C. purgans Wixk
Cytisus spinosus Lam.(—=Calycotone spinosa Link).
Comme on le voit par cette liste, M. Gandoger admet C. biflorus L'Hér. comme synonyme du C. Ratisbonensis SGHAErr. Cela est surprenant, au point de vue séminologique, car ce sont des espèces dont les graines sont passablement dissemblables, comme nous le verrons plus loin, La liste des descriptions des graines étudiées étant donnée, dans l’ordre systématique admis par M. Gandoger, il sera intéressant de comparer les graines des espèces rentrant, d'après cet auteur, dans un même groupe, pour les opposer à celles d'espèces éloignées, ou séparées nettement.
Si Je me suis étendu un peu longuement sur cette partie de mon travail, à laquelle on pourrait reprocher d'être trop spécialement systématique, c'est parce que le genre Genista est l'un des mieux représentés en Europe et dans les pays voisins, parmi les grands genres de Légumineuses. Comme d'autre part, j'avais un assez bon nombre d'espèces européennes, j'ai cru bon de les examiner à ce point de vue tout spécial (1).
On remarquera en outre que le genre Perteria a été réuni aux Cytisus par M. Gandoger. Il en résulte qu'au lieu d'examiner à part le Petteria ramentacea L. (bien connu des botanistes sous ce nom) on étudiera, avec les autres, le Genista Weldeni (Vis.) LC. (= Cytisus ramentaceus Sie8.). De même j'ai incorporé aux Cytises le Calycotome spinosa Lixk, à l'exemple des botanistes de plusieurs établissements scientifiques étrangers. Quoiqu'il en soit, on a surtout voulu prouver dans ce travail,
1. Il est regrettable que la synonymie, déjà si complexe, se soit trouvée encore plus embrouillée, du fait de la réunion au genre Genista de toutes les espèces de Cytisus. Il peut arriver qu'ainsi on ne sache plus du tout de quoi on parle.
qu'il existe, d'une espèce à uné autre, des différences le plus souvent assez grandes, pour qu'on puisse songer à édifier sur les caractères morphologiques de la graine, une classification autonome ou tout au moins un complément utile à la classification habituelle, basée, Le plus souvent, sur la morphologie florale. Peu importe, dans ces circonstances, que l'on fasse d'un groupe d'espèces, un genre, un sous-genre etc., l'ordre hiérarchique importe peu; il suffit de prévenir le lecteur pour lui éviter des erreurs.
Je décrirai maintenant chaque espèce en particulier, et suivrai dans cette étude l’ordre systématique de M. Gandoger, mais en rapportant tout au genre Genista.
G. purpurea (Scor.) LC. (fig. 81 et 82). — C'est une des plus grosses espèces, puisqu'elle atteint 4,5 mm. de longeur sur 2,5 d'épaisseur. Elle ressemble beaucoupau Laburnum vulgare Gris., mais elle est toujours beaucoup plus lisse. En outre, un caractère qui parait assez constant est le suivant : la région radiculaire est beaucoup plus convexe, dans son contour de profil, que dans le Laburnum vulqare Gris., où elle est assez nettement rectiligne, au moins dans la plupart des cas. Enfin ce dernier est plus épais, plus globuleux et comme le tégument est finement chagriné, il parait plus terne, comme dépoli, tandis que celui du G.purpurea, qui d'ailleurs n'est jamais si foncé, est comme poncé, et presque un peu brillant. I reste aux abords du hile une minuscule crête blanche, d'aspect papyracé, qu'on peut considérer comme un très petit arille (1). Toutefois il pourrait se faire que ce fût simplement la dilatation du funicule, à la région hilaire. Le funicule, alors, au lieu d'adhérer à la graine par un hile cireulaire, y serait rattaché par un hile plus ou moins en fer à cheval. Eten se détachant, au lieu de laisser au niveau du tégument une cicatrice ronde, il abandonnerait une partie de lui-même, qui séchant sur la graine donnerait l'aspect de ce qu'on a vu. Dans ce cas l'ornement en question n’appartiendrait à
1. est plus vraisemblable, comme on le verra par la suite, que c’est un vestige du funicule.
