‹ Contribution à l’Etude du Papillome labial ulcéré du chat (AnciennementChapitre 7 sur 28 · EU CE · texte numérisé non relu

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faitement tracé dans l’ouvrage du Professeur Cadiot, sous le nom d’ulcère labial (2).

D’après cet auteur, l’ulcère labial a un caractère microbien, contagieux et se localise surtout à la lèvre supérieure, où il peut siéger vers la ligne médiane ou sur l’une des parties latérales de l’organe. La lésion débute généralement vers le bord libre ou cutané de la lèvre. Au début, il apparaît sous forme d’une petite plaie concave, grisâtre, avec une étroite base indurée. Dans la suite, cet ulcère détermine une perte de substance de forme semi-lunaire dont les dimensions peuvent atteindre 1 em. 1/2 à 2 cm. de longueur sur 1 em. de largeur. On peut apercevoir, à la fin, les dents et la gencive. Il se peut que le nez soit affecté, si la lésion est sur la ligne médiane. La réaction ganglionnaire est peu marquée.

Dans certains cas, la lésion peut rétrocéder et guérir ; dans d’autres, elle envahit progressivement la lèvre. L’amaigrissement, la mort enfin, peuvent survenir, par suite de la douleur.

Le traitement préconisé par le Professeur Cadiot consiste en l’isolement du sujet malade, auquel on procurera une alimentation substantielle. La lésion sera touchée plusieurs fois par jour avec une solution antiseptique dont l’action sera complétée par l'application de teinture d’iode diluée ou d’une solu- , tion aqueuse de bleu de Méthylène.

En 1924, on trouve le travail de notre maître, M. le Professeur Ball, et de A. Tapernoux, sur la lésion des lèvres, objet de notre thèse. Ces auteurs ont substitué

(4) P.J. Cadiot. — Traité de thérapeutique chirurgicale des animaux domestiques. — Tome I, Paris 4923.

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aux dénominations anciennes et inexactes, celle de papillome labial.

Dans le cas qui servit d'étude microscopique à ces auteurs, il s’agit d’un chat de 5 ans 1/2, atteint de papillome labial depuis 7 à 8 mois. La lésion ulcérée intéressait la lèvre supérieure et, particularité digne de remarque, elle s’était propagée à la lèvre inférieure, au niveau de laquelle il existait deux petites saillies basses, qui correspondaient à des papillomes muqueux étalés ou sessiles, non encore ulcérés.

L’affection propagée à la lèvre inférieure s’y trouvait au stade de papillome intégral. L'absence d’ulcération, disent-ils, s'explique peut-être par la difficulté qu’éprouvait le malade à se lécher la lèvre inférieure avec la face dorsale, râpeuse, de la langue.

Un ganglion du groupe sous-maxillaire gauche était hypertrophié, par suite d’une adénite secondaire banale. Nous résumerons maintenant les données histologiques originales, renfermées dans le travail en question. Dans les coupes transversales de la lèvre atteinte du papillome ulcéré, l’ulcération est limitée antérieurement par le: bord cutané de la lèvre et postérieurement par une prolifération papillomateuse qui va en s’atténuant. Dans cette dernière zone, qui représente le papillome non ulcéré, les papilles du chorion muqueux sont hypertrophiées, recouvertes par un épithélium stratifié, pavimenteux, dont les cellules superficielles sont dissociées et en voie d’élimination.

Dans la région ulcérée, le chorion densifié, épaissi par la sclérose, infiltré par des cellules rondes, est

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mis à nu par suite de la nécrose et de la chute de la production papillomateuse.

A la surface de l’ulcération, on trouve une étroite bande de tissus nécrosés, colorée en rose à l’hématéine-éosine. Dans les coupes transversales de la lèvre supérieure, au niveau d’un angle de l’ulcération, les auteurs précédents notent la représentation plus large du papillome intégral.

La muqueuse labiale située en arrière du bord buccal de l’ulcération présente les mêmes particularités signalées dans la constitution histologique du papillome intégral, mais à un moindre degré. On retrouve les mêmes modifications au niveau du bord cutané.

Ces auteurs ont signalé en outre la présence du papillome non ulcéré à la lèvre inférieure, lequel se traduit par une prolifération conjuguée de la zone papillaire du chorion et de l’épithélium — prolifération d’autant plus accusée qu’elle se trouve située plus au centre de la lésion ; elle diminue progressivement, au fur et à mesure que l’on se rapproche, des bords cutané ou buccal de la lèvre.

Ils ont montré également que, suivant leur position, soit au fond des dépressions papillomateuses, soit au sommet des plis muqueux, les papilles convergeaient en rayons de roue, ou au contraire divergeaient, à la manière des branches d’un éventail.

Enfin, ces auteurs se basant sur des données scientifiques, substituent la notion exacte du papillome labial à celle de l’ulcère-maladie et prévoient une thérapeutique nouvelle et rationnelle contre cette affection.

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Considérations générales sur le papillome labial

Le papillome labial est une affection spéciale au chat. Il n’est pas de connaissance récente, mais, jusqu’à ces derniers temps, sa véritable nature est restée inconnue. Suivant la conception variée qu’on s’en est faite, d’après les apparences de cette lésion, on la retrouve décrite sous les noms différents de cancroïde, ulcère labial et plus récemment de pseudo-cancroïde.

Le premier terme lui a été donné par analogie avec le cancer des lèvres, affection tout à fait exceptionnelle chez certaines espèces animales. Nous reparlerons de l’épithéliome des lèvres avec plus de détails, à propos du diagnostic différentiel.

La dénomination d’ulcère labial semble assez justifiée à première vue, au stade de l’ulcération, si l’on ne tient compte que des caractères macroscopiques apparents ; mais elle ne satisfait plus si l’examen est plus minutieux. Il est relativement facile, en effet, de reconnaître le papillome sessile, étalé, intact au niveau des extrémités de l’ulcération, et nous attirons l'attention sur ce point — en particulier — dont

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