‹ Contribution au traitement des syndromes cholériformes et éventuellement du choléraChapitre 10 sur 43 · DNS · texte numérisé non relu

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salée à 7,2/500 aux Indes, et avec elle ils ont obtenu plus de succès qu'avec la solution isotonique.

Si l’usage du sérum physiologique et des sérums analogues à celui de Rogers permet de fournir à l’organisme malade une grande quantité d’eau, l'apport de chlorure est nettement insuflisant à cause de leur faible concentration saline de 9 à 15/1.000.

Or fournir du sel en quantité suffisante est d'importance capitale dans tous les états de chloropénie: il ne s’agit ni plus ni moins que de la vie ou de la mort à très bref délai des malades.

A ce propos on peut rappeler les travaux de Gosset sur la chloropénie que déterminent les occlusions du tube digestif et les importantes conclusions auxquelles il est arrivé, On donnait auparavant au malade atteint d’occlusion intestinale pour lutter contre le déficit aqueux dû aux vomissements, du sérum physiologique en injections sous-cutanées jusqu’à la dose de 5 à 7 litres en 24 heures. Or Gosset à montré que, grâce à ces injections, en même temps qu'on fournit au malade l’élément aqueux, on lui fournit du sel, et que justement ce sel doit jouer dans l'organisme. au cours de l’occlusion, un rôle plus important encore que celui de l’eau. Les preuves en sont nombreuses : au cours de l’occlusion intestinale expérimentale provoquée chez les chiens, les animaux traités par le sérum chloruré physiologique ont en moyenne une survie de 4 semaines, tandis que les chiens traités par des injections d’eau pure sans sel meurent au bout de 4 ou 5 jours tout comme

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ceux qui ne reçoivent aucun traitement. D'ailleurs les analyses chimiques montrent dans l’occlusion une chute très marquée des chlorures du sang pouvant atteindre la moitié et parfois les 2/3 de leur valeur normale (Mac Callum, Murray, Hadden et Orr).

D'autre part cette chloropénie énorme n'est pas

entièrement due aux pertes salines occasionnées par les vomissements et il y a des cas d’occlusion non accompagnée de vomissements ou d'élimination chlorurée par l’urine, mais où la chloropénie est constamment observée, comme toujours. Tout se passe comme si le sel du sang s'était fixé quelque part, et selon Hadden et Orr, sur des produits toxiques élaborés au niveau de l’occlusion pour en donner des produits non toxiques; cette hypothèse est fort plausible si l’on songe que le chlorure de sodium est en fait doué de grand pouvoir antitoxique vis-à-vis de poisons divers : leucomaïnes, amides complexes, etc... (Lesné, Ch. Richet fils, Gautier). Les observations en clinique prouvent l’importance de ce rôle du chlorure de sodium dans la neutralisation des toxines et le cas rapporté par Gosset est typique. & Un malade présente une occlusion intestinale depuis 2 jours avec signes d'intoxication évidente. On l’opère et lève l’obstacle. Après l’opération, le malade se trouve bien le premier jour; le deuxième jour, il a des signes d'intoxication suraiguë avec vomissements porracés, lassitude et agitation, pouls lent arythmique, facies

tiré, yeux excavés, cyanose. Le ventre est ballonné,

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mais pas de signe de péritonite. La thérapeutique courante est instituée : lavages d’estomac répétés, huile camphrée, sérum artificiel sous-cutané, eic., mais elle ne donne aucun effet. La situation est désespérée, le malade est presque un moribond. En un mot, il se meurt d'intoxication et de chloropénie ». C’est alors que Gosset lui administre du chlorure de sodium à haute dose sous forme de solution salée hypertonique et le sauve en quelques jours.

Après Gosset, d’autres chirurgiens appliquent sa méthode aux cas cliniques analogues et leurs succès ne se comptent plus (cas rapportés par Pilvers, Courty, Nora, Guillaume-Louis, etc.). La mortalité chez les opérés pour occlusion intestinale se trouve abaissée grâce à cette méthode de 50% à 10-12% (Coleman, Ross...) et même moins.

Mais le chlorure de sodium à dose convenable n’exerce pas seulement ses heureux effets dans l’oc— clusion intestinale. Il donne encore des résultats quand il est appliqué à des cas d’occlusions duodénales aiguës postsopératoires, à des accidents dus aux sténoses du pylore, des cas d’amputation de segment intestinal pour tumeur ; il rend encore de grands services quand il est administré à des malades atteints des mêmes accidents mais déjà profondément intoxiqués et ne paraissant pas pouvoir supporter l’opération chirurgicale : il combat l’intoxication, redonne des forces aux malades et rend ainsi opérables et curables des cas désespérés de prime abord.

Bref les travaux de Gosset ont montré que le chlo-

rure de sodium sauve la vie à des malades atteints d'intoxication à point de départ intestinal et de chloropénie, à condition toutefois qu'on sache l’administrer à dose suffisante ; ils prouvent que le sérum chloruré physiologique prescrit dans ces cas ne peut donner de bons résultats à cause de sa faible teneur en sel, enfin que la vraie solution saline qu’il faut injecter aux malades, c’est une solution saline hyperconcentrée.

Dans le choléra et le syndrome cholériforme, le malade souffre d’une toxi-infection et d’une déshy-dratation avec déchloruration sur lesquelles le sérum physiologique n’a que peu d'effets.

Si donc on lui fait ce que Gosset a fait au malade atteint d’occlusion du tube digestif, en lui administrant du chlorure de sodium en quantité suffisante, sous forme d’un sérum hypertonique, par exemple du type du sérum de Gosset, on est sûr de le sauver des conséquences de la chloropénie, sans compter le bénéfice dont jouira le malade en raison du rôle antitoxique certain du chlorure de sodium dans la toxi-infection cholérique.

En outre le chlorure de sodium employé en solution hypertonique présente l'avantage de posséder une propriété de première importance pour le cholérique et le pseudo-cholérique : c’est celle de déterminer une rétention hydrique artificielle dans l'organisme et d'arrêter ainsi le processus de déshydratation. Cette propriété du chlorure de sodium a été constatée la

première fois par Chauffard chez un malade atteint

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d’ictère infectieux et qui, traité par des injections salines intraveineuses, présenta un œædème de la face disparaissant à la fin du traitement avec la polyurie de la convalescence. Les travaux de Widal, Javal et Lemierre apportèrent ensuite la lumière sur les variations de la chloruration et de l'hydratation de l'organisme et sur la pathogénie des œdèmes. Widal et Lemierre montrèrent que la rétention du chlorure de sodium dans l'organisme engendrait les œdèmes brightiques et qu’on pouvait à volonté chez certains malades faire apparaître ou disparaître les œdèmes en leur donnant du sel ou en le supprimant de leur ration : donnaieut-ils du sel à ingérer à de pareils malades, l'œdème apparaissait les jours suivants, ou augmentait s’il existait déjà ; venaient-ils au contraire à le supprimer, ils constatèrent la régression et la disparition de l'’œdème. Ces constatations montrèrent le rôle de la rétention chlorurée dans la pathogénie de l’æœdème brightique, et bientôt des faits de même ordre observés chez des malades atteints de cardiopathie, de cirrhose ascitogène ... permirent d'étendre le même rôle pathogénique aux autres hydropisies.

En un mot, quand la quantité de chlorure de sodium augmente ou diminue dans l'organisme, l’eau, qui est le véhicule du chlorure de sodium, subit des variations parallèles. Tout le monde connaît les bienfaits du régime déchloruré, qu'actuellement on applique systématiquement à toutes les affections

accompagnées de rétentions hydro-salines : affec-

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