O. minutissima L
Comme on le voit, l'auteur forme un grand groupe, O. vulgaris Roux, où il distingue ensuite une série de formes. À ce propos, je ferai remarquer que pour O. hircina Lois. et O. spi-
nosa L. il indique les graines comme nettement tubereuleuses, Capitaine 7
tandis que pour O. Antiquorum L. il dit : « graines finement chagrinées ou presque lisses ». Je ne sais que penser de cette assertion. Les échantillons que j'ai eus entre les mains ne répondent pas à cette diagnose, et je trouve une remarquable ressemblance entre les graines d'O. Antiquorum L. et O. urcina Lois. Elles sont à peu près de même taille, de même forme, de même couleur, et possèdent des tubercules et mouchetures bien semblables. Aussi, comme j'ai examiné pas mal de graines et que je n'ai nulle part rencontré semblable analogie, j'en arrive à induire que vraisemblablemnent les échantillons que j'ai examinés appartiennent tous à ©. hircina Lois. J'ai voulu citer ce fait comme exemple de ce que peut donner l'étude morphologique des graines. On pourra voir qu'ainsi les dessins, faits sur des échantillons provenant de lots absolument différents, possèdent une ressemblance frappante. Cependant j'ajouterai que les divers lots d'O. Anriquorum L. que j'ai eus étaient tous semblables: faut-il en conclure que les dénominations seraient toutes erronées ? Cette hypothèse a sa valeur. k
Quoi qu'il en soit, je n'insisterai pas sur les graines d’O. Antiquorum L., et me contenterai de signaler le fait sans conclure dans un sens ou dans l’autre.
Je donnerai maintenant une courte diagnose de chaque espèce
étudiée :
O. alopecuroides L. (tig. 173 et 174). — Graines subglobuleuses, ovoïdes, lisses, brillantes, jaune-rougeatres. Le tégument est, par endroits, au moins sur quelques individus, sinon sur tous, ponctué de petites fossettes circulaires. Ce fait est très remarquable car des diverses espèces que j'ai étudiées, celle-ci est la seule qui soit dépourvue d'ornements en relief, et au contraire munie, le plus souvent, de fossettes, Souvent aussi, le tégument, de couleur jaune plus où moins soutenu, parfois brun-rouge, est comme couvert dé mouchetures rouge-sang. Sur les graines bien mûres, la saillie radiculaire est fort peu nette, et l'échancrure ombilicale très peu prononcée. Le micropyle est caché cependant par une légère saillie de la radicule,
TRIFOLIÉES 99
qui surplombe faiblement, à son extrémité. Une bosse raphéale légère se traduit par une tache sombre plus ou moins divisée en son milieu par une saillie.
FIGURES 163 à 170. — ONONIS L.
7 millimètres.
Fig. 163 et 164, O. minutissima L., face et profil. — Fig. 165 et 166 O. Antiquorum L., face et profil. — Fig. 167 et 168, O. hircina Lors.,
face et profil. — Fig. 169 et 170, O. spinosa L., profil et face.
O. Antiquorum L. (fig. 165 et 166). — Graines globuleuses, brun-gris cendré, assez foncé, couvertes de mouchetures noires très petites. Surface tégumentaire couverte de protubérances tuberculeuses (?) ou lisse. J'ai dit plus haut l'embarras que
j'éprouvais à savoir si tous mes lots de graines sont mal nommés ou si la diagnose de M. Rouy est inexacte. J’admets volontiers que j'ai tort surtout étant donnée la grande ressemblance de cette graine avec celles de O0. hircina Lors.
