‹ Contribution à l’étude morphologique des Graines de LégumineusesChapitre 51 sur 76 · V. vi/losa Rora · texte numérisé non relu

V. vi/losa Rora

Je donnerai pour chaque espèce une courte diagnose, et de l'ensemble je déduirai, comme j'ai fait pour les autres genres étudiés, un tableau synoptique.

V. atropurpurea Desr. (fig. 4AT et 448). — (Graines assez grosses, de 4 à 5 millimètres de diamètre environ, subsphériques. Tégument velouté, très doux au toucher, d'un beau noir. Une partie du funicule reste adhérente à la graine, sous forme d'un croissant funiculaire, du milieu duquel se détache le funicule proprement dit. Une partie de celui-ci reste attachée au croissant funiculaire, l’autre partie au placenta. On ne peut détacher ce croissant funiculaire qu'avec beaucoup de difficultés. Quand on y parvient, c'est en le déchirant, car il ne se sépare pas de la graine suivant une ligne nette. En tout cas, on ne peut pas dire ce que l’on appellera iei le « hile » ; si l'on s'en tient à la définition classique, on sera certainement embarrassé. Mais quoi qu'il en soit, il est bon de noter que ce croissant funiculaire n'adhère pas à la graine par toute sa surface de contact, mais seulement par sa périphérie, et si l'on pratique une déchirure, à sa base, tout contre la /ache hiloïde, ainsi que j'appelle plus loin cette longue plage qui se trouve au-dessous de l'extrémité du funieule, on remarque un vide parfaitement net, ne paraissant nullemen! produit par une détérioration récente des tissus médullaires du funicule, mais semblant provenir d'une régression originelle des cellules internes, amenant, dès le début de la formation de la graine, la constitution de cette tache, tantôt cireulaire et parfois minuseule, tantôt allongée et parfois de grandes dimensions, en tous cas toujours unie où tout au plus finement granulée, à laquelle on donne communément le nom de hile. Il arrive parfois que la membrane funiculaire, qui s'applique sur la graine à la façon d'un tire-pavé se trouve ouverte par déchirure, sous le crochet formé par la courbure du filet funiculaire propre-

ment dit. C'est le cas par exemple de l'individu représenté de face sur la figure 447, et où l’on voit nettement l’excavation figurée en noir. Cette espèce, par son aspect, ne me semble susceptible de confusion avec aucune autre.

FIGURES 427 à 429. — VICIA L.

14 millimètres

Fig. 427, V. Faba L., vue de dos. — Fig. 428, même espèce, vue de côté. — Fig. 429, même espèce, vue par sa base hilo-micropylaire. [L'échantillon représenté iei appartient au {type de Fêve comestible qu'on trouve dans le commerce].

V. Faba L. (fig. 427, 428, 429; 430, 431 et 432). — La forme de cette espèce est très malaisée à se représenter, mais J'admettrai — ce qui est probablement exact — que personne n'ignore la forme et l'aspect d’une fève, et je passerai rapidement. J’insisterai seulement sur ce fait qu'on peut rencontrer deux types bien distincts. Je désignerai le premier sous le nom de «type comestible »; c’est celui qu'on rencontre dans le commerce. Les graines sont très grosses, et atteignent jusqu'à deux centimètres de longueur, sur les beaux individus. Le tégument, toujours épais et très dur, est de couleur havane très clair ou eafé au lait, ou presque blanc. Le deuxième type

que je nommerai « type des jardins botaniques », est de taille beaucoup plus petite, de forme plus globuleuse. Les individus les plus beaux dépassent rarement 12 ou 13 millimètres de longueur. Le tégument est ici beaucoup plus foncé, couleur chamois ou fauve assez soutenu, finement grenu, très brillant. Nous avons jugé intéressant de mettre sous les yeux du lecteur les dessins représentant ces deux types, mais pour qu'on puisse

se faire une idée de cette graine, il faut la r:présenter, non

FIGURES 430 à 432. — VICIA L. (suite

20 millimètres

Fig. 430, V. Faba L., vue par sa base hilo-micropylaire. — Fig.431, même espèce, vue de côté. — Fig. 432, mème espèce, vue de dos [L'échantillon

représenté ici est le type de Fêve qu'on rencontre dans les jardins botaniques. La couleur et la taille surtout sont neltement différentes de celles des Fêves qu'on rencontre dans le commerce, en général, et qu’on a représentées, figures 427, 428 et 429].

