaires, des ramollissements du cerveau, des hémorrhagies méningées ou ventriculaires. Des lésions semblables peuvent avoir pour cause chez le nouveau-né une réplétion exagérée du système veineux. Chez l'enfant plus âgé quand il n'existe pas d'oblitération vei-
neuse pour expviquer l'apparition d'une lésion d'origine vasculaire (hémorrhagie, ramollissement) on trouve ordinairement une inflammation.
La symptomatologie des altérations encéphaliques esta peu près nulle dans les premières semaines de la vie. Audessus d'un an elle est beaucoup plus nette. Cette différence tient au développement imparfait du cerveau chez le nouveau-né.
La thrombose des veines rénales, presque spéciale à l'athrepsie aiguë, s'accompagne dans le rein de congestions intenses, d'hémorrhagies interstitielles, ou même de foyers de suppuration.
Les caillots qui se forment dans l'artère pulmonaire de l'enfant sont des concrétions autochthones. Ils peuvent donner naissance à des apoplexies, à des suppurations, ou même à des gangrènes du poumon. Ces lésions sont presque impossibles à reconnaître pendant la vie.
Les troubles de la circulation veineuse chez l'enfant empruntent une grande partie de leur gravité aux états morbides dans lesquels ils se rencontrent, mais ils peuvent par eux-mêmes causer des désordres irrémédiables.