‹ Contribution au traitement chirurgical du cancer du rectumChapitre 20 sur 110 · C. — Relais gauglionnaires régionaux · texte numérisé non relu

C. — Relais gauglionnaires régionaux

Nous entendons sous ce nom, le premier échelon ganglionnaire auquel aboutissent les lymphatiques du rectum, excluant de cette description les nodules intercalaires pararectaux.

Dans un premier groupe nous classerons Îles oanglions des chaînes iliaques internes, ceux du promontoire (ganglions internes des chaines iliaques primitives) et les éléments ganglionnaires sacrés latéraux ; ils constituent le premier relai ganglionnaire des collecteurs lymphatiques de la portion périnéale du rectum.

Un deuxième groupe sera formé non pas seulement par les oanglions de la bifureation hémorroïdale supérieure, mais, comme l’a fait justement remarquer M. Rouvière, par toute la chaine ganglionnaire mésentérique inférieure. Ce groupe comprend done, étagés de bas en haut, les éléments ganolionnaires de la bifureation hémorroïdale supérieure (hile du rectum de M. Mondor!), le groupe ganglionnaire sigmoïdien (ousigmoïdo-rectal) etenfin le groupe ganghonnaire sigmoidocolique. Cette classification résume les recherches récentes de M. Rouvière, de MM. Villemin Huard et Montagné et nos constatations personnelles.

D. — Voies efférentes

D'un grand intérêt dans la question de la dissémination cancéreuse, leur étude nous paraît être suffisamment complète, pour que nous ne fassions que les rappeler :

1. Les voies efférentes des groupes ganglionnaires hypogastriques vont à la chaîne iliaque externe et à la chaîne iliaque primitive.

9 Les efférents des groupes sacrés latéraux aboutissent

= diese

aux ganglions du promontoire (groupe interne de la chaîne ilaque primitive).

3. Les voies efférentes du groupe hémorroïdal supérieur aboutissent au groupe sigmoïdien ; de là les efférents vont au groupe sigmoïdo-colique (à l’origine de l'artère colique gauche supérieure) ; les efférents de ce groupe gagnent enfin les ganglions mésentériques situés à l’origine de la mésentérique inférieure ; parfois un nodule ganglionnaire de relai interrompt cette chaîne efférente ; ce ganglion serait souvent envahi dans les cancers rectaux (Moynihan).

E, — Connexions des Ivmphatiques du rectum avec ceux des organes voisins

a) Avec les lymphatiques de l'appareil génital mâle.

Ces connexions sont bien connues : 1l existe des anastomoses lÿmphatiques plus ou moins importantes avec la prostate, les vésicules séminales, les canaux déférents. M. Reinhold à précisé qu'il s’agit là de connexions lymphatiques secondaires et non pas d’anastomoses viscérales : il à montré également que l’aponévrose de Denonvilliers représente une barrière importante et que les anastomoses lymphatiques se font au-dessus et au-dessous d’elle.

b) Avec les lymphatiques de l'appareil génital féminin.

Ces anastomoses ont été souvent signalées (Rouvière, Leveuf et Godard) ; nous avons pu mettre réculièrement en évidence les connexions étroites des lymphatiques rectaux avec ceux du tiers supérieur de la face postérieure du vagin.

c) Avec les lymphatiques de la vessie.

Ces connexions sont beaucoup plus rares.

Chez l'homme. — MM. Villemin, Huard et Montagné ont

trouvé un tronc vésical antérieur envahi par une injectiou pratiquée dans la zone cutanéo-muqueuse du canal anal. Nous avons vu une seule fois sur 22 injections — se dessiner un trone lymphatique vésical après injection du réseau lymphatique anal.

Fig. 5. — Fæœtus du sexe féminin. Ouverture de la paroi antérieure du rectum.

La muqueuse de la paroi postérieure du rectum est injectée. Il existe un ganglion hypogastrique.

Deux troncs collecteurs ramper à des ganglions.

it dans la paroi postérieure du vagin sans aboutir

Chez la femme. — Nous ne connaissons pas de connexions lymphatiques signalées ; sur Îles 6 sujets féminins étudiés par nous — nous n'avons jamais pu obtenir la preuve de communications lymphatiques entre la vessie et le rectum.

d) Avec les lymphatiques du releveur de l'anus.

Nous avons vu plusieurs fois des trones collecteurs traverser ou longer les muscles releveurs ; cela représente déjà une connexion suffisamment étroite ; mais nous n’avons Jamais observé d’anastomoses directes des lymphatiques anorectaux avec ceux des releveurs.

L'étude des réseaux lymphatiques, des troncs collecteurs et des relais ganglionnaires régionaux du rectum, nous permet de conclure de la façon suivante :

Le réseau lymphatique muqueux du rectum d’une richesse remarquable, est continu sur toute la hauteur de la muqueuse ano-rectale ; la division du rectum en deux territoires lymphatiques indépendants —— haut rectum et bas rectum — n'est donc pas justifiée.

Les divers éléments ganglionnaires de la chaîne mésentérique inférieure, depuis sa bifurcation jusqu’à l’origine de l’artère colique gauche supérieure, peuvent recevoir directement (après passage par les nodules intercalaires) des lymphatiques venant de n'importe quelle partie du rectum.

Les connexions lymphatiques importantes avec l'appareil génital ont été constamment retrouvées dans les deux sexes.

Déduire de cette étude anatomique le sens dans lequel se font les métastases du cancer rectal nous paraîtrait osé. I ne s’agit ici que d'injections artificielles de lÿmphatiques fætaux ; le système lymphatique des adultes est beaucoup plus riche ; l’envahissement des vaisseaux lÿmphatiques et lobstruction des ganglions par les éléments cancéreux, amènent des modifications de la circulation lymphatique Tue nous ne pouvons pas nous représenter. — [es disséminations par voie rétrograde ainsi que les disséminations centripètes doivent se faire en pathologie d’une façon bien plus variée, et dont les préparations anatomiques ne peuvent donner l’image ; elles permettent simplement de se faire une idée du territoire qui peut être envahi.

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