EXAMEN DU MALADE
C'est un grand garçon âgé de 14 ans et 8 mois.
Sa taille est de 1" 57, supérieure par conséquent à la moyenne des enfants de son âge (1" 54).
Il est fortement amaigri, lés joues sont creuses, les inasses musculaires ont fondu: Il ne pèse que 33 kilos, alors que les enfants de son âge et de sa taille ont un poids de 42 kilos environ.
Le teint est pâle, presque terreux, la peau est sèche et squameuse.
La langue est saburrale; la bouche, sèche; la gorge, rouge.
L'examen systématique des différents appareils et organes ne révèle aucun symptôme intéressant,
Appareil respiratoire : normal.
Une radioscopie, pratiquée le 28 novembre 1922 montre simplement un peu d’adénopathie trachéo-bronchique, avec ganglion calcifié très net au niveau du hile gauche.
La cuti-réaction est négative. Elle restera, du reste, négative durant le premier mois de séiour à l'Hôpital pour devenir positive le 13 décembre 1922 et le rester par la suite.
Appareil circulatoire : normal.
La tension au Pachon est de 8/18.
Abdomen : normal à la palpation.
La constipation persiste.
Foie et rate : normaux.
Corps thyroide : normal. Pouls normal. Pas de tremblements.
Système nerveux : absolument normal. Les réflexes tendineux ne paraissent pas diminués.
Aucun accident d’acidose : pas de céphalagie, pas de somnolence, etc. ;
Au point de vue de la morphologie, on remarque :
La grande taille du sujet, contrastant avec sa maigreur cachectique;
Des signes d’évolution pubertaire :
Apparition de la moustache; des poils pubiens et
axillaires;
Le développement normal des organes génitaux.
Le crâne ne présente aucun des caractères propres à l’acromégalie. Une radiographie de la selle turcique ne montre pas d’exagération des diamètres de la cavité où est contenue l’hyvpophyse. (Le fond d'œil est normal; Ie champ visuel, également.)
Les pieds et les mains sont grands, mais non dispro-
MUVREN
portionnés avec la taille du sujet. La radiographie pratiquée ne montre rien d’intéressant.
Depuis l’entrée du malade à l'Hôpital, 14 nov. 1921, jusqu’en mai 1922, la taille a augmenté de 15 millimètres. Il convient d'ajouter qu’on ne trouve aucun stigmatc d'hérédo-syphilis.
Le 11 nov. 1922, réaction de Bordet-Wassermann A PEN à FA PR =nésanf,
Mensurations
Taille 157; circonférence céphalique 82.
Buste 75; circonférence thoracique 74/76.
Membres inférieurs 82; grande envergure 160. Poids 33 kilos.
S P =" ="1,09 — = 213 B “à Coefficient de robusticité : 48,5.
URINES Glycosurie. — Glycémie.
Pendant les premiers jours passés à Hôpital et avant l'établissement d’un régime alimentaire spécial :
Le volume des urines oscille entre 4 litres et 5 1. 700.
La quantité de glycose urinaire dépasse généralement 250 grammes par 24 heures.
La glycémie est de 3 gr. 50.
Il n’y à pas d’albumine dans les urines; mais, par contre, on y constate la présence de corps acétoniques:
Les matières fécales examinées ne présentent aucune des modifications qui caractérisent l'insuffisance pancréatque : stéatorrhée, hypostéatolyse, azotorrhée, ete,
En résumé, on se trouve en présence d’un diabète
grave, présentant les signes habituels qui lui sont propres : polyurie, polydypsie, polyphagie, glycosurie, glycémie, amaigrissement.
Il est apparu brusquement, en pleine santé; son évolution a été rapide. Mais il est impossible d’en préciser la cause
Ce n’est pas une affection héréditaire ni familiale;
Il n’y a eu aucun traumatisme, aucune maladie conta-
gieuse; L'enfant ne présente aucun signe d’une tumeur hypophysaire;
Il n'existe pas d'insuffisance pancréatique; I n’y a pas de dysthyroïdie; Les fonctions hépatiques paraissent normales. Enfin la syphilis ne saurait être mise en cause. Somme toute, ce diabète correspond à celui que Bouchard qualifiait de maladie par ralentissement de la nutrition, ce qui, cependant, ne signifie pas qu'il n’est pas sous : dépendance d’insuffisances pluriglandulaires; mais il est impossible d’en apporter la moindre preuve. I est intéressant de noter au surplus qu'il s’agit là d'un diabète avec amaigrissement, mais sans hypotrophie.
TRAITEMENT PAR DES RÉGIMES AVEC RÉDUCTION DES HYDRATES DE CARBONE En présence de cet état ainsi précisé, on met le malade à un régime très pauvre en hydrates de carbone, aïnsi
qu’en témoignent les chiffres suivants, mais fournissant cependant une quantité suffisante de calories.
Premier régime : 11 novembre 1922,