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SELLE

TRIFOLIÉES 175

Remarques sur la tribu des Trifoliées

Je me suis longuement étendu sur l'étude de la tribu des Trifoliées, parce que je possédais beaucoup d'espèces bien dénommées, et parce que ces espèces sont pour la plupart représentées en France, ce qui ajoute un intérêt particulier à leur étude.

J'ai donné, pour chaque espèce étudiée une diagnose souvent beaucoup plus longue que je ne me l'étais proposé, parce que c'est par les plus petits détails que les espèces diffèrent souvent le plus de l’une à l’autre. En conséquence, il fallait insister sur ces détails et donner pour chaque espèce, non ‘seulement une description aussi exacte que possible, mais un résumé des caractères différentiels permettant de distinguer sûrement les espèces les plus analogues.

De tous ceux que j'ai étudiés, le genre Trifolium est celui où j'ai vu le plus clairement les résultats précieux qu'on est en droit d'attendre des études séminologiques menées avec soin et méthode. Il ressort en effet nettement de toute cette étude que dès que l’on sera en possession d'une série d’espèces authentiques d'une région déterminée, les Trifolium des environs de Paris, par exemple, on pourra envisager comme utile et fructueuse l’étude morphologique des espèces considérées, examinées au point de vue de leurs graines ou semences. Il ne me parait pas douteux que les graines, quoiqu'il-n’existe à peu près aucun ouvrage spécial sur ce sujet, possèdent une valeur systématique considérable : une fois établis de bons repères, c'està-dire une fois décrite et figurée chaque espèce d’un groupe déterminé, on peut par le seul examen des graines, savoir si un échantillon nouveau appartient ou non à cette espèce. L'étude des Trifoliées m'a fait voir que c’est dans Les plus petits détails qu'on peut et doit chercher Les caractères distinetifs les plus sûrs.

En outre, il faut examiner, décrire et figurer chaque espèce de profil et de face, et le meilleur moyen d'observer les graines qu'on aura à comparer et à rapporter aux travaux déjà exis-

{ants sera, je crois, de les dessiner à la chambre claire, par le même procédé qui aura servi à l'établissement du travail primitif: et si celui-ci comporte des photographies, ce qui n'en vaudrait que mieux, la comparaison des dessins obtenus avec ces photographies rendra de grands services et permettra d'apprécier aisément si l'on se trouve ou non en présence de la

véritable espèce en question.

TRIBU IV. — Lotées.

Cette petite tribu ne comprend que huit genres et environ 140 espèces. Elle n'offre qu'un assez médiocre intérêt mais j'ai pu cependant, comme on le verra plus loin, étudier quelques espèces des genres européens, au nombre de quatre : deux de ces genres, Lotus L. et Dorycnium Vii., sont fréquemment démembrés, dans les flores locales, et l’on pourra se reporter à ce que j'ai dit ailleurs (1) à leur sujet.

C'est la région méditerranéenne qui semble Le berceau des Lotées, et on trouvera dans le tableau statistique ci-après, les renseignements sur l'allure de la répartition géographique de la tribu.

L'examen de ce tableau montre que la petite tribu des Lotées a son pôle dans la région méditerranéenne. De là, une branche s'étend sur toute la partie Nord-Ouest de l'Afrique, où les iles Canaries en possèdent de nombreux représentants, tandis qu'une autre branche remonte dans les montagnes de l'Europe centrale. L'Asie Mineure en est assez dépourvue: cela peut surprendre, puisqu'après en avoir rencontré en Syrie, en Cilicie, etc., on en retrouve d'autres représentants, en Perse et en Béloutchistan. Mais il n'y a peut-être, comme cause à cette apparente anomalie, que le simple manque de documents.

La partie occidentale de l'Amérique du Nord possède à elle

4. Cf. Louis Capiraine, /. c., page 453, la deuxième « Note complémentaire », relative aux sections ou subdivisions de genres, non adraises au rang de genre dans les ouvrages généraux, mais élevées à cet ordre dans les flores spéciales. IL est à remarquer que l'index de Kew subordonne le groupe Tetragonolobus Scor. au genre Lotus L., et le groupe Bonjeania Rous. (qu'il orthographie Bonjeunea) au genre Dorycrium Vins.

