COMPLICATIONS ET SUITES
L’épilepsie abandonnée à elle-même, sans aucune sorte de traitement, peut avoir les conséquences les plus redoutables. On peut dire que, sans amener directement la mort, elle abrège le cours de l’existence, en rendant celle-ci insupportable par les souffrances et le désespoir qu’elle cause. Elle conduit souvent au suicide sans folie. Les complications et suites possibles de l’épilepsie sont :
Les morsures de langue qui peut-être complètetement coupée, les épanchements sanguins mortels, la paralysie sensorielle momentanée, les congestions apoplectiformes, la tristesse et l'abattement, constants après les attaques, et dans quelques cas, la diminution de la mémoire pendant quelques jours ; diverses perturbations mentales, telles que la manie dans tous ses degrés, la slupidité, la démence paralytique et Vidiotie.
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Manie. — Au début, la manie est plus ou moins passagère ; les malades sont susceptibles, bavards, préoccupés d'eux-mêmes, importuns dans leurs réclamations, ombrageux dans leur amour-propre, faciles à l'enthousiasme. Souvent la manie épileptique affecte la forme furieuse. La violence des malades est telle qu’elle nécessite la camisole de force. Ce sont les simples excités qui sont les plus dangereux. Chez les enfants la manie revêt quelquefois une forme extatique.
Stupidité. — Elle est plus fréquente que la manie et sa durée est plus longue. Il peut n’y avoir qu’un simple degré d’hébétude ou de stupeur permanentes. Il survient quelquefois des impulsions violentes, aveugles, irrésistibles, des hallucinations et des illusions.
La tendance à la mélancolie est très commune.
Démence paralylique. — Dans cet état, toutes les facultés décroissent, le travail intellectuel languiït, le caractère s’affaisse, la sagacité s'éteint ; toutefois la déraison n’est pas complète comme dans la démence proprement dite ; il n’y a qu’abberration et incohérence dans les idées ; il reste encore aux malades des vertiges de raisonnement et de mémoire. Tous ces désordres sont accompagnés d’un affaiblissement paralytique portant sur les deux côtés ou sur un seul. On voit encore les traits se déformer, les paupières s’abaisser, la bouche se dévier, les lèvres et les ailes du nez se gonfler, ce qui donne aux malades l'aspect le plus désagréable.
Idiotie. — Consécutive à l'épilepsie de l'enfance.
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Elle peut tenir aussi à un vice de conformation du crâne ou du cerveau, auquel cas elle précéde l’épilepsie.
« Enfin, dit Delasiauve, l’épileptique succombe à la dégradation progressive amenée dans l'organisme par la succession des accès ».
ÉENSSE.
Diagnostic de l’épilepsie
Un certain nombre de maladies peuvent être confondues avec l’épilepsie, Ce sont l’hystérie, le tétanos. l’éclampsie et la rage. Nous les passerons rapidement en revue,
Hystérie. — La petite attaque d’hystérie débute par une aura partant toujours soit d’une région ovarienne (aura complète), soit du creux épigastrique sous forme de boule qui va au larynx, puis gagne la tête. La perte de connaissance n’est pas toujours complète. Les convulsions sont cloniques, à grands mouvements.
Lagrandeattaque hystériqueou hystéro-épilepsie peut se composer soit de crises hystériques pures, alternant avec des crises épileptiques vraies, soit d’une grande attaque hystérique modifiée par l’adjonction de symptômes épileptiformes. La grande attaque hystéro-épileptique se compose de plusieurs périodes :
1re période (épileptoïde), — Elle comprend une phase tonique, une phase clonique et une phase terminale (résolution musculaire, stertor), également comme dans l’épilepsie.
Si les symptômes se bornaient à la première période, on ne pourrait distinguer une attaque hystérique d’un accès épileptique, mais l’hystérie possède: trois autres périodes qui facilitent le diagnostic.
£e période : Contorsions. — Attitude en arc-decercle, grands mouvements oscillatoires.
se période : Athludes passionnelles.
La grande attaque hystérique dure de 1/4 d'heure à 24 heures. La température, que l’on croyait autrefois capable de différencier les deux maladies, ne le peut plus depuis qu'on à observé une température élevée dans l’hystérie aussi bien que dans l’épilepsie. Outre les zônes hystérogènes, l'efficacité de la compression ovarienne pour faire cesser une attaque d’hystérie, un bon moyen de diagnostic consiste dans l’examen des urines qui sont claires et limpides chez les hystériques, tandis qu’elles sont chargées et ont leurs principes fixes augmentés chez les épileptiques (1).
Tétanos. — Dans le tétanos il n’y a que des convulsions toniques, sans perte de connaissance. La température est très élevée. Elle peut atteindre 44°.
Eclampsie infantile. — Convulsions des enfants. Les convulsions des enfants revêtent différentes formes dont quelques-unes pourraient être facilement confondues avec l’épilepsie.
{re Convulsion interne. — Le petit malade pâlit, se raidit, ses lèvres bleuissent, il ne respire plus, ilne fait aucun mouvement, ses yeux sont fixes. Il reste dans cet état quelques secondes après lesquelles la respiration, sinon la connaissance revient. Dans cette convulsion, il n’y a qu’une période tonique, localisée aux muscles respirateurs. Quelques auteurs identifient
(1). Ferré. Les épilepsies et les épilepliques. Page 328.