‹ Contribution à l’étude morphologique des Graines de LégumineusesChapitre 64 sur 76 · C. sepiaria Roxs · texte numérisé non relu

C. sepiaria Roxs

Elles présentent de l’une à l'autre de si grandes différences que leur distinction est aisée. On peut en effet dresser à priori le tableau synoptique ci-dessous :

TABLEAU SYNOPTIQUE

Graines nettement ovoïdes, de 10-12 millimètres de longueur 1 CnvirOn,. RES AR EME L'EQRE DRE sepiaria Graines + es D RAT A mn T0 Là 2

/ Graines grandes, mesurant environ 15 x 8 mm., fauve très

CARRE ut D se RENNES Sappan

2 Graines très étroites, ad environ 12 X 3 mm., de cou- LÉMMPATCRENUR CIRE SCENE. Te, LAN ferruginea Graines n'ayant pas ces caractères . . + . . -. . 3

| Graines grandes, en forme de coin à base large, de 10 mm. de longueur environ, brun-rouge, SRE ou plus ou moins

HOUR OLVALTES CR À HMS ce pulcherrima | Graines assez petites, nt un peu, en un peu plus gros, à la graine de lin, comme aspect et COUIEUT coriaria

Les dessins qui accompagnent ce texte permettent de compléter le précédent tableau, en se faisant une idée de la forme des graines. On voit que, à ce point de vue, le genre dontil est ici

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question est fort hétérogène, et à ne considérer que les trois premières espèces du tableau synoptique, €. sepiaria Roxr., C. ferruginea Des. et C. SappanL., on se trouve en face de trois spéeimens fort dissemblables. Ce fait est très rare, et dans chaque genre étudié jusqu'ici, tant chez les Légumineuses que dans les autres familles, j'ai pu remarquer une grande similitude de forme des espèces, au point de vue silhouette, tout au moins. Ici, au contraire, on trouve dans un même genre des différences plus fortes, d'espèce à espèce, que celles qui parfois séparent des genres entre eux.

Ce fait cependant cessera de paraitre paradoxal quand on songera que le genre Caesalpinia L. est assez peu homogène pour que de nombreux auteurs en aient retiré divers groupes d'espèces un peu aberrantes, dont ils ont fait des genres autonomes. D'autre part, on trouve des graines assez analogues dans des sections bien distinetes. C'est ainsi par exemple que le Caesalpinia Bonducella Roxs. de la section Guilandina BENra. ressemble beaucoup par ses graines au C. pulcherrima Sw. de la section Caesalpinaria Beta. et cependant ces espèces appartiennent à deux sections bien différentes puisque dans la première on range des arbres où arbustes épineux, tandis que dans la seconde, on ne range que des plantes inermes. Il se peut d'ail-

leurs — puisque toute classification est provisoire et sujette à de profonds remaniements — que ces deux espèces fort éloi-

gnées en ce moment soient rapprochées plus tard. Il suffirait pour cela de fonder la classification sur d'autres bases, sans s'occuper d'abord de la présence ou de l'absence d'organes épi- Deux.

La description particulière de chaque espèce étudiée me permettra d'entrer dans des détails plus étendus, relativement à la morphologie de chacune d'elles. On pourra ainsi se faire des idées assez exactes, surtout lorsqu'on se reportera aux figures.

Un caractère général des différentes espèces, qui offre une constance assez remarquable, est la présence à la surface de la graine, de craquelures du tégument. Les graines, lorsqu'elles sont sèches, possèdent comme la plupart des Césalpiniacées une consistance osseuse : elles sont extrêmement

A Li

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dures. Les craquelures qu'on observe sont le plus souvent parallèles entre elles et grossièrement perpendiculaires au grand axe de la graine. Parmi les échantillons étudiés, il n’y a guère que le C. ferruginea Dexr. qui ne présente pas ces craquelures, au moins d'une façon très nette. Chez tous les autres, elles sont si nettes que la figure que donne Taubert du C. Bonducella Roxs. dans ExGzer et Pranrz, Nat. Pflz. et dont j'aurais voulu donner une reproduction, indique ces stries d'une façon extrêmement apparente.

