‹ Contribution au diagnostic des affections cutanées du chien en clientèleChapitre 12 sur 13 · UN Ÿ · texte numérisé non relu

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non parasilaires proprement diles. Dermaloses constitutionnelles 4.)

Les affections cutanées d’origine interne constituent un vaste domaine presque vierge que les chercheurs auront à exploiter pendant une longue période.

Avant toute chose, nous voulons être sincère au risque d’être traité d’ignorant, nous ne voulons pas, derrière une façade construite avec des matériaux puisés au hasard dans la dermatologie humaine, masquer notre pénurie de connaîssance en la matière. I nous paraît à la fois puéril et

faux de vouloir qu’à chaque dermatose de l’homme corres-

(1) MÉcniN (1895, page 387).

ponde une dermatose du chien, il convient même de n'user de la terminologie humaine qu'avec précaution pour éviter des confusions. Le técument du chien, plus épais, presque uniformément recouvert de poils, dépourvu de glandes sudoripares actives (1) est différent de la peau humaine, l’hygiène de la surface n’est pas la même dans les deux espèces, les diathèses et les tares de l’homme font le plus souvent défaut chez le chien, la dermatologie canine ne saurait être superposée à la dermatologie humaine.

Pratiquement, les affections cutanées non parasitaires du chien constituent le grand groupe des eczémas, chaos d'états pathologiques polymorphes reconnaissant des causes multiples, nous nous permettrons d’en détacher certains états morbides qui nous ont paru présenter des caracères assez définis, nous nous garderons, par contre, de retenir longtemps l'attention sur les manifestations dans lesquelles nous n'avons pas reconnu de caractères typiques. A aucun moment, nous n'aurons la prétention d'établir une véritable classification et d'avoir cité toutes les formes qui mérileraient de l'être.

D'autres plus érudits feront certainement un jour une classification savante. « Praticien », nous nous contentons simplement aujourd’hui d’exposer les maigres connaissances avec lesquelles nous essavons chaque jour d'éviter

1° L'erreur de diagnostic entraînant ue erreur de traitement préjudiciable à notre réputation dans le rôle ingrat et terne de « guérisseur » que nous remplissons.

2° L'erreur de pronostic par laquelle nous risquerions,

(1) W. ELLENBERGER et H. Baum. Anatomie descriptive et topographique du chien. Paris, 1904, page 6or.

sans le prévenir, d'entraîner notre client À entreprendre la cure d’un de ces cas rebelles ou incurables,

Pustules. —-- On désigne vulgairement sous ce nom des petites bulles remplies d’un pus épais qui leur donne une couleur nettement jaune soufre. Ces pustules siègent sur les régions glabres, ventre et plat des cuisses. Elles sont tellement particulières aux jeunes sujets qu’on à voulu

en faire une manifestation de la maladie du jeune À

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ge.

Nous laissons à d’autres plus qualifiés le choix du terme scientifique qui s'applique à ces lésions éruptives et qui définit leur cause. :

La couleur jaunâtre des pustules qui sont de la dimension d’une lentille nous semble caractéristique; plus tard, quand elles sont vides, elles se présentent comme de petites taches sèches croûteuses, leur forme traduit leur origine, il ne nous semble pas que la maladie puisse être confondue facilement, son évolution rapide, ses lésions typiques n'’affectant que les jeunes sujets, sont autant de caractères qui font d’elle une affection à part dans les dermatoses d'origine interne. Même quand les pustules sont confluentes, le

diagnostic ne nous paraît pas présenter de sérieuses dif-

ficultés.

Eczéma lichenoïde. — Dernier né dans la terminologie

des dermatoses animales, l’eczéma lichénoïde nous paraît être aussi une maladie « à part » extrêmement caractéristique. Il serait intéressant de savoir si elle est aussi rare qu’on peut se le figurer.

