AFFECTIONS CUTANÉES PARASITAIRES
Nous rappelons d’abord la classification des parasites de la peau et des maladies cutanées parasitaires du chien
telle qu’elle est comprise par le Professeur Neumann:
Entomiases : Insectes ailés ; Puces ; Poux ;
Larves et diptères.
Acariases :
Dermacariases non psoriques Bdellidés ; Trombidididés ; [xodidés ; Gamasidés.
Dermacariases psoriques où Gales -Gales sarcoptiques.
Gale démodécique.
Dermatoses vermineuses.
Teignes.
. NOTIONS SUR LES ENTOMIASES, LES DERMACARIASES NON SPORIQUES ET LES DKERMATOSES VERMINEUSES
Les teignes et surtout les gales constituent les chapitres importants du parasitisme cutané du chien. Avant d’en aborder l’étude, nous avons néanmoins cru devoir réserver
quelques lignes au reste du sujet.
Parmi les agents des entomiases, nous mentionnerons simplement les insectes ailés et les larves de Diptères, mais nous Sommes obligés de retenir l'attention sur les puces et
les poux.
Phtiriase. — Les prurigos occasionnés par les poux (Trichodectes et Hématopinus) ne peuvent guère être confondus qu'avec la gale sarcoptique ‘ou l’eczéma, pourtant les poux piqueurs (Hématopinus) détermineraient quelquefois des lésions analogues à celles de l’impetigo des enfants. Il convient néanmoins de remarquer que les poux ne provoquent qu’un prurit modéré et des altérations cutanées bénignes. Par ailleurs, les parasites ne peuvent passer ina-
perçus que pour un observateur inattentif, ils siègent en
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diverses régions du corps, quelquefois en assez grande abondance sur les pattes, mais leur véritable quartier général est la tête, on les y voit à l'œil nu et les peignes métalliques, dits « peignes puces » les ramenent facilement en grand nombre.
Is doivent pulluler dans les chenils des marchands car ils sont fréquents surtout chez les jeunes loulous ou les jeunes pékinois récemment achetés. Consulté pour l'achat d’un pékinois, ce serait une faute impardonnable que de ne pas les rechercher attentivement dans la cassure du nez où ils vivent dissimulés en véritables colonies.
Enrce qui concerne les poux nous partageons l’idée de Mégnin (1895, p. 97): « les accidents qu'ils déterminent disparaissent rapidement avec la cause, c'est-à-dire avec le parasite »; fait qui a son importance en clientèle puisqu'il
autorise un pronostic bénin.
Pulicose. -— Pour les puces il paraît en être autrement. Par leurs morsures, par la salive irritante qu’elles répandent sur la peau, par les agents virulents qu’elles inoculent, par leurs déjections, par leurs œufs et leurs larves (1) elles déterminent des états pathologiques particuliers qui coexistent souvent avec certaines formes d’eczéma et qui en sont
peut-être la cause. Leur disparition n’entraîne pas forcé-
(x) RaïzLieT et HENRY (1910), après AUSTINE (1855, p. 335); LEUCKART (1886, p. 145), et NEUMANN (1892, p. 598), ont attiré l'attention sur le rôle des puces et de leurs larves dans les maladies de la peau chez l’homme et chez le chien.
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ment la disparition immédiate ou à courte échéance des
accidents qu’elles ont provoqués, «entretenus ou aggravés.
En ce qui concerne les agents des dermatoses non psoriques nous passerons sous silence le groupe des Bellidés,
parasites peu communs dans nos régions.
Les Trombididés sont représentés par le ‘Trombidion soyeux, dont la larve (Lepte automnal) peut déterminer des lésions de grattage ou des irritations cutanées qui, par leur siège simulent la gale, mais nous ne pensons pas que l’erreur puisse résister à un examen attentif à l'œil nu et, à plus forte raison, à la loupe ou au microscope. Tout le monde connaît l’Aouta pour en avoir été la victime.
Les Ixodides où Tiques (Ikodes, Dermacentor, Rhipicephalus) sont des parasites de grande taille qui ne peuvent prêter à confusion et qui ne déterminent pas d’ailleurs des dermatoses étendues.
Nous avons eu personnellement l’occasion d'observer sur la côte ouest de Madagascar, où nous avons servi pendant plus de dix-huit mois à la fin de la guerre, des chiens littéralement infestés d’Ixodes. La base des oreilles et le cou’ étaient recouverts de tiques à différents stades de leur évolution; non seulement dans ces régions, mais, erratiques çà et là, ces parasites étaient solidement accrochés
et leur volume attestait qu'ils n'étaient pas de simples com-
mensaux., Nous n'avons jamais eu l’occasion de constater qu'il y ait une répercussion sur l’état général ou qu’il s’en suive une dermatose quelconque; et cependant nous observions à la fois, les chiens des indigènes, les chiens de brousse, les chiens des européens et ceux que nous entre-
tenions nous-mêmes, parfois en assez grand nombre.
