‹ Contribution au traitement de l'épilepsieChapitre 4 sur 24 · RU TS · texte numérisé non relu

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que nous avons exposés tels quels, en toute sincérité.

Une œuvre d'ensemble, complète, sur l’épilepsie, eut exigé une période de trois mois au moins et la matière d’un volume. Nous avons reculé devant cette tâche, n’ayant pas la prétention d'écrire un traité et nous nous sommes contenté de mettre autant que possible la question au point.

Pendant très-longtemps, l’épilepsie fut regardée comme incurable, non seulement par les malades, ce qui faisait leur désespoir et celui de leurs proches, mais encore par la plupart des médecins. Non seulement les auteurs ne s’accordent pas sur les modes de traitement, dont le nombre est prodigieux et lénumération fastidieuse, mais encore sur l'anatomie pathologique. Les uns veulent que l’épilepsie ne possède aucune lésion anatomique spéciale (1). Selon nous, c’est une opinion que l’on ne peut plus soutenir. Les autres, et de ce nombre sont MM. les professeurs Jaccoud, Brown-Séquard, Schroder Van der Kolk, Van der Becke Callenfels, Ch. Ferré, etc., admettent non seulement une congestion du bulbe rachidien, laquelle en se répétant à chaque accès, amène une dilatation, et plus tard uneindurationdes vaisseaux de cet organe, (2) mais encore d’autres lésions du cerveau.

Cette dernière manière de voir, basée sur de nombreuses autopsies de vieux épileptiques, faites dans les hôpitaux, est aujourd’hui inattaquable.

(1) Delasiauve. Trailé de l'épilepsie, page 35. (2) Jaccoud, Traité de pathologie interne. I, page 409.

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I n’y aurait rien de surprenant à ce que, en face de ces opinions différentes, soutenues par des maîtres également honorés et respectables, et malgré tout ce qui à été écrit sur le diagnostic et le pronostic de cette affection, l'incertitude se fit dans l'esprit du médecin à l'égard du traitement ; à cette cause de l'indifférence du corps médical, en général, touchant l’épilepsie, nous devons en ajouter deux autres, qui ont encore une grande influence sur le traitement du mal caduc. Nous voulons parler de l'ignorance où étaient les anciens sur tout ce qui concerne cette maladie et surtout du défaut de persévérance dans le traitement.

Si l’on consulte les traités anciens, on les trouve farcis d’une foule de recettes plus ou moins grotesques et surannées, depuis la potion au galium album, encore employé de nos jours, jusqu’à la cure de taupe grillée. C'était l’empirisme dans toute sa beauté.

Le défaut de persévérance est une cause non moins efficace dans l’insuccès du traitement antiépileptique. Une telle chose pourrait se concevoir chez le malade, qui, lui, se décourage parce qu’il ne peut comprendre qu'un médicament n’agisse pas immédiatement pour détruire une habitude morbide quelquefois très ancienne ; mais ce manque de persévérance est à peine concevable chez le médecin. Comme nous l'avons dit plus haut, cela ne peut tenir chez lui qu’à une hésitation de son esprit, résultat de l'insuffisance de ses connaissances en la matière. Après quelques essais infructueux, il se désespère, abandonne son malade, quand, au contraire, une

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médication rationnelle, suivie et bien dirigée, lui eût donné les plus heureux résultats.

Cet état de choses parait devoir cesser, et après les remarquables travaux de Herpin (de Genève), Charcot, Delasiauve, Legrand du Saulle, Laségue, MM. Germain Sée, Ch. Ferré, etc., il n’est plus permis de proclamer d’un ton dogmatique une incurabilité qui n’existe plus d’une façon absolue.

Ces grands esprits, auxquels il faut Joindre les noms de Portal, Debreyne, Trousseau, etc., ont enfin pris l'initiative d’une réaction salutaire contre l’abandon où avaient jusqu'alors été laissés les épileptiques. Ils ont fait entendre des paroles généreuses et protesté avec énergie contre la répulsion qu’'inspiraient ces parias, opprobria artis. De toutes leurs forces, ils ont stimulé le zèle des médecins. Malheureusement, leur voix n'a pas encore eu un grand écho, et il est à craindre que, pendant longtemps encore, les infortunés épileptiques ne soient un objet de dégoût, de honte ou de terreur.