GÉNISTÉES 53
FIGURES 77 à 90. — GENISTA (L.) Roux [suite]
6,5 millimètres.
Fig. 77 et 78, G. leiocarpa (Kerx.) LC., face et profil. — Fig. 79 et S0, G. leucotricha (Sonur.) LC., face et profil — Fig. 81 el 82, G. purpurea (Scor.) LC., face et profil. — Fig. 83 et 84, G. spinosa (Lam.) LC. [= Calycotome spinosa Tank]. face et profil. — Fig. 85 et 86, G. Austriaca (L.) LC., face et profil. — Fig. 87 el 88, G. candicans L., face et profil. —
Fig. 89 et 90, G. canescens (Lois.) LC., face et profil.
aucune des catégories que J'ai établies plus haut avec Belzung, à moins qu'on ne le range dans les formations arillaires, en le
considérant comme une prolifération du hile. Retenons seulement de tout ceci, qu'il n'y a pas d'appendice spongieux ou papyracé, en forme de crête plus ou moins saillante, comme on en trouvera dans d’autres échantillons.
G. birta Roux (fig. 65 et 66). — Dans sa Flore de France, M. Rouy, en parlant des graines de cette espèce dit : « Graines lenticulaires, fauves ». C'est peu, d'autant plus que l'expression lenticulaire ne me parait, en aucun cas, convenir à des graines de Cytises ou de Genêts. J’appellerais ainsi des graines circulaires aplaties, comme on en rencontre beaucoup chez les Crucifères, et rappelant, par leur aspect, les graines de lentille. Ici elles sont plus ou moins globuleuses, obcordées parfois, comme cela est surtout sensible chez le G. candicans L., qui présente tout à fait, chez certains échantillons, l'aspect d'un cœur de mammifère. Dans le cas présent, cette forme est peu nette, mais cependant on peut remarquer que, sur le contour du profil, la graine présente un côté rectiligne, celui de la radicule, un autre beaucoup plus convexe (vers le dos des cotylédons), et qu'on à ainsi, un contour très obscurément triangulaire, le sommet opposé à l’arille représentant à peu près le passage de l'axe hypocotylé aux cotylédons. L'arille est ici assez lisse, de couleur parcheminée, avant nettement la forme d'un fer à cheval ouvert vers la radicule. Graine fauve, lisse, brillante, assez petite (3 mm. de longueur environ) et plate. L'arille est long et large (1,5 XX 1 mm.) non échancré du côté du raphé.
G. Pontica (\N.) LC. (fig. 112 et 113). — Pas d'arille proprement dit, mais seulement une petite membrane blanchâtre, dressée, à la région hilaire., Graine plus ou moins elliptique, à radicule assez saillante au-dessus du micropyle. Tégument jaune orangé plus où moins vif, lisse, brillant. Faces de la graine très nettement planes.
en —
GÉNISTÉES
G. leucotricha (Scaun.) LC. (fig. 79 et 80). — Graines suborbiculaires, d’un fauve plus où moins olivâtre, lisses, brillantes. Arille très nettement développé {1,5>< 1 mm.), présentant l'aspeet d'un fer à cheval pointu au sommet, du côté extérieur (vers le raphé) et dont les deux branches sont rapprochées jusqu’à se toucher, de façon à laisser entre elles une petite cavité creuse qui communique avec le micropyle, invisible iei. Cet orifice est d'ailleurs fort peu visible sur les graines de Genêts, en général, en raison de sa position et de la forme des téguments qui recouvrent l'extrémité de la radicule.
G. biflora (L'Hér.) LC. (fig. 102 et 103). — Graines petites, ovales, brunâtre clair ou fauve foncé, munies d’un arille extrèmement net, offrant l'aspect d'un fer à cheval très nettement ouvert du côté du micropyle. Tégument lisse et très brillant, un peu plus foncé, au voisinage de l’arille et comme ombré par lui.