O. hircina Lois. (fig. 167 et 168). — (Graines globuleuses, brun-violâtre ou jaune-brunâtre, cendrées, abondamment mouchetées de noir, ce qui leur donne à l'œil nu un aspect et une couleur qu'elles ne présentent pas à la loupe. Surface tégumentaire abondamment hérissée de petits tubercules arrondis, séparés par des espaces plans égaux à 1,5 ou 2 fois leur hauteur. Saillie radiculaire imperceptible sur le corps de la graine, se traduisant seulement par une pointe à l'extrémité, pointe d’ailleurs très fortement arrondie et convexe. Echancrure ombilicale beaucoup plus nette que dans les graines étudiées sous le nom de O. Antiquorum L. (Comparez les figures 165 et 168). Bosse raphéale nulle, seulement indiquée par une tache brune, allongée, sans relief. Je ne vois pas de distinction bien valable entre ces graines et les précédentes. Le seul caractère de l’échancrure ombilicale est trop variable pour qu'on en puisse faire état.
O. minutissima L. (tig. 163 et 164). — Graines petites n'atteignant pas 2 millimètres, globuleuses, brun-jaune elair sur toute leur surface, sauf dans la région radiculaire et ombilicale, où elles sont d'un beau violet. Cela leur donne un aspect très particulier, Tégument mat, non pas chagriné, mais tout couvert d’une infinité de petits tubercules qui se touchent. Cela produit une surface beaucoup plus rugueuse que si elle était simplement chagrinée, Saillie radiculaire très proéminente, mais ne se détachant du reste de la graine par aueun sillon. L'extrémité seule forme un surplomb avancé en grosse bosse au-dessus de la région hilo-micropylaire. Vue de face, la saillie radiculaire a un aspect très trapu. Cette graine par sa faible taille et sa jolie couleur me parait impossible à confondre avec aucune autre de celles que j'ai étudiées.
TRIFOLIÉES 101
(a praecox Bca. (fig. 171 et 172 et planche III bis). — Cette espèce sicilienne est très remarquable par sa forme et sa taille. 3 ,. . ? y a .
Gest une des plus grosses que j'aie étudiées. Graines brun-
FIGURES 171 à 176. ONONIS L. (suite)
Fig. 171 et 172, O. praecox Bca., profil et face. — Fig. 173 et 174, O alopecuroides L., face et profil. — Fig. 175 et 176, O. rotundifolia L., profil et face.
Jaune ou brun-verdâtre, très fortement arquées, et très épaisses, les saillies radiculaire et raphéale, à peu près d'égale importance, sont souvent si rapprochées l’une de l’autre qu’elles
viennent se toucher, La graine, enroulée en colimaçon, ne laisse alors en son centre qu'un infundibulum très étroit, au milieu duquel se trouve la région hilo-micropylaire. On trouve ici, à la taille près, et les ornements tégumentaires mis à part, une assez grande ressemblance avec certaines graines de Crotalaria (Comparez fig. 15 et 28, C. semperflorens Venr., et fig. 17 et 18, C. quinqguefolia L..). Surface tégumentaire mate, recouverte de fins tubercules en pain de sucre assez proches les uns des autres, et n'étant guère séparés que par des espaces plans égaux à 0,5 à 1 fois leur hauteur. Par sa forme en colimaçon et l'épaisseur considérable de sa région dorsale, cette espèce ne peut se confondre avec aucune autre étudiée 1c1.
L’O. praecox Bca, est, comme on vient de le voir, une espèce sicilienne ; ses graines offrent une assez grande ressemblance avec celles d’une autre espèce, plus répandue, 0. »iscosa L., qui habite en particulier le midi de la France. Cette espèce, qui croit, comme l'indique M. Rouy (/. e., IV, 261) dans les champs maigres et sur les coteaux incultes de la région méditerranéenne, du Var aux Pyrénées-Orientales, n'est pas systématiquement très éloignée d'O.praecor Bca. Suivant M. Gandoger (/. c., p. 108), O. praecox Bca., se range à côté de O. biflora Vusr., dans le groupe des Natrices, tout près d'O. viscosa L. Notons enfin que M. Rouy donne les indications suivantes pour celle-ci : «... Graines jaunâtres, réniformes-renflées, tuberculeuses-chagrinées... A1RE GÉOGRAPHIQUE : Portugal, Espaqgne, Baléares, Italie, Sardaigne, Sicile ; Algérie ». On trouve donc dans l'étude morphologique de la graine une intéressante confirmation des résultats fournis par la systématique. Malheureusement mes échantillons d'O, viscosa L. ne m'ont pas permis d'établir une diagnose certaine, ear je n'étais pas absolument sûr de Leur authenticité. Je me suis donc abstenu de publier ici les dessins et les photographies que j'avais faits de cette espèce. On trouvera planche TT bis, une reproduction photographique des graines d'O, praecox Bca. (1).
