fut ii
C. Sappan L. (fig. 623 et 624). — Les graines sont très grandes, de la taille d'un haricot de nos pays, ayant à peu près la même silhouette, moins réniforme, avec cette différence qu'elle est plate, et surtout que la région hilo-micropylare est extrème (ovule anatrope) et non latérale comme dans les Papilionacées, qui ont l'ovule campylotrope de facon plus où moins évidente. Les craquelures sont un peu obliques à l'allongement de la graine, surtout près du micropyle, et les vestiges du funieule forment, à la région hilaire, une petite pointe blanche assez résistante, [1 n'y à pas lieu d'y faire grande attention, je crois, car les vestiges du funieule sont fréquents, surtout chez les Légumineuses. Toutefois, comme celui-ci par sa couleur tranche sur le fond de la graine qui est chamois clair, j ai jugé utile de le signaler. Vue par la tranche, la graine offre, du même côté que le micropyle, une légère dépression, figurée par une ombre, sur mon dessin.
C. sepiaria Roxe. (fig. 617 et 618). — C'est la plus remarquable et la moins typique du genre. Graine ovoïde, globuleuse, parfois presque sphérique, de couleur bistre assez foncé, avec de nombreuses marbrures noires. La région hilo-micropylaire, qui est un peu atténuée, est couronnée par les vestiges du funicule, qui forme comme un petit cordon brun-rouge, très résistant, ligneux, persistant sur la graine. Le hile est un peu déprimé, ainsi que le micropyle, et la dépression hilo-micropylaire est entourée par un léger bourrelet tégumentaire. Les craquelures sont très nettes et forment à l’ellipsoïde de petits cercles perpendiculaires à son grand axe.
Poinciana L.
Le petit genre Poinciana L. ne compte guère que trois ou quatre espèces, habitant les tropiques de l'Afrique, del Amérique
ÉUCÉSALPINIÉES 471
et de l'Asie. La seule espèce dont j'ai pu étudier les graines P, regia Box.
est l'une des plus répandues. Elle croit notammentaux Antilles, et les graines que j'ai étudiées proviennent de la Guadeloupe. L'arbre qui la fournit y porte Le nom de Famboyant, à cause de ses très belles et grandes fleurs rouges. La gousse, en lame de sabre, qui peut atteindre 50 ou 60 centimètres de long, est très
FIGURES 625 et 626. — POINCIANA L.
Fig. 625, P. regia Bos., vue de face. — Fig: 626, même espèce vue de profil,
dure, coriace, d'un brun-roux assez foncé. Les graines, enchâssées transversalement, sont séparées par du tissu cellulaire. Elles mesarent environ 2 centimètres de longueur en moyenne etrappellent par leur couleur et leur forme les noyaux de dattes,
Elles sont d'un bistre-jaune et possèdent sur chaque face ventrale (fait très souvent observé chez les graines de Césalpiniacées) une plage ovale allongée, de couleur sensiblement plus foncée, qu'on a représentée en hachures sur les figures 625 et 626. En outre, en son milieu, cette plage porte une ligne saillante qui la divise dans sa longueur en deux parties égales, planes ou presque, légèrement inclinées l'une sur l'autre, à la facon d'un toit. La région ombilicale est faiblement échancrée, elle est située à l’une des extrémités. La région hilo-micropylaire, un peu déprimée, est munie d’un restant du funicule, filiforme, qui forme, au-dessus de Ja graine, comme une petite corne. Le dos de la graine est également marqué d'une ligne sombre (indiquée par des bachures sur la figure 625).
TRIBU XIV. — Cassiées.
‘Cette tribu est importante par le nombre de ses espèces : si elle ne compte qu'une quinzaine de genres, elle renferme par contre environ 420 espèces, toutes intertropicales, ainsi qu'en témoigne le tableau statistique ci-après. Je n'ai pu étudier que le seul genre :
Cassia L.
dont presque toutes les espèces habitent les régions chaudes des deux hémisphères. ;
L'examen du tableau précité montre que la tribu des Cassiées a son pôle de diversité au Brésil, tant au centre que dans toute la région nord-orientale. S'étendant très peu vers le Sud, si ce n’est dans les Andes du Chili, la tribu s’avance au contraire sur tout le Nord-Ouest : la Bolivie, le Pérou, l'Equateur, la Colombie, lui offrent un passage tout naturel pour l'Amérique centrale continentale et le Mexique. Par la Guyane et le Vénézuéla, les Cassiées gagnent les petites Antilles et vont jusqu'à la Jamaïque et Cuba. Mais elles s'étendent bien plus vers le Sud-Ouest de l'Amérique du Nord, jusqu'à la Californie, que vers le Sud-Est, où la Floride et les régions avoisinantes n’en possèdent que peu de représentants.
Les Cassiées traversent alors l'Atlantique, et on les retrouve dans l'Afrique tropicale occidentale. Elles recouvrent toute l'Afrique chaude, gagnent le Sud de l'Asie, et de 1à la Malaïsie, l'Australie et la Nouvelle-Calédonie, en suivant un processus déjà mis en lumière à propos des Eucésalpiniées. Il ne faut pas prendre cette description de la répartition géographique, trop au pied de la lettre, et lorsque je dis que les Cassiées
Répartition géographique des CASSIÉES
Europe
Totalité du Continent Nord Est Sud Ouest Nord-Est Sud-Est Sud-Ouest Nord-Ouest Centre Centre-Nord Centre-Est Centre-Sud Centre-Ouest Région méditerr.
totale Région méditerr.
orientale (1) Région méditerr.
occidentale
Montagnes Nortl Montagnes Est Montagnes Sud
Montagnes Ouest
Montagnes Centre
Montagnes Nord-Est
Montagnes Sud-Est
Montagnes Sud-Ouest
Montagnes Nord-Ouest
Déserts Asie Mineure
Asie
Afrique
| Nord
Amérique
Océanie
4, J'ai indiqué le Ceratonia Siliqua L. comme figurant à la fojs dans Ja
CASSIÉES 375
franchissent l'Atlantique pour aller du Brésil à l'Afrique occidentale, cela signifie seulement que, en suivant ce chemin sur la carte, on constate une régulière décroissance. Et comme il n'est pas évident que le pôle de diversité soit centre de dispersion, il pourrait résulter de fâcheuses erreurs, si l'on entendait que les Cassiées ont émigré du Brésil, pour se répandre sur toutes les autres régions énumérées.
Néanmoins je suis assez porté à croire que dans une certaine mesure, et pour certaines tribus, le pôle de diversité est synonyme de centre de dispersion, ici notamment,
La planche XIV résume les conclusions que je viens d’établir et permet d'apprécier facilement Ja distribution géographique de la tribu.
Cassia L. |
Cet important genre qui compte environ 380 espèces, était assez richement représenté dans ma collection, mais plusieurs espèces, sujettes à caution, ont dû être laissées de côté. Il en résulte que les seules espèces étudiées sont, par ordre alphabétique, les suivantes :