DES
> but. L'enseignement des dermatoses animales n’est pas confiée dans nos Ecoles à une chaire unique en ce qui concerne le chien. Les affections cutanées d’origine parasitaire appartiennent à la chaire de Parasitologie, les affections cutanées d’origine non parasitaire à la chaire de Pathologie interne. Quand les maladies du chien entrent dans un cadre nosologique général, elles sont traitées comme un cas particulier à la suite des affections analogues des Equidés. Par cette réflexion, nous n’entendons nullement critiquer la place prépondérante de la médecine des grands animaux dans l’enseignement vétérinaire; la médecine des grands animaux est logiquement la plus importante parce qu’elle a un caractère strictement utilitaire et parce que c'est la majorité des praticiens qui s’y adonne. Pourtant, le chien, même quand il n’est pas un serviteur utile, ne saurait être considéré comme un facteur négligeable pour la santé publique, il est l’hôte d'agents virulents et de parasites suceptibles de contaminer l’homme avec lequel il vit dans une étroite promiscuité.
Ï1 y a donc là une lacune à combler, mais ce n’est certes
pas à nous que peut échoir cette tâche. N'’étant qualifié ni
Historique.
au point de vue scientifique ni au point de vue didactique, nous nous sommes contentés simplement d’un essai de classification conçu pour la pratique de la clientèle où la précision du diagnostic, qui commande le pronostic et le traitement, prime toute autre considération. : En citant chacun des états morbides définis suivant ces règles, nous avons cru devoir ajouter çà et là une note personnelle, elle n’a pas d’autre prétention que celle de la sincérité. Notre volonté de rester dans les conditions de la pratique est telle, que, vétérinaire parisien, on nous verra négliger intentionnellement et nous contenter même de citer simplement les affections peu communes dans la région parisienne et dans le genre de la clientèle que nous
pratiquons depuis près de vingt ans.
Quand nous nous reportons à la période où nous étions encore à l’Ecole, nous nous faisons une idée très nette du grand pas qu'il v avait à faire. Certes, notre maître Ralliet jouissait d’une autorité incontestable dans les deux médecines ; il avait beaucoup découvert et classé avec. méthode mais aucun clinicien n'avait encore donné au grand savoir du maître une utilisation pratique.
La consultation était faite, à cette époque, indifféremment par le service de Pathologie interne ou celui de Pathologie chirurgicale, on attachait peu d'importance au malade, de piètre valeur qu'était le chien, on faisait peu d'efforts pour établir un diagnostic différentiel et on variait peu les traitements, qu'on appliquait d'ailleurs sans conviction., On ne luttait pas contre la croyance des amateurs
et des éleveurs en une maladie de peau unique, le « rouge »
justiciable d'un traitement type. Il en est résulté une éciosion de spécialités multiples, panacées qui encombrent encore les pages réservées à la publicité dans les journaux de chasse, d'élevage et de sport.
Pourtant il y avait eu Mégnin, clinicien avisé auquel son sens pratique, Sa culture scientifique, avaient ouverl les portes de l’Académie de Médecine. Il y avait Raïlliet, auquel un labeur considérable avait valu le même honneur. Il v avait aussi Neumann, le premier ayant écrit dans sa spécialité un livre traitant uniquement du chien et du chat. Cependant les dermatoses constituent le tiers des cas cliniques de la consultation d’Alfort (1) et nous sommes en mesure d'affirmer d’une façon absolue qu’il en va de mênxe dans les clientèles comme la nôtre.
Fort heureusement après la guerre, le professeur Henry ft à Alfort une heureuse tentative de centralisation de la clinique dermatologique et, grâce à l’appui du nouveau : Directeur, le professeur Nicolas, cette centralisation est sur le point de recevoir la consécration officielle et définitive qui lui manquait.
Tous les matins, les chiens à maladie de peau sont visités méthodiquement au laboratoire de Parasitologie par le Professeur Henry ou son Chef de clinique M. Leblois, et sont l’objet de véritables leçons de pratique dermatologique. Nous verrons bientôt quels sont les fruits qu’un semblable enseignement peut porter et quel tribut de reconnaissance doivent à leurs organisateurs les nouveaux
étudiants et, parmi les anciens, ceux qui n’ont pas oublié
(1) Renseignement fourni par MM. Henry et LEBLots, d’après une statistique rigoureusement établie.
tilité du Labo-
ratoire, mais importance du diagnostic clinique.
le chemin de l'Ecole. Les praticiens qui ont suivi ces Îleçons v ont reçu l'accueil le plus cordial et y ont trouvé les
renseignements les plus précieux pour la pratique journalière.
Classification pratique des affections cutanées du chien.
La division en maladies cutanées d’origine parasitaire et maladies cutanées d’origine non parasitaire s'impose à l'esprit et on pourrait être tenté de voir le praticien, armé du seul microscope, faisant sans effort clinique la-séparation entre les deux groupes morbides. Mais qu’entendre par parasites? Nous avons retenu seulement les parasites macroscopiques, le rôle des microbes étant encore insuffisam-
ment étudié en dermatologie vétérinaire.
Nous sommes très éloignés de sous-estimer la valeur de l’examen du laboratoire; l'examen microscopique est souvent indispensable et quand il est positif il apporte au, praticien la certitude, donc l’assurance pour le pronostic, en même temps que lautorité vis-à-vis du client. Mais il est loin d’être toujours réalisable en pratiqué, soit par suite de l'opposition du propriétaire, soit parce qu'il convient de prendre immédiatement une décision chez le client pour ne pas avoir à multiplier les visites ou la correspondance, soit pour toute autre raison. Ajoutons qu’il y a une certaine satisfaction morale pour le praticien à savoir se passer du microscope, il gagne d’ailleurs beaucoup en prestige à porter un diagnostic clinique précis surtout quand ce diagnostic se trouve confirmé par le laboratoire. C’est à la fois une
question d’amour-propre médical et une question de savoir
faire professionnel, Certes, la chose nécessite une grande expérience mais nous avons l’espoir de voir les jeunes générations nouvellement formées à Alfort se passer plus faci-
lement du microscope que celles qui les ont précédées.