1. Les deux reproductions photographiques ci-jointes (planche IT bis) montrent, à litre d'exemple, ce que peut donner la photographie dans un
TRIFOLIÉES 103
O. rotundifolia L. (fig. 175 et 176). — Graines grosses, atteignant 4 millimètres, assez plates, de profil irrégulier, Tégument mat, parfois obscurément moucheté de noir, recouvert d'une infinité de protubérances très fines et très rapprochées, qui rendent la surface grenue. La saillie radiculaire forme un bec très proéminent, qui surplombe fortement la région hilo-micropylaire. Celle-ci se trouve.au fond d'une échancrure large et profonde, limitée par deux bourrelets tégumentaires brunjaune clair, et par une sorte de bosse raphéale qui a plutôt l'air d'un pli tégumentaire, Cette échancrure ombilicale et la zone raphéale sont abondamment colorées en noir. Tout au fond de cette échancrure, sous la saillie radiculaire, on aperçoit le hile, noir, entouré d’une collerette circulaire de fibres blanchâtres, vestiges des tissus funiculaires. Le mycropyle est trop profondément enfoncé sous la saillie radiculaire pour quil soit perceptible. Par sa forme et sa taille, cette graine ne peut se confondre avec aucune autre. On trouvera planche TT bis, une reproduction photographique de cette
espèce (1).
O. spinosa L. (fig. 169 et 170). — Graine ex mitre (2), brun chocolat foncé, plus rarement brun-jaune, à mouchetures
travail comme celui-ci. Les clichés ont été obtenus à l'aide du binoculaire Zeiss. Pour qu'ils puissent supporter un agrandissement assez fort et ne pas perdre trop de leur finesse à la simili, jai dû les exécuter au moyen de plaques photographiques extra-lentes, à grain très fin. J'ai employé les plaques Lumière dites « étiquette rouge », et j'ai opéré le développement lent, en cuvette verticale, à la paraphénylènediamine. C’est en effet le révélateur le mieux approprié à l'obtention des clichés très fins. J'ai utilisé comme source lumineuse une lampe à are de petites dimensions (3 amp.) et des verres et écrans de couleurs diverses pour adoucir les reflets et les ombres, et atténuer les duretés.
1. Pour O.rotundifoliaL., en particulier, il sera bon, si l'on veut comparer les photographies aux dessins de la page 104, de les regarder dans la même position où ont été exécutés les dessins, c’est-à-dire radicule en l'air, avec grand axe vertical. On s’apercevra alors que, par un curieux phénomène d'optique, l'aspect du contour apparent, qui semble différent sur la photographie de ce qu'il est sur le dessin, change sensiblement, et que les deux sont en réalité très semblables.
2, D'une facon générale, et quoique les faits soient assez éloquents par eux-mêmes, on peut dire qu'une graine sera en mitre lorsque le profil radi-
noires formant taches. On ne les a pas représentées sur la figure à cause de leur étendue, car cela eût nui à l'intelligence du dessin. Tégament douei, mais non complètement mat, hérissé de fins tubercules peu rapprochés. Saillie radiculaire se détachant du reste de la graine par un sillon très net. Extrémité radiculaire peu saillante, et cependant région ombilicale assez nettement échancrée. Au fond d'une fossette profonde, formée par la saillie radiculaire en haut, la bosse raphéale en bas, et deux bourrelets tégumentaires de chaque côté, on aperçoit la tache hilo-micropylaire. Le hile forme un disque sombre, traversé verticalement d'une large bande jaune clair. Le contraste est si vif que cela est visible à l'œil nu.