plus sous deux, mais sous trois aspects différents : de côté, de dos, et vue d'en haut, par sa face hilo-micropylaire. lei, en effet, la région hilo-micropylaire est située dans une sorte de col, limité à droite et à gauche par deux hauts reliefs, et le tout a quelque analogie avec une certaine partie du corps humain. Le micropyle étant presque invisible, sur la graine sèche, il est difficile, étant donnée sa forme, de savoir de quel côté est Le raphé : il est d'ailleurs fort peu distinet, et se présente sous forme d'une vague saillie. Enfin il ne faut

LE

pas oublier que chez la fève on rencontre une particularité, sinon rare, du moins ici fort apparente, en raison de la grande taille de la graine : le tégument forme, au niveau de la radicule, une poche interne, qui emboîte la radicule à la manière d'un bonnet de coton. Il en résulte qu'une coupe transversale de la graine peut donner des figures très difficiles à expliquer, pour celui qui n'est pas prévenu. Au contraire, la coupe en long est fort instructive à ce sujet.

V. bybrida L. (fig. 41 et 442). — Graines assez grosses, mesurant environ 4 millimètres de diamètre, ovoides, subsphériques. Tégument d'aspect velouté, mais n'ayant pas le toucher aussi onctueux et moelleux que celui de V. atropurpurea Desr. Tégument généralement gris-fer un peu jaunâtre, abondamment marbré de noir, plus rarement couleur chocolat, lisse. Tache hiloïde très allongée, étroite, noire, semblant saupoudrée de grosse farine blanchâtre, et traversée en son milieu d’un étroit sillon rectiligne. Micropyle visible, entouré d’un rebord tégumentaire, mais toujours très petit.

V. microphylla Unv. (fig. 435 et 436). — Graines subsphériques, assez petites, ne dépassant pas 3,5 millimètres de diamètre au maximum. Tégument brun-violet souvent marbré de noir, pruineux, à prune bleu-gris, très finement granuleux. Tache hiloïde ovale, brun-rouge très foncé, formée de deux bourrelets un peu convexes, qui paraissent comme enchâssés d'un côté dans un fin rebord tégumentaire, de l’autre, dans un large sillon médian. Rebord et sillon sont d’une couleur orangé vif très remarquable. La largeur de la bande médiane est, comme le montre la figure 435, très importante, en comparaison du reste de la tache hiloïde.

V. Narbonensis L. (fig. 449 et 450). — Graines sphériques, très grosses, atteignant 8 millimètres de diamètre. Tégument lisse, douei, gris-fer très foncé, parfois presque noir. Au premier abord, ces graines ressemblent beaucoup à celles de quelques Nymphéacées, etnotamment à celles de certains Ne/umbo.

FIGURES 433 à 442. — VICIA L. (suite)

1 millimètres

Fig. 433 et 434, VF. onobrychioides L., face et profil, — Fig. 435 et 4536, V. microphylla Uuv., face et profil. — Fig. 437 et 438, V. Sepium L , face et vue de (rois quarts Fig. 439 et 440, V. peregrina L., profil et face.

— Fig. 441 et 442, V, hybrida L., profil et face.

Tache hiloïde largement ovale, à fleur du tégument, mais linitée toutefois par un fin rebord, d’un beau noir, et parcourue dans sa longueur par une étroite bande médiane et rectiligne d’un-blanc éclatant.

V. onobrychioides L. (fig. 433 et 434). — Graines médiocres de 3 à 3,5 millimètres de longueur moyenne environ. Forme variable. Les graines sont souvent déformées, en effet, par diverses causes mécaniques (compression réciproque, etc.), elles ressemblent alors à un cylindre de révolution coupé par deux bases obliques. Mais leur forme normale est subsphérique. Parfois elles sont ovuides, mais alors les deux pôles sont toujours très obtus. Tégument velouté, doux au toucher, brun-gris, avec de nombreuses mouchetures et vermiculures noires. Tache hiloide allongée, étroite, concolore, et très difficile à apercevoir : elle ne se distingue à l'œil nu par aucun caractère net, et sa surface est en continuité, avec le reste du tégument. A la loupe, on distingue un vague bourrelet tégumentaire jaunâtre, peu distinct.

