‹ Contribution au traitement de la syphilis dans les maternités: Fonctionnement des maternités de l'Hôpital Tenon et de la CharitéChapitre 27 sur 29 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

M°° L.., Adrienne, 29 ans.

Cette femme a eu 4 grossesses qui ont eu pour résultat :

3 accouchements prématurés (les enfants sont morts à la naissance).

1 avortement.

Actuellement elle est enceinte, au 6° mois.

On relève dans ses antécédents héréditaires, que sa mère est morte albuminurique.

Elle-même est très myope et présente un strabisme très accentué.

Le Bordet-Wassermann est négatif.

On décide de pratiquer un traitement spécifique et une première injection intra-veineuse de 0 gr. 15 de novarsenobenzol est faite le matin.

Pas de troubles immédiats, mais le soir même, la femme accouche d'un enfant qui meurt au bout de quelques heures.

Les traitements ont été généralement pratiqués au

.moyen de z0ovarsenobenzolen injections intra-veineuses, en

raison de son activité supérieure et de sa facile application, les injection intraveineuses permettant d'espacer suffisamment les piqûres et de déranger moins fréquemment les patientes.

Les doses utilisées ont été celles que M. M. Pinard indique, c'est-à-dire pour une femme de 50 à 60 kgr, les injections étant pratiquées à raison d’une par semaine :

1e sérié : 0,15 — 0,30 — 0,45 — 0,60 — 0,75 — 0,90 — 0,90 — 0,90,

ADR" pes

2° série (après vingt-un jours de repos) :

0,30 — 0,45 — 0,60 — 0,75 — 0,90 — 0,90 — 0,90 — 0,90. 3° série (après vingt-un jours de repos) :

Puis, reprise des séries jusqu'à l'accouchement. P

Naturellement ces doses n'ont élé pratiquées que dans un certain nombre des cas observés ; elles ont varié dans les autres, suivant la tolérance des malades.

Les précautions habituelles sont à observer, d’ailleurs, plus minutieusement que jamais : la femme doit venir à jeun ; l'examen des urines est pratiqué avant chaque injection ; les injections sont pratiquées très lentement ; on à soin, enfin, de laisser reposer la malade avant son départ.

Par ailleurs, s'il se manifeste des signes d’intolérance, il y à lieu de reprendre les injections suivantes, à la dose inférieure, ou de faire absorber à la malade, quelques gouttes d'une solution d'adrénaline.

Dans certains cas, la malade tolérant difficilement le traitement arsenical, on a dû l’abandonner pour employer le bismuth; celui-ci a été utilisé sous forme de quinby et de muthanol.

Les injections ont été pratiquées par séries de, 10, à raison de deux par semaine. Le traitement demande à être conduit avec la prudence ordinaire, en recherchant avant chaque nouvelle injection, les signes d'intoxication (liseré dentaire, gingivite, stomatite, troubles intestinaux).

Les séries sont séparées par (rois semaines ou un mois de repos,

Nous ne relevons l'emploi du mercure que comme adjuvant, dans des cas de grossesse avancée ou d'accidents primaires au cours de la grossesse, sous forme de büodure, en injections intraveineuses. 1

Certains auteurs généralisent la pratique des injections intercalaires de mercure entre les injections d'arsenobenzol — ou bien alternent les séries. L'expérience prouve que des séries suffisantes de novarsenobenzol sont assez efficaces pour parer aux accidents, quand le traitement peut être commencé assez tôt. Il semble qu'il y ait intérêt

à agir, ainsi que l'usage s'est généralement établi, par séries suffisamment actives, en laissant complètement au repos la malade, dans leur intervalle.

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