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d’un moyen sûr de prévenir ces longues etinévitables Suppurations, de guérir ces plaies bourgeonnantes qui trainaient et suintaient pendant des mois, des années même, pour aboutir enfin aprés de cruelles souffrances, à des cicatrices vicieuses, à des adhérences et des difformités la plupart du temps incurablesi
. Nous avions soigné de grands brülès et nous avions vu ces malheureux vivre pendant des mois, partagés entre la crainte de voir renouveler leur pansément (car i leur causait un surcroît de douleurs) et l’attente de Ce nouveau traitement que leur faisait désirer l’insupportale odeur de la suppuration traversant les plus épaisses couches d’ouate (voir observation ci-dessous) (4):
1. OBSERVATION Î (personnelle): — Service de M. le D: Paul Godefroy. — Nous nous souvenons en effet d’avoir traité à la salle Sainte-Sophie une brûlée de ce genre:
Poul... Marie, 28 ans, nourrice, se trouvait dans le service depuis le 25 mai 1894 quand nous eûmes l'occasion d'y entrer en septembre de la même année. Elle avait été brûlée au bras ‘droit (3 degré), à l’aisselle (2° degré), au dos par plaques (1e degré) jusque vers l'omoplate gauche. Au moment où nous la vimes, c'est-à-dire 4 mois après ses brûlures, le dos était, sauf une plaque grande comme deux pièces de 5 francs, cicatrisé L'aisselle et le bras étaient au contraire couverts de bourgeons charnus exubérants. Toute cette surface suppurait à tel point qu'un pansement, si oualé qu'il fût, était traversé en moins de deux jours. L'odeur qui s’en dégageait était infecte, el la malade aimait mieux subir la douleur d'un nouveau pansernent que de garder plus longtemps ce foyer pestilenliel. Nous la pansâmes pendant un mois, tantôt au liniment oléo-calcaire, tantôt avec
AU AE Nous avions essayé, mais sans mêthode, divers antiseptiques; nous avions vu appliquer la plupart des vieux traitements ; tous nous avaient semblé donner des rèsultatS assez incertains, et nous étions très perplexe pour choisir dans cette infinité de poudres, d'huiles, de lini è ments antiseptiques ou non, dont aucun ne valait mieux que les autres. Notre embarras ne fit qu'augmenter à la lecture des traitès classiques, quand nous envisageàmes sans parti pris ni aveuglement les essais tentès en ces dernières années dans les grands services des hôpitaux de Paris. ÿ ‘Entre les mains de son auteur chaque médicament donnait des cures incomparablés : l’un vantait sa pommade, Vautre sa poudre; un autre voulait le pansement rare, l'autre pansait trois fois et plus par jour; les antiseptiques étaient si inconstants dans leurs résultats que le liniment oléo-calcaire, ce vieux topique des brülures, restait pour beaucoup le traitement de choix. ne Le traitements employés jusque dans ces dernières années avaient donné de si pitoyahles résultats que, même
des compresses humides d’eau ue renouvelées tous les jours. .
- Le 17 octobre, elle voulut sortir. Pendant ce mois, les plaies ; avaient fait peu de progrès, seule la plaie du dos était fermée. La suppuration était presqu'aussi abondante. Les bourgeons, malgré des cautérisations répétées au crayon de nitrate d’argent, n'élaient pas affaissés. Tout cela promettait une cicatri- ‘sation vicieuse, longue à obtenir. Nous la perdimes donc de vue après cinq mois de traitement au bout desquels ses plaies
élaient loin d'être cicatrisées.
dans les services chirurgicaux les plus importants, ou abandonnait souvent le pansement des grands brüûlès à des bénévoles inexpèrimentés, voire même aux infirmiers.
« Les pansements des brûlures, dit Mme Nageotte, qui l’a remarqué comme nous, sont souvent confiès aux infirmiers, comme tous les pansements trop sales et trop septiques, ceux des fistules stercorales par exemple. »
C'est dans ces dispositions d'esprit que nous primes connaissance des conclusions de Mme Nageotte, qui parlait de guërir rapidement et sans suppuration les brûlures, ou du moins certaines brûlures. Nous citerons et uous discuterons plus loin les conclusions de sa thèse; disons maintenant que c’est ce travail qui nous porta à faire des essais dans le sens qu'indiquait l’auteur. D’ailleurs cette thèse très complète était appuyèe sur un grand nombre d’observations probantes. Elle renversait des préjugés fort enracinés, elle exposait soigneusement la méthode à suivre surtout pour la désinfection.
Nous eûmes bientôt l’occasion de metre nous-même à l’épreuveles méthodes proposées sur des sujets atteints de brûlures à des degrés différents.
Après désinfection nous essayâmes divers topiques, avec des résultats encourageants mais encore variables ; nous vérifièmes ce que disait Mme Nageotte, que « l’emploi prolongé des antiseptiques entrave l’épidermisation et retarde la cicatrisation des plaies bourgeonnantes et ulcéreuses. Nous essayàmes enfin le thyol en applications directes sur la plaie désinfectèe, nous eûmes alors. de beaux succès constants et certains.
Ce sont les résultats de ces expériences que nous
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nous proposons de donner et de discuter ici. Nous re croyons pas inutile de reprendre pour l’étudier de nouveau une partie du travail de Mme Nogeotte, travail que nos conclusions personnelles confirmeront en grande partie. Nous pensons rendre service à tous, aux brûlés Surtout, en indiquant une technique simple, n’employant que des substances faciles à conserver; et si la mrinutie qu’il convient d’apporter à la désinfection constitue une : perte de temps appréciable, la rareté des pansements consécutifs et la rapidité de la guérison raächèteront amplement cé léger inconvénient.
C’est à ce seul point de vue pratique que nous voulons nous placer, laissant volontairément de côté les études approfondies et plus scientifiques que pouvait suggèrer ce sujets re
Nous n’entreprendrons pas d'établir ou de discuier uné classification des brûlures. Que l’on distingue 6 dezrès de brûlures avec Dupuytren, ou qu'au contrairé On n'en veuillé admeitré que trois, comme on faiseit avant lui, qu’on le divise d'après leur profondeur ou avec Gerdy, d’après leur étendue, le fait nous importe peu.
Restant sur lé terrain exclusivenient pratique, nous distinguerons seulement {rois Cas :
Premier cas. — Brüûlure tout à fait récente et non infec-
LéE:
Deuxième cas. — Brülure rècente déjà infectée. Troisième cas. — PBrûlure ancienne bourgeonnante et suppurante.
Nous verrons comment et jusqu’où leur pronostic différe, et quels résultats donne le traitement dans chacun de ces
cas.