V. peregrina L. (fig. 139 et 440). — Graines subsphériques, de 4 à 4,5 millimètres de diamètre environ. Tégument brun clair, lisse, très mat, presque velouté, marbré de noir. Tache

hiloïde ovale, petite, noire, légèrement déprimée et semblant

enchâssée dans un fin rebord tégumentaire. En son milieu se voit une bande étroite, très blanche, formant un sillon en coup de canif, légèrement plus large du côté du raphé. Celui-ci n’est indiqué que par une toute’ petite bosse, que l'on voit sur la figure 440, et quise relie à la tache hiloïde par une bande noire

légèrement en relief, étroite.

V. sativa L. (fig. 445 et 446). — Graines sphériques, assez petites, de 3 à 3,5 millimètres de diamètre. Tégument mat, d’aspect velouté, brun, marbré de noir. Tache hiloïde en forme de pain fendu, formée, comme chez V. maicrophylla Urv., de deux fuseaux noirs, légèrement en relief, semblant enchâssés d’une part dans un fin rebord tégumentaire, de l’autre dans une lame

médiane, assez large, formant sillon blanc. Le tout a une forme

ovale allongée assez nette.

FIGURES 443 a 450. — VICIA L. (suite)

Fig. 443 el 444, V. villosa Ror | i ï D . 44, FR sa Roru., face el profil, — Fig, 445 et 446, V.s tiva L., profil et face Fig. 447 et 44 L . Dans k eh L., pro ace, — Fig. #47 et 448, V. atropurpurea Desr., face et profil, — Fig. 449 et 450, V, Narbonensis L., face et profil.

V. Sepium L. (fig. 437 et 438). — Graines ovoides, petites, mesurant environ 2,5 à 3 millimètres, dans leur plus grande longueur, mais presque sphériques. Tégument lisse, mat, bistreverdâtre, avec des marbrures et vermiculures noires. Tache hiloïde ayant la forme d’une étroite bande, très allongée, occupant au moins les 3/5 de la périphérie de la graine, couleur havane claire, parcourue, au milieu, dans sa longueur, par un sillon brun-rouge pâle ou orangé, et enchâssée dans deux saillies tégumentaires bistre-jaune, en bourrelet large. La longueur de la tache hiloïde empêche de confondre cette espèce avec aucune autre.

V.. villosa Rora. (fig. 443 et 444). — Graines sphériques, de 3 millimètres de diamètre environ. Tégument velouté, brunnoir, à fines vermiculures noires. La graine parait done entièrement noire, mais sa taille et l'absence de croissant funiculaire persistant aident à la distinguer -du V. atropurpurea Desr. Hile ovale, allongé, grisätre, avec une fine ligne jaunâtre claire au milieu. Rebord tégumentaire très faible.

. Maintenant que j'ai mis, pour chaque espèce, ses principaux caractères en évidence, il sera aisé d'établir un tableau synoptique résumant tout ce que j'ai dit :

TABLEAU SYNOPTIQUE

1 CPE SU USD OC IQUER ER Te Pa UE ALI. et, 2 NOR RE RE en NC ne Rens 7 Faba

\ Graines sphériques, très grosses, atteignant 8 mm., gris-

DR AE 1 CU ee NS ee Pros Uri tee Narbonensis l Craineenayent pas-CECArACIÈTE. AS 14 Sun, ee 3

3 Graines paraissant noires ou très foncées à l'œil nu . . 4 NON TE Rent CEE A et IR A EE ja a 5 Croissant funiculaire persistant; graines assez grosses (4 à

4 DANS TO LAMONE) es ete Me ET alropurpurea Croissant funiculaire caduque ; graines médiocres. . villosa

TS

TRHIBU VII

Tache hiloïde en pain fendu (A) . + . . . . . . . 6 Tache hiloïde n'ayant pas ce caractère . . . . . . . 7 Tégument pruineux à pruine bleu-gris . . . microphylla Tégument non pruineux . . . + : . + . . . saiva Tache hiloïde occupant au moins les 3/5 de la périphérie de la

graine . . NS Sepium Tache hiloïde ile Sini,0 ou moins allongée Toit 8

Tache hiloïde très allongée. Graines de 3,5 mm. au plus en géné-

Al rer s ne onobrychioides Tache hiloïde relativement PO € ou Ca llongte et très étroite. Graines-de A LEON RENTE CR 9

Tache hiloïde allongée et très étroite, noire. Marbrures allongées, divergeant dans la région ombilicale ge gris-fer Jaunâtre, rarement chocolat. . . . SNOOPER hybrida

| Tache hiloïde très courte. Marbrures éparses ; tégument brun-

clair on bhiyane ses et SO ON TRES Ie peregrina

Ervum Tourx.

