PETIT MAL. — PETIT MAL INTELLECTUEL
On comprend, sous ce nom, plusieurs formes, qui sont : les vertiges, les absences, et les formes larvées. Dans le petit mal, il n’y a pas ou il y a fort peu de convulsions ; tout se passe dans la sphère intellectuelle.
1° Vertiges. — Le vertige est un étourdissement brusque, de 7 à 8 secondes de durée, précédé ou non d’aura, avec perte momentanée de la connaissance. Il semble au malade que tout tourne autour de lui; s’il est assis, il ne tombe pas; s’il est debout, il a quelquefois le temps de prendre un appui; s’il n’a pas le temps de s'appuyer, il peut tomber, mais il se relève au bout de quelques secondes et revient aussitôt à lui, ne conservant de ce petit orage qu’un sentiment passager d’étonnement ou d’hébétude. Quelquefois, la tête se renverse en arrière, ou éprouve un mouvement de rotation, le tout accompagné de secousses grimaçantes de la face, de grincements de:
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dents ou de quelques soubresauts dans les membres. D’autres fois, le malade éprouve des impulsions motrices en avant, des projections irrésistibles Etat vertigineux. — Outre les vertiges, certains malades sont en proie à un état particulier qui les -rend impropres à tout travail. Ils ont la tête lourde, l'intelligence obscurcie, parlent sans suite, s’agitent sans but, et accomplissent des actes, pour ainsi dire, automatiques. D’autres peuvent à peine se tenir debout.
Absences. — L'absence est le degré le plus faible de l’épilepsie. C’est une sorte d’éclipse intellectuelle de quelques secondes, pendant laquelle le malade n’a plus la notion de ce qui l’entoure. S'il cause, il met brusquement fin à son entretien ; s’il écoute, il cesse de prêter l'oreille à l’orateur ; s’il marche, il s’arrête tout à coup. Souvent, ce temps d'arrêt n’est pas remarqué des assistants, ni même de celui qui l’éprouve ; il reprend la conversation au point où il l'avait laissée, y rattache les phrases omises et achève les mots commencés. Ce qui fait la gravité de l'absence, c’est que les malades peuvent laisser échapper les objets qu’ils tiennent à la main et même se laisser tomber d’un lieu élevé dans l’eau ou dans le feu. Dans l’absence, il n’y a jamais de convulsions d'aucune sorte. Tout se passe dans la sphère de l'idéation.
L'absence, malgré sa bénignité apparente, est “une des formes les plus redoutables de l’épilepsie. Sa répétition, le peu de sollicitude dont elle est l’objet de
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Ia part des parents, l'ignorance même où ils sont au sujet de son existence et de sa gravité, font qu’elle prépare fatalement le terrain à l’irruption du grand mal et surtout à l’altération des fonctions intellectuelles.
Les vertiges et les absences précèdent souvent les grandes attaques, ou bien ils alternent avec elles.
3° Formes larvées. — De même que les autres maladies nerveuses et la fiêvre intermittente, l’épilepsie peut se dissimuler sous le masque d’une autre affection. Au lieu d’une attaque franche, d’un vertige ou d’une absence ordinaires, le malade éprouvera une névralgie de la face, un paroxysme de délire aigu, un tic convulsif, un accès d’angine de poitrine ou de fièvre intermittente. Tel sera le mode de début qui, au bout d’un certain temps, sera remplacé par les manifestations ordinaires de la maladie.