Nous avions eu la bonne fortune de voir le premier

cas qui fût relaté par Leblois (1922). Notre confrère Favet

boire (1922), avait eu l’amabilité de nous montrer celui qui ft l'objet de sa communication À la Société Centrale de Médecine Vétérinaire, nous considérions la maladie comme exceptionnelle, Les deux auteurs la décrivaient comme un érythème apparaissant d'emblée, déterminant sur le ventre et la face interne des cuisses, des rougeurs symétriques, rigoureusement délimitées, l'absence de croûtes, la chaleur des lésions, leur aspect quadrillé et leur caractère légèrement prurigineux terminaient un tableau clinique bien net ne permettant pas de confusion avec aucune autre affection. Nous avons eu depuis l’occasion de soigner deux cas analogues, dans l’un d’eux les marbrures décrites par Fayet étaient de véritables taches noirâtres, dans l’autre le « quadrillé » extrêmement accentué aux plis de l’aine constituait de profondes gerçures. Nous ajoutons incidemment que nous avons obtenu une cure complète avec le même traitement que les auteurs précités auquel nous avions ajouté des injections de sérum physiologique.

Quoi qu’il en soit, la maladie nous apparaît comme extrêmement typique, il n’y a pas lieu d'’insister sur les

caractères qui la différencient des autres dermatoses.

Dermaloses éruptives. — Cadiot et Breton (1922, p: 240) ont décrit sous le nom d’eczéma aigu une affection éruptive qui débuterait par des taches rouges puis des phlyctènes ; cet eczéma aigu évoluerait de façons diverses pour aboutir à l’eczéma généralisé, à l'eczéma humide, à l’eczéma impé: tigineux où à l’eczéma squameux.

C’est incontestablement aux ars, au plat des cuisses et

sur la face inférieure de l'abdomen que siègent le plus

habituellement de semblables lésions Elles sont fréquemment symétriques mais ce caractère n'est pas constant et elles peuvent être irrégulièrement réparties sur toutes les régions. Ajoutons qu'elles sont fréquemment prurigineuses.

Nous avons vu à propos de la gale sarcoptique la différence existant entre la stratification conchinienne (eczéma) et le granulé conchinien (gale sarcoptique). Henry et Leblois ont tendance à n’attacher qu’une importance très secondaire à l'interprétation du prurit. C’est en effet comme bien des phénomènes pathologiques un phénomène difficile à comparer et, à plus forte raison, à mesurer. Tout ce que nous pouvons dire c’est qu’il est à peu près constant dans la gale et existe quelquefois dans l’eczéma avec le maximum d'intensité

Quand les éruptions eczémateuses ne revêtent pas l’aspect classique de l’eczéma aigu, elles se présentent sous la forme d’éruptions irrégulières indifféremment réparties sur toute la surface somatique. Elles constituent ultérieurement des plaques croûteuses ayant souvent une tendance spontanée à la réparation. D'une façon générale, le prurit est modéré. L'aspect croûteux des lésions permet de les différencier de la gale sarcoptique et leur configuration, des manifestations teigneuses.

Nous nous sommes assez étendus sur le diagnostic différentiel de la gale démodécique avec eczéma pour n'avoir

pas à y revenir.

Eczéma humide. — Succède-t-il toujours à l’eczéma aigu de Cadiot et Breton? Nous pensons au contraire qu'il ap-

paraît le plus souvent d'emblée sous la forme de plaques :

erratiques laissant suinter de la sérosité puis du pus. Les poils sont collés par les sécrétions qui macèrent les régions voisines. Ajoutons que le rein et le cou sont des points de prédilection de cette dermatose, mais qu’elle peut siéger partout, que le prurit est quelquefois violent. L’affection est caractéristique par son aspect et son évolution, nous n’insistons pas sur la différenciation avec les autres dermatoses.

Citons pour mémoire l’eczéma du scrotum qui est un eczéma humide localisé à la peau des bourses. Cette aflection qui est parfois douloureuse ne prête jamais à confusion. L'eczéma interdigité est une autre localisation fréquente de l’eczéma humide.

