In Dictionnaire de médecine, 1834. Tome VI, p
SAN consécutivement les difformitès qui résultent toujours | d'une cicatrice enfoncée et adhérente. Ün ouvrier mineur avait eu les mains, une partie des bras et des jambes, ainsi que la face, brülèes profondément par l'explosion sübite de l'hydrogéne carboné ; toutes ces parties furent recouvertes de coton qu’on laissa appliqué pendant 14 ou 15 jours. En l’enlevant à cette époque, on trouva au-dessous les plaies cicatrisées en partie ;
. leur centre n’était pas excavé, mais recouvert de bour-
geons charnus qui étaient au niveau de la peau environnante ; la guérison fut complète au bout d’un mois
‘et sans difformitès. Sur une jeune fille dont les deux
jambes avaient été brülées au même degré, on employa comparativement le traitement par le coton sur une
«< jambe, et l’autre fut pansée avec l’huile et l’eau de
chaux; la première était entièrement guërie le vingt-etunième jour, tandis que la seconde était encore à cette époque très enflammée, douloureuse, et toutes les plaies qui la recouvraient ne fürent cicatrisées qu’au bout de trois mois.
« Le pronostic des brülures étendues qui désorganisent tonte l’épaisseur de la peau est toujours fort grave et lorsque:les malades ne succombent pas à l’èpuisement qui suit une suppuration abondante longtemps continue, la cicatrice de ces brûlures profondes est le plus souvent trés diforme, ét gène quelquefois les mouvements d’un membre. L'application de coton peut prévenir alors en grande partie ces accidents. Un charretier, aux vêtements duquel le feu ayait pris, eut presque tout le dos, une grande partie du côté droit,
CAP UREE
« tellement brülés, que la peau, ressémblait à un cuir « tanné et sec ; une partie de la jambe droite et presque « toute la cuisse gauche, ainsi que le genou, étaient éga- « lement profondément brûlés. Le malade ne fut apportè à « l’hôpital de Glascow que trois jours aprés cet accident. « Le D' Anderson fit enduire toutes les parties brûlées avec « de l'huile de térébenthine , puis on les recouvrit immédia- « tement de coton. Dès ce jour, le malade cessa de souf- « frir et dormit tranquillement, L’abondance de la sup- « puration obligea d’enlever une partie du coton à plu- « sieurs reprises, et après la chute des eschares on le « renouvelait une fois par semaine. Enfin la guérison « était parfaite après trois mois de traitement, et les cica- « trices n’entraînérent aucune difformité ».
Les avantages de ce traitement parurent incompréhensibles aux contemporains d’Anderson. De fait, les beaux succès qu’il obtint étaient dus non comme il le pensait à ce que le coton, agissant par contact, était le véritable spécifique des brûlures de toute espèce, mais en ce qu’il les mettait à l’abri de l'infection. Fe
Un traitement analogue est celui que proposa Vignal en 1833 (1). Il pansait les brûlures avec. les aigrettes soyeuses du typha. Ge traitement n'était d’ailleurs pas nouveau. Dioscoride en parle déjà (2).
En 1842, Payen, chirurgien de lhôpital d’Aïx, fait des essais sur les brûlures des enfants qu'il traite par l’association du liniment oléo-calcairé et du coton cardé.