G. Rafisbonensis (Sonarrr.) LC. (fig. 91 et 116). — M. Gandoger, à l'exemple de Nyman, donne cette espèce comme synonyme de la précédente, je ne sais si c'est bien justifié, car l’arille est ici entièrement différent de celui du G. hiflora (L'Hér.) LC. En effet, tandis que dans cette espèce, le fer à cheval qu'elle forme est ininterrompu, ici, il présente une forte encoche visible à l'œil nu, du côté du raphé et semble presque, sur certaines graines, être constitué par deux lamelles distinctes. A part cela, la taille de la graine est à peu près la même, variant de 3 à 3,5 mm., arille compris, mais on peut dire que le Ratisbonensis est un peu plus gros, plus plat, de contour ovale moins allongé que l’autre. La couleur est à peu près la même, fauve plus ou moins foncé, avec une tete légèrement olivâtre, mais on ne remarque pas, au voisinage de l’arille, que le tégument soit plus foncé, et comme ombré par lui, détail que nous avions
signalé pour le hi/lora.
G. Ruthenica (Fiscn.) LC. (fig. 114 et 115). — Cette graine présente quelque analogie avec le G. biflora (L'Hér.) LG, mais s’en distingue aisément par la forme de l’arille. Il est ici beau-
coup plus fermé, du côté de la radicule, et forme, latéralement, à droite et à gauche, deux sommets, qui le font ressembler, vaguement, à un losange. En outre l'arille est un peu plus long ici, que dans le hiflora. La couleur varie du brun foncé (bistre) au brun jaunâtre ou au fauve olivâtre. La graine ne présente pas au voisinage de l'arille de zone plus sombre. Pour ce qui est de la couleur de la graine, que j'indique comme variable, je crois qu'elle ne l’est pas. Cette variation provient seulement de ce que toutes les graines ne sont pas complètement mûres, et que certaines d’entre elles sont peut-être avariées. Si on considére, à l'appui de cette hypothèse, les graines de Laburnum vulgare Gris. on sait qu'elles sont noires, à maturité. Si elles ne sont pas complètement mûres, elles sont d'un vert cendré très net, qui pourrait induire en erreur. Je crois d'une façon générale, que les graines de Genêts sont fauves quand elles sont mûres; elles ne possèdent une teinte olivâtre que lorsqu'elles ont été récoltées non encore mûres, ou incomplètement mûres, ou parfois quand elles sont avariées.
G. elongata Sue (fig. 75 et 76). — Graines fauve assez foncé, très caractéristiques. Tégument lisse brillant. Arille très bien développé, de couleur jaune elair, ayant la forme d'un fer à cheval très ouvert du côté du micropyle, et largement échancré du côté du raphé. Graines plates, ovales, trapues, dans leur contour général, parfois presque orbiculaires.
G. leiocarpa (Kenx.) LC. (fig. 77 et T8). — Graines petites (3 mm. environ) fauve clair, lisses, brillantes, ovales, plates. Arille très net, petit, bien ouvert du côté du micropyle et échancré Tégèrement en face du raphé. Aspect spongieux et bien en relief. Ressemble un peu au précédent, dont il se distingue par sa couleur plus pâle, sa taille plus petite, son arille qui, à l'œil nu, parait entier du côté du raphé.
G. Austriaca (L.) LC. (fig. 85 et 86). — Graines fauve jaunâtre, arille roux, formant le plus souvent, comme l'indique la figure, une petite pointe du côté du raphé: cette pointe se sou-
GÉNISTÉES O7
lève un peu au-dessus de la graine. Souvent également, l’arille est fermé du côté de la radicule, laissant en son milieu une petite cavité circulaire. Mais je ne saurais trop répéter qu'il faut, pour l'examen des graines, avoir un bon lot à étudier. Il serait, je érois, impossible, surtout iei, de se faire une idée suffisante sur deux ou trois échantillons, d'autant plus que dans le nombre on trouve des exemplaires dont l’arille parait nettement tronqué du côté du raphé et ouvert du côté de la radicule. En tout cas le contour est nettement ovale, et la graine assez épaisse.
G. leucantha (W. K.) LC. (fig. 106 et 107). — Graines fauve sombre, lisses, brillantes. Arille très développé, un peu massif, entier du côté du raphé, à branches courtes, laissant une ouverture très nette du côté du micropyle. Contour assez anguleux, presque cordiforme, c’est-à-dire offrant une partie en méplat à la région hilaire, coiffée de l’arille, tandis que l’extrémité opposée est extrêmement convexe. En outre la graine est très plate et à faces latérales planes.