Le genre Ervum Tourx. est presque toujours considéré comme

un sous-genre des Picia mais cela importe peu: on ne devra tenir compte de ce détail que dans l'étude d'ensemble des

genres, et au cas où on voudrait grouper chaque étude parti-

culière en chapitres d'un ordre plus élevé. C'est alors seulement qu'on aurait à faire intervenir la notion d'affinités, et

discuter l'opinion des systématiciens, en examinant si les consi-

dérations de morphologie séminologique justifient ou infirment les classifications admises jusqu'ici.

J'avais dans ma collection plusieurs échantillons, rangés sous le nom d'Eroum, mais que j'ai dû faire passer dans les Vicia

Voir aux diagnoses l'explication de ce terme,

proprement dits, en consultant la synonymie. Il m'est resté, après épuration de mon stock, huit espèces, appartenant bien au genre (ou sous-genre) Ærvum Tourx. Ce sont, par ordre alphabétique :

E. Abyssinicum Aves.

E. Boissierianum Morr.

E. Ervilia L.

E.2Lens Là

E. Lens L. var. minor DC.

E. Tenorii Sreur.

E. tetraspermum 1.

E. tetraspernuum M. Bies.

Ce serait une erreur de croire que les graines des espèces de ce genre, à l'exemple de celles de Æ. Lens L., sont lenticulaires. Elles sont, en général, subglobuleuses ou globuleuses, mais présentent, par retrait du contenu vraisemblablement, des rides tégumentaires qui modifient un peu la régularité de la surface, en créant des méplats, et parfois des concavités assez sensibles. IL est bon de tenir compte de ces déformations artificielles, car elles représentent presque le cas normal. Une autre caractéristique des graines de ce genre (caractéristique qui d'ailleurs le rapproche de certains Vicia), est l'aspect poudré ou pruineux violet-jaunâtre pâle, qui en fait de fort jolies graines. Cela posé, je pourrai étudier chaque espèce en particulier.

E. Abyssinicum Aver. (fig. 465 et 466). — Graines à peu près tétraédriques, mates, jaune parchemin clair à mouchetures noires, petites et nombreuses. Hile jaune plus ou moins foncé, ayant l'aspect d'une gerçure qui aurait occasionné dans le tégumenttrop tendu une crevasse très nette, en boutonnière, entouré à droite et à gauche d'un bourrelet tégumentaire estompé, jaune très pâle. Le hile porte au milieu une dépression longitudinale allongée, qui dépasse souvent son contour du côté du micropyle. Il est parfois un peu cristé par les vestiges funiculaires.

Capitaine 18

Le micropyle est très peu visible. [est dissimulé dans une plage du tégument, d'un jaune orangé, et d'aspect un peu spongieux. Les saillies radiculaire et raphéale sont très peu sensibles. Il ne faut pas trop faire état, je crois, des mouchetures noires, dont il a été question plus haut, car elles peuvent être, sur les différentes graines d'un même pied, plus ou moins abondantes, et parfois manquer totalement. Dans ce dernier cas, la couleur générale de la graine est beaucoup plus foncée, d’un violet pourpre assez net. Mais ce cas me semble un peu spécial, et dans un lot de graines, c'est toujours la minorité qui est de cette dernière couleur et dépourvue de mouchetures. Et il ne faut pas oublier que c’est toujours sur l'aspect de la majorité que J'ai fondé mes diagnoses.

E. Boissierianum Mort. (fig. 453 et 454). — Espèce extrêmement petite, globuleuse, presque sphérique, à peu près de la grosseur d'un grain de millet, généralement verdâtre pâle ou vert-jaunâtre, ou fauve, avec ou sans mouchetures noires (ces dernières sont cependant très fréquentes). Les graines sont logées, par deux, dans une petite gousse n'atteignant que 6-7 millimètres de longueur, et fortement renflée au niveau des graines, comme chez tous les Ervum. La taille et la forme de cette espèce me semblent la mettre à l'écart de toutes les autres, ce qui facilitera Ja classification.