Le micropyle, le plus souvent, est caché par une éminence formant à sa place un minuscule mamelon. C’est un embryon de caroncule, mais si petit qu'on n’en peut faire mention. Ce caractère, toutefois, de présenter un micropyle caché sous une petite saillie, m'a semblé utile à signaler, en raison de sa constance. Cette tout petite saillie est située au milieu d’une petite dépression tégumentaire, et de chaque côté Le tégument forme deux minuscules bourrelets qui l'entourent. Il y à là, il ne faut pas l'oublier, analogie morphologique avec les Bauhinia L., mais au point de vue de la constitution interne, c'est tout différent, car la petite saillie des Bauhinia correspond à un raphé, tandis qu'ici, elle correspond à la radicule. C'est donc exactement l'inverse.

Les quelques renseignements suivants complètent la diagnose

de chaque espèce.

C. coriaria WNaup. (fig. 619 et 620). — Les craquelures transversales sont peu nettes, cependant même à l'œil nu, et fort aisément à la loupe, on distingué à la surface de petites craquelures en tous sens. Le contour est ovale, mais assez carré aux extrémités, et la couleur d'un jaune-brun brûlé assez remarquable. Cette espèce présente avec les « graines de lin » une certaine analogie, mais ici les graines sont sensiblement plus grosses et aussi plus obtuses du côté du hile.

C. ferruginea Dexr. (fig. 615 et 616). — La forme seule et la couleur de cette espèce sont très caractéristiques. Lisse, jaune parchemin, dépourvue de craquelures nettement visibles, elle

se reconnait surtout à son étroitesse, à son allongement considérable. La région hilaire ne se trouve pas à l’une des extrémités, mais plutôt près de celle-ci, sur le côté, où elle forme une

FIGURES 615 à 624. — CAESALPINIA L.

14 millimètres

Fig. 615 et 616, C, ferruginea Done., profil et face. — Fig. 617 et 618, (E sepiaria Roxs., vue d'en haut et de profil, — Fig. 619 et 620, €. coriaria Wicsp., protil et face — Fig. 621 el 622, €. pulcherrima SW, vue ‘ d'en haut et de profil, — Fig. 623 et 6%, C. SappanL , profil et face,

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légère indentation. [ei done, comme chez beaucoup d’autres Césalpiniacées, le raphé forme casque et continue le contour de la graine. À l’autre extrémité, la graine est très légèrement élargie, et présente vaguement de ce chef un contour claviforme.

C. pulcherrima Sw. (fig. 621 et 622). — C'est une des plus belles espèces du genre. Les fleurs sont, dans le type, jaunepourpre, mais on rencontre assez souvent deux formes, qui se reconnaissent surtout à la couleur de leurs fleurs. J'ai dans ma collection le type et les deux formes, en provenance de Buitenzorg, et l'on sait que cette espèce est très répandue dans l’Archipel malais. Comme je l'ai dit plus haut, la graine présente de grandes analogies avec celles du C. Bonducella Roxs., non figurée ici, quoique les plantes soient morphologiquement bien différentes. Chez le C. pulcherrima Sw. les craquelures sont excessivement nettes et très rapprochées, mais ici comme ailleurs, il ne me parait pas possible de distinguer les trois échantillons par leurs graines. Cela d'ailleurs corrobore bien les résultats obtenus jusqu'ici. Ces trois formes très voisines ne présentent qu'une différence de couleur bien faible dans leurs graines, à coup sûr insuffisante pour justifier une distinction quelconque. En effet, le type possède des graines brunrouge bien franc, la forme foribus aurantiacis des graines un peu bistre-jaunâtre, avec une pointe de vert, et la forme foribus luteis des graines olive-jaunâtre. À part cette légère différence de teinte, les caractères spécifiques sont tous les mêmes. La graine offre la forme d'un triangle isocèle à pointes très obtuses, ou d’un coin à base large. Elle est aplatie, mais non mince, et, comme dans toutes les espèces de ce genre, le hile et le micropyle sont extrêmement rapprochés. Le débris du funicule, qui persiste au hile, présente à la loupe l'aspect d'un petit morceau de bois qui serait cassé près de la graine, après avoir été enfoncé dedans. Il semble donc très fortement lignifié. La base tronquée de la graine, à l'opposé de la pointe obtuse qui supporte le hile et le micropyle, semble caractéris-

tique de cette espèce.

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