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tions rénales, cardiopathies, cirrhoses, pleurésies à épanchement ... La cure de déchloruration engendre donc la déshydratation. Par contre une rétention de chlorure de sodium, quelle qu'en soit la cause, provoque une fixation d’eau dans l'organisme, pour maintenir au taux normal la dilution du sel. Achard et Gaillard ont montré qu'on peut provoquer une hydropisie locale très rapide en injectant une solution salée concentrée en un point quelconque du tissu lacunaire, par exemple dans le tissu cellulaire sous- . cutané ; une hyperchloruration artificielle amène donc l’hydratation des tissus.
Or dans le choléra et le syndrome cholériforme, il ne suflit pas de donner de l’eau à l'organisme malade, le point important c’esti de l’y retenir. Si donc on administre au malade un sérum hypertonique, type Gosset par exemple, le chlorure de sodium injecté provoque une rétention de liquide dans l’organisme, l’eau ne transsudera plus au niveau des parois digestives et on doit obtenir à priori la cessation de la déshydratation, des vomissements et de la diarrhée. Il en résulte que les 2 symptômes les plus graves du syndrome s’améliorent ou disparaissent, l'organisme récupère ses pertes salines et aqueuses, et réagit contre la toxi-infection au lieu de s’éteindre dans la torpeur, le collapsus et le coma par carence hydrique et chlorurée.
Nous publions les résultats que nous a donnés le sérum chloruré hypertonique dans des observations
que nous rapportons plus loin.
Reste l’importante question de posologie. Gosset prescrit à ses malades des solutions salées hypertoniques à 100/1.000, et dans les cas graves à 300/1.000. Nous adoptons ici la solution à 300/1.000 qui nous a toujoursdonnéentière satisfaction. Nous l’administrons par voie intraveineuse, la voie digestive et le lavement ne pouvant être employés avec succès, et la voie souscutanée ne permettant qu’une absorption minime et pouvant parfois amener des productions d’escarres. En injections intraveineuses, au contraire, ce sérum agit rapidement.
Nous faisons chaque fois au malade une injection de 10 cmc. de la solution à 300/1.000 et nous répétons l’injection 2, 3 ou’ fois par jour et même davantage selon la gravité des accidents. Une injection de 10 cmc. de cette solution introduit dans l'organisme 3 gr. de chlorure de sodium qui peuvent déterminer la rétention de 300 à 4oo gr. d’eau : 2 à 4 injections par jour fournissent donc à l'organisme 6 ou 12 gr. de sel, ce qui permet déjà de fixer dans l'organisme 800 à 1.600 gr. d’eau.
Les inconvénients de ce sérum hypertonique en injection intraveineuse sont minimes. On ne doit craindre aucun risque d'hydropisie, vu le degré avancé de déshydratation de l'organisme. Mais même si on suppose des cas impossibles où il se produirait des
œdèmes, ceux-ci ne sont point nuisibles, exception
faite de l’œdème pulmonaire — que nous n'avons Jamais observé d’ailleurs — car les œdèmes formés
dans le tissu lacunaire sont des extravasations d’eau
rer
salée qui dérivent des substances toxiques hors des vaisseaux, dans le tissu cellulaire où elles se neutralisent ou s’emmagasinent en attendant leur expulsion ultérieure. D'ailleurs, par précaution, si on en a les moyens, on peut éviter à coup sûr les œdèmes : il suffit de faire des dosages des chlorures du sang et de prescrire le sel selon l'importance de l’hypochlorurémie.
La fibrose des parois veineuses déterminée par le sel aux endroits où l’on fait les injections n’entraîne aucune conséquence ; elle est d’ailleurs de minime importance à côté des bienfaits du traitement dont l’urgence fait écarter tous les inconvénients.
Au point de vue toxicité du chlorure de sodium, on ne doit craindre des accidents pour l’homme qu’à partir de la dose de 3 gr. par kilogramme de poids (Maurel, Ch. Richet, Achard). Une dose journalière de 6 à 12 gr. ne saurait donc occasionner d'effet toxique nuisible. Nous n'avons en particulier jamais observé d'accidents dus à l’hyperchloruration, tels que ceux signalés par Ravina et Couturat. Dans les cas graves, des injections répétées 5 ou 6 fois par jour seraient tout aussi bien supportées par le malade, mais nous n'avons jamais été obligé de pousser Jusqu'à cette dose ; 2 ou 3 injections par 24 heures ayant toujours suffi à juguler les accidents.