G. Heuffelii (Wierzs.) LC. (fig. 98 et 99). — Graines moyennes, brillantes, lisses, fauve foncé, plates, mais non à faces latérales planes, comme la précédente. Arille très développé, en fer à cheval, à branches très longues, claviformes à l'extrémité, entier du côté du raphé, de couleur jaune pâle sur le dessus et franchement roux sur les bords. Saillie radiculaire très nette, remontant en un petit mamelon au-dessus du micropyle, de manière à donner l'impression d’une petite dent, au contact de l’arille.
G. prolifera (Kir.) LC. (fig. 110 et 111). — C'est une des espèces les plus caractéristiques. Graines noires très grosses (5 mm. compris l’arille), très peu brillantes ou mates (1), coiffées d'un arille énorme ; celui-ci forme, sur la graine, une sorte
4. Je crois qu’elles sont mates, comme celles du ZLaburnum vulgare Gras. ou du Marronnier d'Inde, quelque temps seulement après la récolte : elles doivent être brillantes sur le frais.
de chapeau, d'aspect spongieux à bords fimbriés, laciniés de facon irrégulière, et mesurant environ 2,5 mm. de longueur sur 1,5 mm. de hauteur et 2 mm. de largeur. Vu d'en haut, il fait une pointe du côté du raphé, et forme un fer à cheval, dont les branches, très peu ouvertes ou presque fermées du côté de la radicule, laissent entre elles une cavité centrale visible, comme un cratère de volcan. L'arille est longuement décurrent sur la graine, dont il recouvre une assez forte partie. Il a l'apparence de peau de gant, couleur jaune parchemin, très mate. La région de la graine en contact avec l’arille est d’un mat beaucoup plus net et plus franc que le reste du tégument qui parait poli.
G. capitata Soueese (fig. 104 et 105). — Graines fauve clair, ovales très allongées, lisses, brillantes, assez nettement déprinées, au voisinage de l’arille. Celui-ci, couleur parchemin sec, petit, en fer à cheval presque complètement où complètement fermé du côté de la radicule, très entier du côté du raphé, forme un relief très net sur la graine. Cet échantillon ressemble un peu, à première vue au G.biflora (L'Hér.) LC., mais l’arille est nettement différent : il forme ici deux petites crêtes très saillantes, quand on regarde la graine, la radicule en avant. Ce sont les deux branches du fer à cheval qui se montrent ainsi, et qui, de profil, offrent un contour très nettement relevé et plus saillant du côté du micropyle, alors que vers le raphé l'arille s'aplatit contre le tégument. I n'y à rien d'analogue chez le G. biflora (L'Hén.) LC.
G. ciliata (\Nanrne.) LC. (fig. 02 et 93), — Graines fauve très pâle, lisses, brillantes, un peu déprimées sous l’arille, Celui-ci couleur parchemin, est largement adhérent à la graine, offrant une plus grande hauteur du côté de la radicule. Vu d'en haut, il donne l'impression d'un fer à cheval très net dont les deux branches se resserrent au niveau de la radicule, tandis que la cavité centrale est nettement circulaire, À l'opposé de l’espace libre laissé entre les branches du fer à cheval, au-dessus du micropyle, on voit une espèce de gouttière assez profonde,
GÉNISTÉES 59
FIGURES 91 à 105. — GENISTA (L.) Rouy [suite]
6,5 millimètres.
Fig. 91, G. Ratisbonensis (Senarrr.) LC., face [pour la représentation de profil de cette espèce, v. fig. 146]. — Fig. 92 et 93, G. ciliata (Wañusc.) LC.,
face et profil. — Fig. 94 et 95, G. purgans L., face et profil. — Fig. 96 et 97, G&. alba Lam., face et profil. — Fig. 98 et 99, G. Heuffelii (Wierzs.) LC., face et profil. — Fig. 100 et 101, G. supina Scnrece,
face et profil [le pointillé indique la limite de la zone jaune d’or]. — Fig. 102 et 103, G. biflora (L'Hér.) LC., face et profil. — Fig. 104 et 105, G. capitata Soueece, face et profil.
divisant presque l'arille, en deux parties distinctes. Mais au voisinage du raphé, elle a cessé de régner, et à ce niveau le contour extérieur de l’arille est bien entier.
