TRAITEMENT CHIRURGICAL
Le traitement médical des méningites otogènes à lui seul, n'est pas suffisant. Il est vain, en effet, de stériliser le liquide céphalo-rachidien, si la source même de l'infection persiste. À ce dernier nous devons adjoindre un traitement chirurgical. Il est illogique de penser que le foyer osseux, cause de l'ensemencement labyrinthique ne pourra pas être à nouveau le point de départ vers les méninges. ;
La ligne de conduite jusqu'à ces dernières années était de faire une cure radicale. On ne pouvait espérer guérir la méningite d'une façon définitive que lorsque tout foyer générateur osseux était enlevé. Pour nous, loin de négliger l'importance du foyer ‘infectant, il semble que nous pouvons assouplir cette ligne de conduite évidemment un peu stricte.
Tout est subordonné à notre avis à l'ancienneté des lésions auriculaires.
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-— Dans l'otite chronique : nous nous rallions à la méthode interventionniste. Il faut opérer de suite et faire un évidement pétro-mastoïdien élargi avec vérification de tous les foyers cellulaires accessibles. ;
— Dans le cas où la méningite survient aœu cours d'une otite idiguë, nous devons partir pour une mastoidectomie et non pas d'emblée pour un évidement.
Grâce à ce seul traitement, Monsieur le Professeur CALVET a eu trois guérisons.
oi, au cours de l'opération il nous semble qu'en faisant notre mastoïdectomie, nous avons enlevé toutes les parties suspectes, nous en resterons là ; nous instituerons un traitement médical approprié et nous surveillerons les signes cliniques.
Pourquoi, en effet, aurions-nous décidé d'emblée une opération mutilatrise qui aurait assourdi notablement notre malade pour le restant de ses jours ?
Au contraire, après l'intervention telle que nous la concevons, deux éventualités s'offrent à nous :
— La méningite guérit rapidement et, dans ce cas, notre traitement conservateur est suffisant.
— Les signes méningés s'aggravent, surtout les liquidiens. Dans ce cas, nous n'hésiterons pars, il faut réintervenir ; le malade est en danger et le danger vient du fait que la source de l'infection n'est pas tarie ou est mal drainée.
Nous devons nous laisser guider par les lésions et les rechercher partout où elles doivent exister.
Nous citerons, pour imager ce texte, une observation résumée, empruntée à la thèse de MARCAIL- LOU
— ROSETTE R.., 17 ans, opérée par M. le Professeur CALVET pour mastoïdite compliquée de méningite:
ds: À ù
Malgré l'intervention, le 5° jour, le syndrôme méningé réapparait. La ponction lombaire ramène un liquide louche à streptocoque.
Les sulfamides n'amenant pas une rémission des signes cliniques et de la température, nouvelle intervention qui permet de retirer un sequestre de 3 à 6 mm. du toit de la çaisse.
Le lendemain, regression des signes cliniques et guérison complète en quelques jours.
D'après cette observation, nous voyons qu'il a été possible de se contenter au début d'une simple mastoïidectomie sans cure radicale. Mais, par la suite, on n'a pu éviter cette cure à cause du sequestre du toit de la caisse qui entretenait la méningite.
— Après avoir ouvert et drainé le foyer infectant, nous devons rechercher la voie de l'infection et la poursuivre jusqu'à la dure-mère.
La conduite à tenir est différente suivant les cas.
I y a labyrinthite : nous trépanerons le labyrinthe en avant du facial, en suivant la technique de HAUTANT ou mieux encore celle de NEUMANN qui à ici l'avantage de découvrir les méninges.
Il y « thrombo-phlébite : Nous dénuderons le sinus en poursuivant la dénudation en haut et en bas jusqu'à ce qu'on trouve une paroi sinusienne normale sans lésion de péri-phlébite. Nous pourrons alors, suivant les lésions, soit ouvrir le sinus, soit faire l'opération de GRUNERT.
Il y « ostéite profonde du rocher : Après avoir fait un évidement petro-mastoïdien, nous rechercherons le foyer d'origine qui peut être antérieur ou postérieur et terminerons l'opération par un curetage soigneux du foyer.
S il y à atteinte de l'apex, nous ferons une exploration directe par la voie du canal carotidien pré-
conisée par RAMADIER.