CHAPITRE PREMIER
APERÇU HYDRO-GEOLOGIQUE
1. — Les pointements triasiques de la région dacquoise-chalossaise. Les failles et leur rôle dans la genèse des eaux minérales,
2. — Origine des eaux de Dax. Le pointement triasique et ophitique du Pouy d’Eauze et le banc de dolomie sénonienne.
1. — La région Dacquoise, qui représente dans le département des Landes la partie ouest de la Chalosse, est caractérisée par sa grande richesse en eaux minérales, sulfureuses et thermales (Donzacq, Gamarde, Préchacq, Dax, Saubusse, Teretc.). Elle est remarquable par la présence, au milieu d'assises plus récentes, de pointements
cis, Saint-Pandelon, Bidas, triasiques affleurant parlois la surface, mais qui, normalement, devraient se trouver à des profondeurs considérables, et qui résultent du bouleversement apporté à distance par Ja surrection éocène des Pyrénées [24] et les phénomènes diapiriques [4|.
Les récents travaux de sondage entrepris en vue de la recherche du pétrole et de la potasse ont permis de les délimiter [5, 46]; ce sont les dômes triasiques de Bastennes- Gaujacq, de Pouillon-Saint-Pandelon (Montpeyroux), de Dax et de Téthieu. Riches en sel et en gypse, et souvent accompagnés d’ophite dont l’âge et le rôle sont encore discutés [47], ils forment des lambeaux intrusifs de structure compliquée et fortement enracinés, entourés complètement de failles, comme s'ils avaient brisé les couches dans lesquelles ils pénétraient en les relevant fortement [5].
Ces failles jouent un rôle très important dans la genèse
ÉA iéPeLs
des eaux minérales : elles permettent aux eaux de surface de s’infiltrer très profondément dans le sol, où elles se thermalisent et se minéralisent, et constituent inversement des cheminées d’ascension toutes les fois qu'un obstacle, tel que l'ophite, vient les obstruer verticalement [29].
Lorsque ces failles traversent une rivière, l'eau s engoulire avec abondance, et donne des sources d’un débit considérable [24]; telles sont les sources de Dax et de Préchacq, situées sur des failles recoupant l’Adour : faille de Téthieu, entre Pontonx et Préchacq; faille de Dax, en amont et en aval de cette ville. Les deux massifs triasiques de Téthieu et de Dax sont séparés par une large fosse, qui formait l'entrée du golfe de Dax, lors de la quatrième transgression marine recouvrant cette région, à l’époque de l’Aquitanien, base du Miocène (V. la carte, fig. 4, p. 17). Elle est comblée aujourd’'hui par les terrains sédimentaires plus récents. Aussi est-il probable que les sources de Préchacq et celles de Dax, qui présentent entre elles de grandes analogies, constituent des systèmes parallèles, mais indépendants.
2. — Plusieurs hypothèses ont été émises sur l’origine des eaux de Dax, les unes faisant provenir les eaux thermales d’une branche du Gulf-Stream, remontant l’ancien lit de l’Adour par le Gouf de Capbreton; les autres, en sens inverse, abouüssant au Gouf, et provenant, soit du Massif Central, soit des Pyrénées [29]. La théorie volcanique des eaux de synthèse d'Armand Gauthier a eu ses partisans [27]. Mais l’on s'accorde aujourd'hui sur la perte d’eau d'une rivière passant sur une faille, soit le Luy, soit plus vraisemblablement | Adour elle-même [35].
Toutes les sources de Dax sont donc d’origine triasique. Ce sont des eaux chloro-sulfatées, mais cependant atteignant à peine 1 gramme par litre quant à leur minéralisation totale Il faut donc penser avec Dalloni [5] qu’elles ne touchent pas le salifère proprement dit, les argiles irisées imperméables constituant une cloison étanche contre la masse de sel. Mais leur débit considérable, atteignant jusqu'à 10 millions de