Capitaine 12

Distribution géographique des LOTÉES

Amérique

Europe Asie Afrique 5 — | Océanie

Totalité du Continent

Nord Est Sud Ouesl Nord-Est Sud-Est Sud-Ouest Nord-Ouest Centre

Centre-Nord Centre-Est Centre-Sud

Centre-Ouest

Région méditerr.

totale

Région méditerr.

orientale

Région médilerr.

occidentale

Montagnes Nord Montagnes Est Montagnes Sud Montagnes Ouesl Montagnes Centre

Montagnes Nord-Est

Montagnes Sud-Est

Montagnes Sud-Ouesl

Montagnes Nord-Ouesl

Déserts

Asie Mineure

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LOTÉES {79

seule le genre Hosackia Douer., que l'on trouve en Californie et en Colombie britannique : ce fait particulier était intéressant à citer.

Les seuls genres qui retiendront ici l'attention sont les suivants :

Anthyllis L.

Securigera DC.

Lotus L. (sous-genre Tetragonolobus Scor.) Dorycnium Vi. (et le sous-genre Bonjeania Rens.)

[ls sont tous représentés en France et à ce titre méritent davantage de retenir l'attention. La planche IV résume la dispersion des Lotées, et permet d'apprécier facilement la distribution géographique de cette petite tribu.

Anthyllis L.

J'avais peu d'espèces, mais la plupart bien dénommées, comme jai pu le constater par la concordance d'aspect des graines de mêmes noms et de provenances diverses.

Les espèces étudiées sont :

A. Barba-Jovis L.

A. Hermanniae L.

A. montana L.

A. tetraphylla L.

A. Vulneraria L.

A. rubra GOUAN

Elles sont très aisées à distinguer les unes des autres. Deux caractères principaux facilitent cette distinction, la morphologie de la graine, d'une part, et d'autre part l'aspect et la consistance du fruit. Ce dernier, qui est généralement indéhiscent, peut intervenir dans l'étude de la graine, comme adjuvanñt,

d'abord parce qu'il est indéhiscent, et qu'ensuite, en aucun cas, je ne me suis imposé l'obligation de ne pas tenir compte du fruit.

On fera donc trois groupes, d'après ce caractère :

Fruit glabre, sec, petit, ayant environ 5 mm. et contenant une

seulé graine ;# TS RSR RM CE PR 2 Fruit très soyeux, gris souris, ayant { cm. au moins de longueur, contenant deux graines grosses . . . . . tetraphylla

Fruit papyracé, très facile à déchirer à la pince, couleur parchemin très clair ou bistre noir ; coupe transversale en forme des ÉNSean es pe LUCE ie ARE RECES S ERERS

rubra

2 © Fruit dur, coriace, s'écrasant difficilement sous la pince et se déchirant mal, brun, parfois pâle, coupe transversale à peu près circulaire, avec côtes longitudinales assez saillan- RP NC RENE PERS re VS

Hermanniae

montana

À tetraphylla L. (fig. 294). — C'est de beaucoup l'espèce la plus caractéristique, par ses graines grosses, ovales, atteignant 3,75 millimètres, de couleur olive-brunatre, et dont la surface est recouverte de petits tubercules très serrés, donnant l'aspect d'une graine à la surface de laquelle seraient fixés d'innomhrables et minuscules petites billes de cristal. Celle-ci paraissent lisses au binoculaire, mais l'examen en lumière réfléchie, au microscope, montre qu'elles sont pourvues de petites facettes,

comme des gemmes taillées.

À. Vulneraria L. (fig. 295); A. rubra Gouax (fig. 296). — La plupart des auteurs estiment qu'il faut considérer le second comme une variété du premier, Je ne citerai, pour la synonynie, que quelques exemples. Grenier et Gopron (F2. Fr., [, 381) indiquent : « A, Vu/neraria L., var. y rubriflora DC. », et on verra plus loin que. cette dénomination est synonyme de A. rubra Gouax. Nyuan (Conspectus, 1, 164) subordonne le

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