‹ Contribution au traitement chirurgical de l'ovarite scléro-kystique: L'opération de Walther, résection subtotale de l'ovaireChapitre 11 sur 62 · CLINIQUE · texte numérisé non relu

CLINIQUE

Nous n'avons pas la prétention de décrire ici la symptomatologie détaillée de l’ovarite sclérokystique mais seulement d’en rapporter les principaux symp tômes : ceux qui, par leur intensité, font de l’ovarite une affection chirurgicale, ceux qui éveillent l'attention des chirurgiens et surtout ceux qui commandent l’intervention.

La maladie sclérokystique débute généralement par ce que les classiques appelaient la congestion ovarienne et qui est caractérisée par une tuméfaction ovarienne, une douleur prémenstruelle ou plutôt une sensation de pesanteur douloureuse dans le petit bassin avec des élancements plus ou moins vifs et qui débute quelques jours avant les règles. Cette douleur et cette tuméfaction s’accroissent pendant quelques jours puis disparaissent quand arrive le flux menstruel qui est, en général, abondant et prolongé.

Fréquemment (à chaque époque, une sur deux ou même sans aucun rythme) ces congestions ovariennes se répètent ; les troubles augmentent et, si le traitement médical institué n’a produit aucun effet, nous arrivons au stade d’ovarite sclérokystique confirmée.

La crise douloureuse est alors plus longue, plus

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tenace ; elle se renouvelle chaque mois avec quelque variation dans l'intensité des douleurs. Quand elle n’est pas trop forte, elle se manifeste par des tiraillements de la région lombaire, par des sensations de pesanteur dans le bas-ventre, par des élancements dans la partie inférieure des fosses iliaques. Quand les douleurs sont très violentes, elles sont d’abord localisées à la région ovarienne, la femme en note très nettement le point de départ, puis elles se généralisent à tout l'abdomen qui supporte difficilement la moindre pression. Le ventre est météorisé, faisant presque songér à une réaction péritonéale ; il se produit parfois des phénomènes de péritonisme avec nausées, envies d’uriner, contractions spasmodiques de l'intestin. La malade, d'ailleurs, ne réagit pas comme dans les affections péritonéales ; elle cherche une position pour atténuer ses souffrances ; au lieu de s'immobiliser, elle se déplace en tous sens ; souvent celte agitation est la traduction d'un éréthisme nerveux qui détermine des accès de palpitations, d’op: pression.

L’irritabilité du caractère, extrême au moment des crises, continue en dehors d’elles, ajoutant souvent un élément névropathique spécial. x

L'examen gynécologique ne révèle que peu de choses: un utérus normal, quelquefois rétrodévié, une sensibilité vive dans l’un ou dans les deux culs-de-sac latéraux, un gros ovaire bosselé très sensible, douloureux, même au simple frôlement et qui, dans les cas

purs, ne présenté aucune adhérence, se laisse mobi-

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liser si on opère avec beaucoup de douceut. Cette tumeur diminue de volume, est moins douloureuse après les règles, mais elle persiste toujours, contrairement à celle de l'ovaire congestif simple, qui, lui, reprend son volume normal avec la disparition des Corps jaunes,

L'écoulement sanguin est de durée variable, fréquemment abondant ; il peut, dans certains cas, se prolonger au point de devenir une indication opératoire (obs. XXXVITI), quelquefois il est peu abondant, faible ; fréquemment dans ces cas, l'ovaire est surtout scléreux.

Il est classique de dire que l'ovarite sclérokystique est plus fréquente à gauche. Nos observations nous montrent une proportion plus forte à droite. Nous avons opéré 22 ovaires gauches, 32 droits.

On ést frappé souvent, en examinant ces malades, par une pigmentation des téguments, un développement très marqué du système pileux. D’après Dalché et Fouquet, cette pigmentation serait plus marquée dans les périodes prémenstruelles et menstruelles et ils se demandent si on ne doit pas la rattacher à une insuffisance de la sécrétion ovarienne. Nous en reparlérons à propos de l’étiologie.

On a dit aussi que ces femmes étaient presque toujours stériles ; elles le sont, il est vrai, fréquemment, mais il ne faut pas exagérer et nombreuses sont les femmes qui, atteintes d’ovarites sclérokystiques, ont eu des enfants. Sur nos trente-neuf obsérvations, il ÿ

en avait 20, soit environ 50 %,.

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Il est classique de dire que la grossesse a une action favorable sur l'évolution de l'ovarite sclérokystique : quelques-unes de nos observations sont conformes à cette opinion. Nous avons vu plus fréquemment une reprise et même une aggravation dans les mois qui suivent l'accouchement, ce qui décide souvent la femme à consulter.

Le diagnostic de l'ovarite sclérokystique est en | général facile mais il peut donner lieu à une erreur qu'il faut connaître pour l'éviter : c’est la grossesse tubaire. La masse latéro-utérine douloureuse survenue en quelques jours sans fièvre ni signes d'infection générale, s’accompagnant de pertes de sang, peut laisser croire à ung grossesse tubaire d'un mois sur le point de se rompre, mais souvent, dans ce cas, il y a un léger retard des règles ; il faut savoir réprimer son ardeur chirurgicale et, en quelques jours, l'amélioration s'est produite, les douleurs ont disparu, la tuméfaction a fondu. s

Le diagnostic de l'ovarite sclérokystique est parfois rendu difficile par l'exagération du terrain névropathique sur lequel elle évolue souvent. Certaines malades amplifient manifestement les réactions douloureuses qu'elles ressentent. Cet état névropathique peut faire craindre au chirurgien les conséquences d'une opération. Nous pensons qu'il ne faut pas en ces cas refuser aux malades le bénéfice qu’elles peuvent retirer de l'opération ; quelques-unes de nos observations montrent en effet le rôle salutaire de la chirurgie dans ces cas,

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