G. supina Scneece (fig. 100 et 101). — Cette espèce est très caractéristique : fauve olivâtre, lisse, mais à surface un preu bosselée (par la radicule et les cotylédons), colorée en jaune d'or sur une assez bonne partie, dans le voisinage de l'arille. Celui-ci épais, jaune d'or, d'aspect corné, comme la partie du tégument dont il vient d'être question, et sur laquelle il repose. Nous avons figuré, sur le dessin, la limite de cette zone, couleur jaune et d'aspect corné luisant, par un trait ponctué. lei l’arille à la forme d'un fer à cheval très allongé, très net. L'espace libre que laissent entre elles les branches est large et nettement ovale. Au centre, on aperçoit, à la loupe, un sillon longitudinal, analogue à celui qu'on voit sur le hile du haricot ordinaire (Phaseolus vulgaris L.) et qui va presque rejoindre le micropyle. C'est certainement l'espèce où ce caractère est le plus net. Je crois cependant que ce sillon existe plus ou moins dans toutes les espèces, mais je ne l'ai bien vu qu'ici.
G. Tabernaemontani Scueeue (fig. 108 et 109). — Graines assez grandes (4 à 4,5 mm., y compris l'arille), lisses, un peu mates, noires, ovales où parfois suborbiculaires, coiflées d'un arille jaune-soufre, d'aspect spongieux très caractéristique en ce sens qu'il na l'air d'adhérer à la graine que par un petit point, comme on le voit sur la figure de profil. Vu d'en haut il ressemble à un fer à cheval, aspect auquel on est habitué mas ici les branches en sont extrêmement trapues, épaisses, de forme très lourde à l'œil. La radicule se révèle au dehors par un bourrelet tégumentaire assez saillant.
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G. triflora Roux [= Cytisus triflorus L'Hér.| (fig. 73 et 74). — Graines très plates, suborbiculaires, fauve assez foncé parfois presque bistres, coiffées d'un arille jaune-blond assez ardent, dont le bord appliqué contre le tégument est sensible-
GÉNISTÉES 61
ment plus foncé et peut être brun roux (d'aspect corné). Vu d'en haut il offre la forme très nette d’un fer à cheval à branches très trapues et surtout d'une très grande épaisseur au sommet de la courbe. À ce même sommet, du côté du raphé, l'arille est décurrent sur la graine en une petite pointe assez remarquable. |
G. canescens (Lois.) LC. (fig. 89 et 90). — Graines suborbiculaires, bistre jaunâtre, lisses, brillantes (mais non très brillantes), très plates. L'arille jaune-soufre, très mat, vu de profil, semble inséré dans une forte excavation du tégument de la graine. De fait, à cette place, la graine offre un sinus assez profond, qui à juste la longueur de l'arille. Celui-ci, enfin, a la forme d’une crête, et du côté de la radicule s'avance en deux ailes assez proéminentes, entourant l'extrémité de la radicule, et le micropyle. D’en haut, il a l'aspect d'un fer à cheval, très épais, dans toutes ses parties et décurrent plus ou moins sur les faces latérales de la graine, à droite et à gauche du raphé. La surface de cette graine n’est pas absolument régulière : outre la radicule qui fait saillie et se révèle à l'extrémité par un bourrelet du tégument, il y a plusieurs autres inégalités du tégument sur les faces latérales. Elles sont produites, vraisemblablement, par les
cotylédons.
G. Uralensis (Lev.) LC. (fig. 71 et 72). — Graines assez petites (2,5 à 3 mm., compris l’arille), bistre jaunâtre, lisses, très brillantes, avec arille jaune-parchemin, très petit et formé de deux ailes indépendantes (ou se touchant à peine) qui encadrent la cavité hilo-micropylaire. Celle-ci forme ici une dépression très nette, nettement rebordée, sur Les côtés, par deux saillies tégumentaires et à chaque extrémité, d’une part par la saillie radiculaire du côté du micropyle, d'autre part, par le raphé.
