‹ Contribution au traitement chirurgical du cancer du rectumChapitre 11 sur 110 · ANUS · texte numérisé non relu

ANUS

Mais la chirurgie ne peut-elle progresser que par $ef audaces anatomiques ? Ne doit-elle pas recourir à l’aide des méthodes biologiques qui obtiendront plus facilement ce qu'elle demande avec insistance et parfois sans succès à des modifications de la technique chirurgicale ? C'est la question qui s'impose à lesprit lorsqu'on constate après de longues et parfois pénibles lectures, l'espèce de piétinement des chirurgiens dans le dédale des techniques.

Grâce aux remarquables moyens de travail mus à la disposition des assistants de la Clinique Chirurgicale de la Salpêtrière, par notre maître, M le Professeur A. Gosset, nous avons pu réunir un nombre suffisant d'observations pour que leur lecture soit instruetive (cent observations dont 81 inédites).

Les observations que nous rapportons ont deux sources : l’une est la statistique intégrale des opérations radicales faites par les assistants de la Clinique Chirurgicale de la Salpêtrière au cours des dix dernières années (1924 à 1933) ; l'autre est la statistique également intégrale des opérations faites au cours de cette période en ville et à l'hôpital par les chirurgiens dont nous rapportons les techniques.

Nous avons tenu à présenter ces ceni observations avec tout le détail de l'examen physique local, des opérations pratiquées et des constatations anatomo-pathologiques ; cet ensemble à l'inconvénient d’être volumineux, mais nous avons eru pouvoir nègliger ce détail ; au cours des nombreuses recherches bibliographiques nous avons toujours été particalièrement heureux de trouver les rares observations complètes publiées et nous croyons que dans l'étude du traitement chirurgical du cancer du rectum, les détails de chaque observation sont intéressants ; jamais une observation résumée n'a permis de comprendre Pexécution d’une intervention.

L'exactitude et la minutie des compte-rendus opéra- Loires ——- résultat d’une longue disciphixe —- donnent à cet

ensemble de cent observations —- une grande valeur d’enseignement.

Nous en remercions tous les assistants de la Clinique Chirurgicale de la Salpêtrière. Une collaboration plus étroite nous à uni à ceux des chirurgiens qui se sont particulièrement attachés à la chirurgie du rectum : MM. J. Charrier, R. Soupault et R. Leibovici nous ont constamment prêté l'appui de leur expérience ; nous rapportons leurs techniques et les remercions de la part active qu’ils ont prise dans la réalisation de ce travail.

Ecrire, à propos de ce gros matériel clinique, une revue générale sur le traitement actuel du cancer du rectum, nous a paru aussi peu intéressant qu'imutile. L’ennui pesant des compilations ne saurait être compensé que par l’abondance des chiffres et la nouveauté des faits observés. Ce sujet est devenu trop commun et sur lui existent de récents et remarquables travaux.

Nous étions d’ailleurs Hinuté par lefait que les deux tiers de ces opérations datent de moins de 2 ans et 1l est admus actuellement que les résultats éloignés d’une intervention radicale pour cancer n’ont de valeur réelle qu’à partir de la cinquième année.

Seuls les résultats immédiats pouvaient donc être étudiés.

Tel que le sujet était déjà vaste. Nous Pavons traité de la façon la plus simple.

Deux idées ont dominé notre travail :

La prenuère nous a été donnée par la lecture des résultats éloignés publiés par les auteurs classiques : l'énorme pourcentage des récidives indique d'emblée la gravité du cancer du rectum et impose une intervention large, dont la conception doit s'appuyer sur les données anatomiques et anatomo-pathologiques.

Nous avons, sous la direction et avec l’aide de M. le Professeur H. Rouvière, repris l'étude des lymphatiques du

rectum et de leurs relais ganglionnaires ; nous avons pu ainsi sur un matériel anatomique assez grand, préciser quelques points importants et avec leur appui nous élever contre la division du rectum en deux segments étanches ; nous remercions M. FH. Rouvière de l’aide qu'il a apportée à la réalisation de cette partie anatomique du travail : son autorité scientifique confère à ce; recherches une valeur que nous ne pouvions espérer atteindre.

La partie anatomo-pathologique des observations est due presqu'intégralement à M. le Docteur Ivan Bertrand. La minute des compte rendus histologiques nous à permis de faire d’utiles constatations ;: M. Ivan Bertrand ne nous a pas ménagé ses conseils au cours de notre travail et nous le remercions vivement de son extrême obligeance.

L'autre idée nous a été donnée par l'étude des causes de mort opératoire aussi bien dans nos observations que dans toutes celles qui existent depuis environ 40 ans ; nous avons été frappé par la grande fréquence de l'infection qui totalise à elle seule environ 70 %, des morts opératoires. Nous avons cherché les moyens de la combattre et cette recherche nous a conduit à prendre connaissance des tentatives d’immunisation locale faites en Amérique. Nous avons repris les éléments de cette méthode et nous avons accompli un travail expérimental qui nous a conduit à préconiser l’emploi de la vaccination intra-péritonéale en clinique humaine.

L'idée de la recherche expérimentale ne présente d'intérêt que par son application dans le domaine pratique ; nous avons donc réalisé la méthode et appliqué à l’homme la vaccination intra-péritonéale. Les conditions actuelles de la chirurgie ne nous permettent malheureusement pas d’accomplir un travail biologique et expérimental de longue haleine et complet ; notre contribution suflit pourtant pour affirmer l'utilité de la vaccination intra-péritonéale, la facilité de son application et son innocuité chez Phomme.

[ faudra certes l’étudier sur une vaste échelle pour porter

Pr TEE

un jugement définitif ; et nous aurions aimé apporter la statistique comparative d’un nombre important d’exérèses coliques et rectales faites les unes avee, les autres sans vaccination intra péritonéale. Mais une telle statistique est encore impossible à réaliser rapidement en France ; notre organisation hospitalière ne prévoit pas la création de services de chirurgie intestinale et ce fait suffit pour que nous ne puissions pas opposer aux chiffres étrangers des chiffres équivalents. De plus la répugnance instinctive des chirurgiens français à injecter une culture microbienne dans un péritoine antérieurement sain — ne facilite guère l’étude de la vaccination intra péritonéale chez l’homme.

La modestie de nos chiffres provient de ces deux causes. Mais tels quels les essais pratiqués ont nécessité la collaboration de plusieurs chirurgiens et de laboratoires compétents. Nous remercions particulièrement notre ami Jean Davesne, chef de laboratoire à l’Institut Pasteur de Paris, qui nous facilita grandement la partie bactériologique de notre travail: M. G. Loëwy qui nous a inlassablement encouragé dans la voie de la chirurgie expérimentale et nous a tenu au courant des travaux étrangers ; MM. J. Charrier et J. Audouin qui ont bien voulu nous confier le soin de faire de la vaccination intra péritonéale dans des cancers du rectum.

La réalisation de notre travail a donc comporté une étroite collaboration clinique, opératoire, anatomique et bactériologique. Elle a pu être menée à bien, grâce à l’organisation de la Clinique Chirurgicale de la Salpêtrière. Nous sommes heureux de pouvoir, au début de cet ouvrage, dire à notre maître, M. le Professeur A. Gosset — notre reconnaissance pour Les grands moyens de travail mis par lui à la disposition de ses élèves et notre admiration pour le remarquable enseignement chirurgical que nous avons reçu dans son

service.

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