Pour mener à bien notre travail, nous avons largement puisé dans les œuvres des maitres illustres cités plus haut. La première idée de notre traitement, basé sur l'emploi de l’oxyde de zinc, nous a été suggérée par la lecture des magnifiques succès obtenus par Herpin (de Genève).

Parmi les ouvrages que nous avons consultés, il en est qui sont l’œuvre de charlatans éhontés. Que penser, par exemple, d’un traitement vanté par son auteur comme étant d’une efficacité absolue, et basé

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cependant sur l'emploi de remèdes secrets dont personne ne peut contrôler l’action et dont l'exploitation tombe même sous le coup de la loi.

L’épilepsie est bien loin d'être aussi rare qu’on le pense. La proportion de six individus sur mille, four- “nie par les statistiques, n’est pas l'expression de la vérité et voici pourquoi. Il est impossible que ces statistiques soient exactes parce que personne ne se vante d’avoir un épileptique dans sa famille. Pour avouer une telle infirmité, il faut qu’elle soit de notoriété publique. En outre, pour les raisons que nous avons données, beaucoup de cas sont méconnus par les médecins. A ce sujet nous ne pouvons mieux faire que de citer l’opinion de Portal :

« On a plusieurs fois confondu l’épilepsie chronique avec des accès apoplectiques. J'ai connu un homme considérable par son rang dans la Société, qu'on disait avoir eu plusieurs attaques d’apoplexie. Appelé pour le secourir dans l’une d’elles, je reconnus qu’il éprouvait pendant l'accès une raideur convulsive dans les membres et un délire obscur, ce qui me fit croire que l'attaque était plutôt épileptique qu’apoplectique. En effet, je fus dans la suite convaincu que ses attaques étaient de vrais accès épileptiques. Je ne doute pas que cette sorte de cas ne se présente souvent, soit parce que l’on confond l’épilepsie avec l’apoplexie, faute d’en bien examiner les symptômes, soit parce que l’on aime, dans les familles, comme nous l’avons déjà dit, à cacher l’épilepsie et non l’apoplexie,

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quoique celle-ci soit généralement plus promptement mortelle que l’autre (1). »

Nous avons divisé cette thèse en deux parties :

1° Description classique de l’épilepsie, dans laquelle nous n’avons pas la prétention d’avoir rien innové ;

2° Traitement. Dans ce chapitre, nous exposons les 7 observations prises dans notre clientèle, dont trois où la guérison s’est maintenue. Nous terminons par l'exposé abrégé des divers traitements usités contre l’épilepsie.

(1) Portal. Observation sur la nalure et le traitement de l’épilepsie. Paris, 1827.

Définition

L'épilepsie est une maladie (1) cérébro-spinale caractérisée cliniquement par l'abolition subite de l’activité du cerveau dans tous ses modes (connaissance, perception, votition), accompagnée de convulsions générales et symétriques.

Division

La classification qui nous a paru la plus rationnelle est celle-ci, d’après Delasiauve :

1° Epilepsie essentielle ou idiopathique, c’est-àdire existant par elle-même, sans lésion cérébrale appréciable. C’est là ce qu’on appelait autrefois l’épilepsie vraie, pure, protopathique, classée parmi les névroses, celle que l’on entend désigner quand on n’ajoute au mot épilepsie aucun qualicatif.

(1) Les recherches anatomo-pathologiques de ces dernières années établissent qu’il y a loujours des lésions cé1ébrales dans l’épilepsie dite essentielle, et que cette maladie doit être rejetée du groupe des névroses. V. Ch. Ferré : Les -épilepsies el les éprilepliques.

20 Epilepsie symptomatique. — Celle qui est liée à quelque lésion du cerveau ou de ses enveloppes. Le champ de cette classe tend à s’accroître de plus en plus.