G. Weldeni (Vis.) LC. (fig. 67 et 68). — M. Gandoger donne cette espèce comme synonyme du Cytisus ramentaceus Sies., plus connu des botanistes sous le nom de Peteria ramentacea L., à l'exemple de Nyman, dans son Conspectus. Cela me parait jus-
üifié, au point de vue séminologique, car les graines des divers échantillons que je possède, de provenances diverses, de cette espèce sont toutes absolument pareilles. Ce sont de grandes graines ovales orbiculaires, plates, lisses, brillantes, atteignant 5,5 mm. dans leur plus grande dimension, de couleur fauve ou jaune orangé (ici la couleur semble un peu influencée par le elimat). Les graines sont d'autant mieux et brillamment colorées qu'elles viennent d'un pays plus méridional et mieux éclairé : J'ai des échantillons d'Espagne, de Portugal, d'Italie, qui sont couleur d'orange, tandis que ceux de Suède, d'Angleterre, sont d'un fauve tirant sur le bistre. Il y aurait lieu de vérifier expérimentalement et méthodiquement le fait, car de tous les organes d'une plante, les graines sont ceux qui devraient le moins subir l'influence de l’éclairement (1). Elles sont dépourvues d'arille proprement dit et ne possédent, dans la région hilaire, qu'une toute petite membrane, blanchâtre, très mince (arillule ou vestiges funiculaires ?). La radicule forme une forte saillie, qui bombe nettement le tégument aux environs du micropyle, en un mamelon très net, et se traduit sur le dos de la graine par une côte qui s'atténue progressivement en s'éloignant de la région hilaire. Raphé insensible.
G. candicans L. (fig. 87 et 88). — Il est bon de rappeler que ce nom est synonyme de Cylisus Monspessulanus L., car les deux vocables sont à peu près également employés. Graines très petites (2,5 mm. de longueur, environ), noires (ou brunrouge très foncé), un peu mates, oborbiculaires, globuleuses, épaisses, parfois un peu cordiformes, Arille petit, mais très net, très entier, sans aucune laciniure, ne s'étalant pas sur le tégument en lame décurrente, mais ayant la forme d'un bourrelet, arrondi tout autour, à la zone de contact avec le tégument. Vu d'en haut, il'offre la forme très nette d'un petit fer à cheval, de contours épais, trapu, à branches lourdes. Saillie radiculaire assez nette, surtout au voisinage du micropyle, où elle forme un petit mamelon.
1. La tempéralure joue aussi, très probablement, un rôle important.
GÉNISTÉES 63
G. trifiora Roux (= Cytisus nigricans L.) (fig. 69 et 70). — Graines brun rougeatre orbiculaires, lenticulaires, c'est-à-dire à la fois presque discoïdes et à faces latérales convexes, sans arille, lisses et brillantes. Région hilaire munie d’une toute petite membrane blanchâtre, papyracée, comme on en a déjà vu plusieurs fois, Saillie radiculaire très nette, au voisinage du micropyle, où elle forme une bosse, presque une dent, surplombant une cavité évidée, qui abrite le hile et le micropyle. M. Roux dans sa Flore de France donne cette espèce comme synonyme de Cytisus triflorus L'Hér. Il me parait cependant d'après les graines, que l’on doit Les séparer, celle-ci ayant un arille très net alors que le C. nigricans L. en est dépourvu. D'ailleurs, cette conclusion à laquelle j'arrive est conforme à l'avis de Grenier et Gopron, dans leur Flore de France, de Nymax, dans son Conspectus, et de Ganpocer, dans son Novus Conspectus. GRENIER et GoproN, notamment, ne citent pas le C. nigricans L. dans leur Flore, à l’article Cytisus (1, 361), mais ils ajoutent, en supplément (/. c., 1, 508), au sujet de cette espèce : « Lapeyrouse l'indique à Collioures, où personne ne l'a retrouvé. M. Gay pense que l’auteur à décrit sous ce nom le C. triflorus. Le C. nigricans existe en Savoie et pourrait se rencontrer en Dauphiné ». Il résulte de là que les deux espèces sont voisines et peuvent prèter à