‹ Contribution au Traitement des Diabètes Graves InfantilesChapitre 35 sur 37 · HE UES · texte numérisé non relu

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quer plus directement au mal. Estimant que le diabète grave est dû à une diminution du pouvoir glycolytique de l'organisme et que le pancréas joue dans cette fonction un rôle prépondérant, ils ont été conduits à injecter des extraits pancréatiques, qui doivent contenir la « diastase » qui opère cette glycolyse.

Cette vue théorique s’est trouvée justifiée, en partie au moins, par les résultats obtenus.

Le traitement par l'insuline dont nous avons constaté les effets chez nos petits malades a été institué par M. Chabanier. Nous voudrions simplement dire quelques mots sur son mode d'application et tirer quelques conclusions des résultats obtenus.

L’insuline est un extrait alcoolique de pancréas. Sa puissance a été étudiée sur le lapin. L'unité d’insuline est la dose nécessaire pour faire baisser de 60 % le sucre du sang d’un lapin de 2 k. 500 à jeun depuis 16 heures.

L'injection de choix est l'injection intramusculaire; cn débute par deux unités et l’on augmente progressivement jusqu’à dix et plus. L’injection est faite tous les jours, une fois le matin et une fois le soir. Sa techrique est des plus simple; on injecte dans les muscles fessiers, profondément et lentement. Chez l'enfant, il importe de la faire immédiatement avant le repas et de donner une nourriture riche en hydrates de carbone. Faute de cette précaution, l'insuline agissant sur la glycémie, on risque de déterminer des accidents, d'ailleurs peu graves, dûs à une hypoglycémie brusque.

On fait d’abord une première série de piqûres de

vingt-et-un jours en donnant une ration relativement riche en graisses, albuminoïdes et surtout hydrates de carbone. On suspend ensuite le traitement en opérant une réduction de la ration. Si les résultats sont satisfaisants, on augmente progressivement les hydrates de carbone, Puis, on fait une nouvelle série de piqûres jusqu’à ce qu’on obtienne une tolérance suffisante et stable.

Chez le garçon (Obs. I) le traitement a commencé le 16 avril 1923 par injection biquotidienne de 3 cc. d’insuline.

A cette époque la tolérance des hydrates de carbone n’était que de 29 gr. pour une ration de 135 gr. avec une glycémie de 4 gr. et acétonurie.

Du jour au lendemain la glycosurie tombe et varie entre 10 à 30 gr. La tolérance des hyÿdrates de carbone passe à 100 gr.; l’acitonurie disparaît ; la polyurie cesse; le poids monte.

Le 10 juin on cesse l'insuline, mais l’état s'aggrave pour s'améliorer le 14 juin. Au 6 septembre, le traitement continue à raison de deux injections par jour ae 5 cc.; la glycosurie n’est que de 5 à 6 gr.; glycémie : 1 gr. 38. Volume urinaire : 500 gr. Le poids est de 43 Kk. 400. L'état général est bon. Une chose est à noter : le 31 juillet, lendemain du jour où la ration de pommes de terre fut élevée de 100 gr., l'enfant fut pris de malaises après sa piqûre; les malaises se dissipérent rapidement ; mais la glycosurie réapparut ainsi que les corps acétoniques, qui persistent depuis lors sous forme de traces.

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Somme toute l'influence est des plus nettes et des plus heureuses. Du 16 avril au 6 septembre, en moins ce cinq mois, l'enfant a gagné 3 k. 800. Sa tolérance pour les hydrates de carbone qui n’était que de 15 % se maintient à 95 %. La glycémie est normale. Il n’y a ni polydypsie, ni polyphagie, ni polyurie; les corps acétoniques n'existent qu’à l’état de traces. Quant à l'état général, il est franchement amélioré et l’aspect de l'enfant diffère complètement de celui qu’il offrait à son entrée à l'Hôpital.

Il convient d'ajouter toutefois qu’on ne peut arrêter le traitement, sous peine de voir l’état s’aggraver. Par contre, l’organisme paraît tolérer l’insuline à doses. répétées, puisque cet enfant avait reçu au début de septembre environ un litre et demi d'insuline sans en être gêné.

Chez la petite fille de notre Observation Il, les résultats ne sont pas moins nets. Après trois semaines de traitement, à raison de 4 cc. par jour, la glycosurie tombe de 120 gr. à 0, les corps acétoniques de 0 gr. 18 à 0,le volume urinaire des 24 h. de 1.500 cc. à 600 €c.; la tolérance pour les hydrates de carbone de 0 à 100 %. Enfin, chose particulièrement intéressante chez cette petite hypotrophique, qui sous laction des autres régimes n’avait augmenté que de 700 gr. en neuf mois, soit 2 gr. 60 par jour, le poids gagne 950 gr. en sept semaines, soit plus de 20 gr. par jour. Malheureusement la glycémie ne fut pas mesurée à cette époque et peu de temps après l'enfant sortit de l'Hôpital.

La petite fille de notre Observation IIT a donné des

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résultats moins brillants. Pourtant après trois semaines de traitement la glycosurie tombe de 60 gr. à 15 gr. environ, l’acétone disparaît, et s’il y a encore au 27 août de l’hyperglycémie, le poids passe de 20 k. 900 à 22 kilos. |

Somme toute, si le traitement institué chez ces malades n’a pas guéri le diabète, il a eu des résultats qu'on n’avait pu obtenir par les régimes classiques. Son influence a été particulièrement nette sur la tolérance des hydrates de carbone, preuve que l'insuline agit sur la glycolyse et permet à l'organisme d'utiliser les sucres, ce qui se traduit par une augmentation de poids et une amélioration de l’état général. Et s’il convient, avant de se prononcer, d'attendre l’épreuve du temps, on peut d'ores et déjà conclure que linsuline s’affirme comme un traitement véritable et efficace, sinon spécifique, du diabète.

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