‹ Contribution au traitement de la pleurésie purulenteChapitre 14 sur 19 · ÉTUDE COMPARÉE DE STATISTIQUES RÉCENTES · texte numérisé non relu

ÉTUDE COMPARÉE DE STATISTIQUES RÉCENTES

11 nous reste à voir maintenant ce que la pleurotomie a donné entre les mains de quelques médecins français et étrangers. Comme la vulgarisation des appareils aspirateurs a modifié sensiblement la marche générale du trai-

tement de la pleurésie purulente, nous nous bornerons à comparer entre elles les statistiques les plus récemment publiées. Mais, comme on l’a dit avec esprit, la statistique est une arme à double tranchant dont le maniement exige quelque précaution. En général, on aime peu faire connaître ses revers. Bien des auteurs étalent au grand jour l’histoire de leurs triomphes, qui laissent dormir prudemmentle récit de leurs défaites au fond de leurs cartons. Aussi avons-nous laissé systématiquement de côté les cas publiés isolément ou par petites séries exclusivement heureuses, et nous avons seulement recueilli les tableaux qui dressent impartialement la colonne des cas malheureux à côté de celle des succès. Nous espérons par là nous être plus sûrement approché de la vérité, tout en préférant rester en deçà d’elle, afin d’éviter toute exagération.

1872. M. Moutard- Mar tin, sur 17 opérés, n’a eu que 5 morts.

12 cas de fistule bronchique avec pneumothorax sans tuberculose; \ kyste hydatique suppuré, et 9' pleurésies purulentes, sans fistule interne ou externe.

Sur ces 12 guérisons, 7 ont eu lieu sans fistule persistante.

12 pleurésies purulentes simples, sans fistule pulmonaire, sans tubercules; et 3 avec fistule pulmonaire, parmi lesquels 1 tuberculeux, 1 non autopsié et 1 pleurésie cloisonnée.

La mortalité ressort à 29.4 pour 100.

1874. M. Martineau (1) donne une statistique de 4 cas,

(I) Martineau. Union médicale, 1874.

traités par l’empyème après plusieurs thoracentèses suc- i cessives.

4 cas dont 2 guérisons.

4 phthisique et un malade qui ne man- Et 2 morts. j geait pas par idée de suicide; à l’autopsie,

I la pleurésie fut trouvée guérie.

La moyenne brute de la mortalité ressort à 50 pour 100. Mais si nous défalquons ce dernier malade, sans même le mettre à l’actif, nous comptons 3 cas avec 1 mort, ce qui donne 33.3 pour 100 de décès.

1875. M. Peyrot (1) publie un total de 7 observations, mais il y en a 2 à retrancher (1 cas de résection des côtes et l’observation de Hautefeuille publiée déjà dans le mémoire de M. Moutard-Martin).

Restent donc 5 opérations avec 1 mort (opéré en demi-asphyxie).

(2 sans fistule.

e guérisons j 2 en voie de guér. certaine

Moyenne des morts : 20 pour 100.

Traube et Frantzel (in Revue d’Homolle, loc. cit.) ont fait connaître un relevé de 22 cas.

U sans fistules consistant en :

12 pleurésies putrides.

2 pyo -pneumothorax putrides avec gangrène pulmonaire probable.

7 pneumo-pleurésies.

2 avec fistules.

3 tuberculeux.

1 pyo-pneumothorax tuberculeux.

1 pleurésie purulente après fièvre typhoïde, etc.

13 guérisons.

22 cas. /

9 morts, dont

(1) Peyrot. Thèse, loc. cit.

La moyenne s’établit à 40.9, soit 41 pour 100.

Nicolich junior , de Trieste (1).

!3 guérisons sans fistule, parmi lesquels un enfant de 3 uns.

1 mort, opéré en pleine cyanose.

La moyenne cle la mortalité s’élève à 25 pour 100.

Steiger (de Lucerne) donne le bilan le plus malheureux, mais nous avons vu que cet auteur attend à la dernière extrémité pour agir et conseille Y expectation dans l’espoir d’une vomique.

6 cas, dont S ïne seule prison.

( 5 morts.

Moyenne des décès : 83 pour 100 ! (2).

Bull, Christiania (in Revue d’Homolle), donne la statistique de MM. Wing'e et Larsen, pendant les années 1874 et 1875. Sur un total de 30 cas, il y eut 22 guiérisons et 8 morts.

13 guéris sans fistule.

3 guéris en apparence à leur départ.

6 guéris avec fistule.

La moyenne s’établit à 26.6 pour 100.

(1) Nicolich junior(de Trieste). Bull. Acad. Belg., décembre 1879.

(2) Tels sont les résultats d’une intervention trop longtemps retardée. Quelle différence avec la statistique de Peyrot qui, portant sur uu nombre presque égal de malades (3 au lieu de 6), donne une mortalité de 20 p. 100 seulement!

30 cas. j 22 gérisons, dont 8 morts.

J. -JR. Goodhart (1) sur 24 cas comple 8 décès.

17 guérisons complètes.

6 — avec fistule.

3 avec état chronique du poumon.

8 morts.

Soit une moyenne de décès de 33.3 pour 100, qu’il est possible de ramener à 30.4, car un des malades mourut d’abcès du cerveau, une fois l’empyème g'uéri.

Les observations inédites de pleurotomie que nous pré* ; sentons dans ce travail sont au nombre de 10. Elles se décomposent en 6 guérisons et 4 morts.

I l empyème de nécessité.

1 pleurésie purulente avec mal de Bright.

1 pleurésie purulente simple.

1 pleurésie purul. avec fistule pulmonaire et pneumothorax.

1 pleurésie cloisonnée.

1 pleurésie chez un tuberculeux.

Sur ces 6 guérisons, 2 ont eu lieu sans fistules; chez 2 malades il persistait une fistule insignifiante au moment de leur sortie et 1 est sur la voie d’une guérison assurée. Le tuberculeux gardait une fistule à sa sortie de l’hôpital.

1 tuberculeux. — Infect, purulente?

i 1 autopsie manque. — Tuberculose aiguë?

4 morts. ) 1 pleurésie purulente [au déclin d’une vaj riole. — Opération tardive, f 1 cas d’hémorrhagies pleurales répétées.

Nous en déduisons une moyenne de décès de 40 pour

(1) J.-F. Goodhart. Guy’s hospital Reports, 1877, loc. cit.

En résumant toutes ces statistiques, nous trouvons, sur 122 cas de pleurotomie, 79 succès et 43 insuccès, soit une moyenne de 35.2 pour 100 de mortalité.

Moutard-Martin

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