confusion. D'autre part il ne nous semble pas que ce soient deux plantes identiques : elles ont, en effet, des habitats différents. Le C. nigricans L. se rencontre comme l’on sait, et je l'y ai récolté moi-même en grande abondance, en juillet 1909, sur les pentes méridionales du Simplon, dans les gorges de Gondo. À ce sujet, voici ce que dit Jaccarn dans son Catalogue de la flore valaisane (p. 64) : « Pentes rocheuses: RR et localisé autour de Gondo : de Gondo à la Grande-Galerie let à Zwischbergen ! » Zwischbergen est assez voisin des gorges de Gondo, à une altitude plus élevée ; on peut considérer que c’est presque la même station, D'autre part, M. Rouy dans son Aire géographique dit : « Portugal, Espagne, ftalie, Sardaigne, Sicile, Grèce, Macédoine ; Tunisie, Algérie, Maroc » et plus haut donne comme habitat de la plante, les « coteaux, buissons, taillis de la région médi-
terranéenne, surtout littorale ». Enfin M. Bonnier, dans sa Flore complète de la France et de la Suisse, page T1, sépare très nettement les deux plantes, car on lit :
Fleurs en grappes non entremèlées de feuilles, grappes dressées, fruit
velu . . . . . . Cytisus nigricans L. Provence(très rare) : SK]. Fleurs en grappes entremêlées de feuilles, trois folioles, arbrisseau à poils roux . . . Cytisus triflorus L'Hér. Région méditerranéenne.
La diagnose de M. Roux est évidemment intermédiaire. Il n'est pas question de grappes florales dressées, non entremèêlées de feuilles, mais les graines sont jaunâtres, lenticulaires, comme celles du C. nigricans L. Les feuilles noircissent à la dessication, mais il y a des poils blancs, ete. Ajoutons que les figures données par Coste dans sa Flore de France ne laissent non plus aucun doute à cet égard. Enfin Nymax et GanpoGer les séparent tellement qu'ils les rangent dans deux sections distinctes ; Lembotropis nigricans et Eucytisus purpureus.
En conséquence maintenant que j'ai mis sous les yeux du lecteur les éléments de la discussion, je séparerai ces deux espèces, d'autant plus volontiers que c'est en conformité parfaite avec la géographie botanique et surtout avec l'étude morphologique des graines,
G. alba Law. (fig. 96 et 97). — (Graines ovales, planes, à faces convexes, lisses, fauve un peu olivatre, coiffées d'un arille caractéristique, jaune parchemin : vu de profil, il présente au milieu un relief très accentué ; vu d'en haut, il offre l'aspect d'un losange (fer à cheval dont les branches se touchent, à leur extrémité) laissant en son milieu une cavité arrondie, dominée par la saillie en mamelon dont nous venons de parler. Au delà de cette saillie, et du côté du raphé, l’arille est décurrent sur la graine en une membrane mince, aliforme, brun carné, comme fripée-spongieuse. Les figures que je donne, jointes à ces détails, permettront de reconnaitre facilement cette graine entre toutes.
GÉNISTÉES 65
G. purgans L. (fig. 94 et 95). — Graines assez grandes, ovalesorbiculaires, lisses, fauve-olivatres, un peu mates ou peu bril-
FIGURES 106 à 116. — GENISTA (L.) Roux (suite)
6,5 millimètres
Fig. 106 et 107, G. leucantha (W. K.) LC., face el profil — Fig. 108 et109, G. Tabernaemontani Scnescs, face et profil, — Fig. 110 et 411, G. proli- ‘fera (Kir.) LC., face et profil. — Fig. 112 et 113, G. Pontica (W.) LC., face et profil. — Fig. 114 et 145, G. Ruthenica (Fiscu ) LC , face et profil. — Fig. 116, &. Ratisbonensis (Scnaerr.) LC., profil.
[Pour la représentation, de face, de cette dernière espèce, v. fig. 91].
Capitaine ù
66 TRIBU ff
lantes, très plates. Arille en fer à cheval très net, très épaissi au sommet de la courbure. Cavité centrale très vaste, bien visible à l'œil nu. Saillie radiculaire médiocre, sauf à la région micropylaire où l'extrémité de la radicule se traduit par un
petit mamelon. Raphé insensible.