E. Ervilia L. (fig. 457 et 458). — C'est l'Ervilia sativa Laxk de beaucoup de botanistes, mais pour ne pas trop compliquer la question, comme le genre Ereiha Link ne me semble pas jus- Utié ni digne d'être maintenu, et que je ne possédais dans ma collection que cette seule espèce, je l'ai réunie, à juste titre probablement, au genre ÆErowm Tourx. Graines tétraédriques, mates, d'aspect pruineux, mais elles ne sont pas pruineuses, puisque ce velouté ne disparait pas au toucher. Couleur parchemin, nettement violacé et souvent rouge brique. Régions hilo-micropylaire et raphéale d'un brun-violet très foncé, qui tranche nettement sur la couleur de fond du tégument. Le hile est logé sur un petit méplat spécial, tout contre lequel

See C PE] VICIÉES 975

FIGURES 451 à 466. — ERVUM. Touns.

13 millimètres

Fig. 451 et 452, E. tetraspermum L., profil et face. — Fis.453 el 454, £. Boissterianum Horr., face et profil. — Fig. 455 et 456, Z, Tenorii Srevp.,

profil et face. — Fig. 457 et 458, £. Ervilia L., face et profil. — Fig. 459 et 460, Æ. Lens L., var. minor DC., face et profil. — Fig. 461 et 469, Æ. Lens L. (type), face et profil. —- Fig. 463 et 464, £. tetraspermum

M. Bies., profil et face. — Fig. 465 et 466, £. Abyssinicum Aver., prolil et face,

276 THIBU Vil

aboutit une légère dépression radiculaire, souvent de couleur plus foncée que le reste du tégument. La région raphéale est nettement convexe, sauf à l'épanouissement chalazien, où il y a

de nouveau une légère concavité.

E. Lens L. (fig. 461 et 462). — La lentille comestible est trop connue pour que j'aie besoin d'insister sur sa description. De forme essentiellement lenticulaire, c'est-à-dire circulaire, quand on la regarde de profil, et de forme très nettement biconvexe, quand on l'examine de face, elle est lisse, assez mate ou d'aspect douei, et de couleur variable, tantôt brun-olivâtre assez sombre, tantôt violet-pourpre assez foncé. Cette variation de couleur comme l'inconstance de la taille sont inhérentes à la culture. Les graines spontanées sont généralement assez petites, parfois verdâtres ou vert-jaunâtre, à mouchetures noires. Mais il ne faut pas trop faire état de celte variation. La saillie radiculaire, très nette, est caractéristique de l'espèce, par sa forme et son aspect : elle forme une pointe trièdre regardant le micropyle. Le hile, de forme très allongée, étroit, est parcouru par une fente longitudinale, en son milieu, et rebordé, à droite et à gauche, par de légers bourrelets tégumentaires.

J'ai, à titre d'exemple, donné la figure d'une variété minor DC. (lig. 459 et 460) de cette espèce. Ce sont des graines lenticulaires, violet-pourpre ou brun-violacé, lisses, assez renflées (très convexes) qui ne peuvent guère être séparées, pratiquement, du type, quoiqu'elles ne soient pas semblables aux lentilles qu'on a l'habitude de rencontrer. J'en parle ici succinctement, afin de faire voir, une fois de plus, que l'introduction de la morphologie séminologique dans la systématique ne peut plus être, en général, d'aucun secours, quand on à dépassé ce que l’on appelle habituellement les limites de l'espèce linnéenne, Dans quelques cas particuliers, quand on se place à des points de vue tout à fait spéciaux, on peut distinguer des variétés très proches, des formes même : c’est le cas quand la culture a eu pour but unique de produire des plantes dont les graines ont des propriétés déterminées, Ainsi le haricot commun (Phaseolus culgaris L.) a fourni d'innombrables variétés ou formes que l’on

LL

doit distinguer à la graine (haricot blanc, soisson, flageolet, haricot rouge, haricot noir, ete.), mais cette considération sort de mon sujet. Elle reste dans le domaine de l’agriculture, on doit l'y laisser, et je m'abstiendrai ici d'examiner ces cas spéclaux, qui ne feraient qu'introduire dans mon travail obscurité et Indécision.