Maintenant qu'on a étudié chaque espèce individuellement, on pourra résumer ce qui vient d’être dit dans un tableau synoptique.
TABLEAU SYNOPTIQUE
Surface tégumentaire lisse, CEE parfois ponctuée de fines
fl lose és NN se : Se alopecuroides Surface tégumentaire grenue, ou pre Jamais lisse. 2
Graines très petites (moins de 2 mm.), très finement ponctuées ; < saillie radiculaire très nette, violette . . . minulissima Graines moyennes ou grosses (plus de 3 mm.), fortement tuber-
puleuses. LUE. 6 er ETS OR EE CR 3
{ Graine grosse, en colimaçon, rappelant les Crotalaria. praecox {Graine non en colimacôn. =. AR Um. En 4
/ Graine en mitre. Saillie radiculaire se détachant nettement du reste de la graine , . 3 TR spinosa 4 © Extrémité radiculaire en surplomb n net ; graine grosse, à profil
irrégulier. . . a rotundifolia Graines médiocres, subélohhiEibee, Dee À 5
culo-raphéal sera à peu près rectiligne et sensiblement perpendiculaire au grand axe hilo-dorsal, de telle sorte qu'il sera logique de considérer la graine comme reposant sur la base formée par le méplat radiculo-raphéal, avec la convexité dorsale en haut, comme une mitre (v. fig. 169). J'emploie-
rai fréquemment celle expression à propos des graines de Trifolium (v. plus loin).
TRIFOLIÉES
Graines finement chagrinées, brunés, presque
lisses (1).
Graines fortement
tuberculeuses, cendrées,
mouchetées de noir .
Trifolium L.
hircina
Anliquorum
Les quarante et une espèces de Trèfles qu'il m'a été possible d'étudier sont, par ordre alphabétique, les suivantes :
pen er ren ee De doge ee er Macé le
RE KE be Que
agrarium (L.) ALL.
albidum Retz.
album Lam. (2).
Alexandrinum L.
alpinum 1.
angqustifolium L.
arvense L.
badium Scares.
Balcanicum VELEN.
Bocconii Savi campestre SCHREB.
Cherleri L. elegans Savi fragiferum L.
glomeratum 1.
hirtum AL.
hybridum L.
incarnatum L.
Johnston Over.
lappaceum L.
Lupinaster L.
ACIER oUT APT AVe2712:
2. L'Index Kewensis, ii. 1112:, donne cette espèce comme synonyme de T. hybridum L. et de T. repens L. On verra plus loin, à l'étude individuelle de chaque espèce, que les graines ont une ressemblance en parfait accord
avee cette manière de voir.
marilimum Hups.
medium (L.) Hwps.
minus RELH.
montanum L.
ochroleucum MHups.
Olympicum Honxex.
Pannonicum Jaco.
. palens SCRREB.
pratense L.
repens L. (type) repens L. (var. minus Gi8. et Becu) resupinatum L.
rubens L.
. scabrum L. spadiceum .
stellatim L.
striatum L.
trichocephalum Pres.
tumens M. B.
Wormskioldii Lens.
ee or M rh ie Pace Mr D er Ale dm,
ner
Avant d'enaborder l’étudemorphologique individuelle ;comme la plupart de ces espèces sont représentées en France, il est intéressant de mettre sous les yeux des lecteurs la classification adoptée en général par Les botanistes et par M. Rouy en particulier dans sa Ælore de France, à l'exemple de MM. Gibelli et Belli, monographes italiens (1),
F1. — T. badium Scanes.