‹ Contribution au traitement chirurgical du cancer du rectumChapitre 54 sur 110 · ÉTUDE DES RÉSULTATS IMMÉDIATS · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES RÉSULTATS IMMÉDIATS

Nos indications mettent au premier plan la voie abdominopérinéale. On lui reproche sa gravité. Nous croyons avoir montré que des indications thérapeutiques judicieuses jointes à certains détails techniques pouvaient réduire considérablementla mortalité. Néanmoins chacun des modes d’exérèse du cancer du rectum somporte une mortalité opératoire qui oscille autour de 10 à 15 % dans les meilleures statistiques.

Le choc opératoire, les hémorragies secondaires, les occlusions et l’infection sont les éléments essentiels de la mortalité opératoire.

Le choc opératoire est fonction de l’état général du malade, de la durée et de la qualité de l'intervention. Les malades fatigués, anémiés, intoxiqués doivent subir une préparation longue et minutieuse avant d’aborder le choc d’une amputation du rectum ; il faut savoir attendre le temps nécessaire pour la mise en état d'équilibre de l'organisme : cette attente est peut-être la partie la plus dificile à obtenir aussi bien du malade que du chirurgien.

La durée et la qualité de l'intervention ont une importance fondamentale. Il suffit de se rapporter à celles de nos observations où la durée a été indiquée et consulter ensuite les suites opératoires ; l’on ne sera pas étonné de la concordance fréquente d'interventions typiques, courtes et de suites opératoires très simples. Par contre, et nous ne voulons pas désigner d'observations précises — une anesthésie complétée par une autre anesthésie, des manœuvres longues et laborieuses, des incidents opératoires aboutissent souvent à des morts opératoires.

Deux moyens existent pour diminuer le choc opératoire :

l’anesthésie rachidienne,

la transfusion post-opératoire systématique.

L'anesthésie rachidienne ne se discute vraiment plus ; c’est

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une règle de la technique opératoire et tous les chirurgiens depuis Miles semblent lavoir adoptée. Sur les 100 observations rapportées — l’anesthésie rachidienne a été utilisée 95 fois et l’on ne note aucun incident.

La transfusion post-opératoire systématique nous paraît par contre beaucoup plus discutable. Il ne semble pas utile de copier servilement les habitudes des chirurgiens étrangers ; la transfusion a des indications que nous n’avons pas à rappeler. L’étroite collaboration médico-chirurgicale nécessaire à l’obtention de bons résultats, permettra d’établir d'avance si une transfusion peut être de quelque utilité ; sinon l’on appréciera dans chaque cas le degré de choc et la fatigue post-opératoire du malade. 1

Les hémorragies post-opératoires sont relativement peu fréquentes. Nous n’en rapportons qu'un cas qui, d’ailleurs a guéri, alors que dans la littérature étrangère nous en avons trouvé assez souvent la mention.

L'occlusion intestinale est relativement rare ; de cause mécanique, elle est due à une erreur de technique, mais le plus souvent elle représente le stade terminal d’une péritonite.

L'infection est de loin la cause la plus importante. Dans les observations que nous rapportons 19 morts sur 29 sont dues à l’infection ; cette proportion de 65 % correspond à toutes les statistiques ; celles-ci accusent même souvent une proportion plus élevée.

Sous ce terme d'infection il faut entendre : les péritonites, les cellulites pelviennes, les thrombo-phlébites du système veineux mésentérique et porte, les septicémies d’origine péritonéale.

Les 19 morts par infection se répartissent de la façon suivante :

6 péritonites :

6 cellulites ;

9 septicémies péritonéales :

et 2? morts dont les causes ne sont pas évidentes : on peut les attribuer à une infection veineuse et il nous semble que lon ne pense pas assez souvent à la possibilité de phlébite mésaraïque ou de pylépblébite; ce diagnostic ne présente d’ailleurs qu’un intérêt purement spéculatif.

La durée de ces complications est variable ; quoique tout schéma soit mauvais, on peut fixer approximativement à 2 ou 3 jours l’évolution d’une septicémie péritonéale, à 4 à 6 jours celle d’une péritonite, à 8 à 12 jours celle d’un processus subaigu connu sous le nom de cellulite pelvienne et auquel participe largement le péritoine.

L'étude des autres statistiques, l’autopsie de quelques malades morts dans le tableau de « septicémie péritonéale » nous ont prouvé la fréquence de ce processus post-opératoire ; les péritonites par ailleurs sont au moins aussi fréquentes que les cellulites ; le péritoine reste donc le tissu le plus menacé dans les amputations du rectum. Dans ces condition il nous a paru utile de chercher au niveau du péritoine et non au niveau du tissu cellulaire, le moyen de combattre l'infection. Nos recherches sur «la vaccination intra-péritonéale » en ont résulté.

Dans le chapitre suivant, intitulé « méthode pré-opératoire » nous avons réuni le détail de tous les soins pré-opératoires et nous avons groupé la partie expérimentale et la partie clinique de nos essais de vaccination intra-péritonéale.

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MÉTHODE PRÉOPÉRATOIRE

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