‹ Contribution à l’Etude du Papillome labial ulcéré du chat (AnciennementChapitre 8 sur 28 · RE DAT · texte numérisé non relu

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il faut être bien averti. Très fréquemment, en effet, le papillome ulcéré se présente sous la forme d’une longue ulcération sans tendance à la cicatrisation et s'étendant, dans la plupart des cas, d’une façon progressive et régulière. Le fond de l’ulcération est représenté par une surface un peu irrégulière, jaunâtre ou rougeâtre par places, avec des points hémor- . ragiques et parfois de minces croûtes vers les bords. Ces différents noms ont été plus ou moins consacrés par l’usage et on les trouve utilisés dans la littérature vétérinaire.

Ces expressions, et même celle de pseudo-cancroïde, qui est, à notre avis, la moins mauvaise, doivent être abandonnées et remplacées par celle de papillome labial ulcéré ou non, qui indique la véritable nature de l'affection. Nous avons rappelé les premières dénominations, afin de mieux faire ressortir l’erreur de conception qu’elles peuvent entretenir dans les esprits.

L'ancien pseudo-cancroïde constitue une entité pathologique nettement définie. Nous connaissons, en effet, la constitution histo-pathologique de cette lésion par un travail récent de M. le Professeur Ball et A. Tapernoux (1924), qui, avec des preuves histologiques à l'appui, a révélé la nature exacte du prétendu cancroïde ou ulcère labial du chat.

Le papillome labial du chat n’est pas rare, à proprement parler. Des statistiques établies à l'Ecole d’Alfort ou à celle de Lyon indiquent, pour la première, 19 animaux atteints (année 1913), pour la seconde, 5 cas seulement furent observés pendant l’an-

née 1925 (du mois de septembre au mois de juillet suivant).

Il n’est pas possible de fixer une époque pendant laquelle la fréquence de cette lésion serait plus grande. Il est à noter cependant, mais sans pouvoir en tirer aucune conclusion, que plusieurs cas peuvent se présenter dans un laps de temps relativement restreint. Ainsi, à l'Ecole de Lyon, par exemple, quatre cas ont été observées, chacun à un mois d’intervalle environ. Pendent un temps très long, aucun cas peut très bien ne pas se rencontrer, le papillome labial aurait-il un caractère épidémique ? Cela nous paraît au moins douteux.

Une particularité clinique, qui nous semble devoir être prise en considération, du moins au titre de cause prédisposante, c’est l’âge des animaux. Le papillome labial n’affecte-t-il que les sujets adultes ou même d’un certain âge ? Dans ies cas étudiés par nous, il s'agissait de chats ou de chattes âgés de 7 ans au moins, et, c’est tout ce que nous pouvons affirmer.

Il est curieux de remarquer que, au contraire, les papillomes muqueux ordinaires, ceux de la bouche par exemple, s’observent surtout chez les jeunes ?.

On ne peut être plus affirmatif, d’autre part, en ce qui concerne l'influence du sexe comme cause prédisposante, et aucune statistique n’a été faite dans ce sens.

Le papillome labial, ainsi que son nom l’indique, a pour siège les lèvres. Le plus souvent, il se développe sur la lèvre supérieure ; jamais, on ne l’a observé sur

la lèvre inférieure, sans qu’il existe en même temps

sur la lèvre supérieure. Il peut s’y propager, $’étendre et empiéter sur elle en passant par les commissures. Dans certains cas (Professeur Ball), le papillome de la lèvre supérieure peut inoculer la lèvre inférieure en regard de la lésion, sans que celle-ci provienne d’une propagation par continuité, au niveau des commissures. |

Nous verrons, dans un chapitre suivant, avec plus de détails, la marche de cette affection, mais nous pouvons dire dès maintenant que son évolution est lente, insidieuse.

La présence du papillome labial n’est révélée qu’au moment de l’apparition de l’ulcération. Lorsque le diagnostic est posé, en effet, le papillome existe de- ‘puis un temps variable qu’il reste à déterminer. C’est cette absence de diagnostic initial du papillome qui a trompé les observateurs qui n’ont pas utilisé le contrôle histologique et leur a fait croire à l'existence d’un ulcère labial simple.

Dans tous les cas étudiés par nous, nous avons toujours constaté un retentissement ganglionnaire assez marqué. Nous voulons parler de ganglions sousmaxillaires. Bien entendu, il s’agit des ganglions Iymphatiques correspondant au côté lésé. L’adénite est donc uni ou bilatérale, suivant les cas, et lorsqu’elle est bilatérale, elle est plus accusée du côté le plus anciennement atteint, c’est-à-dire où l’ulcération est la plus étendue.

Le sujet atteint de papillome labial constitué, c’està-dire, non ulcéré, possède au milieu de la lèvre une sorte de corps étranger, qui appelle automatiquement

ani

l’action de lécher. Cette action répétée crée une irritation, des phénomènes inflammatoires et nécrotiques, d’où ulcération.

Lorsqu’à la suite de l’intervention de la langue, le papillome est ulcéré, la plaie entraîne une certaine difficulté dans la préhension des aliments. Il arrive même, quand la lésion est très étendue, que l’animal ne peut guère s’alimenter, si bien que nous avons vu des sujets maigrir considérablement en quelques semaines.

En dehors de la douleur qu’il peut provoquer, c’est

à peu près le seul retentissement que puisse avoir le papillome labial sur l’état général du sujet. Cette affection est parfaitement justiciable d’un traitement.

Il nous reste une particularité à signaler : certains auteurs citent des cas de guérison spontanée. L’ulcération, en effet, peut cicatriser spontanément, à ce propos, il serait intéressant de savoir si, la lésion disparue, la structure histologique de la lèvre est redevenue ce qu’elle était auparavant ?

Etiologie. — Pathogénie

L'étude de l’étiologie et de la pathogénie du papillome labial du chat n’est en somme qu’un cas particulier de celle que l’on pourrait donner des papillomes en général.

On sait que les papillomes, ou du moins certains papillomes, ont une origine infectieuse et constituent une maladie inoculable susceptible de se généraliser.

Le papillome labial du chat, auquel certains auteurs prêtent un caractère contagieux ou auto-inoculable, rentrerait donc dans cette catégorie ? Il est plutôt difficile de se prononcer et de vouloir affirmer, d'autant plus que l’origine microbienne de cette lésion n’a été jusqu'ici qu’une hypothèse qui attend sa démonstration.

Disons, en passant, que les tentatives d’inoculation faites par nous, entre animaux de la même espèce, ne nous ont donné aucun résultat ; à cet égard, nous avons prolongé notre temps d’observation afin de dépasser la période d’incubation des papillomes muqueux, génitaux par exemple, cette dernière étant de deux à quatre mois en général chez l’homme,

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