‹ Contribution Au Traitement Des Méningitites Otogènes 'La Pénicilline'Chapitre 22 sur 39 · MODE D'ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

MODE D'ADMINISTRATION

Des travaux expérimentaux faits sur l'animal, puis sur l'homme, il ressort que la Pénicilline ne peut être utilisée que par voie parentérale.

Après une injection intraveineuse de 15.000 U.O,, FLEMMING montre qu'en quelques secondes on trouve dans le sang une concentration de 4 U.O. par centimètre cube de sérum qui tombe après dix minutes à 0,5 U.O. ; après 30 minutes, 90 % du médicament ont disparu du sang. La voie intraveineuse donne donc, sitôt l'injection, une forte concentration-suivie d'une chute rapide. Ce qui nécessitera la répétition toutes les 2 ou 3 heures ou l'administration du produit goutte à goutte.

Ne

À ce mode d'administration nous préférons la voie intramusculoire qui paraît constituer actueliement le procédé de choix ; les injections étant pratiquées toutes les 3 heures. Elle nous permettra d'atteindre par voie sanguine le germe infectieux causal et permettra ainsi d'éviter les complice tions secondaires fréquentes.

Nous utilisons d'ordinaire la concentration de

‘10.000 U.O. par centimètre cube (solution mère).

Cette conceniration peut d'ailleurs être portée sans inconvénient à 20.000 UO. par centimètre cube et nous arrivons à administrer 160.000 à 250.000 U.O. par 24 heures, suivant le germe.

Les injections intra-musculaires ont de grands avantages sur les autres.

Elles nous permettent d'obtenir une plus forte concentration pendant un temps plus long que par la voie veineuse, bien que la concentration dans le sang soit plus faible au début.

Elles sont d'une technique très fasïle et, ainsi, peuvent être confiées à un personnel infirmier.

Bonne tolérance du médicament par le patient.

Mais, dans les méningites otogènes, le traitement pénicilliné devra être avant tout local et consistera en injections intrarachidiennies de Pénicilline. Le traitement général n'interviendra qu'à titre secondaire et, ceci se conçoit facilement, si l'on se rappelle que chez un individu normal la Pénicilline ne passe pas ou en très faible quantité, contrairement aux sulfamides, du courant sanguin, dans les méninges. Lorsque les méninges sont 'enflammées, la quantité de Pénicilline trouvée dans le liquide céphalo-rachidien est à peine décelable et toujours insuffisante pour avoir une active thérapeutique ; ces faits, bien établis, obligent à injecter la Pénicilline par voie rachidienne.

Di

En effet, une fois dans le liquide céphalo-rachidien, la Pénicilline diffuse peu et y reste longtemps à de fortes concentrations. On «a constaté que, chez des sujets à méninges saines ayant reçu 10.000 U.O. par voie intra-rachidienne, 6 heures après l'injection on retrouvait 2,5 U.O. par c.c. de liquide céphalo-rachidien et 0,08 U.O. trente heures après l'injection ; chez les sujets à méninges altérées, la Pénicilline filtre très légèrement et, après une injection par voie lombaire de 10.000 U.O. on ne retrouve dans le liquide céphalo-rachidien, après 6 heures, que 0,625 U.O. par c.c. et, 17 heures après ‘0,08 U.O.

Dans le sang, alors que, chez un sujet à méninges saines on ne peut déceler la Pénicilline, chez un sujet atteint de méningite on note dans le sang, l heure après l'injection, une concentration de Te UO bre

Nous jugeons inutile de faire plus de deux injections rachidiennes par 24 heures, car après ce laps de temps de fortes concentrations de Pénicilline se retrouvent encore dans le liquide céphalo-rachidien. Pour ce qui est des doses employées, la plupart des auteurs anglais avec FLEMMING et EVANS conseillent l'injection de 5.000 à 10.000 U.O. par 24 heures. Les Américains vont jusqu'à 20.000 U.O. Quant à nous, suivant le germe, nous n'hésitons pas à administrer jusqu'à 40.000 et 50.000 U.O. par 24 heures.

Signalons l'intérêt qu'il y aurait à notre avis à subetituer la voie sous-occipitale à la voie lombaire. D'une technique tout aussi facile, cette ligne de conduite aurait l'avantage de porter le médicarment directement dans les espaces cérébraux et de favoriser sa diffusion.

Nous ne saurions cependant passer sous silence les résultats que l'on doit attendre d'une thérapeu-

tique qui consisterait à porter directement une so-

lution de Pénicilline au contact du foyer infectant. PICQUET ne cite-t-il pas le cas d'un malade guéri en 48 heures d'une méningite à mucosus sans injection intra-rachidienne, par le seul fait d'une mastoïidectomie élargie et la désinfection de l'os par un traitement pénicillinique local.

Page 1