G. spinosa (Law.) LC. (fig. 83 et 84). — Cette espèce plus connue sous le nom de Calycotome spinosa Laxx est réunie parfois au genre Genista (section Eucytisus). Je l'y laisserai car je n'ai pas d’autres Calycotome à étudier. On remarquera toutefois qu'elle à un aspect assez spécial qui l'isole des autres : graines moyennes, fauve obscurément olivâtre, lisses, un peu brillantes, ovales-orbiculaires, sans arille, sans saillie radiculaire proprement dite, ayant parfois sur chaque face, assez plane, une vague saillie provenant de l'irrégularité des cotylédons au voisinage de leur insertion. Indentation de la région hilomicropylare très faible, sur le protil. Vue de face, cette région laisse apparaitre une cavité assez large, comme l'indique la figure. Cette espèce s'écarte autant des autres Genista, par la forme de sa graine, que le G. Weldeni (Vis.) LC. que l'on considère presque toujours comme un Petteria, en laissant à ce groupe la valeur d'un genre.
Comme on pourra le voir, en lisant ce qui précède, l'étude du genre Cytlisus proprement dit n'est pas chose très aisée et plus d’une fois on rencontre des difficultés. C'est un genre assez nombreux, controversé, tantôt isolé, tantôt réuni au genre Genista (s. /.). En outre les graines présentent d'une espèce à l'autre de très grandes ressemblances, qui rendent parfois fort difficile un essai de classement où même la simple étude morphologique. ne faut donc pas trop se fonder sur le tableau analytique que je donne ci-après. Quoique j'aie apporté tous mes soins à sa rédaction, il peut y avoir des erreurs ou des imprécisions. Mais cette étude aura conduit à un certain nombre de constatations qui justifient ou infirment les classifications admises jusqu'ici. Tout d'abord on a séparé les G. biflora (L'Hén.) LC. et G. Ratisbonensis (Scaagrr.) LC. réunis en une
GÉNISTÉES : 67
seule espèce par Nyman et Gandoger. L'union de G. candicans L. et de Cytisus Monspessulanus L. se trouve confirmée (A ce propos, on remarquera que ces deux noms étant employés indifféremment, pour désigner la mème plante, une séparation par les graines ne paraissait guère possible). Enfin, la seule étude morphologique des graines à permis de séparer les Cytisus nigricans L. et C. triflorus L'Hér. réunis par Rouy en une seule espèce (Genista triflora Roux) et cette séparation s'est trouvée pleinement confirmée par tous les auteurs classiques que J'ai consultés.
TABLEAU SYNOPTIQUE
TR Amlletrésmettement développé. . 2 Es. 4 Xe, 4
? Arille nul ou réduit à une minuscule membrane 2
y { (Graines nettement globuleuses. . . . . . . purpurea
7 À Graines MINCE RE A ER LEE Er NT JE, See 3 Graines brun-rouge, à indentation hilo-micropylaire nette.
Arille en Uouvert ….-.",. ARR nigricans
Graines jaune-orangé plus ou moins en. grandes, atteignant
: 5 mm. de longueur. Weldeni (= Pelteria ramentacea L.)
3 Graines plus petites, même couleur, arillé nul. Pontica
Graines bistre jaunâtre, ovales orbiculaires à indentation hilomicropylaire très peu sensible. Arille très nettement en U
CS De CN RUE LC APR TT PC CE ET spinosa
, $ Arille en fer àchevalentier. . . , AL 0 D * À Arille en fer à cheval échancré du côté di Fans EN ee el
Graines de 5 mm. noires, ovales allongées, coiffées d’un arille
- énorme (2,5 mm. de longueur) jaune pâle, fortement lacinié
L AUMDOL CE re AREA LE GNT A 72 prolifera
INC ed Nr RP PR AT MN rte 6
Graines nettement bicolores, olivâtres sur les faces et jaune
” corné au voisinage de l'arille, Sillon hilaire très visible, au
L voisinage dela cayitérarillaire 2e, … … . supina