Par contre la solution chlorurée hypertonique, en plus des effets salutaires qu’elle détermine sur l’organisme et sur lesquels nous avons longuement insisté,
nous offre encore certains avantages qui ne sont point
négligeables. En injections intraveineuses, elle maintient par rétention hydrique la fluidité du sang qui d'habitude est concentré et visqueux dans le choléra, favorisant ainsi la circulation et l’imbibition des tissus et empêchant la cyanose et le collapsus.
Elle détermine dans l'organisme une réaction thermique non négligeable. Mais cette fièvre saline qui n’est jamais exagérée tire le malade de lalgidité et du collapsus, et favorise les phénomènes réactionnels de la période de déclin de l'infection. Nous ne parta— geons pas l’avis de certains médecins qui, usant de solutions chlorurées chez les cholériques, se croient obligés de combattre la réaction thermique qu’elles déterminent par l’addition à ces solutions d’une cer-— taine proportion de chlorure de calcium ou de potassium.
D'autre part le sérum hypertonique excite les reins dont le fonctionnement est arrêté dans la crise de choléra. Il facilite ainsi la diurèse, signe prémonitoire de la convalescence, et favorise l’élimination des toxines.
Le sérum hypertonique présente enfin le grand avantage d’être facilement administré au malade. Des injections intraveineuses d’un volume de liquide de 10 cmc. se font rapidement à la seringue et: ne nécessitent pas de longues préparations qui font perdre un temps précieux, puisque le choléra a une évolution parfois foudroyante, comme dans l'emploi du sérum physiologique ou des solutions légèrement
hypertoniques du type de celle de Rogers qui doivent
Mes Ne
être chauffées au préalable et constamment à 380-400
à cause de la grande masse de liquide de x à 2 litres i njectée chaque fois à des malades en alsidité et en
collapsus, et ce, pendant un temps très long.
L’injection intraveineuse se fait sans grande difficulté, bien que souvent chez les rnaladgs fortement déshydratés les veines s’affaissent et deviennent invisibles. Au besoin un coup de bistouri suffit pour | dénuder la veine et la mettre au grand jour, permettant ainsi tout le traitement sur le même segment veineux.
Enfin la concentration de 300/1.000 s’est révélée comme étant celle qui convient le mieux. Des concentrations trop fortes, comme celles de 500/1.000 risquent d'amener des troubles graves en déclenchant une forte élévation de température, des convulsions, des accidents comateux et en produisant sur les tissus des lésions de tonolyse en milieu hypertonique.
En un mot, le sérum chloruré hypertonique à 300/1.000 est un moyen de traitement qui, s’il ne s'adresse pas directement à la cause même de la maladie, en combat les manifestations principales, à savoir la spoliation excessive des liquides et la perte brutale du chlorure de sodium : il retarde de la sorte les effets de la toxi-infection cholérique, contre
laquelle nous employons la gonacrine avec effica-
Cité.
sl
Posologie et observations.
Nous rapportons ici les observations de 7 malades soignés par la gonacrine seule et de 29 cas où fut appliquée la médication associée : gonacrine-solution hyperchlorurée, qui est maintenant d'un usage cou—
rant au Tonkin.
EL — ‘Traitement par la gonacrine à 2°.
Le malade reçoit chaque jour selon la gravité 1 ou 2 injections intraveineuses de 5 cme. d’une solution aqueuse de gonacrine à 2%. Il est soumis également au traitement symptomatique d'usage : limonade lactique, eau chloroformée, boissons alcoolisées, réchauffement, etc... Les injections de gonacrine sont continuées jusqu’à cessation des troubles.
Rappelons que sur 17 malades soignés de celte
façon, nous avons obtenu 13 guérisons.
OBSERVATION I (Due à l’obligeance de M. le D' Dang vu Lac). Garçon B..., européen.
Début brusque le 7 juin 1930 à 23 heures par état syncopa , vomissements, diarrhée profuse à grains riziformes. Crampes,
lumbago, cyanose des extrémités, voix cassée, yeux eXCavés, pouls filiforme.
En résumé : état désespéré, algidité marquée, température 3405.
Trois heures après le traitement, la diarrhée profuse cesse ; le malade à pu dormir 2 heures.
Le lendemain matin : 2 selles, état général amélioré. Même traitement.
9 juin. — Cessation complète de la diarrhée ; état notablement ‘amélioré. | Quatre jours après : rétablissement complet.