3° Epilepsie sympathique ou réflexe. — C’est celle qui est causée par le retentissement d’une impression morbide périphérique, ne venant pas du cerveau.

Nous ne parlerons que pour mémoire des innombrables classifications imaginées depuis Hippocrate, et toutes basées sur des conditions de forme ou de causes. Aïnsi, par exemple, on a décrit:

L’épilepsie héréditaire, congénitale ou connée ;

L’épilepsie apoplectique (Cælius Aurélianus) ;

L’épilepsie pléthorique (Cullen, Maisonneuve);

L’épilepsie cachectique, psorique, métastatique, hypochondriaque, hémiplégique, fébrile (Bartholin) ; exanthématique ;

L’épilepsie par douleur, syphilitique, saturnine, cérébrale, spontanée ; :

Les épilepsies humorale, nerveuse, externe, gastrique, intestinale, -vaporeuse, hystérique, (Maisonneuve).

Les épilepsies diurne, nocturne, aiguë et chronique (Portal).

Celles des dénominations ci-dessus s’appliquant à des variétés de cause peuvent-être rangées sous l'étiquette d’épilepsie sympathique, ou d’épilepsie symptomatique.

Epilepsie Jacksonniennne, partielle ou hémiplé-

gique. — Elle est caractérisée par des convulsions cloniques qui, parties d’un groupe musculaire donné (face,membre supérieur ou inférieur), s'étendent à une moitié du corps, s’y limitent et y prédominent. Rarement l’attaque devient générale. Plus rarement encore elle est limitée à un seul groupe musculaire.

On peut aussi observer des attaques complètes, avec aura très-nette portant sur un des groupes musculaires de la face, du membre supérieur ou du membre inférieur.

La cause de l’épilepsie jacksonnienne réside dans une irritation de l’écorce cérébrale motrice (circonvolutions frontale et pariétale ascendante, lobule paracentral) située à la face interne de l'hémisphère cérébral, autour du sillon de Lolando, soit par une tumeur cérébrale ou méningée, soit, plus communément par une pachyméningite gommeuse syphilitique.

On peut donc classer l’épilepsie jacksonnienne dans l’épilepsie symptomatique.

Epilepsie spinale ou trépidation épileptoide. — Trépidation qui se produit dans le "membre inférieur quand on le fléchit, et qui peut gagner tout le corps. Elle se voit dans le sclérose en plaques et dans le tabes dorsal spasmodique. C’est un symptôme qui se montre dans la dégénérescence des cordons latéraux toutes les fois qu’il y a exagération des réflexes. Pour faire cesser ce mouvement rythmique, il suffit d'étendre le pied fléchi.

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Synonymie

Epilepsie vient du mot grec Érthrg{z qui veut dire saisissement.Il a été pour la première fois employé par Avicenne, médecin arabe qui vivait au X° siècle.

Les diverses dénominations suivantes ont encore été données à l’épilepsie :

Maladie sacrée, maladie des enfants, grand mal (Hippocrate), mal herculéen, mal comilial, maladie grave (Pline),maladie lunatique (Orphée),mal caduc, passio puerilis (Cœlius Aurélianus).mère des enfants (Avicenne),morbus major (Celse). mal divin (Platon), mal diabolique, maladie astrale, haut mal, Gota- Coral, mal de terre, mal de Corazon, mal de Saint- Jean, idéa épileptica (Van Helmont), mal saint, mal Saint-Gilles, mal intellectuel.

Anatomie pathologique

Les lésions sont de deux ordres ; constantes et variables.

1° Lésions anatomiques constantes. — Quand l'affection est récente, on trouve une congestion de la moelle allongée avec une notable dilatation de ses vaisseaux. Plus tard il survient les altérations définitives suivantes : exsudation albumineuse, épaissis-

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sement et induration des parois vasculaires et des éléments nerveux ; puis enfin transformation graisseuse et ramollissement (Schroder van der Kolk.) On a noté dans l’épilepsie essentielle,une induration par plaques des circonvolutions (1) (Ch. Ferré) une prolifération de la névroglie et une endartérité de l'artère basilaire (Crocq).

