ETAT
lade accuse des douleurs epigastriques de 23 heures à 3 heures du matin, calmées par l'ingestion d’alcalins.
Deuxième crise en avril 1941, plus intense. La douleur esi seulement diminuée par l’ingestion des alcalins. Le malade vomit à la moindre tentative d’alimentation. Quoique souffrant de façon continue depuis six semaines, il présente une sorte de rémission une à deux fois par semaine. Pas d’amaigrissement depuis le début de la crise douloureuse, soit à peu près un an.
Les radiographies pratiquées le 30-5-41 montrent une très volumineuse niche englobant les deux tiers inférieurs de la partie verticale de la petite courbure, mesurant 65 millimètres de hauteur sur 25 de largeur, peu douloureuse au palper.
-& Il s’agit probablement d’un ulcus très volumineux, bien qu’il soit impossible à priori d’écarter l’hypothèse d’un néo primitif de la petite courbure. >» (Docteur Morin.)
On conseille au malade la protéinothérapie intraveineuse. Malheureusement, voulant continuer son travail, le malade ne reçoit que quelques injections de façon très irrégulière.
Revu le 19-7-41, le malade se plaint surtout de coliques, avec parfois distension abdominale et ballonnement; il se prétend très fatigué et ses douleurs épigastriques ont légèrement diminué. Le malade est hospitalisé salle Colin, dans le service du Docteur May, où l’on se préparait à vérifier l’état de son estomac, lorsque, quatre jours après son entrée, il présente un syndrome d’occlusion intestinale aiguë; transporté au Pavillon Dolbeau, il est opéré d'urgence. On trouve du pus dans la fosse iliaque droite; appendice normal. Par contre, existence d’un ulcère perforé bouché de la face postérieure de la petite courbure.
Le malade succombe le soir de l’intervention.
DÉNAO ER
OBSERVATION, N° 2. — Syndrome douloureux tardif périodique, datant de 12 ans. — Radio : volumineuse niche de la partie moyenne de la petite courbure verticale. — Gastrectomie : ulcère bénin.
Alexandrine Col.…., concierge, 63 ans.
Entre à l'Hôpital Tenon le 4-4-41 pour syndrome douloureux gastrique semi-tardif périodique, datant de 12 ans. La malade aurait présenté à cette époque une hématémèse de moyenne abondance suivie de l’émission de selles noires pendant plusieurs jours. De temps à autre, elle a remarqué que ses selles se noircissaient en denors de toute thérapeutique médicamenteuse.
Examinée à Saint-Antoine, on aurait parlé d’ulcération gastrique.
Depuis cette époque, surviennent, une à deux fois par an, des périodes de crise douloureuse de 8 à 15 jours, avec irradiation dorsale, apparaissant une heure à une heure et demie après les repas, et calmées par l’ingestion d’aliments. Aucun trouble dans l’intervalle des crises.
La dernière crise remonte à un mois, et s'accompagne de vomissements alimentaires et bilieux, de fatigue, d’amaigrissement important, sans anorexie.
A l'examen, malade maigre, deshydratée, région DIEU uniformément sensible. ;
Examens paracliniques : réaction d’Esbach négative. Au tubage, HCI libre 0,3, et après ingestion de bouillie 0,5 et ‘1,1; acidité totale, 0,6, 2,2 et 2 gr.
À la radio, volumineuse niche de la partie médiane de là petite courbure, avec grosse encoche de la grande courbure et aspect faisant songer à un début de sténose médiogastrique.
Cet aspect radiologique, l'ancienneté de la lésion et le peu d'efficacité du traitement médical, font conseiller l’intervention.
La malade est opérée le 6-5-41. Les examens macro- et microscopiques montrent qu’il s’agit d’un ulcère bénin.