Les Tiques méritent néanmoins une mention spéciale car elles peuvent inoculer des Protozoaires tels que les
Piroplasmes qui déterminent de très graves affections.
GALES DÉMODÉCIQUES
(gale folliculaire)
Nous débuterons par la gale démodécique, affection particulière au chien, présentant un caractère de gravité exceptionnel; il importe que, dans aucun cas, elle ne puisse être confondue avec nulle autre dermatose. Son étude terminée, notre travail sera singulièrement allégé car, répétons-le, c’est surtout elle qu'il faut différencier sürement des autres maladies de la peau, les erreurs de diagnoshic sont, à son sujét, de beaucoup les plus graves de toute
la pathologie cutanée canine.
SYMPTOMATOLOGIE
Lésions initiales. — 11 convient, avant tout, d'exposer sous quels aspects les plus divers l’affection se manifeste
Essentiellement polymorphe à un stade avancé, la gale démodécique nous semble débuter toujours dans des contions identiques. La connaissance parfaite des lésions initiales est indispensable car elle permet, dans les formes jeunes, le diagnostic précoce et, dans les formes anciennes, l'interprétation des commémoratifs fournis par le propriétaire.
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Neumann décrit en ces termes le début de la maladie
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Formes ri-buccales
(1914, p. 69) : « simples dépilations un peu rouges aux
‘coudes, aux jarrets, autour des yeux, aux doigts; à la place
des poils se voient des petites papules, une poussière pityriasique est répandue sur les plaques parasitaires, le prurit est à peine marqué. »
.Ces données ont été complétées par Henry et Leblois (15 juin 1922). Ce que nous appelons dans cette étude lésions initiales, correspond chez ces auteurs aux formes limitées sèches.
La description de Neumann est excellente, mais le grand mérite d’'Henry et Leblois est d’avoir précisé la forme et surtout la topographie des lésions qui semblent avoir été observées sans précision par les auteurs qui les ont précédés.
Ces formes limitées sèches se présentent comme de simples alopécies au contour irrégulier qui les distingue du « médaillon teigneux » (1). La peau y est saine en apparence
elles sont en général grisâtres.
Plus fréquentes autour de la bouche et plus particulière-
ment au niveau des vibrisses, elles v constituent les formes
péri-buccales.
Nous estimons que sur dix cas de gale folliculaire au début huit sont localisés autour de la bouche et que sur ces
huit cas, six intéressent les vibrisses (2). Nous avons tou-
(1) (Loc. cit.). Selon HENRY et LEBLOIS, au nombre de 8 à 10, leur dimension varie de celle d’une lentille à celle d’une pièce de deux francs.
(2) Henry et LEBLOIS ont attiré, pour la première fois, l’attention sur le signe de la vibrisse. Contribution à l’étude,de la gale folliculaire. Recueil de Médecine Vétérinaire, 15 juin 1922, page 319-
Formes maculeuses.
Formes péri-oculaires.
Formes digitales
jours vu ces lésions des vibrisses révéler au microscope
l'existence de démodex.
Quand la maladie ne siège pas sur la tête, elle se présente sous forme de dépilations multiples, en des points quel- -conques. du. corps. Ce sont ces lésions que les auteurs pré-
cités font rentrer dans la forme maculeuse,
Lésions secondaires. — Henry et Leblois classent également dans les formes limitées sèches les lésions périoculaires, dépilations géométriques nommées eommunément « paire de lunettes ». Nous considérons ces lésions comme un stade plus avancé de l’affection, d’autre part nous nous rangeons de l’avis de ces auteurs quant à leur caractère soi-disant pathognomonique. Ils estiment à juste titre que la « paire de lunettes » n’est pas démodécique dans 50 % des cas, nous pensons personnellement qu'elle est exceptionnellement folliculaire en l'absence d’autres lésions
autour de la bouche ou sur un point quelconque du corps.
Nous'assimilons, pour leur âge, les dépilations de la région digitée aux lésions péri-oculaires, elles succèdent le plus souvent aux lésions que nous avons qualifiées d’ini-
tiales.
Lésions de généralisation. — Toujours soucieux de mettre en relief l’ordre chronologique de l'apparition des lésions, nous appellerons lésions de généralisation celles qu'Henry et Leblois décrivent sous le nom de formes dif-
fuses.