2° Lésions anatomiques variables. — Vices de développement du crâne et du cerveau, hypertrophie ou atrophie de ce dernier organe, ossification des méninges, foyers d’encéphalite anciens, lésions de la paralysie générale, quelquefois induration ethypertrophie du corps pituitaire, altérations chroniques de la moelle et des nerfs.

On a noté aussi, d’après M. Ferré, une déformation du trou occipital, une différence de volume des hémisphères ; 4 à 58 pour 100 des épileptiques présenteraient une sclérose de la corne d’Ammon ; une sclérose tubéreuse ou hypertrophique du cerveau (Bourneville et Brissaud). Zohrab a signalé un ramollissement des cornes occipitales (2) MM. Luys et Voisin ont décrit des lésions du bulbe, du cervelet et des corps striés (3). Toutes ces lésions peuvent provoquer l’épilepsie en produisant une excitation anormale du bulbe.

3° Lésions qui sont la conséquence des attaques. — Contusion des parties saillantes telles que nez,

(1) Ch. Ferré. Les épilepsies et les épileptiques (p. 443).

(2) V. Semaine médicale, du 11 août 1886 et Archives de neurologie, n° 33, 1886. F

(3) V. Archives générales de médecine. 1887.

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pommettes, arcades sourcillières, bosses frontales et pariétales; sothémathomes, fractures du membre supérieur surtout, cals vicieux, luxations irréductibles, surtout de l’épaule. Dans la mort à la suite d’un accès, on trouve une congestion générale de tous les organes, d'autant plus marquée que la mort est plus rapprochée de l'accès.

Etiologie

Dans son remarquable ouvrage (1) couronné par l’Académie des Sciences, ouvrage qui nous a souvent guidé dans nos recherches, Herpin (de Genève) a donné à l'épilepsie deux ordres de causes : les causes prédisposantes et les causes déterminantes.

4° Causes prédisposantes. — Klles sont nombreuseset souvent variées. Les unes sont héréditaires, les autres individuelles.

a. Causes héréditaires. — L'existence dans les familles, par voie ascendante ou collatérale, de cas d’épilepsie, de folie, de pieds bots, de paralysie de l'enfance, de convulsions et des diverses névroses affectant l'intelligence, les familles de dégénérés et tout ce qui caractérise la famille névropathique ; les procréations opérées pendant l'ivresse ou dans de

(1) Herpin. Du pronostic et du traitement curalif de l'épilepsie. Paris, 1852.

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mauvaises conditions hygiéniques, les émotions vives pendant la conception, la disproportion d'âge des époux, leur âge avancé, la longévité exceptionnelle des ancêtres, les vices de conformation de l’utérus, la consanguinité des parents (observation I).

b. Causes individuelles. — Le sexe féminin depuis l’âge de la puberté; une petite stature ; une complexion délicate; une conformation vicieuse du crâne (asymétrie); la naissance avant terme; l’enfance, l'adolescence, la vieillesse ; les tempéraments lymphatique et nerveux ; le célibat chez les femmes ; l’onanisme (observation n° 2) ; l’ivrognerie ; la syphilis ; les travaux intellectuels joints à une vie sédentaire ; l’idiotisme, l’imbécillité, l’aliénation mentale ; les convulsions et les scrofules de l’enfance, le somnambulisme prononcé de l'enfance, les otorrhées ; l’incontinence nocturne d’urine chez les enfants ; la gloutonnerie (observation I) ; l’asthme thymique ; la chorée ; la méningite et la paralysie de l’enfance ; les grands chagrins.

20 Causes déterminantes. — Elles sont moins importantes que les premières. On peut dire qu’elles sont impuissantes par elles-mêmes à déterminer l’épilepsie. Elles n’agissent que chez les individus réellement prédisposés. Ce sont : la frayeur ou une commotion subite; de profonds chagrins ou de vives émotions; la coqueluche; les tumeurs cérébrales et autres lésions organiques du ‘cerveau; l’intoxication saturnine ;

limitation (vue d’un accès): les chutes et coups sur e)

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