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douze heures 25 grammes de Sülfate de magnésie. Stroganoff par ces travaux à mis au point la technique, le taux dé la solütion à utiliser et la quantité dé médicament à injecter. Le détail dü traitement tel qu’il l’a annoncé fera l’objet de notre prochain chapitre.
Le traitément par le calcium a été surtout employé én Italie. Miranda et Bernardi ayant employé le chlorure de calcium intraveineux donnent des chiffres de 13 et de 18 % de mortalité. Il doit son emploi à son action sédative sur le pneumogastrique et les nerfs
craniens.
L’hypertension et la toxémie sont les deux autres signes importants sur lesquels on s’est efforcé d'agir.
L’évacuation de l’intestin par un lavement purgatif est un des premiers moyens à employer, il combat lauto-intoxication intestinale et élimine une quantité
importante de toxines.
La saignée ést sans aucun doute le traitement le plus ancien. Mauricéau et Baudelocque sont de ceux qui y ont le plus insisté. Macé et Chirié ont préconisé à leur tour la saignée massive : 5 à 600 cm°. Elle doit être dans tous lés cas fonction de la tension artérielle ét être pratiquée sous le contrôle du brassard manométrique. Son but ést double : soustraire une quantité importante de poison circulant dans l’organisme et abaisser la teñsion artérielle : elle ouvre le rein et
favorise la diurèse.
La ponction lombaire a surtout un intérêt dans les œdèmes et l’anasarque, et en particulier dans l’œdème cérébral. Son emploi systématique est à rejeter, mais elle garde toutes ses indications dans le cas d’hypertension intracranienne.
Les médicaments vaso-dilatateurs ont aussi servi souvent avec succès à faire baïsser la tension. En particulier le chlorhydrate de pilocarpine préconisé par Lévy-Solal et par Tzanck ; il a été administré à la dose de 5 mgr. quatre fois par 24 heures en injections sous-cutanées. Le traitement à lui seul peut quelquefois juguler les accidents. Lévy-Solal rapporte cinq cas d’éclampsie sur six guéris par la pilocarpine associée à une légère saignée.
L’acétylcholine, grâce à ses propriétés, a aussi une action réelle sur la tension dans l’éclaînpsie ; on l’'emploie souvent associée à la papaverine. ;
L’injection de sérum glucosé intraveineux a à son actif des résultats intéressants ; employé soit comme isotonique, soit comme hypertonique, il abaisse la tension artérielle et diminue les convulsions.
Toutes les glandes endocrines ont été incriminées dans les essais pathogéniques de l’éclampsie, si bien que la thérapeutique a employé presque indistinctement toute la gamme des médicaments opothérapiques avec plus ou moins de succès.
L’extrait thyroïdien a été préconisé en 1901 par Nicholson et depuis par Kustner, Vignes et bien d’au-
tres encore. Il diminue les convulsions, mais son
caractère propre est de débloquer les œdèmes et d'agir sur la diurèse.
L’extrait para-thyroïdien a été préconisé par Vassale et Vicarelli. Ils ont montré le rôle des préparations para-thyroïdiennes/sur la tension et sur la diurèse. Wirths a complété leurs travaux et a pu donner des observations dont les résultats sont incontestables. Il a employé le parotal en injection intraveineuse avec des succès importants et durables.
La lutéinothérapie dans le traitement de l’éclampsie s'appuie sur les travaux de Hoffman et d’Anselmine, qui observèrent que l’hormone du corps jaune était capable de supprimer l’action des composants antidiurétiques de l'hormone, du lobe postérieur de lhypophyse.
Robson et Paterson ont traité en 1937 douze femmes éclamptiques par le progesterone en association avec le luminal, tous ces cas ont été améliorés ; en 1937, Bernhart employait le proluton avec succés dans presque tous les cas qu’il a traités.
Cette énumération des différents moyens de lutter contre l’éclampsie nous permet de nous rendre compte de l'importance du traitement médical et en particulier de l’emploi des calmants du système ner-
veux.
Le traitement de l'éclampsie par l'association morphine-sulfate de magnésie (Méthode de Stroganoff)
La méthode de Stroganoff est actuellement celle qui jouit de la plus grande valeur. Elle a pour but premier de calmer le système nerveux. Son auteur avait d’abord préconisé l'association chloral-morphine. Il a substitué le sulfate de magnésie au chloral et c’est au Congrès de gynécologie et d’obstétrique de 1938, à Amsterdam, qu’il a donné la technique du traitement que nous allons reproduire brièvement :
1° Aussitôt après la première erise convulsive, lorsque la malade commence à respirer, injection de morphine (1 cgr. 1/2 à 2 cgr.). Si cette crise survient dans les deux heures consécutives à l’accouchement, on injectera une dose plus faible (1 cgr. et si l'utérus est bien contracté 1 cgr. 1/2).
2° Une demi-heure après l'injection de morphine, une injection sous-cutanée de 40 cm* d’une solution chauffée de sulfate de magnésie à 15 %.
3° Deux heures après le début du traitement, nouvelle injection de morphine à la dose de 1 cgr. 1/2 à 2 cgr. suivant l’état de la malade.
po)
4 Nouvelle injection de 20 à 25 cm* de sulfate de magnésie cinq heures et demie après le début du traitement s’il n’y a pas de crises ou de signes précurseurs. Dans le cas contraire, injecter 40 cm“,
5° Six heures après, nouvelle injection de sulfate de magnésie à la dose de 20 à 25 cm°.
6° Huit heures après, on répète l'injection au sulfate de magnésie. En cas d’absence de crises, la dose peut être ramenée à 10 ou 15 cm. En présence d’éclampsie post-puerpérale, on peut supprimer cette injection et la remplacer par du véronal.
7° Prendre la mesure de la tension artérielle dès
le début du traitement deux fois par jour, ainsi que
la température.
8° Dès le début du traitement, sonder la malade, analyser ses urines et mesurer la quantité quotidienne des urines.
9° Si, à l'admission de la malade celle-ci a déjà présenté cinq crises convulsives, dès son entrée on fait une saignée de 400 à 500 cm°. A moins de contreindication, si on pratiquait la rupture de la poche des eaux.
10° Si malgré le traitement la malade présente trois accès graves, saignée de 400 à 600 cm® avec rupture simultanée de la poche des eaux. Si la femme n’est pas en travail, on pratiquera également la rupture, sauf contre-indications.
11° À partir de la première crise, la malade ne doit recevoir aucune nourriture et très peu de boisson.