E. Tenorii Sreur. (fig. 455 et 456). — Graines tétraédriques, très mates, d'aspect pruineux, couleur parchemin violacé.Région hilo-micropylaire sur un petit méplat contigu à la dépression radiculaire et à la saillie raphéale nettement convexe, jusqu'à l'épanouissement chalazien, à peine concave. Hile oblongallongé, fendu en long, au milieu, entouré à droite et à gauche par deux rebords tégumentaires. Raphé d’un brun-violet très sombre, tranchant nettement sur le fond de la graine. Il est parfois, mais plus rarement, d’une belle couleur orange. Cette espèce ressemble à Æ. Ervilia L., mais elle est plus petite, et de profil, elle est beaucoup plus anguleuse. De face elle est moins globuleuse, et l'épanouissement chalazien y est beaucoup inoins concave. Sa couleur est beaucoup plus claire que celle d'E. Ervilia L. I ne me paraît pas qu'on puisse les confondre, quand on y regarde d’un peu près.

E. tetraspermum M. Bies. (fig. 463 et 464) (1). — Graines d’un brun-violet foncé moucheté-de noir, lenticulaires mais très convexes, veloutées. Hile allongé, jaune pâle, fendu en long au milieu. Micropyle petit, en trou d’épingle, visible seulement avec une bonne loupe. La région hilo-micropylaire est entourée d’un rebord tégumentaire estompé. La saillie radiculaire n’est pas ici en pointe trièdre, comme chez ÆE. Lens L., mais forme une simple côte, qui n'est d’ailleurs pas toujours très

saillante.

1. £. tetraspermum L. (= Vicia gemella Craxrz) diffère par des graines presque deux fois plus petites, subsphériques, à tégument marbré, brun, (V. figures 451 et 452).

Le tableau récapitulatif de ces diverses espèces sera aisé à établir, car les variations qu'on a relevées de l'une à l’autre, permettent de les distinguer facilement.

TABLEAU SYNOPTIQUE

( LS presque sphériques, de la grosseur d'un grain de milse raines 5 ientoutattes DÉAUES 25 511,01 Lens (type et var.) Graines plus ou moins globuleuses . . . + : . . … 2

( Graines nettement biconvexes, veloutées, brun-violâtre assez 2 soutenu . . PR A AE PROS tetraspermum M.B.

l Graines he dtrques Ne a ne 4 VAS ARRETE ONE 3

\ Saillie radiculaire en côte ; mouchetures noires. Abyssinicum 3 Dépression radiculaire nettement concave; mouchetures nul- LAN TOR Et MN ASE lat RP RE LSE ANRT EEE 4

Hile porté par un méplat un peu en forme de bec. Graine angu-

i lense 0.7 ÉTRR Tenorit

Hile porté par un mbplat peu lent, Gtainé peu anguleuse mais

raphé concave vers l'épanouissement chalazien. . Ervilia

d À TéRTNED ETS LE, SUD AUTRES tetraspermum L. ) LA ANA 2 * . .

C Tésuthent arbres. GO ARTS Boissierianum

On voit par cette courte étude sur le genre Ervum Tours. qu'il est à peu près impossible de Séparer pratiquement le genre Zrotia Link, dont les graines, dans l'espèce sa/iva Link, ressemblent extrêmement aux graines d'Æ. Tenorii Sreun. On trouve là une intéressante justification de la réunion, opérée par les botanistes systématiciens, des deux genres en un seul.

Pisum L.

Le petit genre Pisum L. ne compte guère que einq ou six espèces, croissant pour la plupart dans la région méditerranéenne et l'Asie Mineure. Il n'y a dans les environs de Paris et Le Nord de la France que le P. arvense L. qui soit spontané. Le P. sativum L. abondamment cultivé s'échappe des cultures et peut devenir subspontané. Enfin le P. Jomardi Scaraxk que J'ai étudié également, est originaire de l'Egypte.

Les trois espèces que j'ai pu étudier sont, par ordre alphabétique, les suivantes :

P. arvense L.

P. Jomardi ScnrANK P. sativum L.

Un mot sur chacune d'elles conduira à l'établissement d’un petit tableau synoptique.

