‹ Contribution au traitement chirurgical du cancer du rectumChapitre 59 sur 110 · PREMIÈRE SÉRIE D'EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉRIE D'EXPÉRIENCES

Nous avons utilisé pour l'étude de la péritonite expérimentale

À chiens, 15 lapins.

Lot de quatre chiens.

Intervention sous anesthésie générale.

Laparotomie médiane.

Ouverture de l'intestin.

Dans 2 cas —— mise en contact du péritoine avec le contenu intestinal, suivie de suture de l'intestin et fermeture à la paroi. Les 2 chiens survivent.

Us sont sacrifiés le 4€ jour ; il existe un exsudat péritonéal important dont l’ensemencement donne un résultat négatif.

Les 2 autres chiens sont opérés de la même façon mais le 4€ jour on injecte dans le péritoine une dose massive de cohbaailles : les 2 chiens survivent ; un chien témoin meurt,

Lot de cinq lapins.

Injection intra-péritonéale de suspension de matières fécales en quantité croissante.

Quatre lapins survivent ; un lapin succombe.

Tous présentent un exsudat péritonéal plus ou moins important qui n’a pas été ensemencé.

Lot de cinq lapins.

Introduction de liquide septique de virulence non déterminée,

tésultats : quatre lapins survivent ; un meurt. Il existe un exsudat visqueux intra-péritonéal.

Lot de cinq lapins.

Injection intra-péritonéale d’une dose massive de germes virulents (colibacilles).

Résultats : quatre lapins morts, un lapin vivant.

Les autres lapins morts présentent un piqueté hémorragique sur la séreuse intestinale ; leur sang contient des colibacilles. Le lapin qui a résisté est sacrifié ; il ne présente aucun exsudat péritonéal.

Dès cette première série d’expériences nous pouvions conclure à la diflieulté de lexpérimentation péritonéale. Il nous à pru impossible de reproduire un type unfiorme de péritonite par l'introduction d’une quantité de germes de virulence déterminée ; 1l existe d’ailleurs des raisons qui rendent cette entreprise très diflicile : la résistance indivi-

duelle des animaux de laboratoire dont la pathologie nous est pratiquement inconnue est certainement un élément important de l'inégalité des résultats ; la qualité et la quantité des germes employés dont on connait les diflicultés de contrôle.

Néanmoins et en confrontant nos résultats avec ceux d'Herrmann, de David et Sparks, nous pouvons dire que, du moins expérimentalement.

— L’injection intra-péritonéale de germes virulents provoque une septicémie sans production d’exsudat péritonéal

—— l'infection atténuée du péritoine suivie de survie de l'animal —— s'accompagne presque constamment d’un exsudat visqueux purulent.

— la péritonite ainsi provoqué semble donc conférer aux animaux une certaine immunité.

Il est logique de chercher à provoquer limmunité avant

l'infection.

L’'IMMUNISATION PÉRITONÉALE

Les travaux de Goldblatt et Steinberg, ceux d’'Herrmann ont apporté une contribution importante à la question de l’immunication péritonéale.

Goldblatt et Steinberg ont utilisé le chien comme animal d'expérience.

Une longue série d'expériences démontre d’abord la possibilité de provoquer une immunité active du péritoine des chiens par l'introduction intra-péritonéale de culture d’une souche de colibacille (300), chaque unité d’injection contenant 9 nulliards de germes ; cette culture lavée avec une solution salée physiologique est chauffée à 60° pendant 45 minutes.

Une série de 12 chiens reçoit une seule injection immunisante ; une série de 10 chiens en reçoit deux en 2 jours ; une série de 10 chiens en reçoit trois en 3 jours ; une série de 21 chiens en reçoit quatre en 4 Jours. Dans les quatres séries,

le lendemain de la dernière injection, on inocule une quantité massive de colibacille virulent dans le péritoine. — La mortalité des chiens immunisés a été élevée : 10 sur 12 de la première série, 8 sur 10 de la 26, 9 sur 10 de la troisième, 10 sur 28 de la quatrième ; mais, point important, tous Îles chiens témoins (au nombre de 4 par série en moyenne) ont succombé à linjection intra-péritonéale. -— Dans une 5e série de 28 chiens on immunise le péritoine par la même méthode, mais lon ne pratique l'injection d'épreuve qu'après un temps allant de 8 à 27 Jours après la dernière injection.

Dans un lot de 9 chiens, on inocule la culture virulente 8 jours après la dernière injection 3 chiens sur SMmeurent,, un autre lot de 9 animaux ne reçoit l'injection virulente que 17 jours après la dernière immunisation ; tous les animaux survivent : enfin dans un dernier lot de 10 chiens on laisse passer 27 jours après la dernière injection immunisante ; 9 chiens sur 10 succombent. Il faut noter que tous les chiens témoins employés dans chaque série sont morts.

Dans plusieurs séries avec un nombre important d’animaux (de 8 à 19 par série) Stemmberg cherche à provoquer l’immunité avec un mélange bactérien. Ses résultats sont analogues à ceux des séries précédentes.

B. Steinberg fait en plus une étude attentive du nombre des cellules par millimètre eube d’exsudat péritonéal : les animaux € immunisés » présentent un nombre de cellules beaucoup plus grand que les chiens normaux. L'auteur a recherché aussi le nombre de germes contenu dans le péritoine et a pu montrer que la quantité des germes dans le péritoine de chiens non immunisés, augmentait graduellement et rapidement jusqu'à la mort tandis que chez les chiens immunisés les germes diminuaient rapidement, et finissaient par disparaître.

Parallèlement à B. Steinberg, un autre chercheur américain S. F. Herrmann expérimenta sur une série de lapins ;

les chiffres qu’il donne sont moins rigoureux et il se contente souvent de pourcentages sans Indiquer le nombre des animaux soumis aux injections. Il cherche à immuniser le péritoine des lapins d’abord contre le cohbaeille seul puis contre le streptocoque mêlé au cohbacille ; 1l emploie un vaccin chauffé d’abord, puis essare d’injecter de lPantivirus. — Il obtient plus ou moins régulièrement la survie des animaux immunisés avee ou sans exsudat péritonéal purulent ; les animaux témoins succombent sans présenter de péritonite.

Dans une série d'animaux, S. F. Herrmann fait une hémoculture une heure après l’injection déchaînante ; 1l constate l'existence de bactériémie chez tous les animaux qui succomberont ultérieurement sans présenter d’exsudat péritonéal. Quant aux essais avec l’antivirus ils n’ont pas été concluants.

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