Ces formes humides, comme nous l’avons vu, sont tout à fait typiques. Il y a intérêt à ce que le diagnostic soit porté d’une façon précise, car on est fixé sur leur évolution,

le traitement varie peu et le pronostic en est bénin.

Alopécies d'origine interne. — Les alopécies d’origine interne résultent d’auto-intoxications, elles se traduisent par des dépilations sans lésions apparentes, on leur attribue une origine hépatique, intestinale, nerveuse, etc. elles peuvent prêter à confusion

1° Avec la gale démodécique, dans les formes sèches surtout quand Île signe de la vibrisse fait défaut ;

2° Avec la forme tondante de la gale sarcoptique quand le prurit est peu accusé ;

3° Avec la teigne et c’est pour nous l'occasion de confesser une erreur de diagnostic : chez une chienne nourrice,

braque allemand, vers la fin de la lactation, nous avions

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eu l’occasion de constater des dépilations sans lésions cutanées ; influencés par la forme approximativement arrondie des plaques, nous les avions considérées avec plusieurs confrères comme de la teigne. Bien que l'examen microscopique ait été négatif, nous nous étions entêtés à notre diagnostic et nous avions essayé divers traitements sans résultat. Le Professeur Henry auquel nous avons éu l’occasion de montrer le malade a trouvé, sans aucune difficulté, la clef de l'énigme. « Il y a là, nous a-t-il dit, une cause interne, cherchez-là, peut-être le foie, peut-être la lactation, commencez d’abord par faire passer le lait, vous verrez. » Nous avons suivi le conseil et, huit jours après, le poil commençait à repousser. La leçon mérite d’être méditée et si l’origine nerveuse, l’origine hépatique, l’origine intestinale sont difficiles à mettre en évidence, ce cas d’autointoxication d’origine lactée était péremptoirement authentifié. La malade avait d’ailleurs, pendant la période de délactatation, présenté les plus tragiques symptômes d’in-

fosiCanon hévre dyspaéer-cœdèmes, ete. etc.

Urticaire. — L'urticaire s'accompagne généralement de symptômes fébriles inquiétants, c’est aussi une affection d’origine toxique, parfois alimentaire. Elle est caractérisée, disent Cadiot et Breton, par « des plaques œdémateuses circulaires, isolées ou confluentes au niveau desquelles les poils sont hérissés et l’épiderme soulevé par un infiltrat de la couche dermique sous-jacente ». Cette affection dont les symptômes cliniques sont bien nets ne saurait, à notre avis, prêter à confusion, elle siège souvent sur la face et elle

n’est parfois que le premier stade de l’érysipèle.

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Ecséma des vieux chiens. — Se traduit par une fourrure pelée, une peau râpeuse, les lésions siègent plus particu lièrement sur le cou et le rein, parfois sur le dos. La peau apparaît grise, épaissie, les poils sont rares, ceux qui subsistent sont pauvres, ternes, souvent cassés par le milieu; la vermine v abonde fréquemment, une odeur forte s’en dégage.

Point n’est besoin d’insister sur les moyens de différen-

cier une telle affection des autres maladies de la peau.

Furonculose. — Nous désignons sous ce nom un état morbide analogue à celui qui est si connu chez l’homme. Il consiste en furoncles qui siègent, de préférence, sur les régions glabres (bourses, aines) et qui se sèment. Les furoncles peuvent devenir confluents et la maladie peut évo-

luer dans le sens de la dermatite phlegmonneuse.

Dermatite chronique phlegmonneuse. — Constitue quelquefois le terme ultime des affections cutanées parasitaires et non parasitaires du chien. Elle se traduit suivant le stade par des rougeurs de l’œdème, des boutons (folliculite suppurée) un épaississement de la peau ou une infiltration suppurative du derme. En quelques circonstances, aboutissant des dermatoses anciennés mal soignées ou aggravées par une médication intempestive, elle donne au chien un aspect assez répugnant. C’est une staphylococcie dans la-

quelle le parasite ne joue plus qu'un rôle très secondaire (1).

(1) HENRY et LEBLOIS. 15 juin 1922, page G.

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