P. arvense L. (fig. A67 et 468). — Graines subsphériques, de 4 à 6 millimètres de diamètre. Tégument lisse, mat, brunviolet ou brun-jaune foncé, presque toujours marbré de noir. Hile très petit, ovale allongé, noir, avec des vestiges du funicule sur son pourtour, sous forme d’une poudre blanchâtre assez grenue. Il faut noter que la graine normale, recueillie dans des conditions normales est absolument dépourvue de rides, creux, dépressions ou fossettes : Le tégument est partout

régulièrement convexe (1).

1. On cultive souvent le 2. arvense L., qui a donné, comme le P. sativum L., naissance à une foule de formes culturales. Sa patrie d'origine, comme celle du P. satioum L., parait inconnue, C’est très probablement l’Asie sud-occidentale.

P. Jomardi Scunaxk (fig. 469 et 470). — Cette espèce, originaire d'Egypte, est assez grosse. Les graines mesurent de 6 à 8 millimètres dans leur plus grande longueur. Elles sont le

plus souvent comprimées (déformation due à une cause méca-

FIGURES 467 à 472, — PISUM L.

7 millimètres,

Fix. 467 0Ù 468, P. arvense L., profil et face, — Fig, 469 et 470, P. Jomardi SeuRAXK, face et profil, — Fig. 471 et 472, P. sativum L., profil el face,

Ne

VICIÉES 281 nique ?), mais il n'est pas évident que ce soit là leur forme normale. Tégument lisse, mat ou douci, bistre-jaune à mouchetures noires, parfois aussi brun-rouge elair.

P. sativum L.. (fig. 471 et 472). — Cette espèce ayant donné naissance à une foule de formes culturales, on ne peut pas très nettement se faire une idée générale et moyenne sur l’aspect et les caractères de ses graines. On pourra cependant retenir qu'elles sont à peu près sphériques, d’une taille moyenne de 6 à 8 nullimètres (il y en a de beaucoup plus petites, et d'autres plus grosses, mais ce sont des espèces qui ne se consomment que fraiches et dont on ne conserve les graines que pour le semis ; ce sont là des types horticoles qui ne doivent pas retenir l'attention, car ils sortent de mon cadre). Tégument de couleur pâle, rosâtre-jaunâtre, avec plages verdâtres, lisse, mat. Tache hilaire ovale, petite, concolore.

On peut dire, comme caractères généraux de la graine, que” les Pisum ont une forme le plus souvent subsphérique, un tégument lisse, mat, doux au toucher, souvent moucheté de noir. La tache hiloïde, ovale, est le plus souvent assez courte. Chez le P. Jomardi Scaraxk, elle est largement ovale, sillonnée en son milieu d'une bande rectiligne jaune d’or, mais de couleur générale rousse. Elle est encadrée d’un large rebord tégu-

mentaire.

TABLEAU SYNOPTIQUE PP FAINES SDONTNEE En AT CTRR EU ut, EL," 2 PAU AUEMIQRSeS AD LAURE ». =. à Jomardi \ Tégument foncé, brun-rouge ou brun-jaune, marbré de 2 DO CT RE Te à mr ne eue arvense l Tégument très pâle, sans mouchelures . . . . . sativun

ALEFELD pense avec raison, selon moi (CF. Rouy, F/. Fr., V, 283, en Observation), que ces deux espèces doivent se rattacher au

P. elatius STE.

Lathyrus L. (sensu latiore).

Le genre Lathyrus L., surtout quand on y range les espèces quelquefois groupées sous le nom d’'Orobus L., et qu'on l'envisage dans son sens le plus large, est incontestablement lun des plus remarquables des Légumineuses, par la diversité très grande qu'offre la morphologie de ses graines. On n'aura pour s’en convaincre qu'à jeter les yeux sur les dessins qui accompagnent ce texte et qui ont tous été exécutés à la même échelle. On voit ainsi quelles différences considérables existent dans l'aspect, la taille, la forme des graines des diverses espèces.

J'avais à ma disposition un assez grand nombre d'échanüllons et plusieurs de la même espèce, le plus souvent. Cela m'a permis d'avoir un précieux contrôle pour l'exactitude des déterminations. J'ai pu étudier trente-huit espèces ou variétés, dont les noms suivent :

. Abyssinicus BRAUN

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