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CAUSES D'ERREUR ; QUE VAUT LA PYÉLOGRAPHIE

Nous avons exposé la technique et les résultats qu’on peut espérer tirer de la pyélographie; en regrettant que les circonstances ne nous aient point permis d’étendre à un plus grand nombre de cas notre classification anatomoradiologique.

Nous devons maintenant, comme nous l’avons fait pour les précédentes méthodes, tenir compte des insuffisances de cette dernière et des critiques qui lui ont été adressées.

1° La pyélographie peut être négalive malgré l'existence d’un cancer. — Nous avons pu en signaler un cas; il s’agil en général de petites tumeurs corticales qui ne sont pas encore en rapport avec les voies excrétrices du rein et qui par suite, ne peuvent en modifier les contours. Ce sont là des cas exceptionnels qu’il faut connaître et qui nécessiteront la lombotomie exploratrice si la pyéloscopie et les examens radiologiques sous toutes les incidences, comnie nous l’avons préconisé, restent négatifs.

La pyélographie n’a donc pas une valeur absolue; mais ce que nous venons de dire montre qu’il ne faut pas lu demander plus qu’elle ne peut fournir : le contour interne du rein.

À l'opposé, il peut exister des tumeurs très volumineuses du rein, perceptible même à l'examen direct, qui donnent des pyélogrammes normaux ou très peu modifiés; c’est un fait sur lequel Marion a insisté, et récemment le Docteur H. Blanc a rapporté plusieurs cas où des désaccords flagrants existaient entre les résultats de la pyélographie et ceux de l'opération. Sans insister sur ces faits, d'ailleurs rares, nous nous permettrons de faire remar-

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quer qu’on ne peut pas poser d’une façon constante et formelle le diagnostic de cancer du rein sur une seule image pyélographique et que la comparaison des éliminations fonctionnelles des reins, de même que l’examen clinique conservent toute leur valeur. Si malgré des résultats répétés et constamment négatifs, on ne peut poser de diagnostic certain, il faudra, ici encore, se résoudre à pratiquer une lombotomie exploratrice et l’on n’aura jamais à se repentir d’aller voir un rein qui saigne ou un rein suspect, malgré un pyélogramme normal.

2° Il existe des altérations pyélographiques qui simulent le cancer et qui en réalité relèvent d’autres causes.

a) Signalons tout d’abord des affections telles que les kystes solitaires du rein ou les angiomes, qui, présentant un processus évolutif comparable à celui du néoplasme, se traduisent forcément par des altérations identiques du pyélogramme.

Caraven et Pierre Thévenard ont chacun signale un cas de kyste solitaire du rein à forme pseudo-cancéreuse, ou des hématuries, des altérations pyélo-calicielles avaient fait porter le diagnostic de cancer du rein qui fut seulement rectifié à l'intervention.

J. et H. Duvergey ont publié un cas analogue où il s'agissait d’un grand kyste séreux à forme hématurique.

De même, R. Gayet a présenté un cas d’angiome du rein où des symptômes analogues ont conduit à pratiquer la néphrectomie; l'examen de la pièce montre qu’il s'agissait d’un petit angiome en rapport avec le calice inférieur.

Il s’agit là de cas peu fréquents, il est vrai, mais particulièrement difficiles à diagnostiquer si ce n'est par la lenteur de leur évolution; et qui, d’ailleurs, conduisent à l'intervention comme seule thérapeutique logique.

Les néoformations bénignes ou malignes du bassinet ne sont pas faciles à distinguer du cancer du rein; le diagnostic est intéressant à poser cependant, car dans certains

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cas de polypes du bassinet on peut intervenir par pyélotomie et conserver le rein.

b) Des pyélogrammes évoquant l’idée d’un cancer peuvent aussi s’observer dans des affections essentiellement différentes, nous voulons parler des reins polykystiques, des adhérences, des néphrites aiguës ou chroniques, des tumeurs para-rénales. Leur simple énoncé suffit à montrer qu'on se trouve en présence d’affections dont les signes cliniques sont totalement différents. Cependant, il est des cas où le diagnostic, même par la pyélographie, n’est pas toujours aisé; nous en voulons pour preuve l'observation suisvante :

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